Bonsoir ! J'espère que le premier chapitre vous a plu ! Nous voilà reparti pour une histoire bien déprimante, en deux partie, sur laquelle je m'attarde un peu plus sur le personnage !
Bien entendu, à part mes personnages, rien n'est à moi, je tiens à le rappeler !
Jeremy Abraham Nest était un auror consciencieux. La preuve : il avait survécu à la première guerre, chose n'étant pas aisée lorsque « auror » rimait avec « chair à canon ». Il gardait de cette période obscure une cicatrice au-dessus de l'arcade sourcilière, une haine féroce à l'égard des serpents et des têtes de morts, une méfiance plus que solide envers la presse et tous les mensonges rassurants qu'elle pouvait balancer, une faculté à lire entre les lignes que le faisait passer pour un paranoïaque une fois sur deux, et des amis à qui il pouvait confier sa vie sans hésiter.
De la guerre, il se souvenait des cris et des pleurs d'après les attaques, des regards hantés de ses camarades d'armes faisant écho au sien, de la peur permanente, des hiboux aussi attendus que redoutés. Il se souvenait de la lettre impeccable qui lui avait annoncé la mort de ses parents, de sa demi-sœur au visage dévasté quand il avait obtenu l'autorisation de lui révéler la nouvelle. Macabre privilège que celui-ci ! Il se souvenait de son ami Nicolas au visage déserté de vie, de ses yeux vides et fixes, de sa baguette qu'il tenait encore dans la main.
Oui, par la faute de Voldemort, Jeremy avait beaucoup perdu. Comme tous les survivants, il détesta donc l'idée que cela puisse recommencer dès qu'elle commença à se répandre. Une peur maladive le dévorait dès qu'on énonçait l'hypothèse que le règne des ténèbres puisse recommencer. Conduite peu glorieuse que celle-ci, en vérité ! Jeremy avait été Gryffondor, mais il lui semblait que cela était dans une autre vie. Tout son courage, son impulsivité frisant la stupidité, il l'avait consumé dans la première guerre. Qui lui en aurait voulu de ne pas vouloir replonger dans un cauchemar encore trop peu effacé dans toutes les mémoires ?
Il arriva pourtant bien au moment où se voiler la face devint inutile. Quelles excuses pouvait-on avancer quand le ministère se transformait en un régime identique en tout point à celui que promouvait naguère Voldemort ? Aucune, et il maintenant se rendre à l'évidence : le ministère était condamné, et avec lui tombait la liberté de mouvement des aurors.
Ce jour-là, en ce samedi un peu moins broussailleux que d'habitude, Jeremy courait vers le ministère. Pas parce qu'il était en retard, non, mais parce que dans ses bras se tenait une enfant d'à peine six années. Elle avait les yeux fermés, le teint si pâle qu'on aurait pu la croire morte. Ses vêtements étaient roussis et brûlés, ses cheveux noirs corbeau dispersaient des cendres grises sur la robe de sorcier de celui qui la portait. Sa poitrine se soulevait en un rythme erratique.
La petite fille en question se prénommait Lynn, et étaient la fille de la demi-sœur de Jeremy. C'était normalement une fillette joyeuse qui adorait son oncle, malgré le ressentiment qu'éprouvait sa mère pour lui. Seulement, normalement n'était pas un mot qu'on pouvait adapter à la situation. Désastre, oui. Catastrophe, oui. Drame, tragédie, oui. Mais normal ? Définitivement pas.
Mais ne nous précipitons pas, voulez-vous ? Laissons Jeremy courir, et remontez quelques heures plus tôt…
Alors ?
Je me fais l'effet d'une gratteuse, mais n'hésitez pas à mettre une rewiew, ne serais-ce pour me signaler si j'ai fait des fautes !
A demain pour la suite !
