Disclaimer: Harry Potter n'est pas à moi :' mais à JRK

Note : N'oubliez pas de jeter un coup d'œil à l'arbre généalogique de la famille Black pour bien vous situer.

Important: Pour les besoins de l'histoire, la date de naissance de Bellatrix passe de 1951 à 1960, ce qui fait d'Andromeda l'ainée : 1953, suivie de Narcissa 1955 et donc de Bella et Harry 1960.

Désolée pour le retard ! le chapitre a été plus long que prévu. ^^ Sinon un grand merci à tous ceux qui ont mis mon histoire en Alerte, Favori et laissé un commentaire, ça m'a fait vraiment plaisir :D

CHAPITRE 1

26 mai 1965

Winterfield était un grand château médiéval du XVIème siècle, dominant de grandes vallées et des petits villages moldus peu habités. Il était composé de cinq grandes tours circulaires, montées sur une grande falaise écorchée.

Les fenêtres en forme d'arc brisé et les Archères offraient une luminosité limitée à l'édifice, le plongeant presque toute l'année dans l'obscurité. Du haut de la tour d'artillerie, flottait le blason de la famille Black : un écu flanqué de deux lévriers, blasonné d'un chevron, de deux étoiles à 5 branches et d'une épée, le tout de couleurs sable et dorées. La devise "toujours pur" terminait l'armoirie.

Harry aimait tout particulièrement la tour de guet. Elle lui offrait ce dont le château manquait cruellement, du calme et de la luminosité. C'était le meilleur endroit qu'il avait trouvé pour réfléchir depuis qu'il avait pleinement repris conscience.

- « Octantis Harry Black » murmura t-il. Qui était-il ? Il avait beau analyser chaque information qu'il connaissait sur la famille Black, à aucun moment il n'avait entendu parler du frère jumeau de Bellatrix. Et même si elle avait eu un frère, pourquoi aujourd'hui, Harry se trouvait-il dans son corps? Il serra les dents. Peut être une réincarnation? Mais pourquoi se rappelait-il de sa vie passé ? Et puis la réincarnation était censé s'opérer vers le future non?

- « Et merde! » souffla-il hum, un bien vilain mot sortant de la bouche d'un enfant d'à peine cinq ans? Il ricana silencieusement puis soupira. Depuis sa naissance il était pleinement conscience de ce qu'il était et ce qu'il avait été. En cinq ans, il avait lentement réappris à contrôler ce corps enfantin passant par toutes les phases par lesquelles passent les enfants: apprendre à parler sans balbutier, à tenir debout ou encore simplement à marcher.

- « Harry! »

Harry se dirigea vers une des Échauguettes puis passa la tête entre deux créneaux. Il essaya vainement de voir qui l'appelait mais sa vue s'était tellement dégradée en 1 ans qu'il n'arrivait même pas à distinguer une tache noire au milieu de la cour. Ce fut à la voix forte, mais enfantine, qu'il reconnut Bellatrix Black.

Bien qu'il savait qui elle était et qui elle deviendrait, Harry n'arrivait pas à la haïr. Merlin, il ne pouvait même pas percevoir l'ombre de ce qu'elle était amenée à devenir plus tard. La femme qui ôterait la vie à Sirius et à des centaines d'autres hommes, poignarderait mortellement Dobby ou encore torturerait les parents de Neville jusqu'à la folie..

Il descendit rapidement les escaliers puis se dirigea vers la petite fille debout au milieu de la cour. Bellatrix secoua la tête, la colère déformant ses traits, puis croisa les bras.

- « Où étais tu Harry? Ne me dis pas que tu étais encore sur la grande tour? »

- « … »

- « Mère t'a interdit de monter la haut Harry. Je pourrais lui dire ! » Elle sourit malicieusement puis tira sur une mèche de cheveux bouclées. « Mais comme je suis gentille je ne dirai rien... Enfin seulement si tu viens avec moi. J'ai quelque chose à te montrer », puis sans lui laisser le temps de répondre, elle s'élança vers les enceintes du château. Bellatrix s'arrêta quelques mètres plus loin puis s'accroupit.

- « Regarde Harry »

L'odeur était insoutenable, pestilentiel, des plumes avaient disparu par endroit, une masse grouillante et affamée d'asticots donnait presque une illusion de mouvement au cadavre desséché. Le bec ouvert et tordu ainsi que le sang sur le crâne de l'animal laissait penser qu'il s'était tué en s'écrasant sur un mur.

Harry retroussa les lèvres dans une grimace de dégoût puis détourna les yeux en direction de la fillette encore fascinée par les restes du corps pourrissant.

- « Bellatrix! »

Elle ignora Harry et d'un geste vif enfonça un petit bâton dans l'œil vide du hiboux mort, dérangeant une nuée de mouches qui s'élevèrent telles une masse bourdonnante, puis se reposèrent presque aussitôt sur l'animal.

- « Bellatrix?! » gronda une nouvelle fois Harry « Je ne pense pas que père et mère apprécieraient de te voir jouer avec ça » Irrité, il serra les dents puis ferma les yeux d'exaspération. Même si Bellatrix n'était qu'une enfant, il avait des doutes sur sa fascination morbide pour les cadavres d'animaux.

- « Bel.. ». Il s'arrêta brusquement. Un petit morceau de parchemin, portant un sceau lui étant inconnu, semblait luire sur la patte rongée de l'animal. Une main sur le nez, il détacha avec précaution la ficelle manquant tout de même d'arracher le membre au passage.

- « C'est quoi? » murmura Bellatrix soudain intéressée. Toujours accroupie, elle observait maintenant Harry avec curiosité.

Un petit "crac" caractéristique d'un transplanage, sortie Bellatrix de sa torpeur. Elle se leva si vite qu'elle tituba quelques secondes, manquant de s'écraser lourdement sur les fesses.

- « Maître Octantis? Madame votre mère veux vous voir, elle se trouve dans le petit salon Cobalt » couina un pauvre elfe aux grands yeux orange et aux oreilles tombantes.

- « Très bien, merci Tinny. » L'elfe se mit à trembler violemment, ses gros yeux globuleux s'humidifièrent. Il sembla vouloir dire quelque chose puis se rétracta, disparaissant aussi vite qu'il était venu.

Harry grimaça, il détestait la vénération que lui vouait les elfes de maison du château, mais au fond ce n'était pas une surprise vu la manière dont les traitaient les autres membres de la famille Black. Il plaça discrètement le parchemin dans sa poche puis se hâta vers le château. Si il y avait bien une chose que détestait Druella, c'était d'attendre.

Ce jour là, il fut loin de se douter que cette lettre négligemment oubliée au fond de sa poche, et disparut le lendemain même, aurait put répondre à bon nombre de ses futures questions.


Le petit salon Cobalt était en fait une grande pièce au plafond voûté. Elle n'avait de bleu que son immense tapis en laine brodé, recouvert sur les bords d'une géométrie complexe jaune pâle et rouge. Les tapisseries, de couleurs riches et nettes ainsi que le jeux de lumière offert par les nombreux miroirs et les grandes fenêtres en arc de cercle, donnaient à cette pièce la luminosité qui manquait cruellement au château.

- « Narcissa »

- « Oui mère? » Elle se retourna vers Druella debout près de la grande cheminée de marbre.

- « C'est bon, tu as assez étudié pour aujourd'hui, je veux t'entendre jouer du piano » Narcissa poussa un soupir de soulagement, puis reposa sans ménagement l'énorme volume de L'histoire de Poudlard, avant de se diriger vers le magnifique piano à queue noir au fond de la salle. Elle posa doucement ses mains sur les touches puis commença à jouer un grand classiques sorcier.

Druella s'assit près d'elle, appréciant la musique tout en la reprenant de temps en temps quand elle faisait une fausse note.

Alors qu'elle entamait les dernières lignes de la partition, la porte principale s'ouvrit brusquement. Druella parut quelques secondes irritée, puis se radoucit presque aussitôt quand elle aperçut Harry. Narcissa fronça les sourcils contrariée, depuis quelques temps sa mère ne faisait même plus l'effort de cacher sa préférence pour son fils.

Et voila pensa t-elle j'ai déjà perdu son attention. Elle arrêta de jouer brusquement. De toute façon elle ne l'écoutait plus. Elle resta pourtant à sa place observant avec attention la façon dont sa mère accueillit son jeune frère.

- « Harry, tu as fait vite » Druella sourit satisfaite puis caressa affectueusement les cheveux de son fils tentant vainement de leur donner un semblant d'ordre.

Quelques années plus tôt, Narcissa aurait sûrement quitté la pièce discrètement, retenant ses larmes, et sa jalousie devant l'affection que sa mère portait à son frère. Et aujourd'hui, même âgée de 10 ans, elle ravalait encore sa rancœur et son incompréhension. Si elle en voulait à celle ci, elle ne pouvait pas en tenir rigueur à son frère qu'elle avait appris a profondément aimer au fil des années.

Harry détourna son regard de sa mère et rencontra le sien, il lui sourit timidement puis baissa la tête, étudiant ses mains.

Un bruissement d'ailes à la fenêtre sortit Narcissa de ses pensées. Elle ouvrit au hiboux puis détacha le colis fermement attaché à sa patte.

- « Mère, c'est pour vous » Druella sourit satisfaite puis posa le paquet sur une petite commode en chêne.

- « Merci Narcissa, peux tu aller trouver ta sœur et l'emmener à sa leçon d'éthique, j'ai peur qu'elle manque encore une séance. » Elle marqua une pause, puis soupira lourdement « Merlin ! que cette petite est têtue. »

Narcissa acquiesça mais s'attarda longuement sur le colis noir négligemment poser sur la commode avant de quitter la pièce. Peut être qu'elle n'était pas la plus intelligente. Mais il y avait bien une chose que Narcissa savait très bien faire, c'était décrypter les gens et en cette instant, il lui était claire que sa chère mère ne voulait pas qu'elle s'intéresse de trop près à ce que pouvait contenir le paquet.


Druella s'agenouilla en face d'Harry puis lui montra deux fioles mauves qu'elle venait de sortir du paquet noir.

- « Comment va ta vue? » Elle passa affectueusement la main dans les cheveux d'Harry, les ébouriffant un peu plus.

- « Je crois que ma vue continu de baisser » Druella fronça les sourcils puis lui tendit l'une des deux fioles. Harry fut agréablement surpris par l'odeur de cerise qui s'en dégageait.

- « Cette potion va te rendre une vue parfaite mais elle est temporaire. C'est pourquoi tu devras en prendre tous les 6 mois jusqu'à la fin de ta croissance. »

Harry acquiesça, puis avala d'une traite la potion, et fut agréablement surpris par le goût tout aussi doux que l'odeur.

Un violent frisson lui remonta de la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux. Il cligna plusieurs fois puis plissa les yeux, perplexe. Il ne voyait pas mieux qu'avant.

Druella sourit puis laissa éclater un rire lumineux, c'était la première fois qu'il la voyait rire aussi franchement. Ses longues boucles blondes rebondissaient doucement sous le tressaillement de ses épaules, et ses grands yeux bleus brillaient comme un lagon en été.

Harry avec le temps, avait appris à apprécier cette étrange femme qui le considérait (à juste titre?) comme son fils, mais il ne l'aimait pas comme une mère, et il ne pourrait jamais l'aimer ainsi. L'image de Lily Potter restait brûlante dans sa tête. Il n'avait qu'une mère, celle qui s'était sacrifiée pour lui. Quelque part au fond de lui, il se demanda, si de là où elle était, Lily Potter le voyait serré dans les bras de Druella, cherchant son affection. Harry déglutit, voulut d'abord repousser la main de Druella posée sur la sienne puis se ravisa. Ignorant le flot de honte s'écoulant dans ses veines , tel un torrent, non un poison. Maman..

Inconsciente de son tourment intérieur, Druella se releva et agita sa baguette dans sa direction. Harry repoussa tout ses tourments au plus profond de son esprit et se concentra plutôt sur la clarté avec lequel la pièce commençait à apparaître. Les tapisseries, les boiseries, les gravures sur le plafond ne lui avaient jamais paru aussi belles, complexes et travaillés quant cette instant.

- « En fait, il faut un sort pour activer la potion. Il faudra le lancer tous les mois et normalement si tu respectes la prise de potion, tu devrais avoir une vue impeccable quand tu seras adulte. » Druella marqua une pause « j'espère juste que tes beaux yeux verts ne changeront pas de couleur peu importe d'où ils viennent » Harry l'étudia perplexe.

- « C'est l'un des risques ? un effet secondaire ? »

- « Non, ne t'inquiètes pas mon fils. Jamais je ne prendrai le risque de te blesser. »

- « Alors ne vous en faites pas mère, les yeux atteignent leur couleur définitive après 18 mois ». Elle ne lui demanda pas comment il savait ça, elle ne répondit pas, se contentant de regarder au loin en direction des grande vallées.


19 Décembre 1965

l'Élevage expérimental maintenant interdit

Le département de contrôle et de régulation des créatures magiques interdit finalement, après de longues semaines de délibération l'élevage expérimental.

Il sera donc maintenant indispensable d'être en possession d'un certificat (obtenu en 3 ans) pour espérer continuer ses activités en toute légalité. Cela permettra donc, une réduction drastique du nombre de monstres en grande Bretagne. Tout contrevenant risquera une peine allant de six mois à trois ans d'emprisonnement ainsi qu'une amende définie par le Président du Mangenmagot en poste.

Newron Scamander célèbre Magizoologiste et auteur du best-seller Vie et habitat des animaux fantastiques, est le principal responsable de l'adoption de cette loi. Il verra une carte de chocogrenouille crée à ...

Cygnus haussa un sourcil puis reposa le journal sur son bureau.

- « Je ne vois pas en quoi cela me concerne Abercius. Si tu fais référence aux activités de Lycoris, sache que nous nous sommes débarrassés de toutes ses bêtes peu de temps après sa mort. »

Abercius Rosier grimaça puis pointa du doigt l'article sur la page de droite.

- « Je n'ai que faire des activités qu'exerçait cette vieille folle avant sa mort. » Cygnus poussa un petit grognement indigné, mais se mit tout de même à lire sans broncher.

Apolline Marthe mort Accidentelle?

Apolline Marthe, sorcière renommée, travaillant au département de la justice magique a été retrouvée morte ce samedi 20 Novembre. Après une semaine d'enquête, on conclura qu'elle aurait glissé dans les escaliers alors qu'elle tenait une potion contre les Volbigos.

La potion hautement invasive, l'aurait lentement brûlé alors qu'elle se trouvait inconsciente. « Apolline était une femme travailleuse et très serviable. C'est une triste perte pour le Mangenmagot » déclara Mary sue Stewart collègue et amie ...

- « Abercius? Je ne vois toujours pas en quoi cela devrait m'intéresser. »

- « Vraiment Cygnus, tes facultés cognitives disparaissent avec l'âge. » Abercius s'appuya un peu plus dans son fauteuil, savourant le regard outré que lui envoyait son vieil ami. « Ou travaillait Marthe? »

Cygnus fronça les sourcils puis haussa les épaules.

- « Au département de la justice magique. »

- « Mais ou exactement? »

- « Au Mangenmagot en tant que Greffière en chef » répondit Cygnus irrité « Sérieusement Abercius arrête tes simagrées et va droit au but. »

Rosier l'ignora puis sourit de plus belle.

- « Oui et qui la remplace? »

- « Qu'est ce que j'en sais? »

Abercius d'un coup de baguette entoura une phrase dans l'article.

- « Avery?! C'est une plaisanterie, cet homme est un parfait idiot, comment est ce possible? » Abercius Rosier se pencha vers Cygnus puis d'un ton suffisant lui murmura,

- « C'est très simple mon cher, on l'a placé là et pour être exacte, c'est grâce à l'appui d'Abraxas Malfoy et Gibbon. »

- « Tu veux dire qu'Apolline Marthe a réellement été assassinée et tout ça pour placer cet incompétent »

Cygnus perplexe étudia Abercius. Oui, les pots de vin et autres ruses en tout genre étaient chose commune au ministère, mais pas les meurtres. Et si les insinuations de Rosier était vrai, impliquant des sang pur d'aussi haut rang. Les risques et conséquences étaient bien trop grands.

- « Oui, elle a été tuée pour placer Avery, mais sous les ordres de qui? »

Cygnus, soudainement tendu ne répondit pas.

- « Allons mon vieil ami, tu sais très bien de qui je parle. »

- « Tu veux dire que c'est … »

- « Oui Black, le nouveau Seigneur des ténèbres. »

- « Alors cet homme a réussi à rallier M... »

- « Oui de grandes familles sang pur. Il commence à placer ses espions au Ministère. Maintenant, Avery est chargé de la gestion des services de scellés. Il a donc un accès complet à toutes les pièces à conviction et a la charge des objets saisis destinés à la destruction... Dont certains très intéressants. »

Il ricana froidement puis repris

« Maintenant il n'y a plus un seul département qui ne soit pas occupé par au moins un de ses partisans ou une personne réceptive à certains .. cadeaux. La prochaine étape sera de se débarrasser des juges problématiques du Mangenmagot. Et une fois que le Seigneur des ténèbres aura atteint une influence assez importante au Ministère, pour protéger ses fidèles, nous commencerons à nous faire connaître d'une manière plus .. brutale et évidente. »

Rosier fit tournoyer sa baguette d'un air rêveur, puis sourit mystérieusement, comme soudain perdu dans un bon souvenir.

- « Tu as remarqué les morts de plus en plus nombreux de certains traîtres à leur sang. »

Il marqua une pause puis regarda longuement Cygnus avant de reprendre.

- « Le seigneur recrute et il n'aime pas qu'on lui résiste. »

Cygnus le visage impassible, les yeux légèrement plissés, fixait son invité sans ciller.

- « Pourquoi es-tu là Rosier? »

- « Pour rendre visite à mon beau frère. »

- « Tu veux que je rejoigne votre petit groupe, c'est ça? » demanda-il finalement, le visage toujours dur et complètement fermé.

- « Petit groupe? Nous sommes en constante augmentation, et déjà composés des plus grandes familles riches de sang pur. Il est dans ton intérêt de nous rejoindre, tu mérites aussi une bonne place au ministère. »

Cygnus se leva puis se dirigea vers la fenêtre de son bureau tournant ainsi le dos à son invité.

- « Tu te souviens de ce qui s'est passé après la défaite de Gellert Grindelwald. Tu as vu comme moi ce que sont devenues les familles qui le soutenaient ouvertement avant sa défaite. Leurs noms ont été traînés dans la boue, et la plus part d'entre eux ont fini à Nuremberg, dépouillés de leurs biens et ridiculisés. Je ne veux pas de ça pour ma famille Abercius. »

- « Ce ne sera pas la même chose Cygnus. » Rosier marqua une pause, puis continua hésitant. « Vol.. Voldemort est un grand sorcier. Si tu pouvais sentir la puissance qu'il dégage. » Sa voix devint admirative. « Je ne suis pas sensible à la magie, mais je peux la sentir, puissante et sombre. »

- « Si seulement tu pouvais t'entendre Abercius. Tu ressembles à une adolescente énamourée de la toute nouvelle star de sorcière hebdo... . »

- « Ne dit pas de bêtise Cygnus et je t'interdis de parler du Seigneur des ténèbres en des termes aussi irrespectueux. Que tu le veuilles ou non tu seras bien obligé de le rejoindre un jour ou l'autre. Et plus tu tarderas et plus tu auras de chance d'avoir une place peu intéressante. » Les yeux d'Abercius étaient grand ouvert, accentuant les lourdes marques bleuâtres sur le bord de ses paupières.

Cygnus se retourna finalement.

- « De toute façon, je ne vois pas pourquoi tu viens me voir moi, je n'ai aucun droit sur la fortune familiale. C'est Orion le chef de famille. »

- « Orion n'est qu'un idiot, c'est toi, Cygnus, qui devrais être en charge de la famille, pas lui. »

- « Si je devais t'écouter Rosier tous les membres de la famille Black seraient déments. » Un rictus presque douloureux crispa sa bouche.

- « Oui c'est ce que je pense. »

- « Ta sœur est une Black maintenant. »

- « Ma chère sœur n'a plus toute sa tête, depuis qu'elle a décidé de donner à ton fils cette horrible prénom commun de... de sang de bourbe... Harry ... Je ne sais pas comment tu as pu laisser faire ça. »

- « C'est son deuxième prénom. » objecta Cygnus.

- « Et alors? Elle et tes filles l'appellent tout le temps comme ça, non ? »

- « Oui, mais en privé. »

- « Cygnus, réveille toi, ce n'est pas sain de la laisser continuer comme ça. Ton fils va finir par se prendre pour un sang de bourbe ... ou pire en épouser une. »

- « Ne dit pas de bêti... »

- « Tu devrais apprendre à contrôler ta femme, Black, même Orion arrive à tenir sa harpie »

- « Druella n'est pas une poupée qu'on manipule, Rosier. »

- « Tu me laisses critiquer toute ta famille mais pas ta femme. »

- « Abercius! » grogna t-il ennuyé.

- « Oui ! Oui ! Revenons à nos Dragons.. Ah oui, si tu te rapproches du Seigneur des ténèbres avant lui, celui-ci pourrait être assez reconnaissant pour te donner une chance ... de prendre la place de ton frère. »

- « Tu ne sous-entendrais pas un assassinat ? Parce que si c'était le cas... »

Deux bruits sourds provenant de la porte le stoppèrent dans ses menaces.

- « Entrez » grommela finalement Cygnus.

Une petite tête ébouriffée passa la tête dans l'entrebâillement de la porte.

- « Oh pardon père, je ne savais pas que vous aviez de la compagnie. »

- « Ce n'est rien Ha .. Octantis, je suis avec ton oncle. Entre donc. »

- « Octantis mon garçon, comme tu as grandi, je t'ai à peine reconnu. »

Abercius marqua une pause pendant laquelle il examina son neveu avec attention avant de sourire largement.

« J'ai voulu vous dire bonjour à toi et tes sœurs en arrivant, mais malheureusement vous étiez avec vos précepteurs. »

Harry rit timidement puis s'avança jusqu'au bureau.

- « Je suis content de vous voir mon oncle. Mère est contrariée que vous ne passiez plus la voir au château aussi souvent qu'auparavant. »

- « Ma chère sœur est toujours contrariée, il n'y a rien que l'on ne puisse y faire. D'ailleurs tu as trouvé … »

Cygnus perdit rapidement le fil de la conversation puis se contenta d'observer son fils toujours absorbé par l'échange qu'il avait avec son Oncle.

Octantis était un garçon très intelligent. Tout ses précepteurs louaient ses aptitudes et sa maturité. Et Cygnus devait bien avouer que oui, parfois, il avait l'impression de discuter avec un adulte plutôt qu'avec un enfant.

Mais ce n'était pas tout, Octantis avait une véritable passion pour la lecture et a à peine 6 ans, il commençait déjà à lire avec avidité la gazette du sorcier, posant tout un tas de questions, parfois même assez étranges, mais toujours pertinentes.

Il avait longtemps hésité à lui laisser libre accès au journal, sachant que certaines informations pouvaient être choquantes pour un enfant. Mais finalement, après une longue conversation avec sa femme, il accepta.

Harry... pensa t-il. C'est vrai, pourquoi Druella avait-elle donné un deuxième prénom aussi commun au fils qu'elle avait désiré depuis toujours. Cygnus avait même soupçonné pendant quelques temps qu'elle l'ait appelé ainsi en l'honneur d'un amant qu'elle aurait pu avoir. Et comme pour compliquer les choses, Harry ne ressemblait en rien à un Black. Il avait longtemps repoussé cette idée ignoble, se rassurant dans la ressemblance entre Bellatrix et le reste de la famille.

Bella était en effet une véritable Black en apparence, ça il n'y avait pas de doute. Elle avait les yeux foncés et les paupières lourdes, les cheveux noirs, les pommettes saillantes et une grande taille.

Harry, lui était plutôt petit et assez maigrelet pour son âge. Ses cheveux était une masse indomptable, il avait un nez plus court et une bouche plus épaisse que ses cousins ou ses sœurs. Sa peau de couleur pêche contrastait avec la pâleur extrême de sa sœur. Et si les Black étaient gracieux et hautain, Harry lui était un peu maladroit et très doux du visage. Mais la caractéristique qui semblait la plus étrange pour Cygnus était ses grands yeux verts électriques en amande.

Alors l'idée, nourrie en plus par sa mère, était restée plantée là longtemps, tel un vieux chêne entortillant ses racines dans la terre meuble qu'était ses pensées. Sous les conseils de sa grand tante Elladora, il avait finalement accepté de faire un test de paternité en secret. Celui-ci se révéla indéniablement positif. Octantis était bien son fils. Ce jour là, il avait été partagé entre un soulagement immense et une honte extrême d'avoir pu imaginer que sa femme ait pu souiller leur mariage.

Le test avait au moins permis de clouer le bec des deux gorgones qui renfrognées avaient fini par accepter la vérité.

Pour soulager sa culpabilité, ce mois là, il avait couvert sa femme de cadeaux et s'était considérablement rapproché de son fils. Passant de longs moments à discuter autour d'un verre de thé ou à lire ensemble dans un silence confortable.

Cygnus n'était pas du genre à préférer un de ses enfants plutôt qu'un autre, mais il devait bien avouer que tout semblait graviter autour de son fils. Il lui était même arrivé parfois d'imaginer Octantis héritier de la famille à la place d'un de ses deux neveux.

Mais la pensée aussi fugace qu'impensable l'avait laissé confus. Jamais il n'avait bronché de ne pouvoir revendiquer la place de chef. C'était même tout le contraire, il n'était pas un homme d'ambition mais plutôt quelqu'un de très loyal envers les membres de sa famille. De ce fait, il était normal pour lui qu'Orion possède tous les droits sur la fortune familiale et ait son mot à dire sur la vie en générale et les actions de la branche secondaire.

Pourtant tel un insecte, l'idée ne cessait de fourmiller et bourdonner dans sa tête. D'un geste vif de la main, il l'a repoussa une nouvelle fois.

Sortant doucement des méandres de ses pensées confuses et agitées, il remarqua finalement le regard curieux que lui lançait Octantis.

- « Pardon, je pensais à autre chose. »

- « Nous avons vu ça. » rétorqua son beau-frère, la voix lourde de sous-entendu.

- « Reste donc dîner à la maison Abercius, je suis sûr que Druella serait contente » dit-il finalement.

- « Ça aurait été avec plaisir, mais j'ai promis à mon épouse de passer du temps avec elle ce soir. Tu sais que depuis quelque temps je suis assez … occupé. »

- « Comme tu voudras, passe le bonjour à ta femme et ton fils, et par pitié avant de partir passe voir Druella. »

Le soir même après le dîner, Cygnus remercia tous les Dieux que Rosier ait refusé son invitation à souper..


La table était immense, de forme rectangulaire, reposant sur huit pieds. Elle prenait une bonne partie de la salle à manger. Le plateau du meuble en chêne massif était recouvert d'un vernis fin et brillant, protégeant une grande scène de chasse. Mais au lieu du traditionnel trio chiens, chasseurs et renards, la peinture en cuivre doré représentait un groupe de sorciers richement vêtus, poursuivant du haut de leur balais des moldus sans défense. Bien heureusement pour Harry, à chaque dîner, la scène était recouverte par les immenses assiettes en porcelaine blanche et les nombreux couverts en argent, soigneusement placés, de manière à laisser voir les armoiries de la famille. Pompeux pensa Harry. Chaque meuble de cette maison, non, pardon château.. respire la prétention.

- « J'ai entendu dire que ce vieux fou de Dumbledore voulait engager un demi géant en tant que garde chasse à Poudlard. » Harry releva la tête soudain intéressé. « C'est une honte et un danger direct pour les enfants. Merlin seul sait ce que cette bête pourrait faire à un étudiant. »

- « Acturus, vous n'êtes pas sérieux. » s'inquiéta sa femme Melania dégoûtée. « Il faut faire quelque chose... Avez vous contacté le ministère? »

- « Le matin même, mais le Département de contrôle et de régulation des créatures magiques n'a rien trouvé à redire, soit disant que ce monstre était parfaitement capable d'assurer sont poste sans nuire à un élève. »

- « C'est l'euphorie de cette nouvelle loi sur les créatures magiques qui leurs font croire qu'il ont tous les droits. » assura Cygnus. « Une fois qu'il reposeront les pieds sur terre, il se rendront compte de cette absurdité. »

- « Un élève va finir par être blessé avant qu'il ne lève un petit doigt. »

- « Espérons que ce ne soit pas un sang pur » continua Cassiopeia.

- « En parlant de Poudlard, comment se passe ta seconde année Andromeda. » s'enquit Irma d'un ton maternelle.

- « Très bien grand mère, je suis l'une des premières en Charme et défense contre les forces du mal. » Irma sourit satisfaite, puis retourna à son plat. Ce fut Arcturus assit à l'emplacement du chef de famille à la place de son fils Orion qui reprit.

- « Si seulement ton arrière grand père était encore à la tête de Poudlard. Cette école serait bien plus respectable. J'envisage sérieusement de vous envoyez, toi, tes sœur et ton frère, ainsi que tes cousins à Dumstrang. »

- « Tu n'y penses pas Arcturus » protesta son frère Pollux. « Jamais un Black n'aura été ailleurs qu'à Poudlard. Mais je le concède cette école n'est plus ce quelle était et Phineas Nigellus était un bien meilleur directeur que ce vieux fou de Dumbledore ou ce crétin d'Amandot Dippet. Lui savait au moins remettre les sang de bourbe à leur place. »

Il ricana puis se servit un grand verre de vin.

- « C'est vite dit mon oncle, mais c'est vrai qu'il faut le faire pour être le directeur le moins aimé sur une période de mille ans. »

Alphard Black souriait avec désinvolture, presque innocemment, puis il fit un clin d'œil peu discret en direction d'Harry et Andromeda. Si Alphard lui rappelait beaucoup Sirius, en cette instant, il crut presque être en face de son parrain.

Harry ne put s'empêcher de glousser remarquant du coin de l'œil qu'Andromeda cachait discrètement son sourire derrière une serviette en soie.

- « Petit insolent! » menaça Irma Black.

- « Voyons mère, je ne fait qu'exprimer un point de vue, d'ailleurs en passant, vous devriez arrêter de manger autant de gâteaux ou votre Patronus risque bien de devenir une tarte à la fraise! »

Irma recracha littéralement son gâteau sur le visage de son fils Cygnus, puis se jeta baguette tendu sur Alphard qui évita avec adresse sa mère enragée.

- « Mère ! même si il est vrai que vous avez plus de chance de me tuer avec votre poids qu'avec votre baguette, je ne pense pas que ce soit digne de votre si haut rang ».

La table était sans dessus dessous, Bellatrix hilare avait fait exploser le gros plateau rempli de soupe aux champignons qui éclaboussant tous les membres de la famille, entraîna une réaction en chaîne.

Tout d'abord, Melania pour se protéger essaya de quitter la table mais s'emmêlant dans les plis de sa robe, s'écrasa lourdement au sol, envoyant voltiger sa mousse au chocolat en plein dans la tête d'Irma qui, semi aveuglée se trompa de cible et se jeta griffe dehors sur son fils aîné Cygnus.

Arcturus affolé tenta de sauver son neveu à coup de pétrificus totalus, solution qui aurait pu être efficace si Narcissa dans l'espoir d'éviter une salve de choux à la crème n'avait pas buté dans le bras droit de son oncle déviant ainsi son sort.

Le pétrificus frappa donc de plein fouet un pauvre elfe de maison qui s'écrasa sur une carafe en cristal, éclaboussant au passage lord Wellington qui effrayé sauta au visage de Cassiopeia s'emmêlant tel une chauve souris enragée dans ses cheveux. Druella horrifiée s'élança alors après sa tante, plus pour sauver son chat que celle ci.

Harry réfugié sur la table en profita pour envoyer quelque boule de purée à tout vas. J'ai 6 ans non ? autant en profiter.

Soudain les lumières clignotèrent et une grande main invisible empoigna l'oreille d'Harry, le fit descendre sans ménagement de la table puis le lâcha tout aussi rapidement l'envoyant s'écraser au sol.

- « Que se passe t-il ici! »

Comme un seul homme, tout le monde se retourna vers la voix autoritaire, et un silence total se fit.

Harry pâlit, ses muscles se crispèrent comme en proie à une attaque. Ses jambes tremblaient tellement qu'il ne tenta même pas de se relever. Une peur irrationnelle lui tordait l'estomac.

Elladora Black se tenait droite comme un piquet, la tête haute et la bouche courbée en une grimace de dégoût.

- « C'est une honte ! » s'écria t-elle « Comment des adultes comme vous, et pire encore, membre de la noble famille des Black peuvent-il se comporter ainsi. » Elle serra les dents, ses petit yeux noirs presque complètement cachés par ses paupières tombantes se rétrécir en une fine ligne sombre. D'un geste de sa baguette, les assiettes, fourchettes et autre ustensiles se remirent en place.

Si Harry n'avait jamais eu peur facilement avant, depuis qu'il était ici, tout avait changé. Des sentiments irrationnels le tourmentaient jour et nuit, des peurs primaires refaisaient surface. Celle du noir, du placard ou encore du monstre qui pouvait se cacher sous le lit. Et si avant il avait ignoré cette bizarrerie, aujourd'hui elle lui revenait au visage comme une balle lancée à pleine vitesse. Il étudia ses mains minuscules, trempées de sueur, ses jambes courtes cotonneuses. Harry s'était toujours senti invincible. Il connaissait le futur. Il avait toutes les cartes en main pour changer l'avenir. Et pourtant il était là, minuscule, insignifiant, effrayé par sa vieille grand tante. « Elle était folle » lui avait un jour dit Sirius « C'est elle qui a inauguré la décapitation des elfes de maison devenus trop vieux. » Il se vit soudain le corps ensanglanté sans vie dans le hall. La tête accroché au mur, figée pour toujours dans un grimace d'effroi, la bouche ouverte dans un cri silencieux.

Il avait peur comme … un enfant...

Il était un enfant.

- « Viens ici Alphard. » Du coin de l'œil, il remarqua le teint grisâtre qu'arborait maintenant Alphard.

- « Gand mère je … » il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il tomba au sol percuté de plein fouet par l'endoloris d'Elladora.

- « Relève toi Alphard, petit incompétent, je pourrais te déshériter en un claquement de doigts. »

Il se releva lentement, tremblant, puis se dirigea vers Elladora les dent serrées et les yeux plissés par la douleur.

- « Bien !» murmura la vieille dame, « venez avec moi Pollux et Irma, vous êtes les parents de ce petit effronté, vous méritez d'être punis aussi.» Irma baissa la tête, rouge de honte et de colère « Nous sommes l'une des plus grandes familles sang pur de Grand Bretagne, nos ancêtres se sont battus pour nous hisser au sommet. Mon pauvre frère Phineas doit se retourner dans sa tombe. Montrez leur un peu de respect et comportez vous en sang pur respectable! » Dans un bruissement de robe inquiétant, elle se dirigea vers la grande porte, suivie de près par un Alphard chancelant et ses deux parents.

Avant de passer la porte, elle s'arrêta puis sans se retourner, murmura juste assez fort pour que toute la salle puisse l'entendre « oh et j'oubliais, Druella...? »

- « Oui ma tante » s'enquit t-elle nerveusement.

- « Efface ce petit sourire goguenard car tu ferais mieux d'apprendre quelques bonnes manières à ton fils. » Elle marqua une pause puis ajouta un grand sourire aux lèvres. « je ne voudrais pas avoir à lui apprendre une ... leçon »

- « Bi.. Bien sur Madame..Par... Pardonnez moi... » Les portes se refermèrent violemment sous le rire sinistre de Elladora.

Cette même nuit, des cris de douleurs et des plaintes d'agonie déchirèrent l'obscurité telle une litanie sauvage et primitive. Il était évident pour chacun qu'Elladora avait amplifié chaque son, respiration, supplication comme un avertissement, une menace rampante dans l'obscurité. Si Pollux et Irma quittèrent les cachots le lendemain même, personne ne revit Alphard pendant plus de quatre jours.


Normalement, Elladora est morte en 1935 mais j'ai décidé de lui donner quelques années de sursis.

A Bientôt ^^ Et n'hésitez pas à laisser une tite review. ;)