Auteur : Lady Zalia

Type : Humour, Romance Yaoi et vampirisme (un peu de drama)

Couple : HPxDG / Drarry

Disclaimers : Je n'ai aucun droit sur l'univers fantastique créé par J.K. Rowling.

Je n'ai pas de beta lecteur donc malgré mes relectures il peut subsister quelques fautes.

J'ai relu le 6e tome pour ne pas commettre d'impairs mais je compte de toute façon m'éloigner de l'histoire originale pour préserver mon petit couple. 3

***/+/***

Parmi les disciplines sur lesquelles j'étais inscrit pour passer mon ASPIC, quatre étaient communes avec Harry Potter : Défense contre les forces du mal, Potions, Métamorphose et Sortilèges. Cependant la masse de travail à rendre était tellement importante que j'avais dû mettre temporairement de côté mes séances d'espionnage pour travailler comme les autres. Vampire et héritier Malfoy ou pas, il relevait de mon honneur de réussir mon ASPIC. Heureusement qu'il nous restait ce fameux soir de la semaine pour nous retrouver.

Conformément à ma promesse, j'avais demandé à ma mère de m'envoyer un petit pack de bièraubeurre, chose qu'elle avait diligemment fait comme toujours. Bien que ce soit très faiblement alcoolisé, je m'imaginais déjà profiter d'un Harry Potter à la langue déliée par la boisson…

J'arrivais le premier et m'assit sur le muret, les jambes dans le vide. Cette sensation de hauteur était encore grisante malgré mon immortalité. Le vent soufflait fort mais le temps était sec.

Après 20 minutes d'attente, je regrettais de n'avoir pris de livre. Potter était en retard ! Nous nous étions donné rendez-vous à 23h et j'espérais qu'il aurait eu la courtoisie de me prévenir en cas d'impossibilité.

Heureusement il arriva quelques minutes après, l'air un peu essoufflé et sans cape d'invisibilité. De surcroît, il émanait de lui une odeur particulièrement forte et semblait de mauvaise humeur. Il se laissa presque tomber contre le mur, me saluant en un soupir.

D- Je pense deviner que ton karma pourri a encore frappé ?!

H- Si mon karma s'appelle Rogue alors oui ! J'ai passé la soirée en retenue à trier des veracrasses à la main ! Je ne resterais pas longtemps. Il est déjà tard et j'ai besoin d'une bonne douche pour oublier cette sensation infecte…

Il observa un instant sa main tandis que je décapsulais une bouteille d'un coup de baguette. Mentalement, je notais de demander à Severus de ne plus le mettre en retenue le jeudi soir… Harry accepta mon offre et s'assit à mes côtés tandis je m'en décapsulais une seconde pour trinquer avec lui.

… Merci. C'est exactement ce dont j'avais besoin en ce moment !

D- Alors tu as dû faire ta sélection pour l'équipe de Quidditch de Gryffondor j'imagine ! Qu'est-ce que ça fait d'être capitaine de ton équipe ?

Harry eut un drôle de sourire.

H- Tu n'essayerais pas de me soutirer des informations pour avantager ton équipe par hasard ?

D- Absolument pas. De toute façon j'ai abandonné mon poste d'attrapeur cette année. C'est Harper qui me remplace. Je n'ai plus autant de temps à consacrer au Quidditch et je ne veux plus de source de rivalité entre nous.

Il se tourna vers moi et ouvrit la bouche, sans doute décontenancé par ce que je venais de dire. Basiquement, la principale raison était surtout le soleil. Si je pouvais m'en sortir avec une bonne migraine par temps couvert, il était parfaitement exclu que je passe toute une partie de Quidditch en plein air par temps dégagé. Ma passion pour le Quidditch n'était pas assez forte pour outrepasser ma peur d'un épiderme brûlé au deuxième degré.

H- Je… ne pensais pas que tu irais aussi loin…

Il avait les yeux encore écarquillés et ne semblait pas savoir comment interpréter cette information.

D- Par contre, même si officieusement j'admire ta technique de vol, tu te doutes bien que je porterais toujours les couleurs de Serpentard dans les gradins ! Je ne tiens pas à me faire lyncher par ma maison !

Il accusa l'information en rougissant un peu, à moins que ce soit la fraîcheur de l'air…

H- Ah ah oui j'imagine bien. Et bien figure toi que la sélection des candidats a été laborieuse. McGonagall m'avait donné une liste de vingt candidats mais il y avait presque quarante élèves présents samedi matin, même des premières années qui savent à peine voler et des Poufsouffles et Serdaigles. Comme si c'était un spectacle ! À part Ginny, Ron et Katie Bell j'ai dû renouveler toute l'équipe. J'espère que je n'aurais pas à hurler comme ça à chaque entraînement.

Je retins un haut-le-cœur en buvant ma bièraubeurre. Elle avait pour mes papilles vampiriques un goût de farine liquide… Il serait de bon ton de prévoir une discrète flasque de sang pour la prochaine fois.

D- On verra ce que donnera ton équipe face à Serpentard au prochain match. Crabbe et Goyle sont restés batteurs. Je ne sais pas ce que vaut le nouveau capitaine Urquhart mais tu dois connaître Zabini qui est poursuiveur.

H- Oui j'ai déjà rencontré Blaise Zabini. Slughorn était dans le Poudlard Express et a voulu absolument déjeuner avec tous les élèves un tant soit peu célèbres. C'était d'un ennui ! D'ailleurs il voulait remettre ça ce soir, ça aurait toujours été plus agréable que la retenue de Rogue.

Je me retenais de l'informer que Rogue était mon parrain mais lui avoir déjà avoué que Bellatrix était ma tante était bien suffisant.

D- J'espère sincèrement qu'il te laissera un peu tranquille mais il semble vraiment te haïr, lui qui est habituellement imperturbable. Et si je me souviens bien ça dure depuis la première année !

H- Il m'a agressé dès la toute première fois que j'ai mis un pied dans son cours ! Il paraît que c'est parce que je ressemble trop à mon père qui l'a harcelé toute sa scolarité. Mais j'y suis pour rien moi ! Il fait retomber le moindre incident sur moi !

D- Il faut avouer que tu l'as bien provoqué au dernier cours de défense contre les forces du mal ! J'ai eu du mal à me retenir de rire, c'était une belle utilisation du Protego !

H- Je n'allais tout de même pas me laisser humilier ! Qui sait quel sortilège il allait me lancer !

Il était manifeste que la haine de Rogue était réciproque. Harry semblait bien décidé à en découdre. Ça n'allait pas aider à apaiser leurs relations. Je souris en lisant la rogne sur son visage. Au moins il ne se laissait pas marcher sur les pieds. C'était son caractère bien trempé qui m'avait séduit en premier. Lui seul dénotait parmi tous ceux qui s'aplatissaient devant moi. Lui ne me craignait ni ne flattait. Accepterait-il seulement de s'offrir à moi ? L'avoir ainsi à quelques centimètres de moi me donnait une furieuse envie de l'embrasser mais le brusquer risquerait de briser cette amitié précaire que j'avais réussi à établir en quelques semaines.

Je devais avoir l'air perdu dans mes pensées car Harry secoua sa main devant mes yeux.

D- Hum ?

H- Tu sembles aussi près que moi à t'endormir. On ferait mieux de rentrer. D'autant qu'il va me falloir de l'énergie pour le cours de métamorphose de demain. Les profs nous rendent dingues avec ces histoires de sortilèges informulés.

D- Je t'accompagne. Tu n'as pas ta cape ce soir et si quelqu'un te surprend, tu vas récolter d'une nouvelle heure de retenue.

Personnellement, les sortilèges informulés ne me posaient pas trop de problème. Outre le gain de puissance acquis à travers ma transformation, on m'y avait entraîné depuis déjà plus d'un an. Ajustant l'insigne de préfet bien en évidence sur ma robe de sorcier, je suivis Harry en direction du dortoir des Gryffondors.

Comme attendu, nous croisâmes Rusard au détour d'un couloir. Je l'avais entendu arriver grâce à mes nouveaux sens mais il fallait reconnaître que ce Cracmol était rapide ! Harry sursauta en le voyant, s'agrippant instinctivement à mon bras avant de le relâcher.

R- Malefoy et Potter, que faites-vous ici à une heure pareille !

D- Harry Potter était en retenue et le professeur Rogue m'a expressément demandé de le ramener jusqu'à son dortoir pour éviter qu'il ne se balade dans les couloirs monsieur. Vous pourrez vérifier auprès de lui.

Rusard approcha son visage tout près du mien, ce qui ne l'empêcha pas de continuer à crier.

R- Je n'y manquerais pas ! Et il vaut mieux pour vous deux que vous ne mentiez pas ! Dépêchez-vous !

Harry attendit quelques instant que Rusard disparaisse avant de reprendre la parole :

H- Je n'arrive pas à comprendre comment ce vieil épouvantail arrive à surveiller Poudlard aussi efficacement. Tu n'aurais pas dû dire ça, tu vas t'attirer des ennuis !

D- Ne t'inquiètes pas pour moi, je m'arrangerais avec Rogue si besoin. C'est moi qui t'ai proposé ce rendez-vous hebdomadaire et il est hors de question que tu sois puni pour cela.

H- Pourquoi tu fais tout ça ?

D- Je te l'ai dit, c'est aussi un peu égoïste mais j'ai besoin de me confier à quelqu'un qui ne m'idolâtre pas béatement comme la majorité des élèves de Serpentard. Et je voulais cesser cette rivalité qui nous opposait depuis la première année.

H- C'est vrai mais je ne te pensais pas capable d'être…

Il cherchait ses mots. Je ne lui en laissai pas le temps.

D- Tu me croyais si dénué de toute qualité ?

H- Pardon. Mais tu ne m'avais pas montré tes bons côtés avant cette année.

Je me retins de lui dire qu'avec Wesley toujours accroché à ses basques comme un chien de garde, il n'était pas évident à approcher non plus. Mais j'avais beau le détester, insulter son meilleur ami n'était sans doute pas la meilleure méthode pour gagner son affection.

D- Alors qu'en penses-tu ?

H- Je ne suis pas déçu de t'avoir fait confiance. Même si ça ne fait que quelques semaines c'est agréable d'avoir quelqu'un à qui parler sans être jugé… sans oublier la bièraubeurre !

Harry souriait largement. Nous n'étions plus qu'à un escalier du dortoir Gryffondor lorsqu'il s'arrêta net.

H- Merci encore pour ton escorte, je vais continuer tout seul. Tu as presque réussi à rattraper ma soirée mais je ne voudrais pas que la Grosse Dame te voie. Elle pourrait s'imaginer qu'on sort ensemble ou je ne sais quelle absurdité et aller colporter ce ragot dans tous les tableaux du château. Ma vie est déjà bien assez compliquée comme ça…

D- Et ce serait si surréaliste que cela qu'on sorte ensemble ?

Il baissa les yeux. Je pouvais voir distinctement son visage malgré la pénombre. Mes yeux se fixèrent sur ses lèvres entrouvertes. La question était sans doute un peu abrupte mais je voulais être fixé.

Il ne répondit pas mais ne s'éloigna pas non plus. S'il était en train de peser le pour et le contre, il était temps de faire pencher les arguments en ma faveur.

Harry était légèrement plus petit que moi. Tout doucement, ma main droite vint relever son menton. Pour la première fois je pouvais toucher sa peau ! J'en voulais plus ! Ma cible n'ayant pas bougé ni témoigné la moindre intention de me repousser, c'était ma chance : Maîtrisant mon impatience, je posais mes lèvres sur les siennes en un timide baiser. Et quelle ne fut pas ma jubilation en sentant ses lèvres s'entrouvrir !

HARRY POTTER ACCEPTAIT MON BAISER ! J'EMBRASSAIS. HARRY. POTTER. L'ÉLU. LE SEUL ET L'UNIQUE !

Je l'aurais hurlé tant j'étais heureux. Répondant à son désir, je goûtais sa langue alors que mes doigts glissaient contre sa gorge.

C'était exaltant. J'avais l'impression de sentir mon corps se réchauffer, d'entendre nos cœurs battre à l'unisson… et le vampire en moi de désirer son sang.

Je mis fin au baiser peut-être un peu vite, effrayé à l'idée qu'il sente mes crocs. Et il en profita pour s'écarter. Trop hagard pour songer à le retenir, je le vis monter les marches deux par deux avant de disparaître sans un regard en arrière.

Je clignais des yeux. Ce n'était pas un rêve, j'avais embrassé Harry Potter et il avait accepté… Et il s'était enfui.

Je ne savais pas si je devais être heureux ou amer face à cette constatation. Je portai ma main à mes lèvres dans l'espoir de conserver encore un peu la sensation de sa peau contre moi.

Peut-être… Sans doute avait-il besoin de temps. Je ne voulais pas le brusquer, j'attendrais sagement jeudi prochain. C'était la meilleure chose à faire.

J'avais déjà eu des amants par le passé. Deux pour être exact et j'avais gardé leur existence soigneusement secrète avant de leur infliger un sortilège de faux souvenirs pour préserver ma réputation. Mais jamais je n'avais ressenti une passion similaire pour qui que ce soit. Harry Potter mettait mes sens en émoi. Je le désirais comme jamais je n'avais désiré quelqu'un. Sa silhouette hantait mes fantasmes depuis plus d'un an et pour la première fois il semblait réaliste de les concrétiser.

J'arborais sans doute un sourire niais en rentrant jusqu'à mon cachot mais qu'importe, il n'y avait plus personne pour le voir.

Quelques heures de sommeil me permirent d'arborer un air aussi revêche que d'habitude le lendemain matin. Il était hors de question que qui que ce soit n'imagine quoi que ce soit. Drago Malefoy devait rester pour tous le ténébreux fils d'un Mangemort.

Je me levais de manière à être le premier dans la salle commune de Serpentard, attendant tranquillement que Crabbe et Goyle me rejoignent, puis nous allâmes dans la grande salle pour déjeuner.

Bien évidemment, plusieurs Serpentards étaient au courant de ma nature vampirique. Outre Pansy, Daphné et Milicent, j'avais mis Crabbe et Goyle dans le secret. Bien que ce ne soient pas des génies, ils étaient tout de même capables de se rendre utiles en cas de besoin.

Pendant le repas, je tendis le cou pour essayer de voir Harry en essayant de rester naturel. La table des Gryffondors était tout à gauche de la salle tandis que la nôtre était tout à droite. Difficile de l'apercevoir dans ses conditions, d'autant plus que le déjeuner était l'occasion d'un va et viens perpétuel d'élèves et de hiboux. Lorsque je l'aperçu enfin, il était comme toujours flanqué de Wesley, Granger et 2 autres élèves de leur âge auxquels je n'avais jamais prêté attention.

Je grimaçais en sentant l'emprise tentaculaire de Pansy autour de mon bras, me forçant à détourner le regard.

D- Lâche-moi.

P- Mais…

D- Ne m'oblige pas à me répéter.

J'avais toléré parfois ces simulacres de relation avec Pansy mais il était désormais hors de question qu'Harry puisse s'imaginer quoi que ce soit entre moi et elle.

Sans doute m'énervais-je pour rien car il n'avait pas même levé un regard sur moi. Je me sentis vexé par ce manque d'attention et serrais les dents. Si Harry Potter me mettait déjà dans tous mes états en ne faisant rien, qu'est-ce que ça allait être s'il refusait mes avances ? Je préférais ne même pas envisager cette éventualité. J'obtiendrais la reddition de son cœur, quoi qu'il advienne.

Au final, je n'eus même pas besoin de jouer la comédie pour entretenir ma réputation acariâtre...

Les jours qui me séparaient de notre rendez-vous me parurent défiler au ralenti. Plus que jamais je passais mes nerfs sur quiconque avait le malheur de venir troubler ma journée. Mais l'apothéose eut sans doute lieu le jeudi matin. Alors que je me tenais dans la grande salle, l'humeur plutôt ragaillardie à l'idée de revoir Harry le soir même, mon hibou vient me remettre une simple feuille pliée en 4.

« Ne serait pas là ce soir. Contretemps Slughorn. H. »

J'abattis mon poing si violemment sur la table que plusieurs Serpentards s'arrêtèrent de manger pour me regarder. J'en aurais hurlé de rage. Je fermais les yeux pour me contenir, sentant ma main meurtrie se rétablir grâce à la vitae vampirique.

La petite sauterie organisée par le professeur allait-elle vraiment lui prendre toute la soirée ou avait-il été bien content de trouver une excuse pour m'éviter ?! Et ce Slughorn qui refusait de reconnaître la grandeur de ma famille, m'empêchant ainsi de l'y rejoindre !

Je sortis en trombe de la grande salle pour rejoindre ma chambre, le poing serré sur la missive. J'avais le plus grand besoin de solitude si je ne voulais pas tuer quelqu'un. J'aurais bien voulu me faire porter malade pour rester seul mais j'étais en pleine forme et je n'avais aucune envie que Mme Pomfresh ausculte sous toutes les coutures « l'élève vampire de Poudlard ».

Le premier cours de la matinée était un cours de Défense contre les forces du mal, évidemment en commun avec les Gryffondors. Harry était toujours accompagné de ses deux meilleurs amis Granger et Wesley et m'ignora superbement. Je fis mon possible pour me concentrer pendant les deux heures qui suivirent. Mon parrain était sans conteste un excellent professeur, capable de tenir la classe en un murmure. Espion au service du Seigneur des ténèbres, il connaissait intimement les forces du mal et était donc le plus à même de nous les présenter, de mon humble avis. Il n'avait pas cessé d'humilier Potter et Londubat à la moindre occasion mais cette année, ces piques ne me faisaient plus rire et le mordant d'Harry risquait de nouveau de le faire terminer en retenue. Alors que celui-ci s'apprêtait à ouvrir la bouche pour répliquer, je renversais d'un discret coup de baguette mon encrier sur Goyle qui ricanait ouvertement. Le petit réservoir se brisa sur le sol avec un bruit cristallin qui suffit à détourner l'attention de toute la classe : D'une pierre deux coups. Mon parrain m'observa un instant en plissant les yeux avant de nettoyer l'encre d'un coup de baguette. J'espérais que le message était bien passé.

À la sortie du cours, j'étais à peine calmé et lorsqu'un jeune élève me fonça dedans, je le saisis par la cravate pour le soulever à 30 centimètres du sol.

D- Oh le mioche ! On regarde devant soit si on veut pas se provoquer des ennuis !

Le garçon commençait à s'étouffer en pleurant mais je n'en avais cure. Harry Potter n'étant pas dans les parages, je pouvais donner libre cours à ma fureur. Ce fut mon parrain qui m'arrêta.

S- Malefoy ! Lâchez ce garçon et venez tout de suite dans mon bureau !

Je laissais tomber ma victime pour tourner les talons et rejoindre Severus qui referma la porte derrière moi et jeta un Assurdiato sur la porte.

S- Il va falloir se calmer Drago ! C'est Potter qui te met dans cet état ?!

Je grimaçais. Nous avions beau être proches, je n'avais aucune envie de lui dévoiler mon avancée avec Harry.

D- Plutôt tous les professeurs de Poudlard qui ont décidé de lui monopoliser ses soirées…

S- Tu ne crois tout de même pas que je vais passer outre ses impertinences pour tes beaux yeux ! Je ne me laisserais pas manquer de respect.

D- Alors n'importe quel autre jour que le jeudi. Pour l'instant je n'ai que celui-là.

S- Quoi qu'il advienne je ne veux plus voir ni entendre parler de démonstration de force comme tout à l'heure. Tu es sensé être discret et faire profil bas ! Je n'hésiterais pas à mettre Dumbledore au courant si tu blesses un élève. Il est hors de question que je perde sa confiance à cause des hormones adolescentes d'un vampire qui est sensé se contrôler !

Je ne répondis rien, il avait totalement raison. Je devais redevenir le Drago imperturbable, le séducteur qui menait la danse.

Je consacrais le temps du midi à y réfléchir, enfermé dans ma chambre : Qu'est-ce qui séduisait Harry Potter ? Des valeurs comme le courage, l'intelligence ? Il avait craqué sur Cedric Diggory par le passé, le noble Poufsouffle, capitaine et attrapeur de l'équipe de Quidditch… Ces qualités étaient l'apanage des fiers défenseurs du bien. S'il n'y avait que ça, mes chances auraient été bien faibles. Mais quelque chose me soufflait que ce dont il avait vraiment besoin, c'était surtout de se sentir écouté et traité comme n'importe quel élève de notre age et surtout pas comme l'Élu dont le poids de la mission commençait à peser… Au final il y avait tant de choses que j'ignorais à son propos ! Décidé à ne plus laisser le destin retarder mon plan, je décidais de lui envoyer un message.

« Que dirais-tu de me retrouver dimanche soir à 23h dans la salle sur demande? Mot de passe « Je cherche un endroit calme » D.»

Je tâchais d'être aussi concentré que possible pour le reste de la journée. Mes camarades s'étonnèrent même de me voir aussi studieux lorsque je refusais leurs offres de loisirs.

D- ...Que veux-tu Crabbe, si tes parents se sont faits une raison, ce n'est pas le cas de ma mère qui espère bien que je prenne la place de mon père. Et je ne compte pas être un simple larbin au service du Seigneur des Ténèbres.

Crabbe et Goyle avaient été des acolytes fidèles mais je ne pouvais que déplorer leur manque de perspicacité. Jamais ils ne pourraient comprendre ni simplement accepter mon attirance envers Harry et je me préparais doucement à les abandonner. À leurs yeux, notre maître m'avait confié une mission secrète de sorte qu'ils ne me questionnèrent pas davantage.

Je profitais effectivement de mes faibles besoins en matière de sommeil pour m'avancer dans mes devoirs, attendant avec fébrilité l'arrivée du courrier le matin. Cette fois mon hibou ne portait qu'un petit bout de parchemin, manifestement déchiré depuis le message original : « OK ».

Nous étions vendredi matin et il restait trois petits jours à attendre !

Le dimanche soir, j'arrivais presque une heure en avance à la salle sur demande. Je ne pouvais m'empêcher de tourner en rond en attendant l'heure du rendez-vous. Et si Harry craignait à une arnaque et venait avec Wesley ou Granger ? Je n'avais aucun moyen de m'en assurer.

Je m'assis simplement sur l'un des canapés qui ornaient la pièce. Il n'y avait rien de spécial hormis le fait, notable à Poudlard, qu'il y régnait un silence absolu. Pas un bruissement de tableau, pas un souffle de fantôme ni un chuchotement d'élève ne venait troubler la quiétude de la pièce. On n'y entendait même pas le vent ni les créatures extérieures comme si les fenêtres elles-mêmes étaient enchantées. Un tapis assez épais et de larges tentures murales réchauffaient l'atmosphère. Des élèves avaient sans doute dû trouver cette pièce pour y faire une sieste mais moi j'y avais bien d'autres projets.

Je me levais d'un bond en entendant le frottement de la pierre indiquant que la porte s'ouvrait. Pour une fois Harry avait un peu d'avance ! J'attendis qu'il retire sa cape d'invisibilité avant de sourire, constatant avec soulagement qu'il était seul. Il me salua d'un signe de tête.

H- Drago.

D- Harry…

Je ne savais pas où commencer. Le vampire en moi me chuchotait de lui sauter dessus mais ce n'était sans doute pas la meilleure idée.

D- Écoute…

Il m'interrompit.

H- Pourquoi m'as-tu embrassé l'autre soir ?

D- Je veux sortir avec toi.

Son regard était sombre. Il ne sembla pas accuser l'information comme je l'espérais.

H- Ah oui ! C'est nouveau. Toi aussi tu veux te taper l'Élu ? Tu veux avoir le célèbre Harry Potter sur ton tableau de chasse ! Il faut en profiter avant qu'il crève remarque puisque ton cher Voldemort veut lui faire la peau, c'est une espèce en voie de disparition !

D- Oh ferme là !

Harry semblait complètement sur les nerfs. La salle n'était pas très grande et je le rejoignis en deux enjambées, effrayé à l'idée qu'il puisse s'enfuir avant que je n'aie pu m'expliquer.

D- Je suis sérieux. Je me fiche de ta notoriété ou de ton statut. Je me fiche du survivant Potter le courageux adversaire du mal. Je veux sortir avec Harry, un Gryffondor de 6e année particulièrement bien foutu sur lequel j'ai craqué depuis plusieurs mois. Et ce n'est pas…

Je ne pu prononcer le nom du seigneur des ténèbres.

D- Putain ! Cette guerre peut bien se faire sans moi ! Je me fiche bien de ses plans pour toi ou pour moi !

Il me sembla sur le point de s'écrouler. Je l'entraînai doucement jusqu'au canapé le plus proche et il me suivit docilement, se laissant presque tomber sur moi alors que je m'asseyais. C'est à ce moment que je compris qu'il pleurait. En vérité il semblait bien incapable de parler mais je gardai le silence, le maintenant contre mon torse en attendant qu'il se calme.

H- Si je te fais confiance, qu'est-ce qui me prouve que tu n'en profiteras pas pour me trahir ?

D- Rien. Pour l'instant tout ce que je peux t'offrir c'est mon affection. Je ne te demande pas de me dévoiler les secrets de Dumbledore ou de son armée mais de sortir avec moi. Ce sera juste entre nous. De toute façon ce serait bien trop compliqué si ça se savait. Mais je veux être présent pour toi dans les coups durs, te soutenir discrètement. Et pouvoir te confier tout ce que j'ai sur le cœur aussi parfois…

Il hésitait. Il ne pouvait pas se permettre d'être vulnérable. Pas auprès de quelqu'un comme moi. Toute ma famille servait le Seigneur des Ténèbres. Mais il savait aussi que j'étais le seul à pouvoir lui apporter quelque chose de vraiment différent. Le seul pour qui son auréole et sa mission étaient invisibles.

H- Retire ta robe de sorcier, ton pull et ta chemise. S'il te plaît.

Je levais les sourcils, me doutant de la raison de sa demande.

D- Déjà ! Je pensais qu'on pourrait commencer par de simples baisers…

H- Je veux juste… vérifier… s'il te plaît…

Sa voix semblait désespérée.

D- Je sais.

Je me levai pour me dévêtir méthodiquement : tout d'abord ma robe de sorcier, puis mon pull avant de dénouer ma cravate et déboutonner ma chemise. Ce fut avec une certaine satisfaction que je laissai tomber le dernier vêtement au sol. Même si l'esprit d'Harry n'était pas du tout dans la séduction, il aurait été dommage de ne pas en profiter. Je me tins un instant devant lui, l'intérieur des bras bien en évidence.

D- Alors tu apprécies ce que tu vois ?

H- Tu n'es pas un mangemort.

D- Tu pensais le contraire ? Je ne suis pas mon père.

Je m'approchai d'Harry de sorte de n'être plus qu'à quelques centimètres. Il était hors de question qu'il m'échappe comme la dernière fois. Je soulevai son menton et plongeai mon regard dans le sien, sachant que sa détresse le rendrait incapable de lutter.

D- Accepte.

Il sembla un instant manquer d'air, incapable de parler. Je sentais ses émotions tourbillonner entre la peur, l'incertitude et le désespoir. Il semblait si fragile, battu par les vents d'une guerre qui l'entraînait sans qu'il puisse résister depuis déjà plusieurs années. À ses yeux, le simple fait de flirter ou de se laisser tomber amoureux représentait un risque qu'il ne pouvait prendre à la légère.

D- Aussi maigre soit ma parole à tes yeux, je promets que je ne te ferai pas de mal. Je veux prendre soin de toi et te protéger. S'il te plaît Harry, laisse moi entrer dans ta vie. Laisse-moi t'épauler dans l'ombre, être ton soutien invisible.

En guise de réponse, Harry ferma les yeux, s'abandonnant à mon étreinte, ses mains atterrissant mollement sur mon torse nu.

Je l'embrassai une nouvelle fois, cette fois plus longuement que la précédente. Ça y était. Il avait abdiqué. J'enserrai sa taille de mon bras gauche, avide de sentir sa chaleur à travers ses vêtements, et le repoussai vers le canapé. Il s'y laissa tomber et je m'installai à califourchon sur ses cuisses. J'explorai attentivement son visage. Même assombris par les larmes, ses yeux étaient magnifiques. Ils m'évoquaient une forêt de sapins dans laquelle je pourrais me perdre. Je l'embrassai encore et cette fois il me sembla qu'il tentait de reprendre le contrôle. Nos langues luttèrent un moment avant que je ne consente à le laisser reprendre sa respiration. Encore essoufflé, il attrapa ma tête pour un nouveau baiser alors que mes lèvres ne s'étaient écartées que de quelques centimètres. Gourmand !

À peine notre relation venait-elle de commencer que je le sentais avide de mon étreinte et de mes baisers. C'était grisant ! Malgré mon excitation montante et les gémissements de Harry, je m'écartais de lui pour me rhabiller. Même si mon compagnon semblait en état d'accepter n'importe laquelle de mes demandes, je ne voulais pas brûler les étapes.

D- N'importe quel soir de la semaine. Envoie-moi un message et je viendrais.

H- Cette relation… j'ai l'impression de reprendre mon souffle à tes côtés. Si on m'avait dit l'année dernière que je serais aussi heureux d'avoir embrassé Drago Malfoy je n'y aurai pas cru une seconde.

Il souriait à présent et la vue de son visage mit en émoi mon petit cœur de vampire. Il était canon à n'en pas douter. Même si je voulais savourer chaque instant de cette relation, j'avais hâte de découvrir son corps.

D- Je sais bien qu'on ne pourra pas se voir tous les soirs et qu'il faudra paraître naturel en cours. Mais ne me fais pas languir toute une semaine.

Je pris sa main pour y déposer un baiser et il glissa contre ma joue en une caresse.

H- Je croule sous le boulot en plus des entraînements de Quidditch, des cours particuliers de Dumbledore et de tous les soucis que je dois gérer. Si je m'éclipsais un vendredi ou un samedi soir, Ron ne manquerait pas de s'en apercevoir. Le jeudi pour l'instant c'est compliqué à cause de Slughorn. Alors on peut se voir le mercredi et le dimanche pour commencer.

D- 23h mercredi ici ? Ne m'oublie pas. Et si tu as besoin je ne serais jamais très loin.

H- Aucun risque. J'ai vraiment apprécié ce que j'ai vu.

Je souriais à mon tour et nous nous séparâmes après un nouveau baiser passionné. J'allais avoir besoin d'une bonne douche en rentrant dans mes appartements !

***/+/***

Bon après réflexion j'ai décidé de clore ici le chapitre 2. Ce chapitre est plus court que le premier mais j'espère que cela vous aura plu. Je me lance dès demain sur le 3 si mon boulot m'en laisse le temps (vive la rentrée j'ai déjà 4 paquets de copies à corriger ! O_o). Écrire ce chapitre m'a vraiment fait plaisir et je remercie tous les gens qui m'ont écrit des reviews et les 27 follows ! #^_^# J'ai halluciné et ça ne m'a que d'autant plus motivé. Je ne promets pas de tenir le rythme d'un chapitre par semaine à chaque fois mais je ne lâcherais pas cette fanfic avant de écrit tous les chapitres que j'en en tête !