2.
Peu avant d'arriver à la station spatiale d'Obri, entièrement consacrée aux plaisirs des voyageurs galactiques, Alérian avait apprécié plus que jamais avoir un entretien avec son père.
- Tu es si loin, papa…
- Et toi, tu es grand. Cela fait même bien longtemps, depuis ton très tendre âge adulte, que tu assumes les responsabilités dont tu es digne.
- Merci, papa. Merci pour la pommade…
- Alie, je n'exprime que ma pensée profonde, ma fierté de père. Tu es un guerrier légendaire, et tous dans la République Indépendante te considèrent ainsi ! Quel autre exploit, mon enfant ! Tu fais la moue, mon grand chéri ?
Alérian soupira, buvant quelques gorgées de café.
- Depuis la première entrevue, Niks me considère un peu trop comme un héros, bien que seulement une dizaine d'années nous séparent…
- Une fan, avec le recul, je crois que j'aurais aimé quelques fangirls, mais par bonheur au final seule Chalandra a apprécié l'étalon qu'elle avait sous la main ! Mais tu étais sérieux, Alie, tu as des ennuis ?
- Non, je n'ai jamais eu cinq mois de débuts de mission si calmes et dépourvus de toute surprise !
- Mais ça ne te sied pas, insista le grand Pirate balafré. Tu préfères l'action, c'est héréditaire !
- Je sais. Ou je ne sais plus. Je m'ennuie, tout en appréciant un vol sans que je ne morfle !
- Je te comprends, Alie, sourit Albator. Et ta seconde, elle continue son entreprise de vampirisations sans espoir ?
- Oui, et ça me gonfle, soupira Alérian, les épaules s'abaissant un peu d'épuisement. Papa, je me fous de Niks, si superbe et parfaite soit—elle, mais elle ne cesse de me poursuivre, par touches, sans rien de flagrant pour que puisse arguer de témoins… C'est épuisant ! Papa, ne te fous pas de ma pomme !
Mais Alérian ne put empêcher son père de partir dans un fou rire inextinguible !
- Papa ! ?
- Alie, notre copain Warius si candide, t'a échangé un second te reluquant les fesses à tout instant, pour une seconde reluquant ton entrejambe à tout instant ! Ca va, tu gères ?
- Papa, je n'aime qu'une seule femme ! Niks a beau être sublime, parfaite, elle n'éveille rien en moi…
- Alie ?
Alérian eut une profonde respiration.
- Papa, je suis un homme, je sais que Niks est sublime. Des mois de mission, ça devrait m'émoustiller… J'apprécie sa silhouette, je suis un homme !
Alérian esquissa le plus serein des regards.
- Il n'y a et il n'y aura que jamais Danéïre dans ma vie. C'est ma femme, la mère de notre fils, la mère du petit à venir. Il n'y a et n'y aura jamais qu'elle dans mon univers !
Albator sourit.
- J'espérais t'entendre me confirmer tout cela, mon grand cœur ! Je pars vers la Constellation des Destinées. Je ne pourrai revenir avant un bon moment. A bientôt, mon enfant !
- A bientôt, papa !
