Voici la suite de la fiction ! Elle est composée de trois chapitres. Ici, on aura droit à plus d'explications de la part de Parrish. Et à pas mal de découvertes de la part de Lorne…

Bonne lecture !

*Découvre moi*

Le lendemain matin, Lorne se réveilla en sursaut. Il n'avait dormi que deux heures, n'arrivant pas à trouver le sommeil puis il avait fini par s'endormir, avant de faire des cauchemars au sujet du botaniste. Il le voyait à l'hôpital, perfusé, intubé et parfois sur son lit de mort. Cela le perturbait, car jusqu'ici, il n'avait jamais rêvé de lui hormis lorsqu'il rêvait de leurs missions. Il ne l'avait jamais imaginé dans un contexte plus personnel.
Pourtant il savait qu'il tenait au botaniste, peut être plus qu'à tout autre membre de son équipe. Il y avait quelque chose de candide qui se dégageait de lui, si bien qu'après une mauvaise journée, c'était toujours vers lui que Lorne se tournait pour arriver à se détendre. Il l'écoutait parler de plantes avec émerveillement. Il aurait pu l'écouter réciter le bottin téléphonique, ça lui était égal. La voix de Parrish n'avait pas son pareil pour l'apaiser.

La veille, il avait pris conscience qu'il pouvait perdre ce soutien. Il s'était rendu compte de la fragilité de leurs vies, à quel point elles ne tenaient parfois qu'à un fil et qu'une bataille pouvait toujours être perdue. Il n'avait pas réussi à dormir parce qu'il ne se résolvait pas à la possibilité de perdre Parrish. Lorne savait que quelque chose qui dépassait sa compréhension était en train de se jouer sous son nez mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Affalé sur une table du Mess, il sentit à peine la main qui se posa sur son épaule et qui le secoua doucement. En relevant ses yeux endormis, il distingua une longue et fine silhouette.
-"Tout va bien, Major?" lui demanda une voix qu'il reconnut entre mille et qui était teintée d'inquiétude.
Lorne poussa un grognement primitif, qui fit rire Parrish, avant de replonger la tête dans ses bras.
-"Je peux me joindre à vous?" demanda le botaniste en posant son plateau.
Lorne acquiesça et releva la tête en sentant l'odeur du café noir et corsé. Il y avait deux tasses sur le plateau de Parrish, qui lui en tendit une sans un mot. Le Major se précipita dessus, faisant rouler le liquide sur sa langue en le savourant, le faisant pénétrer dans ses papilles. Il le réchauffa et le brouillard de son esprit se leva.
Il savait que Parrish se retenait de lui poser une question, il le sentait. Et il pensa savoir ce qu'il voulait lui demander. En général, il n'était pas très ouvert lorsqu'il s'agissait de ses sentiments ou de sa vie privée, mais le problème concernait le botaniste. Quelle meilleure personne à qui en parler?
-"Je n'arrivais pas à dormir. Je n'arrêtais pas de penser à vous" lui dit Lorne de but en blanc, en relevant les yeux sur le visage de Parrish, y notant le rose qui ornait ses joues. Le botaniste tenta de plaisanter, un petit sourire timide s'étirant sur ses lèvres.
-"Major, Major... si je m'attendais..."
Mais Lorne n'avait pas envie de rire et son visage arborait une mine grave. Il entendit à peine ce que lui disait Parrish.
-"J'ai pensé à ce que vous m'avez dit, au sujet de... enfin, vous voyez" lui dit-il à voix basse, le Mess étant bondé. Il ne voulait pas que d'autres personnes entendent la confession que le botaniste lui avait fait, ce n'était pas leurs oignons.
Parrish eut un petit sourire de connivence, mais ne sembla pas étonné. Peu de gens connaissaient son secret, mis à part Beckett et Carter. Et désormais, Lorne.
-"Ca n'arrêtait pas de tourbillonner dans ma tête. Je vous voyais avec des poches, des tuyaux partout, des injections. L'air livide, le regard éteint..."
Le botaniste soupira lourdement, désolé d'infliger bien malgré lui ce genre de chose à Lorne.
-"Ecoutez... j'apprécie votre inquiétude mais je vous assure que tout va bien. Beckett me fait passer des tests tous les deux mois et ça fait huit ans que je suis en rémission."
Lorne cataloguait l'information mais cela ne lui suffisait pas.
-"Est-ce que cette saloperie peut revenir?" demanda-t-il comme s'il était en train de décider d'une tactique pour éliminer un Wraith. Parrish eut un pauvre sourire et haussa les épaules.
-"Je n'en sais rien. En principe, plus les années passent et moins il y a de chances... mais qui sait?" répondit-il, l'air détaché. Cela intriguait Lorne, qui ne comprenait pas comment il pouvait parler de tout cela d'une manière banale, presque éteinte.
-"Cette incertitude ne vous effraie pas? Vous n'avez pas peur qu'un jour..."
Il s'interrompit, n'arrivant pas à aller plus loin. Sa gorge se serra à nouveau. Parrish lui, avait l'air profondément philosophe.
-"Si bien sur. Il y a toujours un petit quelque chose au fond de moi qui craint. Mais si je reste paralysé par la peur de mourir, ce qui nous arrivera à tous à un moment donné, je vais passer à côté de ma vie. Il a fallu que je regarde la Mort en face, deux fois, pour le comprendre"
Lorne comprit qu'il s'était trompé au sujet du botaniste. Il était plus courageux que lui, que toute son équipe, sous ses airs de jeune homme naïf et fragile. Il s'en voulut de s'être arrêté aux apparences et d'avoir appris si mal à connaître les membres de son équipe. Il ne savait rien d'eux. Comment était-il censé les protéger dans ce cas?

L'atmosphère due à la conversation s'était fait pesante et ils décidèrent de changer de sujet, tout en entamant leur petit déjeuner.
-"Alors? Toujours curieux au sujet de mes tatouages?" lança Parrish, un sourire espiègle sur le visage alors qu'il avala un morceau de pancake.
-"Je dois avouer... j'ai voulu m'en faire un aussi, mais entre nous, j'ai peur des aiguilles"
-"Vraiment?" s'étonna Parrish. "J'ai tellement l'habitude des aiguilles, je n'ai même pas senti celles-ci"
Lorne fit la grimace, se rappelant leur conversation. Puis il se demanda à quoi pouvaient bien ressembler les autres tatouages de Parrish et surtout où ils se trouvaient. Le botaniste l'enjoignit de deviner et il se prêta au jeu.
-"Je suis certain qu'il y a au moins une plante..."
Le petit sourire du botaniste lui donna la réponse. Maintenant restait à trouver l'endroit. Parrish avait dit qu'il s'agissait d'un endroit qu'il ne pouvait pas montrer à tout le monde. Un endroit plutôt intime donc. Lorne se demanda de combien de tatouages il s'agissait.
-"Doc, combien en avez-vous?"
Parrish eut un petit rire et se pencha vers Lorne, de manière presque lascive.
-"En tout, cinq. Sans compter les deux piercings..."
Lorne s'étrangla en buvant son jus d'orange. Nom de... Des piercings? Mais où diable cachait-il ça? Le rouge lui monta aux joues.
-"Je suis désolé, Major. Mais il faut que j'y aille. Prenez le temps de réfléchir à notre petit jeu... et repassez me voir plus tard. Je suis certain de pouvoir vous apporter quelques réponses" dit le botaniste avant de se lever, de lancer un clin d'oeil à Lorne et de disparaître du Mess, laissant le militaire pantois.