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Bella
Je n'y crois pas, je suis en train de manger avec toute l'équipe du film qui fait fureur, « Crazy Night ». Je suis assise entre le beau, le grand, le fort Edward Cullen, qui a été élu l'homme le plus sexy de l'année et de l'autre, mon ami Jacob, grand brun d'origine Amérindienne, tout en muscle et qui ne se sépare jamais de son merveilleux sourire solaire.
- Bella, racontez-nous comment vous avez rencontré notre cher Jacob.
- Leah !
Je regarde la jeune femme qui m'a posé cette question. Elle est face à Jake et depuis le début du repas, elle lui fait du pied, de manière très, mais alors très peu discrète.
- nous avons grandi ensemble.
- oh.
- nous venons du même patelin paumé, près de Seattle.
Mon ami repousse pour la énième fois les avances de « Leah » et continu pour moi.
- je suis originaire de la Push, je suis de la tribu des Quileute. Le père de Bella est le meilleur ami de mon paternel.
- ouep, il m'a appris à conduire.
- elle m'a appris à cuisiner.
- il m'a appris à nager.
- j'ai appris le bouche à bouche grâce à elle, s'esclaffe mon pseudo ami.
- te moque pas, j'avais bu la tasse et il y avait du courant.
- ouais, c'est ça.
Je lui tape l'épaule de ma main valide. Il rit.
- racontes-nous, Jacob, lui demande une petite brune avec les cheveux en pétard.
- Alice !
Jasper Withlock, le manager d'Edward embrasse la petite brune sur la joue. Elle rougit et le regarde avec intensité. Un beau petit couple, ces deux-là.
- oui, racontes-nous, lui demande Edward, passablement éméché par les bières qu'il absorbe les unes derrières les autres.
Je le regarde, alors que Jacob commence à raconter mes malheurs.
- elle voulait toujours montrer qu'elle pouvait tout faire comme nous. Depuis gamins, les garçons de la Push se jettent du haut des falaises, directement dans l'océan Pacifique.
- impressionnant, le coupe Leah.
- ouais, dit-il mal à l'aise, euh, donc, elle nous rejoint une après-midi, et avant qu'on ne puisse l'arrêter . . .
- tu oublies la moitié de l'histoire Jake, lui dis-je, le coupant dans son récit.
J'ai les yeux toujours fixés sur Edward, qui me regarde lui aussi. J'ai du mal à détourner les yeux, amis je me fais violence et me tourne vers le reste de l'assemblée.
- Jake avait fait le pari avec Quil, son meilleur ami, que la pauvre blanche, que je suis, n'aurait pas le courage de sauter.
- oui, et j'avais tort.
- tu m'étonnes, dis-je, cynique.
- je lui ai proposé de sauter de la partie la plus basse.
- j'ai fait ma fière et je suis montée tout en haut.
- et avant que je n'aie le temps de la rejoindre, elle avait sauté.
- la chute a été, pfiou, un pur délice, mais ma réception a été, dirons-nous, laborieuse.
- c'est le moins que l'on puisse dire, j'ai dû la sortir de l'eau, elle coulait à pique.
- j'ai dû me cogner la tête.
- ouais, ça explique tes propos délirant sur la femme aux cheveux rouge.
Je lui donne une méchante tape dans l'épaule, qui lui fait encore moins d'effets que la piqure d'un moustique.
- tu n'pouvais pas garder ça pour toi, faux frère.
- non, non, me coupe la petite brune. Continues, continues . . .
Je sens que mon téléphone vibre dans ma poche, je le prends et regarde de qui vient l'appel.
- merde, soupirai-je.
- ça va Isabella.
Edward est penché vers moi, un sourire goguenard aux lèvres. Il est saoul, il a l'œil brillant, si une photo de lui, dans cet état, circulait, les sous titres annonceraient qu'il noie son chagrin dans l'alcool. Ce ne serait pas faux, mais il ne mériterait pas un tel affront, c'est lui qui a été trahis.
- oui, ça va, le boulot. Il faut que je réponde.
- oh.
Je me tourne vers l'assemblée et les préviens tous.
- vous m'excuserez, mais je dois répondre.
- pas de problème, me dit Jasper.
- oui, vas-y, Jake finira son histoire quoi qu'il arrive, ajouta Edward, pas vrai Jacob ?
- Yes Sir.
J'appuie mon épaule contre mon ami, et passe les jambes par-dessus le petit bang que je partage avec lui et Edward. Je fais attention à ne pas toucher celui-ci.
- je me dépêche.
- on t'attend, me dit Alice.
Je lui souris, elle a l'air vraiment sympa comme fille, elle est à l'opposer du personnage qu'elle joue dans le film.
Je marche vers la porte de l'entrepôt. La seule sortie du plateau de tournage où nous nous sommes réfugiés pour être sûr de manger tranquillement.
Je recompose le numéro de mon supérieur. Il décroche immédiatement.
- putain, de merde Bella, t'es où.
- je mange avec des amis.
- tu te fous de moi, et l'article, tu crois que je vais le rendre quand ? Dans un mois ? La maquette du prochain numéro a déjà été présentée, il ne manque plus que mon article.
- et bien qu'attends-tu pour le donner.
- parles moi sur un autre ton, tu sais que ce boulot, si tu le gardes c'est simplement parce que j'ai réussi à convaincre le patron que tu n'étais pas une débile finie, c'est grâce à moi que tu as de quoi te payer un resto, alors tu te démerdes, je veux l'article pour hier.
Je ne lui réponds pas. Cela fait plusieurs mois que je fais le nègre pour lui. Je me tape tout le boulot et lui en récolte les lauriers. Ça ne me dérange pas, je n'aime pas être sur le devant de la scène, mais là, il commence sérieusement à me chauffer.
- démerdes toi.
- QUOI ?
Il a hurlé, j'ai dû éloigner le combiné de mon oreille.
- écoutes, du con, tu fermes ta grande gueule et tu m'écoutes.
- fais attention Bella, je peux devenir méchant.
- ta gueule, tu es plus bête que méchant Newton, on le sait tous les deux, mais là, tu me gonfles. J'en ai marre de ton comportement, j'en ai marre de ton manque de reconnaissance et j'en ai marre que tu me fasses des avances chaque fois que ta femme, Jessica, a le dos tourné.
Je reprends mon souffle, satisfaite, au moins une bonne chose de faite.
- B . . .
- la ferme, je parle, tu m'écoutes et tu te tais.
Un silence au bout de la ligne, me renseigne sur l'état de fureur de mon « auditoire ».
- Mike, ce que tu fais pendant tes interviews, c'est de la merde, tu manques de respect à la personne qui te reçoit, tu manques de respect à notre Boss et à l'ensemble des pros de notre secteur. Mike, vas te faire foutre, toi et ton article. Tu es tout seul sur le coup, débrouilles toi.
- c'est bon, t'as fini Swan ?
- oui, et ne m'attends pas demain, ni un autre jour, je démissionne.
Je ne lui laisse pas le temps de répondre. J'ai raccroché. Je me suis mise dans la merde. Je ne sais pas comment je vais réussir à trouver un nouveau poste.
- putain !
- ca va Bella.
Je sursaute et me retourne. Edward est juste derrière moi.
- tu mettais du temps à revenir, je m'inquiétais . . . avec ta main.
Je regarde mon membre endolori, s'il n'y avait que la main.
- tu n'as pas l'air bien, des problèmes avec l'autre couillon de tout à l'heure ?
- non, non, enfin, plus maintenant.
- comment ça ?
- j'ai démissionné.
- pas cool.
- non, pas cool, j'ai mis des mois à obtenir un poste et j'ai été assigné à l'équipe de ce connard prétentieux et un peu trop sûr de lui.
- c'est exactement l'opinion que je m'étais faite de lui.
Je ris, il me regarde. Il a l'air différent de tout à l'heure, quand nous étions dans cette chambre d'hôtel.
- ça va aller, me demande-t-il.
- OUI, j'ai plus qu'à remettre mes gants et repartir au combat.
- fan de Boxe ?
- j'aime bien.
- ton film préféré.
- jusqu'à, il y a pas longtemps, je t'aurais dit Rocky, mais depuis peu, « Figther ».
- oui, j'ai beaucoup aimé aussi, tu sais que c'est une histoire vraie.
- mmmh. Mark Wahlberg y est formidable et Christian Bale tellement crédible dans le rôle du boxeur déchu, qui est tombé dans la drogue. J'ai vraiment aimé.
Il me regarde avec intérêt. Il est troublé et . . . troublant.
- tu es une femme surprenante.
- euh, ben, euh, je vais prendre ça pour un compliment et te dire merci.
Il rit.
- c'est vraiment un plaisir de parler avec toi. Tu me surprends, il y a peu de gens qui arrivent encore à me surprendre. En tout cas pas dans le bon sens.
- eh bien tu as de la chance, moi je suis, tous les jours, surprise par la nature humaine. Mais je suis naïve d'après mes amis.
Il s'avance vers moi et me tend la main. Je lève un sourcil.
- ça ira, merci.
Il rit, encore.
- je crois que je sais ce que j'apprécie chez toi !
- ah oui et quoi ?
Je suis sur la défensive, je le sais, mais je m'attends à me prendre une réflexion que mon orgueil aura du mal à accepter.
- tu es franche.
Je le regarde, il se fout de moi ? Je prends ma voix à la Arnold et Willie, voulant que notre conversation garde un ton léger et je lui demande.
- tu te moques de moi ?
- non ! Rit-il. Tu me fais rire, tu ne te prends pas la tête et tu ne te gêne pas pour me faire remarquer que je me montre grossier. C'est rafraichissant.
- qu'est-ce que tu me raconte là ?
Je me moque de lui à présent, continuant dans mon imitation très mauvaise d'Arnold.
- Bella !
Il s'approche de moi et m'embrasse sur la joue. Je ne réagis pas, trop surprise pour dire quoique ce soit. Il prend ça pour une acceptation, et repose ses lèvres une nouvelle fois sur ma peau, mais plus près de la commissure de mes lèvres.
- j'ai dit naïve Edward, pas idiote.
Il s'écarte doucement de moi, son regard brulant posé sur ma bouche. Son souffle est saccadé, moi je ne respire plus, je n'attends qu'une chose, et en même temps, je la redoute.
Il s'éloigne tout d'un coup de moi en secouant la tête. Il est gêné, et me le dit.
- désolé Bella, je . . . enfin depuis Tanya, je n'ai pas . . .
- pas de soucis, on rejoint les autres.
- non, enfin, vas-y, moi je vais marcher un peu, j'ai trop bu.
- ok, à tout à l'heure.
- oui, c'est ça, à tout à l'heure.
Il s'éloigne de moi, les mains dans les poches. Je suis triste de le voir s'éloigner, j'ai un pincement au cœur, mais je me raisonne.
« Bella, tu aurais aimé qu'il y ait plus entre vous, mais lui, il cherche un coup d'un soir, et tu es trop fleur bleue, la preuve, tu n'as qu'une envie ma pauvre fille, c'est de le suivre »
Je détourne les yeux, revenant dans la réalité. J'ai plus simple à penser, ou plus dur. Je suis sans emploi. Je retourne à la table de mes compagnons du soir et me rassois à ma place.
- hey Bell's, tu faisais quoi.
- je démissionnais.
- oh !
- ouais Jake, tu vois, Newton est un con fini, et j'en ai marre de faire le boulot à sa place.
Mon ami me serre contre lui.
- ça va aller ma grande, à cœur vaillant, rien d'impossible.
- Bella ?
Je me tourne vers celle qui me parle.
- oui Alice ?
- j'ai besoin de quelqu'un, pour faire le relais entre moi et la presse. Jazz est très occuper avec Edward, et je me retrouve souvent seule durant mes interviews.
Son compagnon lui prend la main et lui embrasse la paume. Elle continue.
- Depuis que j'ai fait ces photos . . . je suis harcelée et je pense que la présence d'une personne, qui m'accompagnerait en permanence, pourrait refroidir les ardeurs de certains de mes admirateurs.
- je ne suis pas garde du corps.
Elle glousse.
- oui, je me doute. Bella, j'ai simplement besoin de quelqu'un de confiance.
- je ne sais pas, tu sais, j'ai une formation Press, avec une spécialisation pour le 7ème art.
- c'est parfait, tu sors de quelle école ?
- j'ai une licence en histoire de l'art, je suis agrégé de sciences appliquées de l'AI de Seattle.
- tu as fait l'Art Institute de Seattle.
- oui, j'y ai appris l'art de la photo.
- mais c'est merveilleux, par contre je t'avoue que je ne comprends pas ce que tu faisais avec cette larve de Newton.
- j'y ai également obtenu un diplôme en média et communication.
- mais pourquoi ne travaille tu pas comme attachée de presse ou responsable en image, c'est plus dans tes cordes.
- oui.
Elle pose ses deux mains à plat sur la table et déclare.
- Isabella, je t'embauche, tu seras responsable de mon image et de ma promotion, tu vas t'occuper de ma carrière.
- euh, oui, euh, tu n'as pas déjà un manager ? Rosalie Hale ?
- non, elle s'occupe de ma garde-robe et des accessoires qui vont avec, c'est mon habilleuse, mon manager conseil en look, dirai-je.
- mais ce n'est pas elle, qui t'a décrochée un contrat avec un grand groupe cosmétique.
- oui et non. Emmett, son petit ami, est directeur commercial chez eux et avait besoin de quelqu'un de connu, pour lancer un nouveau produit. Rose lui a parlé de moi, j'ai accepté, lui aussi.
- je pensais qu'elle gérait cette partie de . . . ton travail.
- du tout, je le fais au coup de cœur.
- tu attendrais quoi de moi.
- que tu t'assures que mon image ne serve pas une mauvaise cause, ou ne soit détourner.
- comme les fameuses photos.
Elle rougit violement.
- exactement.
- et tu veux que je commence quand ?
- tu acceptes ?
- ai-je vraiment le choix et puis, je verrai plus souvent mon petit loup.
- Bella !
Jake me jette un regard de tueur. Je lève les épaules, comme si je ne comprenais pas. Mais je sais qu'il n'aime pas que je lui donne ce surnom, c'est celui que ses parents lui donnaient enfant.
- alors marché conclu, je vois avec mon avocat pour qu'il établisse un contrat en bonne et due forme. Tu es libre demain ?
- je pense devoir régler quelques points . . . de flottements avec le journal qui m'employait, mais ça ne prendra pas toute la journée.
Je fouille dans mon sac et en sors ma carte de visite. Je barre l'entête de mon ancien job et lui tends le bout de Bristol.
- tiens, pour me joindre. envoie moi un message que j'enregistre ton numéro.
- ok, la prochaine fois que nous nous voyons, c'est pour parler des termes du contrat. d'accord ?
- ok !
Je me lève, prend la hanse de mon sac et la passe par-dessus ma tête.
- eh bien je vous remercie pour le repas, mais je suis fatiguée, je vais y aller.
- tu veux que je te raccompagne, me propose mon ami.
- non, je vais prendre un taxi.
- à demain Bella, me dit Alice.
- oui, à demain patronne.
Elle rit. Je salue le reste du groupe et commence à m'éloigner. Je me retourne, et me tape le sommet du crâne, du bout des doigts. je fais demi tour.
- vous pourriez remercier Edward, pour son invitation, grâce à lui, même indirectement, j'ai un nouveau job.
- pas de problème, me répond Jasper. Je lui passe ton message.
- merci, bonsoir.
- bonsoir Bella.
