© Les personnages (ici Harley Quinn et Poison Ivy), l'univers et l'image appartiennent à DC Comics.

Il s'agit du deuxième chapitre de la Mort par l'ennui. D'autres chapitres sont encore prévus. Bonne lecture !


Chapitre 2

La nuit avançait doucement, et Harley désespérait de voir son amie Ivy venir la libérer, comme elle l'avait promis quelques heures plus tôt dans la salle commune de l'asile d'Arkham. Elle avait reçu une nouvelle forte dose de médicaments l'heure précédente, et elle somnolait dangereusement. Dans les médocs du soir, les doses étaient volontairement plus forte pour faire dormir les patients plus rapidement. Et l'ex-psychiatre en avait assez d'être assommée et fatiguée ainsi. Il lui fallait trouver une occupation au plus vite. Actuellement, elle était couchée dans son lit en attendant patiemment son amie. Si elle avait le malheur de s'endormir, Ivy ne pourrait pas la réveiller, les médicaments étaient trop forts. Cela risquait donc de compromettre leur envie de quitter l'asile dès ce soir. Peut-être était-ce la véritable raison de ces nouveaux médicaments expérimentaux, fatiguer les patients pour éviter qu'ils ne s'échappent de ce foutue asile. Encore une brillante idée du département recherche. Harley se promit de leurs rendre une petite visite un de ces quatre pour leur montrer de quel bois elle se chauffait. Maudits soient-ils !

Soudain, un garde se planta devant la porte en verre. Cela fit sursauter Harley qui croyait un instant que la silhouette était Ivy, mais ses espoirs tombèrent à l'eau. Elle vit cependant le gardien taper le code pour lui ouvrir. Harley se demandait ce qu'il se passait. D'habitude, il y avait des tas de précautions avant d'ouvrir les cellules. Et il avait l'air étrange. Il avait le teint livide et l'air complètement absent, comme si on lui avait lavé le cerveau. Ivy arriva par derrière et lui chuchota quelques choses dans l'oreille. Puis elle entra dans la cellule de Harley. Cette dernière ne pu retenir sa joie et se jeta au cou de son amie, l'étreignant de toute ses forces pour la remercier. Elle avait promis qu'elle irait la sortir de là, c'était désormais chose faite. Enfin pour la cellule uniquement, les autres gardes ne se laisseraient pas berner aussi facilement. Mais Ivy avait sans doute un plan. Elle ne pu d'ailleurs s'empêcher de le confier à sa chère petite Harley préférée.

« Le plan, c'est de rejoindre le vestiaire des gardiens le plus rapidement possible. D'après George – elle désigna le gardien lobotomisé du doigt – aucun d'entre eux ne termine son service dans les dix minutes qui viennent. Ensuite, on cambriole le vestiaire de deux gardiennes et on se déguise pour réussir à sortir.

« Euh, d'accord... Mais, si un gardien vient nous chercher des poux quand même ? S'interrogea Harley.

« Ils ont des matraques dans leur équipement, précisa Ivy

« Super ! J'avais justement une nouvelle idée de sport concernant ce genre de truc ! On pourrait l'appeler le Basehead ! Le principe c'est de...

« Désolée ma chérie, mais nous n'avons pas le temps pour discuter. George ! Conduit nous au vestiaire mon mignon, et tu auras tout ce que tu veux de moi.

Le gardien lobotomisé se retourna et avança dans le noir des couloirs de l'asile, avec comme seule lumière éclairante une petite lampe torche. Les deux filles le suivirent de près. L'aile féminine de l'asile n'était pas la plus fréquentée. Il y avait des personnes assez flippantes tout de même. Poison Ivy avait une cellule assez spéciale avec de la végétation et des vitres suffisamment résistantes pour résister aux branchages de ses pouvoirs. Il y avait d'autres folles assez étranges, comme Jane Doe, La Ventriloque, Matilda, White Rabbit ou encore Nocturna. Cette dernière était d'ailleurs évidemment réveillée, elle vivait exclusivement dans le noir, et regardait les deux fugitives s'éloigner d'elle sans broncher, le regard livide. Sans doute recevait-elle autant de médicaments que Harley. Elle eut tout de même un léger pincement de cœur pour Nocturna, qui devait encore moins s'amuser qu'elle au vu de son état second. Ivy quant à elle soupira légèrement. Si l'un des patients désirait fuir avec elles, elles ne pouvaient pas trop leur refuser sous peine de les voir appeler la garde pour se venger. Mais le plan ne nécessitait pas que l'on soit trop nombreux. Fort heureusement, pour cette fois, les medocs d'Arkham allaient servir les intérêts de Harley. Tous les patients dormaient comme des loirs ou était complètement groggy.

Elles arrivaient enfin au vestiaire des gardiens. Comme promis, Ivy embrassa George le gardien d'un doux et tendre baiser. Évidemment, il était empoisonné, comme souvent avec la belle plante venimeuse. Le gardien fut d'abord satisfait, puis il commença à écarquiller les yeux. Il devint tout blanc et s'étrangla. Il tomba par terre et commença à cracher du sang. Ses yeux étaient maintenant gonflés de sang et il s'étouffa de plus en plus. Il ne bougeait plus au bout de quelques secondes seulement, mort empoisonné. Ivy avait toujours eut une manière de faire assez particulière avec les hommes. Harley, quant à elle, préférait davantage leur exploser le crâne avec un bon gros flingue ou alors un énorme marteau. C'était plus direct, plus propre. Elle n'utilisait pas de gaz hilarant comme son ancien amant, ni de poison, ni ce genre de chose qui était beaucoup trop indirect et impersonnel. Et puis voir la tête des gens décoller de leur corps, c'était tellement plus fun.

« Bon, aide moi à transporter cet irrespectueux de la nature, on va le cacher dans une des cabines du vestiaire.

« Comment tu sais qu'il ne la respecte pas ?

« Je l'ai vu pisser contre un arbre dans la cour.

« Les chiens font ça aussi !

« Je n'ai pas dit que les chiens respectaient la nature, ma puce.

Harley ne rajouta rien. Elle avait toujours été persuadée que les animaux faisaient parti intégrante de la nature. Mais bien évidemment, son amie avait toujours préférée les plantes, fleurs ou arbres, aux animaux. Harley adorait les animaux, mais elle avait perdu son seul ami animal lors de son arrestation. Un canard qu'elle avait trouvé dans un village paumé. Elle se demandait ce qu'ils avaient fait de lui. Peut-être l'avaient-ils mangé ? Elle préférait ne pas y penser, rien que de l'imaginer ça la dégoûtait. Elle tenta d'aider Ivy comme cette dernière le lui avait demandé, mais elle ne parvint pas à soulever le corps et tomba également par terre, en plein dans la mare de sang qu'avait recraché leur victime. Les médicaments l'avaient véritablement fatiguée et elle n'était pas capable de fournir un telle effort. Ivy aida sa collègue criminelle à se relever.

« Désolée Pam...

« Ce n'est rien.

Ivy dirigea sa main vers le cadavre et des lierres en sortirent, saisirent les membres du mort et le soulevèrent, l'emmenant jusqu'à une cabine vide et l'enfermèrent dedans. Puis les lierre retournèrent vers Ivy, comme s'il disparaissait par magie. Harley était toujours surprise de voir les capacités de son amie. Elle avait gagné ce don grâce à des produits chimiques et biologiques, tandis que lors de sa chute dans la cuve d'acide, Harley n'y avait gagné qu'une dissociation de personnalité, des cheveux rouge et bleu et une peau blanche intolérante à une intense luminosité. C'était pas juste. Ah, oui, elle était aussi immunisée à certains poisons grâce à Ivy justement, mais ça, c'était du bonus. Ce n'était tout de même pas très juste que ce soit toujours pour les autres, les supers pouvoirs. Comme si Ivy avait besoin de contrôler les phéromones pour avoir des capacités d'attirances sexuelles fortes. Il suffisait de regarder ses superbes hanches ou sa poitrine généreuse pour ça. Sans compter sa crinière rousse.

Ses racines explosèrent d'ailleurs quelques vestiaires jusqu'à ce que les deux filles trouvent des uniformes à leur convenance. Leurs peaux particulières, respectivement très blanche et verte pour Harley et Ivy, les trahissaient cependant. Fort heureusement, elles trouvèrent le vestiaire d'une dingue de maquillage et elles purent se colorer la peau pour paraître normal. Les uniformes étant assez complet, il n'y avait que le visage à maquiller avec du fond de teint, c'était suffisant. Quant aux cheveux si originaux de Harley, elle les cacha sous sa casquette de gardienne. Les deux filles étaient désormais fin prêtes à sortir d'Arkham incognito. Il fallait cependant se dépêcher avant qu'un des gardiens ne passent devant leurs cellules vides et ne remarquent leur disparition. Elles avaient peut-être un petit quart d'heure avant que ça n'arrive. Fort heureusement, elles connaissaient par cœur les lieux et ne risquaient pas de se perdre.

« Je te trouve très sexy en uniforme, fit remarquer Ivy en la détaillant du regard.

« J'suis pas vraiment à l'aise là dedans. Je préfère mon mini-short.

« Tu es sûre de ne pas vouloir t'habiller avec des feuilles ?

« Non merci, je suis allergique au pollen.

« Dommage...

Ivy semblait déçue du choix de Harley de continuer avec son uniforme de l'époque où elle travaillait avec le Joker. Dans un sens, elle n'avait pas tord. Désormais indépendante, elle n'avait plus aucune raison de porter ce costume qu'elle avait mit pour s'accorder avec monsieur J. Mais elle ne voulait pas non plus ressembler à une plante pâle et malade. Elle avait fait le choix de rester Harley Quinn malgré tout. C'était sa vrai nature, il ne fallait pas la changer comme ça. Et puis des feuilles ? Est-ce que Ivy se rendait compte que c'était passé de mode depuis Adam et Eve ? Harley ne savait pas de quelle époque ça pouvait dater, mais elle était certaine qu'ils étaient morts avant sa propre naissance. Ça faisait donc déjà un bail. Mais elle préférait ne pas le dire à Ivy, la rouquine pouvait facilement lui empoisonner la vie si elle se mettait en colère contre elle.

Les deux criminelles notoires continuèrent donc leur route dans les couloirs de l'asile. Elles rencontrèrent peu de difficultés. Si un pauvre gardien avait le malheur de se poser une question sur ces deux belles demoiselles qu'il n'avait jamais croisé et avec qui il aimerait bien boire un verre, il avait le malheur de finir à la fois castré et décapité. Harley aimait bien jouer avec sa nouvelle matraque, mais sa somnolence ne la faisait pas frapper très fort. Fort heureusement Pamela était là pour la suppléer. Elle était peut-être même encore plus cruelle que Harley. Un bon coup de matraque dans la tête était sans aucun doute préférable à une étreinte douloureuse des parties génitales à l'aide de ronces. Même si au final, Harley n'y connaissait pas grand chose. Elle n'était pas experte en torture, loin de là. Elle préférait les morts propres et nettes.

Elles finirent par arriver à la sortie de l'établissement. Harley put enfin respirer l'air libre, mais il fallait tout de même se dépêcher. En cas d'alarme, les ponts qui menaient à l'île d'Arkham étaient immédiatement levés, nouvelle initiative de sécurité, et Harley n'avait plus assez de force pour nager. Alors qu'elles avaient à peine parcouru la moitié du chemin, l'alarme retentit. Enfer et Damnation, aurait pensé Harley si elle était née au XVIIIème siècle. Or, au XXIème siècle, on pensait plutôt Et merde... Elle se mit à courir pour tenter d'arriver avant que le pont ne se lève, mais sa fatigue physique prit le dessus et elle s'écroula de nouveau sur le sol, pour la deuxième fois de la soirée. Pamela, qui avait pris un peu d'avance, s'arrêta pour l'aider à se relever, mais c'était trop tard. Les gardiens n'allaient pas tarder à converger vers elles, et s'ils y parvenaient, s'en était fini.

« Ne t'en fais pas, ma muse. Je vais nous sortir de ce guêpier...

« Ma muse ? S'étonna Harley à propos de ce surnom un peu curieux et tendancieux.

Poison Ivy tira Harley par la main pour les éloigner de la route principale et elles se dirigèrent ainsi jusqu'à la rivière. De là, Poison Ivy tendit les bras vers l'eau et fit pousser un énorme nénuphar. Elle poussa Harley par le dos, laquelle s'écroula sur l'énorme plante verte qui leur servirait d'embarcation. Voilà que les deux femmes se prenaient pour des grenouilles. La plante progressa doucement à travers la rivière, légèrement turbulente, jusque l'autre rive. De là, elles débarquèrent sur la grève, poursuivirent leur fuite prudemment, jusqu'à rejoindre les Narrows, le quartier limitrophe à l'île d'Arkham, qui contenait sans doute les pires raclures de la ville, où même la police n'osait pas s'y risquer.

Elles étaient enfin libres. Mais Harley était toujours fatiguée et finit par s'effondrer une nouvelle fois. Mais cette fois, le trou noir suivit la chute.