N'oubliez pas : les reviews sont le salaire de l'auteur :D !

Les Merveilleuses Aventures des Frères Elric

Chapitre 1


Le Petit Chaperon Rouge

(par Charles Perrault)


Edward : 12ans ; Alphonse : 11ans (Mustang : 29ans !!)

Rating : M


Edward regarda le bâtiment avec suspicion. Un hangar désaffecté, situé juste avant le bidonville, au nord de la ville. Les murs étaient décrépis, moisis par endroits ; vraiment pas un endroit fréquentable. Et comme il s'y attendait, il n'y avait personne à l'intérieur. Pourquoi diable ce satané Colonel l'avait-il envoyé ici ? Le bruit de l'armure derrière lui le fit se retourner.

"Allons-y, Al. Y'a rien ici..."

"Tu es sûr ? Tu as bien vérifié ?"

"Oui ! Allons-nous en, j'aime pas ce quartier..."

Ils s'éloignèrent donc de l'entrepôt, regagnant lentement les rues animées de la ville. Il y avait plusieurs marchands de fleurs et de légumes, occupant les trottoirs, obligeant les passants à faire un détour sur la route où circulaient déjà beaucoup de voitures malgré l'heure matinale. Décrétant que leur mission de surveillance n'avait abouti à rien, mais que le Colonel n'était pas obligé de le savoir maintenant, Edward céda à la demande de son frère et ils prirent la direction du parc de la ville, histoire de se reposer un peu en toute tranquillité. Ils trouvèrent un banc et s'installèrent ; Alphonse aimait la nature. Depuis leur arrivée en ville, et après avoir passé tout son temps enfermé pour aider son frère à réussir son examen pour devenir Alchimiste d'État, il était heureux et soulagé de pouvoir rester simplement assis là, à regarder passer les canards sur l'étang, ou les familles de sortie, jouant avec leur chien... Il ne fallut pas longtemps à cet amoureux des animaux pour entendre ce qu'il attendait : un petit, tout faible et tout petit miaulement. Aussitôt, il se leva, arguant qu'il avait envie de se promener, et laissa son aîné sur le banc pour voler au secours du pauvre chaton perdu.

Edward le regarda s'éloigner, sachant parfaitement ce qu'il allait ramener, et connaissant déjà sa réaction quand il lui dirait non. Il soupira.

"Je sais que tu en as envie, mais je ne peux pas te le prendre maintenant... !"

Il tourna la tête vers la voix. Une petite fille tenait la main d'une vieille femme, devant une boutique ambulante qui vendait des glaces.

"Mais ! Grand-mère ! J'ai faim !"

"Je sais bien, c'est pour ça qu'on rentre à la maison. On reviendra tout-à-l'heure te prendre ce cornet, d'accord ?"

"Mais je le veux maintenant !!"

"Pas avant d'avoir déjeuner... ! Allez, viens."

Il sourit en regardant la gamine pleurnicher et tirer sur la manche de sa grand-mère en réclamant sa glace. Les deux s'éloignèrent dans la rue, et il les perdit de vue.

"Ed !!"

Il sursauta en entendant Alphonse crier son nom. Il faillit éclater de rire en imaginant qu'il devait avoir la même tête que la petite fille... !

"Euh... on rentre ?"

"Oui. Mais avant, je veux que tu reposes ce chat !"

"Q-Quoi ? Quel chat... ?"

"Celui que tu caches dans ton armure ! Tu me crois si idiot que ça ?"

"N-non non... Mais... euh..."

"Je t'ai déjà dit qu'on pouvait par se permettre d'adopter tous les animaux abandonnés de la ville... ! Alors va le reposer."

"Mais !"

"Alphonse..."

Quand il prenait ce ton, en général, Al ne discutait plus. Le casque de l'armure s'abaissa légèrement, en signe de déception, mais il obéit.

Quand il revint, Ed lui tapota le dos, comme pour le consoler, et ils reprirent le chemin du QG.


Un peu plus tard, après avoir subit les railleries de ce bâtard de Colonel, Edward était allongé sur son lit de l'hôtel, feuilletant un livre d'alchimie. Alphonse était en bas, à la réception, en train de discuter avec Winry au téléphone (lui avait refusé, prétextant que s'il lui parlait, elle allait lui poser des tas de questions sur son automail soit-disant parce qu'elle était inquiète que son travail ne soit pas parfait. Il se fichait un peu de son automail, du moment qu'il lui permettait de bouger comme il l'entendait ; et puis elle allait s'améliorer, alors pas de quoi paniquer pour un premier essai...) Il était donc en train de lire quand une altercation dans le couloir lui fit tendre l'oreille. Se levant rapidement, il entrouvrit la porte de sa chambre, et jeta un oeil au-dehors : un homme se disputait avec une vieille femme, au bout du couloir ; visiblement, elle était furieuse... Une minute... ! C'était la vieille du parc ! Avec la petite, juste entre les deux adultes... Que faisaient-ils ici ? Qui était ce type ? Il n'avait pas l'air aimable, à en juger par son rictus agressif... Finalement, la grand-mère s'éloigna vivement, la petite à la main. Quand elle passa devant sa porte, il l'entendit marmonner avec violence :

"... plus jamais, oh non, plus jamais ça... une si petite fille... quel affreux sale bonhomme ! Ton oncle est vraiment infréquentable !"

Edward referma la porte. Son oncle ? Qu'est-ce qu'il faisait dans cet hôtel ? Avec la petite... ? Il se secoua la tête vivement : toute cette histoire ne le concernait pas !

Alphonse entra à ce moment, et stoppa sur le seuil en voyant son frère s'ébrouer comme un chien mouillé.

"... Ed ?"

Il fit un bond et se tourna vers lui. "Mais non !"

"... quoi ?"

"Quoi ?"

"Pourquoi tu dis "mais non" ?"

"Mais j'ai rien fait... !"

"... Ed ?... Ça va ?"

"Raaahh ! Laisse tomber !"

Interloqué, Al ne chercha pas à pousser la discussion plus loin, et annonça simplement :

"Winry te passe le bonjour, et te demande de l'appeler si jamais tu as le moindre problème avec ton bras ou ta jambe..."

"... ouais ouais..."

La soirée se passa sans autre incident notable.


Le lendemain, arrivant au bureau du Colonel, Edward eut la surprise d'y voir plus de monde que d'ordinaire.

"Que se passe-t-il ?" demanda poliment la grosse armure derrière lui.

"Un problème comme on en a tous les jours à régler..." répondit Mustang, le visage sévère. "Un meurtre."

Les deux frères se turent, stupéfaits.

"... Qui ça... ?"

Le Colonel eut un regard sombre, presque compatissant... "Ce n'est pas utile que vous le sachiez. Et cette affaire ne vous concerne pas. Alors rentrez à l'hôtel pour aujourd'hui."

"Où ça ?"

Un silence. Mustang fixa le blond un instant.

"Pourquoi... ?"

"Je sais pas. Une intuition."

"Tu es censé être un scientifique, non... ?"

"Répondez-moi juste... !"

"Dans le parc central."

"C'était qui ?"

"Fullmetal, tu ne..."

"C'ÉTAIT QUI ?!!!"

Son cri soudain ramena le silence dans le bureau. Mustang ne put rien faire d'autre que répondre.

"Une vieille femme qui vivait près du parc. Elle a été tuée à quelques pas de chez elle. C'est un marchand ambulant qui l'a trouvée ce matin, là où il s'installe normalement pour vendre des glaces. Il a dit qu'elle l'attendait tous les matins."

"La petite fille, où elle est ?"

"Quelle petite fille ?"

Sans un mot de plus, Edward fit volte-face et sortit du bureau en trombe, sous le regard ahuri des autres militaires ; Alphonse fut le premier à réagir et courut à sa suite, vite imité par le Colonel qui se lança à leur trousse, et enfin toute l'équipe qui s'élança derrière eux.


Ils se retrouvèrent rapidement dans les couloirs de l'hôtel, jusqu'au troisième étage où logeaient les deux frères ; Edward continua à courir, jusqu'à la porte devant laquelle il avait vu la vieille femme se disputer avec l'oncle de la fillette. Ce n'était qu'une hypothèse, mais il était sûr de lui. Il voulut défoncer la porte fermée à coups de poing, mais Mustang, arrivé derrière lui, l'en empêcha et dégaina simplement son arme pour tirer dans la serrure, se protégeant le visage d'un bras ; il entra.

Edward voulut le suivre, mais un coup dans l'estomac le fit reculer : le Colonel l'éloignait de la chambre, le visage livide.

Butant contre le mur du couloir, il ordonna à son équipe d'entrer à sa place, pendant qu'il maintenait le gamin hors de la pièce.

Riza Hawkeye, son Lieutenant, dégaina et entra d'un pas prudent, pâlissant à vue d'oeil en voyant le spectacle, mais gardant son sang-froid ; elle avança, suivie de près par le Sous-lieutenant Havoc.

Edward, coincé contre le mur par un Colonel déterminé à ne pas le laisser approcher, s'indigna :

"Mais laissez-moi voir !!"

"Hors de question... Arrête de bouger."

L'absence de colère dans le ton du Colonel incita Edward à se calmer.

"Pourquoi ? Est-ce que la petite fille... ?"

"Elle est là."

"C'est vrai ?? Comment elle... ?"

"Elle est morte."

Un silence lugubre s'abattit dans le couloir. Le blond cessa de bouger, son regard se perdant dans le vide.

"ON NE BOUGE PLUS !!!" hurla soudain la voix du Lieutenant Hawkeye. Un bruit de course se fit entendre, puis un coup de feu et un cri de douleur.

"Au nom de la loi, je vous arrête pour meurtre et certainement viol sur mineur. Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous pourrez dire..."

Le flot de paroles se perdit dans la brume de ses pensées... morte... viol... Il ne comprenait pas... il ne voulait pas...


"Tiens... Bois ça."

Ed attrapa machinalement le bol fumant que lui tendait Mustang. Il était assis sur le canapé du bureau, une couverture sur les épaules. À côté de lui, Alphonse était tout aussi silencieux.

"Et bien... pour une intuition, je suis sacrément surpris."

"... la ferme..."

"Tu es un militaire, maintenant, Fullmetal. Des cas comme ça, tu en verras malheureusement assez souvent. Il ne faut pas y faire attention plus que nécessaire. Oublie, et avance."

Le gamin ne lui répondit pas. Mais il s'en remettrait, Roy le savait. Il devait s'occuper de son frère, il n'avait pas le temps de s'apitoyer sur le sort d'une petite fille.

Une petite fille qui avait rencontré l'un des nombreux méchants loups qui couraient sur cette terre...