Voilà pour le chapitre 2. J'introduis doucement le PDV de RUKI. Mais on se concentrera surtout sur le PDV de Miyavi. Bientôt le chapitre 3 que je finalise.

N'hésitez pas à laisser une petite review, même si cela est pour demander la suite ;)


''RUKI''

PDV MIYAVI

Ce garçon était étrange, mais qui aurait cru qu'il l'aurait remarqué si vite. Comme l'avait dit l'autre, il était difficile chez moi de voir mes sentiments. Et pourtant... Pour lui, ça avait l'air d'avoir été une évidence.

Les cours ont commencé, les deux cons sont partit et j'ai plongé ma tête dans mes bras. J'eus beau continuer à réfléchir, je n'arrivais pas à penser autre chose. En vie... Bordel ! Non, je ne me sentais pas en vie... Mais qui s'en souciait !

Je crispais mes yeux, ayant une soudaine envie de pleurer, ne sachant guère pourquoi d'ailleurs... Ou peut-être pas. Peut-être est-ce tout simplement parce que quelqu'un s'intéresse à moi ? Et ça faisait longtemps...

J'eus soudainement envie de crier. Et pour m'en empêcher, je n'ai trouver qu'un moyen, me mordre la main jusqu'au sang. Et ça fait mal. Mais la douleur me permis de supporter cet élan de tristesse. J'ai fermé les yeux sans lâcher ma main. J'ai sentis le goût du sang dans ma bouche et j'ai entendu des gouttes frapper ma table. Je n'ai pas relevé la tête de toutes les heures de la matinée jusqu'à ce que midi sonne.

Je suis resté la tête plongée dans mes bras. Mais j'avais l'impression de ne pas pouvoir lever la tête. Je ne sentais plus ma main ni mon bras et ma tête était lourde. Ça me rappelait ces moments... si désagréable.

« Il va pas dormir tout le temps quand même celui-là ! Déjà qu'il dort à tous les cours, il peut au moins se réveiller ! Il sèche plusieurs jours pour revenir ici et dormir ! C'est vraiment n'importe quoi ! ».

Le prof gueule. En général, je suis sortit dès que la sonnerie retentit. Sauf que là, j'en ai pas la force. J'aurais pas dû me mordre jusqu'au sang, tout ça à cause de lui...

« Ru, crois-nous, n'essaie pas de lui parler, dit alors une voix légèrement basse ».

C'était Aoi qui était revenu je suppose. Suivit des autres, comme d'hab.

« Mais il a pas l'air méchant.

- Il ne l'est sûrement pas intentionnellement, commença alors Kai, mais il est fou, crois-moi !

- Qu'est-ce qui peut vous faire dire ça ?

- Il l'est Ru, cherche pas, grommela Reita.

- Je ne veux pas me baser sur vos dire, souffla alors Ruki, et d'ailleurs, ça m'étonne qu'il ne se réveille toujours pas...

- Ru, va pas le voir ! Grogna Aoi ».

J'ai sentit une présence à côté de moi. J'ai eu la force de souffler faiblement : « Lâche moi ».

J'ai sentit un mouvement de recul, de surprise.

« Tu dors pas ? ».

Il y avait un silence dans la salle. Il pensait vraiment que je dormais. Dommage, j'ai entendu tout ce que vous avez dit, et je m'en balance.

Je pris mon courage à deux mains et je tentais de me redresser. J'appuyais fort sur le bras que je sentais et me redressais. Ruki souffla de surprise. Je pris mon sac et il dit précipitamment : « Mais tu saignes ! ».

Je me levais comme je pouvais mais tanguais sur place. Je réussis à poser mon sac sur le dos et Ruki regarda alors ma main en ouvrant de grands yeux : « Non mais t'as fait quoi à ta main !

- Laisse moi tranquille, murmurais-je en soufflant, tout en avançant ».

Je me sentais pas bien mais continuais d'avancer. La douleur est la seule chose qui me permet de retenir mes sentiments trop puissants. Quand je ne devais pas crier, c'est ma main qui y passait. La dernière fois, j'ai failli la perdre, mais Sakito était là et elle m'avait soigné. Comme à chaque fois. J'avais de la chance qu'elle soit. Cette femme était bonne, trop pour moi je suppose. J'en sais rien en fait. Je ne sais pas ce qu'une femme devenu mère pourrait faire pour son enfant. On dit souvent qu'elle serait prête à tout pour le protéger. Quelle utopie.

« Attend, il faut-

- Lâche moi ! Grognais-je plus fort en m'arrêtant à la porte. Ma tête tournait et j'avais l'impression d'être sur un sol qui bouge, comme quand j'ai trop bu. Écoutes tes potes, n'essaie pas de me parler ».

Puis je suis sortie sans en dire plus. Ce mec est têtu. Trop à mon goût. J'avais au moins le mérite d'être tranquille quand ils se fichaient tous de moi. Si ce mec commence à s'intéresser à moi, il verra des choses que je préfère garder secrètes.

PDV RUKI

La première fois que je l'ai vu, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si beau. Les gars ne l'ont même pas noté je pense, trop obnubilé par le « mauvais » garçon. Le voir comme quelqu'un de beau ne serait même pas imaginable, un gars mal fringué, mal coiffé, tatoué, percé… Pas du tout le genre des gars… Mais carrément le mien.

Miyavi… Ce nom, je l'avais entendu à toutes les sauces. Aoi ne l'aimait pas du tout, Kai s'en fichait pas mal – même s'il était mal élevé pour lui – et Uruha le trouvait con. Mais Reita était celui qui semblait le détester le plus. Mais pourquoi ?

Les gars ne sont pas méchants. Mais les voir aussi… violent envers ce certain Miyavi m'intriguait totalement. Qu'est-ce qu'il avait, qu'est-ce qu'il était pour que les gars ne puissent le voir ? Je me suis pris à imaginer qu'il pourrait être le type de gars à ouvrir sa gueule sans arrêt pour dire tout haut ce qu'il pensait, le type qui se cache pas d'être un délinquant, d'être un crétin fini…

Quel choc quand je fis le fameux Miyavi. Un gars qui donnerait des orgasmes, foutu comme un Dieu, mais habillé comme un pauvre… Du genre limite incapable de recoudre un bouton, ou de se payer un nouvel uniforme, le minimum pour une famille qui voit son enfant entrer au lycée. Il était si canon, mais tout l'inverse de ce que je m'imaginais.

Il était calme, discret au possible, il ne disait jamais rien. Il était presque comme une ombre qui passait. Il ne se faisait pas remarquer. Et de ce que j'ai pu voir jusqu'ici, il travaillait…

Non, il n'était pas méchant. Il semblait caché quelque chose… et pas quelque chose de facile. D'après ce que ma mère m'avait appris, il était le type même du gars qui allait mal. Il portait des cheveux longs, devant son visage, pour le cacher. Cacher ses hématomes, mais surtout ses yeux. Sa tristesse, sa douleur, sa solitude. J'avais vraiment l'impression qu'il avait besoin d'aide…

Et pourtant, il semblait ne pas en vouloir. Il semblait la rejeter, alors que son corps lui criait qu'il en voulait – je suis persuadé qu'il s'est mordu la main à cause de sa douleur, qu'il refoulait.

Je ne savais pas comment faire avec lui.

« Ruki, souffla Uruha.

- Mm ?

- On va à la cafeit ?

- Oui, souris-je, allons-y ».

Une chose aussi que j'avais noté, et qui ne m'étonnait pas : Miyavi disparaissait aux heures du repas. Sûrement pour être seul, dans son coin, et pouvoir fumer sa clope tranquille. Ce que je pouvais comprendre ça…

La cafeit était grande, pleine de monde et de vie. Je remarquais les regards des filles sur moi. Je leur souriais, mais je n'étais pas intéressé. Je préférais le beau ténébreux qui prenait toutes mes pensées. Reita me pressa d'aller m'asseoir et me dit : « Surtout, tu bouges pas, tu vas encore étouffer avec la foule et encore t'évanouir.

- C'est quoi tes ''encore'' là ! M'écriais-je en grognant ».

Il rigola et fila avec Kai chercher les plateaux. Uruha se mit près de moi et Aoi partit un instant. Il revint juste après, accompagné de deux gars.

« Ruki, j'te présente Shou et Hiroto, deux potes qui aiment la musique aussi.

- Ravie, m'écriais-je en souriant ».

Les deux étaient vraiment des bombes. Shou était grand, fin, le visage mignon et légèrement efféminé. Hiroto, lui, était petit, menu, le visage tout mignon... on sentait qu'il était quand même un gars, mais il faisait très jeune.

« Alors tu es le fameux Ruki, sourit Shou ».

Punaise, il a la voix grave.

« Je vois qu'on parle de moi, rigolais-je.

- C'est Reita qui nous rabâche avec ça, soupira Hiroto ».

Je rigolais. Je vis venir Reita et Kai. Les gars se saluèrent et je ne disais rien. J'étais toujours… perturbé. Par lui, bien sûr. Il me retournait de toutes la manières. Émotionnellement, physiquement… Merde.

« Salut ! ».

Je sursautais et vit un nouveau gars en face. Il était peut-être moins canon que les deux autres, mais il avait un sourire tellement sympathique que ça donnait envie de lui parler. Je m'écriais : « Asseyez-vous vite et expliquez-moi comment les gars se comportent ici ! »

Shou rigola et Hiroto s'arrêta direct à côté de moi.

« Tu as une voix grave, c'est ouf ce qu'elle est sexy ».

Je rigolais. Reita à côté fit une tête tellement drôle que tout le monde rigolaient.

« Et, quel est ton nom ? Demandais-je au nouveau venu.

- Nao ! ».

Les gars prirent plaisir à dire qu'Uruha jouait au tombeur auprès des filles, que Reita feignait l'ignorance, et que Kai jouait au dur alors qu'au fond c'était un tendre. Ça m'amusa tellement quand ils parlèrent de Kai.

« Si vous saviez ! Kai faisait peur à tout le monde en maternelle, alors un jour, je lui ai dit de sourire, et ça changeait vraiment tout !

- Oh ! C'est donc toi celui qui lui a dit de sourire !

- Il vous en a parlé, dis-je en regardant Kai ».

Il rougissait légèrement en se frottant l'arrière du crâne. Je souriais. Kai ajouta : « Ruki est un petit ange pour nous quatre. Il nous suit depuis la maternelle, et il a toujours eu des conseils avisés ! ».

Je rigolais et continuais : « Faut peut-être pas exagéré avec an- ».

Je me coupais soudain à cause de quinte de toux. Je toussais assez durement mais je ne me sentais pas trop mal. Je sentis une main dans mon dos et Reita me regardait un peu inquiet. Je tentais de parler et m'étouffais d'autant plus : « Eau... » réussis-je à articuler.

On me donna vite une bouteille et je bus une gorgée pour me calmer.

« Ouf ! Soupirais-je, j'étais en train d'avaler de travers haha ».

Cela parut détendre l'atmosphère mais les gars étaient encore un peu nerveux alors j'ajoutais : « Pas de raisons de s'inquiéter. Aucun mal en perspective pour aujourd'hui, dis-je en souriant ».

Les gars me sourirent. Ils étaient toujours très inquiet pour moi. Ils n'ont pas tord, bien sûr, mais j'ai pas besoin de ressembler à assister à chaque que je tousse un peu… M'enfin.

On finissait le repas sur des notes plus réjouissantes. Finalement, quand les cours reprenaient bientôt, les gars m'amenèrent jusqu'à ma classe. Shou, Hiroto et Nao s'excusèrent et partir. Kai ajouta qu'ils devraient eux aussi repartir à leur classe. Je souriais et m'avançais en premier pour les raccompagner. Je courrais à la porte plein d'allégresse et ouvris sans réfléchir la porte. Quelque chose bloqua l'ouverture et j'entendis un bruit de douleur étouffé.

« Oh je suis désolé » m'écriais-je en comprenant que j'avais foutu la porte dans le nez de quelqu'un.

Je me dépêchais de voir qui c'était et je restais bien con.

Merde, Miyavi.

« Je suis encore plus désolé Miyavi, je voulais pas...

- ça va, grommela-t-il, la main sur le visage.

- Décidément, c'est pas ta journée ni la mienne, pouffais-je nerveux. Je me sentais trop bête. Je n'ai fait que des gaffes depuis le début et tu n'arrêtes de te faire mal ! Désolé...

- Pff, souffla-t-il. Je le regardais étonné tandis qu'il s'avançait dans la classe. Il ajouta peu après : pas ta faute ».

Je le vis retourner en classe et s'asseoir pour faire ses devoirs. J'entendis Reita grommeler à nouveau.

« Reita, tu pourrais arrêter d'être si désagréable, toi qui n'est pas méchant au fond.

- Oui, Reitouninet, se moqua Aoi, tu joues au gros dur, avec ton cache sur le nez, mais au fond t'es un gentil.

- Oh ta gueule Aoi, grogna Reita. J'suis le seul que ça agace de voir que Ruki fait pas assez gaffe à propos de ce con là ? ».

Aoi soupira et haussa les épaules. Uruha n'osa rien dire et Kai soupira : « Ruki est assez grand pour savoir ce qu'il fait… n'est-ce pas ? Dit-il ensuite en se tournant vers moi ».

Je croisais les bras et fis un air fier : « Non mais ! Enfin un qui le remarque ! ».

Je souriais amusé.

« Allé, à tout à l'heure les gars !

- Oui, on se retrouve à la pause ? Proposa Kai.

- Ouais, ok, à tout à l'heure ! ».

Je les laissais et me dirigeais vers ma table. Je passais à côté de Miyavi et vis qu'il faisait la mécanique. Seulement, il n'était pas sur les bon axes. Je corrigeais : « c'est sur x pas y ».

Il leva vivement la tête et je vis son regard exaspéré. Je me sentais un peu chaud au niveau des joues. La honte… bon, on s'en va discrètement… je vis que les gars n'étaient toujours pas partie. Je leur fis signe de s'en aller.

Ah, je les adore, mais ils me surveillent un peu trop là… ça commence même à être agaçant…

PDV MIYAVI

Je suis monté dans un étage isolé et me suis assis dans une cage d'escalier à l'extérieur. Il fait froid malgré que j'ai le gilet de Makoto. J'ai soufflé et regardé ma main. Elle était violacée et glacée. J'ai prix une de mes mitaines et l'ai enfilé pour la réchauffer un minimum. En général, je les garde pour l'hiver, comme ça je me réchauffe petit à petit et supporte mieux le froid. J'ai ensuite prix le sac que Makoto m'avait donné en me disant « Ne regarde qu'à l'heure du repas ! Je suis sûr que tu seras content ! ».

J'ai donc découvert avec plaisir une boîte à bento. Je n'en avais jamais. Makoto était vraiment formidable.

J'ai ouvert la boîte et suis resté con. Mais il a préparé à manger pour 10 ! J'y voyais trois onigri, un grillé à la sauce soja, un au saumon sésame et un avec de la viande haché au soja. J'y voyais des crevettes, des algues, du poulet pané, de l'omelette... Je crois avoir gardé la bouche ouverte. Je l'ai fermé rapidement en m'en rendant compte.

« Tu en fais trop Koto... Souris-je alors ».

J'ai cassé les baguettes en deux et mangeais. Je me régalais. Je n'avais pas mangé de bento depuis que je suis tout petit, c'était comme retourner dans le rêve de mon enfance. Que j'avais oublié... C'était magique. Il ne savait pas à quel point ça me rendait heureux.

J'ai fini jusqu'à la dernière miette ! Quand j'ai fini, j'avais l'estomac plein, et ça faisait longtemps que je n'avais plus senti cette sensation. J'ai fermé la boite et l'ai rangé. Mangé comme ça était tellement rare que ça m'a donné envie de dormir. Du coup, je me suis allongé dans les marches en mettant ma capuche et j'ai croisé mes bras. Je me suis endormi direct.

Un bruit sourd m'a réveiller. Émergeant de mes rêves, je papillonnais des yeux à cause de la lumière du jour. J'ai dormis combien de temps moi ? Je baillais et une voix me fit sursauter : « C'est pas un endroit pour dormir ici ! ».

Je me redressais vivement et vis la femme de ménage en haut des marches avec son balai. Je me levais d'un bond en prenant mon sac et m'excusais doucement avant de sortir. C'est sûr que je la dérange dans son travail.

Je marchais dans les couloirs et compris que l'heure du déjeuné était presque passé. Tous les élèves revenaient vers les salles de cours. Je descendais les marches rapidement sans croiser trop de monde. J'ai passé un couloir et allais ouvrir la porte pour sortir quand la porte s'ouvrit d'un coup et je me la pris en pleine gueule. J'ai reculé vivement en me tenant le nez. Ça fait mal ! C'est vraiment pas ma journée aujourd'hui.

J'ai entendu une voix retentir : « Oh je suis désolé ! ». Et une tête blonde apparu de l'autre côté de la porte. Encore lui...

Il est resté con en voyant que c'était moi et a posé sa main devant sa bouche, moi toujours la main sur le nez, blasé. J'ai vu ses potes sortir à leur tour mais eux n'ont pas eu l'air surpris. Ils se sont contentés de me regarder noir.

« Je suis encore plus désolé Miyavi, je voulais pas...

- ça va, grommelais-je.

- Décidément, c'est pas ta journée ni la mienne, pouffa alors doucement Ruki. Je le regardais bizarrement. Je n'ai fait que des gaffes depuis le début et tu n'arrêtes de te faire mal ! Désolé...

- Pff, soufflais-je blasé. Je m'avançais et continuais, pas ta faute ».

Je passais la porte et continuais mon chemin. Ah bah je saigne du nez. Super, après la main, c'est le nez ! Je soufflais et retournais en classe. J'allais m'installer à ma place habituelle et sortis un bloc note. Je pris ensuite un petit bouquin et fis mes exos d'Anglais. Je les finissais très vite puis continuais sur de la physique. Moins intéressant tout à coup. Surtout sur de la mécanique de mes deux là ! C'est chiant ses trucs là.

Je posais mon coude sur la table et posais ma tête sur ma main. Je tournais trente six mille fois mon crayon dans ma main mais restais bloqué sur mes exos. Foutu mécanique !

« Oh il est trop beau ! Entendis-je alors de la part des nunuches de la classe ».

J'ai tourné les yeux rapidement pour voir Ruki et ses potes entrer. À croire que ces 4 cons ne peuvent pas laisser Ruki tout seul. Pff ! Je retournais sur ma physique et continuais de faire tourner mon crayon. Quel ennui.

« C'est sur x pas y ».

Je levais les yeux et vis Ruki lire mes feuilles. Il me regarda et se pinça les lèvres comme gêné et retourna vers les gars sidéré par lui. Encore à venir me voir celui-là ? Il lâche pas l'affaire hein ! Sérieusement. Je regardais mes exos et regardais mes axes. En effet, si je prends pas les bon axes, ça va être dur dur de faire l'exo. Je changeais mes axes et réussis à le faire. Satisfait, sans le montrer, je rangeais mon bloc et retournais dans ma sieste. Dès que j'ai une minute de toute façon, je gratte des heures de sommeil que je n'aurais pas dans la nuit...

« Il dort tout le temps celui-là, même pas foutu de suivre un cours. Franchement Ru, oublie le ! Tu vois comment il est, pas fréquentable ! ».

Reita, toujours aussi adorable...

« Rei, souffle Ruki de manière presque las, je suis assez grand pour me débrouiller hein. Je fais juste que lui parler et jusqu'ici, il m'a renvoyé chier. C'est tout ! ».

Et je passe pour le chieur dans l'histoire ? Merci, c'est cool.

« Alors pourquoi tu t'obstines ? Demande Aoi.

- Il a l'air sympa, dit simplement Ruki ».

Sur ces mots, je lève ma tête juste assez pour le regarder. Cette bouille d'ange est vraiment un phénomène. Sans connaître les gens, il peut dire s'ils sont sympa ? Et pourquoi je le serais hein ? Il dut sentir mon regard car il se retourna vers moi. Je plongeais de nouveau dans son beau regard bleu et il soutint aussi mon regard. Seulement, Reita se mit entre nous deux et je levais les yeux. Dans son cœur nageait la haine. Une haine et une colère très puissante. J'ai alors tout de suite compris son problème : il était amoureux de Ruki, mais Ruki paraissait ne s'intéresser qu'à moi.

Décidément, quand je l'ai appelé ange, je parlais peut-être un peu vite, parce qu'à part m'apporter des emmerdes, il a pas fait grand chose d'autre. Je replongeais mon nez dans mes bras. Je vais les ignorer comme d'habitude.

La sonnerie retentit et le cours reprit. Je me redressais un peu histoire de montrer que je suis réveillé et vis que les autres cons étaient partis. Le professeur arriva et le cours commença. Je me suis mis alors à regarder Ruki. Sa belle chevelure blonde luisait à la lumière du jour, bien que le soleil transperce à peine les cumulus de nuage. Un ange... Maladroit certes. Mais il reste un ange. Gentil. Une caractéristique si belle je trouve. Un ange canon en plus de ca.

À un moment des cours, j'ai regardé par la fenêtre quand il s'est mis à pleuvoir. J'ai regardé le torrent d'eau s'écouler dans la cour et ces filets d'eau plonger vers le sol depuis le ciel. Le temps était vraiment pas terrible.

J'ai soupiré et j'ai remarqué alors quelque chose du coin de l'oeil. Ruki me regardait. Discrètement. Et je fis comme si je ne voyais rien.

Il ne me lâcha pas du regard tant que j'avais le regard ailleurs. Je ne sais pas pourquoi il me regarde comme ça. Pourquoi il cherche tant à me parler. Pourquoi il s'intéresse tant à moi. Je n'ai rien pour suis pauvre, mal fringué, pas bavard, pas sympa, nul en classe, sans ami... Du moins, au lycée. Je traine dans les quartiers des gangs pas très recommandables... Qu'est ce qu'il peut bien me trouver ?

Certes, mes potes me répète souvent que j'ai un charme de malade que je cachais derrière mes cheveux et mon silence. Mais, ils me connaissaient, ils savaient comment je fonctionnais.

Pas lui.

Que cherchait-il ?

D'ailleurs, moi non plus je ne le connais pas. Je ne sais pas qui il est. Certes, c'est Ruki, le pote du "quatuor". Mais c'est tout ce que je sais. Son nom de famille ? J'en sais rien.

Je le regardais alors et il se tourna vivement. Je pris alors un bout de papier. Pourquoi ne pas lui demander ?

Je notais "your name" puis pliais le papier et visais sa trousse. Personne ne me vit, soit trop occupé à parler, à dormir ou même à écouter (ou faire semblant). Je le vis sursauter quand le papier plongea dans sa trousse. Il prit le papier et le déplia. Il se retourna soudainement.

Il me regarda et je le regardais. Il finit par se tourner et attrapa un crayon. Il va me répondre hein...

Il replia le papier et, quand le prof se tourna à nouveau, il fit glisser discrètement le papier sur le sol. Je l'attrapais juste sous ma table et le dépliais.

"Matsumoto". Ça ne me dit rien du tout. Mais maintenant, je sais comment il s'appelle. Je note ensuite : "And your family, is it rich like your friends ?". Je pliais et lui lançais. Il l'attrapa au vol et lu. Je le vis rester un moment figé. Il comprend ce que j'ai noté ?

Ah il écrit. Il replia et me le lança. Je le dépliais et vis : "Yes. Je suis le fils du député des affaires criminelles. Ma mère est psychologues, spécialisée dans les cas sociaux. Et toi ?".

Et merde. Encore un. Et en plus de ça, sa mère s'occupe des cas sociaux ? Super. J'en suis un. Il faut vraiment que je l'évite à tout prix, s'il découvre tout, je ne pourrais plus rien faire pour elle.

Je chiffonnais le papier et le jetais par terre. Ruki me regarda bizarre mais je détournais les yeux et regardais dehors. Je dois tout faire pour l'éviter.

À la fin du cours, je fus le premier sortit. Je partais vite du lycée. Je ne sais pas pourquoi il n'était pas dans le lycée depuis le début, comme les quatre autres, mais maintenant qu'il est là, je vois les emmerdes arriver.

Je marchais d'un pas rapide, mon sac sur le dos. Je filais au magasin de guitare de Makoto. Il était toujours ouvert. J'entrais et la sonnette retentit à mon entrée.

« Bonjour ! Clama la voix de Makoto, je suis à vous tout de suite !

- Ce n'est que moi, t'en fait pas ! Dis-je fort.

- Miyavi! S'écria-t-il. Il arriva alors en dévalant les escaliers. Hey mon gars ! Alors, ce déjeuner?

- C'était délicieux Makoto, je me suis régalé!

- Ah je suis content! Alors, cette journée?

- Je voulais te demander si tu connaissais un certain député Matsumoto ?

- Ah ça pour sûr! C'est celui qui travaille dans le gouvernement pour toutes les affaires criminelles. J'ai entendu dire qu'il serait venu vivre ici car le taux de délinquant, et de trafic de drogue est important. Pourquoi ? ».

Alors il ne vivait pas ici ? Ça pour avoir du boulot, pour son père comme pour sa mère, ils seront servis.

« Non j'en ai entendu parler dans la cours et je savais pas qui c'était.

- C'est sûr qu'on doit en parler ! Il paraît que leur fils est une vraie beauté ! ».

Ça, c'est sûr. Il me proposa de boire un coup tout en jouant. J'ai accepté.

Au final, je ne suis partit qu'après 23heures. Il m'a offert une pizza qu'il avait commandé (étrangement) en trop et je suis partit. Quand je suis retourné dans les quartiers, j'ai foutu ma capuche sur la tête et je me suis fait discret. On ne m'a pas vu car le peu qui traînait dans la rue étaient défoncés.

Je suis arrivé au taudis. J'ai défoncé la porte comme à chaque fois. Je suis vite monté à l'étage. Avant d'entrer, j'ai vérifié qu'il n'y avait pas de bruit dans la pièce. J'ai ouvert doucement la porte et j'ai regardé. J'entendais des ronflements plus loin. Je suis entré en vitesse et j'ai filé dans ma chambre. J'ai placé avec précaution la table devant la porte. Alors, j'ai pu souffler. Je me suis changé et le suis glissé sous ma couverture. J'ai fini par fermé les yeux et me suis endormi direct. Et les rêves furent rempli d'Ange, blond, une bouille magnifique... Un Ruki tout craché.

Mais soudain, un monstre apparaissait pour hanter mes rêves. Et je me réveillais en sursaut. J'étais en sueur et je tremblais. Ce cauchemars ne pourra jamais s'arrêter, même si Ruki venait réchauffer mes rêves.