Bonjour à tous et à toutes, merci d'avoir lu mon premier chapitre et, pour certains, d'avoir laissé leurs avis auxquels je vais répondre tout de suite.
It-Hina-SasUch : bonjour ! merci pour ton commentaire positif, je fais mon possible pour que mon histoire reste agréable à lire.
Nata : bonjour ! merci beaucoup, je m'efforce de rendre le style plaisant, j'espère qu'il continuera à te plaire.
Guest : bonjour ! voici la suite. :)
Anonymous : bonjour ! je ne connais pas le livre dont tu parles - du moins je ne le connaissais pas réellement au moment de l'écriture - mais j'admets volontiers m'être inspirée d'un extrait de roman que j'ai lu un jour dans un journal, quand j'étais petite, et qui m'a marquée parce que j'avais beaucoup aimé le début de l'intrigue, mais je n'ai jamais pu mettre les mains dessus. Après quelques recherches (qui impliquent avoir mis un bazar monstrueux dans mes affaires), j'ai découvert que l'extrait dont je m'étais inspirée était bel et un bien le premier chapitre du roman dont tu m'as parlée. Je n'ai pas volontairement repris le style d'écriture - des mémoires -, c'est en fait un genre que j'aime bien, puisqu'une autre de mes fictions est la mémoire du héros, mais je reconnais m'être inspirée de l'histoire. Cependant, n'ayant jamais lu le livre en entier, je n'ai pas la moindre idée de comment ce dernier se termine, donc je te prie de pardonner toute future ressemblance. En espérant que l'histoire te plaira quand même.
Azuleys : bonjour ! Comme je l'ai dit à Anonymous, mon inspiration n'est pas 100% volontaire. J'espère cependant que la ressemblance s'arrêtera là, et que l'histoire te sera quand même agréable.
Chapitre Un : L'apprentie de l'assassin
Après cette annonce, Jiraiya éclata de rire, et déclara qu'il me prenait comme apprentie. Les adultes hochèrent la tête, et Neiji vint me serrer dans ses bras. Il déclara qu'il était très heureux pour moi, car je serais très respectée des gens de la Cour. Bien que les gens ignoreraient tout de ma véritable nature, je serai présentée comme la conseillère de l'Hokage, et serai donc extrêmement respectée. Après ces déclarations, Jiraiya m'emmena hors de la pièce et s'engagea dans des couloirs sinueux, peu éclairé. Nous descendîmes des escaliers poussiéreux, indiquant qu'ils étaient rarement empruntés. Il marchait silencieusement devant moi, sa cape traînant dans la poussière des marches derrière lui. Nous arrivâmes finalement en bas, devant une porte en vieux bois, qui ne tenait plus que grâce à Erin. Il l'ouvrit et révéla des appartements spacieux, m'arrachant un petit hoquet d'étonnement. Il sourit en coin et me fit signe d'entrer. J'obéis timidement, et regardai autour de moi. Sur ma gauche se trouvait de quoi cuisiner, et des pots remplis d'ingrédients en tout genre, majoritairement des plantes, mais qui n'étaient clairement pas destiner à la consommation. Ou une consommation dans le but de s'alimenter sainement, en tout cas. C'était des ingrédients pour préparer des poisons. A côté de la cuisine, se trouvait une armurerie. Une étagère couverte d'arme était collée à une présentant diverse tenue de camouflage et de combat. Un tapis avait été installé au sol, ainsi qu'un sac de frappe et des mannequins marqués d'entailles au niveau de la tête et du cœur. La droite était, au contraire, une véritable pièce à vivre. Il y avait une table pour manger, et, un peu plus loin, deux lits individuels. Il y avait également une grosse bassine en fonte, très probablement pour se laver.
_ Cela te plaît ? Demanda Jiraiya. Car tu vas y passer le reste de tes jours.
_ Oui, mon seigneur, répondis-je machinalement.
_ Pas de « mon seigneur » avec moi, rétorqua-t-il d'un geste de la main. Appelle-moi « maître » ou « professeur ».
_ D'accord Maître Jiraiya.
Il hocha la tête et désigna le lit d'un geste de la tête.
_ Allons nous coucher, petite. Demain, nous irons te faire faire des tenus adaptées pour les entraînements et notre métier. Ce n'est pas en robe que tueras qui que ce soit. Même s'il t'en faudra.
J'obéis et retirai ma cape et mes chaussures avant de me glisser dans le lit avec mon professeur, qui lui dormait seulement vêtu de son pantalon. J'eus beaucoup de mal à trouver le sommeil, et ce malgré ma fatigue. J'avais accepté de devenir une tueuse de sang-froid à l'âge de six ans. Est-ce que cela faisait de moi un monstre ? Je m'interrogeai sur ce point, et cela me fit tourner et retourner dans le lit, tandis que Jiraiya ronflait à côté de moi. Pour revenir à mes interrogations, j'eus beaucoup de mal à déterminer si oui ou non j'étais un monstre, et la réponse ne m'apparaît que maintenant. Je ne suis pas un monstre, quoique vous, lecteurs, en pensiez. Je n'étais qu'une petite fille perdue, jetée en pâture au jeu des politiciens, qui cherchait un moyen de survivre. Et apprendre à me défendre était pour cela une bonne stratégie. De plus, j'étais protégée par l'Hokage et un assassin de renom, augmentant drastiquement mes chances de survie. C'est pour cela donc qu'aujourd'hui, je puis dire que je ne suis pas un monstre. Mais à cet âge, la question me tourmenta quelques temps. Pour être honnête, la question cessa de m'embêter dès ma première année d'apprentissage, et je ne me la reposai pas avant aujourd'hui, où j'écris ces mots. Si vous vous demandez pourquoi, sachez simplement que j'étais occupée à apprendre à protéger mon royaume, et cela ne me laissait évidemment pas trop le temps de réfléchir à ce genre de choses.
Mon apprentissage commença dès le lendemain. Je fus réveillée à l'aube par mon professeur, qui m'emmena voir la couturière après un déjeuner durant lequel il ne parla pas. Je n'osai pas engager la conversation de moi-même, et il me fit ensuite signe de le suivre. Nous quittâmes la pièce en silence, et il me précéda à nouveau dans l'escalier. Nous rejoignîmes la surface des couloirs du palais et commencions à marcher dans le dédale de couloir quand il s'arrêta soudainement et se tourna vers moi. Il se pencha et rabattit le capuchon de ma cape sur mon visage.
_ Garde la tête baissée. Personne ne doit voir ton visage.
Je hochai la tête et le suivis la tête baissée, les yeux fixés sur ses pas. Une dizaine de minutes plus tard, il s'arrêta devant une porte, et toqua trois fois. Une voix féminine répondit que l'on pouvait entrer, et nous obéîmes. Jiraiya referma la porte tout de suite après moi, et retira mon capuchon. Je sursautai, étonnée, et lui jetai un coup d'œil étonnée. Pouvais-je montrer mon apparence à la couturière ? N'était-ce pas risqué ? Mais mon maître semblait penser le contraire, et expliqua même toute la situation à la couturière, qui se présenta sous le nom de Touka Yamanaka. Elle me rassura en m'expliquant que les couturières royales connaissaient toujours l'identité des assassins royaux, et que je n'étais pas la première bâtarde d'un clan prestigieux à atterrir ici. Je fus grandement rassurée, et Touka prit mes mesures. Elle prit des notes, et déclara qu'il lui faudrait deux jours pour me préparer une garde robe décente, composée d'une tenue de combat et de robes de société, pour intégrer discrètement la Cour. J'acquiesçai, et nous quittâmes la pièce en silence. Nous repartîmes directement dans nos appartements, et c'est à ce moment que Jiraiya commença son enseignement. Il me fit signe de m'asseoir à la table à poisons, et posa devant moi un gros livre en cuir marron. Il était énorme, et je fus effarée à l'idée de devoir tout connaître. En effet, je n'avais jamais exercé ma mémoire jusqu'à ce jour.
_ Ceci est le Livre des Poisons. Tu trouveras dedans toutes les recettes pour fabriquer des poisons puissants. Bien entendu, je ne te demande pas de connaître par cœur chaque recette. Pas tout de suite du moins. Mais lorsque tu prendras ma relève, tu devras connaître chaque plante énoncée dans cette ouvrage. Comprends-tu ?
_ Oui, professeur.
_ Parfait. Dans ce cas, nous allons commencer avec les bases de l'empoisonnement. Ouvre le livre à la première recette, nous allons l'étudier ensembles.
J'ouvris le livre, mais restai perplexe devant les chiffres et les lettres. En effet, personne ne m'avait jamais appris à lire, si bien que j'étais totalement analphabète et illettrée. Je l'avouai timidement à mon professeur, qui me considéra un instant avant de soupirer qu'il avait oublié. Il s'employa donc, durant toute une journée, à m'enseigner la lecture, l'écriture, et la capacité de compter. Le soir, à l'heure du dîner, j'étais capable de lire correctement, même si l'écriture et les chiffres restaient compliqués à mes yeux. Nous nous étions entraînés sur la première recette et, je l'avais lu tellement de fois qu'au moment où nous arrêtâmes l'exercice, je la connaissais par cœur. Cela amusa mon professeur, et il me dit que nous passerions à la pratique le lendemain.
En effet, dès l'aube, Jiraiya s'employa à m'enseigner comment cuisiner ce poison, et me fit répéter l'expérience toute la matinée. Je ne vous décrirai pas ici les détails de la fabrication des poisons des Assassins Royaux. Tout d'abord, car il s'agit de secret appartenant à ceux de ce rang. Deuxièmement, car ils sont très virulents et hautement mortels, et je ne désire pas que certaines personnes usent de ces recettes pour occire d'autres personnes. Mais sachez que j'eus du mal à réussir correctement la concoction de ce poison. Bien qu'il fût simple à préparer comparé à ceux qui vinrent après, je n'étais âgée que de six ans, et c'était la première fois que je cuisinai. Il me fallut cinq essais pour créer ce poison, ce qui, d'après Jiraiya, était dans la moyenne des élèves. Il reconnut avoir eu besoin de six essais pour celui-ci, mais ensuite, ayant compris la mécanique de la chose, n'eut ensuite besoin que de trois essais au maximum pour tous les suivants.
Durant les mois qui suivirent, une routine s'installa. Le matin, mon maître me faisait apprendre la formule d'un poison par cœur. L'après-midi, nous passions à la pratique, je devais le préparer. En moyenne, il me fallait trois essais pour le réussir correctement, même si l'un d'entre eux, un poison paralysant, ne me demanda qu'un essai. Cette réussite fit la fierté de mon professeur, qui vanta mes qualités auprès de l'Hokage. J'étais, selon lui, une élève sérieuse et appliquée, soucieuse de bien faire. J'étais ravie de ces compliments, car j'étais, en effet, soucieuse de satisfaire Jiraiya et de ne pas le décevoir. Je voulais être plus qu'une simple bâtarde, même si cela impliquait tuer des opposants à la couronne. Si nous finissions les cours d'empoisonnement avant l'heure du dîner, mon maître s'employait à m'enseigner comment me comporter à la Cour. En effet, nous devions être parfaitement capables de nous mêler aux puissants. Seulement, cela demanda plus de travail avec moi, car mes yeux étant un signe distinctif des Hyuga, on saurait immédiatement qui j'étais. Jiraiya dut donc m'enseigner l'art du Henge, c'est à dire de la transformation. Cela prit du temps, trois mois pour être précise, avant que ma transformation soit efficace et dure longtemps. Il fallait être imperméable aux yeux Hyuga, qui se révélèrent être spéciaux. En effet, les Hyuga, en apprenant un sort nommé « Byakugan », se révélaient capable de voir à trois cent soixante degrés, et de voir les points vitaux et de chakra – l'énergie qui permet d'utiliser des sorts et qui alimentent les yeux spéciaux – des gens, ainsi qu'au travers de puissants Henge. Cela permettait de frapper ses adversaires aux bons endroits, et de démasquer les imposteurs. Pour cet entraînement, nous reçûmes l'aide de mon cousin Neiji, qui se prêta volontiers au jeu. Il m'enseigna comment utiliser mon Byakugan sans consommer trop de chakra, et les bases d'un style de combat propre au Hyuga, le Juuken, qui visait à frapper les organes de l'adversaire et de fermer les points de chakra. Il était également là pour vérifier que ma transformation était imperméable au puissant Byakugan, capable de voir à travers les transformations simples. Neiji était le juge parfait, car son Byakugan était extrêmement puissant, le plus puissant connu à cette époque. Ma transformation, cependant, concernait uniquement mes yeux, étant donné que le reste de mon apparence n'était pas exclusive au clan Hyuga. Le but était de dissimuler leur couleur et les veines du Byakugan si celui ci était activé. Ma transformation me faisait des yeux verts émeraude, une chose plutôt rare au royaume du Feu, mais qui ne soulèverait aucun soupçon.
_ Je ne vois pas tes véritables yeux ! S'exclama-t-il un jour.
_ Vraiment ? M'étonnai-je.
_ Oui. Même avec mon Byakugan poussé au maximum, ils sont verts !
J'étais ravie. Même avec mon propre Byakugan activé, ma transformation était assez puissante pour masquer mes yeux. Jiraiya me félicita, et demanda à Neiji s'il pouvait rester avec nous toute la journée, afin de vérifier que ma transformation ne vacille à aucun moment. Ce fût donc une journée fort épuisante. Je devais me concentrer à la fois sur la transformation, et sur ce que mon maître m'enseignait. Afin de vérifier mon endurance, ce dernier me fit enfiler ma tenue de combat, et me demander d'utiliser le Juuken contre lui. Je me mis donc en garde face à mon professeur, qui resta stoïque, attendant que je fasse le premier mouvement. J'activai mon Byakugan, et concentrai un peu plus de chakra dans ma transformation. Je scrutai les points de chakra de mon maître, cherchant comment l'affaiblir sans le tuer. Je décidai donc de viser les bras en premier, afin qu'il ne puisse pas utiliser de sorts. Je me jetai donc sur lui, et visai son bras droit en premier, puisqu'il était droitier. Mon premier coup fit mouche, mais je fus vite repoussée. Bien que je fus au sol, ma vision était parfaite et je le vis arriver droit sur moi. Je me relevai et évitai un coup en reculant rapidement. Je compris que l'attaquer de front ne serait d'aucune utilité. Il était beaucoup plus fort que moi, et me repousser ne lui demandait aucun effort. Je devais donc profiter de mon avantage, mes yeux. Je visai donc les torches qui éclairaient la pièce et en éteignis trois d'un coup, plongeant la pièce dans la pénombre. D'après Neiji, le Byakugan voyait dans le noir et à travers les illusions. C'était le moment de vérifier ses propos. Il eût évidemment raison, et je voyais parfaitement dans cette pénombre, tandis que mon maître plissait légèrement les yeux. Étant un assassin, il était entraîné à voir dans le noir, mais j'avais tout de même l'avantage. J'eus un petit sourire triomphant. Je me dirigeai discrètement et lentement derrière lui. Il était immobile, et semblait se concentrer sur un sort. C'était ma chance ! Je concentrai mon chakra dans ma main droit, et pris mon élan pour le frapper quand il se tourna et me frappa au plexus, m'envoyant voler contre le mur derrière moi. Un cri de douleur m'échappa, mais je me relevai, pantelante. Je saignai de la bouche, et mon épaule droite me faisait atrocement souffrir. J'avais perdu, bien que cela ne m'étonnât pas. Je n'étais qu'une jeune élève.
_ Bien joué, Hinata. Tu es futée, l'Hokage ne s'était pas trompée. Tu as su te servir de ton avantage, et tu as réussi à être très discrète pour m'approcher dans le dos. Je n'ai senti ta présence que lorsque tu as utilisé ton chakra. Si tu avais pointé la lame contre ma gorge, j'aurais dû déclarer forfait. Mais sache que le chakra est détectable par de bons combattants, assassins royaux ou non. Alors ne l'utilise qu'en dernier recours, d'accord ? Me dit-il d'une voix où je sentais une pointe de fierté.
_ Oui, professeur, répondis-je, essoufflée.
_ Prince Neiji, pouvez-vous m'informer sur l'état de sa transformation ? Demanda-t-il ensuite à mon cousin.
_ Je n'ai jamais vu la réelle couleur de ses yeux, répondit-t-il. Ils sont restés verts tout au long du combat !
Il était, comme toujours, joyeux. Il vint me voir et m'examina un instant, Byakugan activé. Il me prévint soudainement que j'allais avoir mal, et frappa mon épaule avant de me laisser réagir. Un cri de douleur s'échappa de ma gorge et j'attrapai mon épaule meurtrie en couinant. Neiji m'expliqua qu'elle était démise, et qu'il venait de la remettre en place. Je le remerciai, et Jiraiya hocha la tête. Mon cousin sourit grandement, et quitta ensuite nos appartements en trottinant. Il devait rejoindre son père. Lui aussi devait apprendre à servir son pays et son clan, bien que ce soit de manière totalement différente. Jiraiya ralluma les torches que j'avais éteinte, et cligna des yeux.
_ Ah ! Cela fait du bien ! S'exclama-t-il avant de se tourner vers moi. Tu peux désactiver ton Byakugan et ta transformation.
J'obéis, et je sentis toute de suite la fatigue me quitter. Je soupirai de bonheur, et m'assis lourdement sur un des banc de la table à manger pour reprendre mon souffle. Mon maître me considéra un instant, et commença à préparer le dîner. Je mis donc la table avant de me remettre à ma place, en attendant le repas avec impatience. Mes muscles me tiraient, et mes yeux me faisaient souffrir. Jiraiya finit par me servir une soupe de légumes et de viande, qui me fit presque baver tant j'avais faim. Nous commençâmes à manger en silence, quand mon professeur prit la parole de sa voix grave et sage.
_ Demain se tient une réception réunissant tous les clans du royaume. Nous sommes évidemment tenus d'y assister. Je n'étais pas sûr de t'y amener, mais l'exercice d'aujourd'hui m'a montré que tu maîtrisais très bien ton chakra, et que tu peux donc y assister sans craindre d'être découverte. Normalement, les Hyuga n'utiliseront pas leur Byakugan, mais je préfère que tu utilises ta transformation comme si c'était le cas. Il ne faudrait pas que l'un d'entre eux te découvrent par erreur. Hizashi, Hiashi et Neiji ne diraient rien, mais les autres pourraient décider de débarrasser leur prestigieux clan d'une bâtarde. Comprends-tu ?
_ Oui, professeur.
_ Bien. Tu seras présentée comme ma fille adoptive, répondant au nom de Moon. Tu es la fille d'un petit seigneur mort dont j'étais proche du nom d'Akechi, qui t'a confiée à moi. Je suis également le conseiller de l'Hokage, ce n'est pas étonnant que je participe à cette réunion, et toi non plus. Ce sera notre couverture, alors fais attention. Oh ! Une dernière chose quant à notre couverture : ta mère est morte en te donnant naissance, et avait une santé fragile.
_ D'accord. Maître ? Pourquoi tous les clans se réunissent-ils demain ?
La géopolitique étant au centre de mon futur métier, il était important que je m'y intéressa. Mon maître sourit, et m'expliqua que c'était pour s'attirer les faveurs de l'Hokage en vue de l'élection du futur Hokage. Je fronçai les sourcils, et mon professeur, comprenant que je n'avais aucune connaissance dans la politique de notre royaume, m'expliqua comment cette dernière fonctionnait. Il y avait cinq clan royaux : Les Uchiha, les Hyuga, les Uzumaki, les Senju et les Sarutobi, le clan de l'Hokage de cette époque, Hiruzen. Les Senju s'étaient cependant retirés il y a plusieurs générations de la course au pouvoir, préférant servir la Couronne d'une autre manière : en effet, ils étaient des médecins extrêmement doués, et préféraient se concentrer sur cela. Les Sarutobi, quant à eux, était le clan actuellement au pouvoir, ils ne pouvaient donc l'avoir une deuxième fois d'affilée. Hiruzen devait donc choisir entre les Uchiha, les Uzumaki et les Hyuga. Le chef de clan devait devenir l'Hokage. C'était au clan de décider de son seigneur, mais cela fonctionnait généralement grâce au droit de naissance. Généralement, on élisait le plus vieil héritier du seigneur du clan en tant que nouveau chef pour que son règne soit plus long. Cependant, l'Hokage précédent avait un droit de veto sur qui le remplacerait, et le clan choisi devait s'y plier. L'héritier choisi devait apprendre avec l'Hokage comment gérer le pays, et apprenait ensuite l'identité des Assassins Royaux. Ce système avait toujours permis d'éviter les tyrannies, et fonctionnait depuis maintenant six siècles. Je fus étonnée de ce système, mais il me parut bien vite bien pensé et intelligent, si bien qu'une nouvelle question émergea.
_ Si jamais il y a une attaque, que devons-nous faire ?
_ Nous devons d'abord évacuer l'Hokage, et le confier à sa garde rapprochée, tandis que les soldats évacueront les membres des clans. Ensuite, nous exécutons les fauteurs de troubles, m'expliqua-t-il.
Je hochai la tête et priai Erin pour qu'il n'y ait pas d'attaque tant que je n'étais pas une assassin accomplie. Nous finîmes notre repas sur ce dialogue et partîmes ensuite nous laver, chacun notre tour. Il y avait un simple rideau pour cacher la bassine en fonte, et j'étais énormément gênée. Ma pudeur me força à rougir tandis que j'ôtai mes vêtements et que je me glissais dans la bassine remplie d'eau chauffée par un feu sous la bassine. Je me rinçai dans l'eau chaude, et enfilai une robe ample offerte par Touka, me roulai en boule dans le lit, et m'endormis immédiatement. Le lendemain, ce fût Touka qui me réveilla. J'étais fort étonnée, mais elle m'expliqua qu'elle allait m'aider à me vêtir, car je devais porter ma tenue de combat sous ma robe. Ma tenue avait beau être très simple, je me souviens parfaitement avoir été persuadée qu'elle ne rentrerait jamais sous la robe confectionnée par la couturière.
_ Comment cela est-ce possible ?
_ J'ai moi-même conçu ces tenues. Je sais ce que je fais, Hinata-chan.
_ Désolée, Touka-san.
_ Ce n'est rien. Allez, enfile ta tenue de combat.
J'obéis tandis que la couturière attrapait ma robe et ma coiffe. Elle m'aida à enfiler une robe à crinoline. Elle était noire, mais des fleurs pourpres et mauves poussaient sur le jupon et sur ma coiffe. Cette dernière était un serre-tête, duquel tombaient ces mêmes fleurs et des perles blanches. Elle tombait sur mes épaules, de même que mes cheveux noirs. La robe traînant au sol, personne ne pouvait voir mes bottes de combat. Elle appela ensuite Jiraiya, et ce dernier eût l'air surpris en me voyant. Je me triturai les doigts, gênée.
_ N'est-elle pas adorable ? Demanda Touka.
_ Si. Elle sera parfaite.
_ Oui. Toi non, en revanche. Ne pourrais-tu pas faire un effort ? Moi qui me suis donnée tant de mal pour te confectionner une tenue. Ce n'est pas tous les jours que tous les clans se réunissent.
_ Ma tenue doit rester fonctionnelle pour le combat, rétorqua-t-il.
_ Ah, il est vrai que celle d'Hinata est pensée pour le combat. Allez ! Enfile au moins des vêtements distingués et une cape, si tu tiens tant à cacher tes armes, insista la couturière.
Mon maître obéit, et se dirigea vers la salle d'eau, une pile de vêtements à la main. Il réapparut plus tard, vêtu d'une tenue plus noble, mais ample, afin de dissimuler son poignard et ses potions. Touka hocha la tête et nous quittâmes la pièce. Il était temps de se rendre à la réception. J'eus beaucoup de mal à monter les escaliers avec ma robe, et Jiraiya finit par me porter. Lorsque nous arrivâmes en haut, il me reposa et me pressa l'épaule en faisant un sourire encourageant. Touka réajusta une dernière fois nos tenues, me souhaita du courage pour affronter les puissants. Je souris doucement, et nous nous dirigeâmes vers la salle de réception. À l'entrée, un garde nous demanda notre identité.
_ Le conseiller Jiraiya et sa fille Moon, nous présenta mon maître.
Le garde nous laissa entrer, et nous retrouvâmes au milieu d'une immense salle lumineuse. Je clignai des yeux pour m'habituer à tant de lumière. C'était la première fois en sept mois d'apprentissage que je sortais réellement de l'appartement de Jiraiya. Il y avait énormément de monde, et mon rythme cardiaque s'accéléra légèrement. Je n'étais plus habitué à entendre autant de bruit, et à voir tant de monde. Les membres importants des clans étaient là, et nous pouvions facilement compter une cinquantaine de personnes dans la pièce. Je reconnus rapidement les Hyuga grâce à leurs yeux. Jiraiya se pencha à mon oreille et me dit que les Uzumaki avaient tous les cheveux rouges, excepté Naruto, leur héritier. Les Uchiha étaient bruns, les Sarutobi plus mats de que les autres et enfin, les Senju étaient beaucoup plus diversifiés. La pièce devait être trois fois plus grande que les appartements que je partageais avec mon maître, où il y avait la place de s'entraîner, de dormir, de manger, de lire, de préparer des poisons et où il y avait également une salle d'eau. Les vitres étaient immenses, éclairant largement la pièce. Le soleil de fin d'été était suffisant pour chauffer la pièce. Des lourds rideaux de velours rouges étaient attachés sur le côté des fenêtre. Assis sur un trône, l'Hokage contemplait les convives d'un air satisfait. Les clans se mêlaient, discutaient. On revoyait de vieux amis, un amour de jeunesse. Les enfants talonnaient leurs parents dans l'espoir de comprendre quelque chose à la conversation, bien que ce ne fut que très rarement le cas. Seul un enfant Uchiha, plus âgé que moi, prenait part à la discussion qu'avait les adultes. Je compris qu'il s'agissait d'Itachi, un jeune prodige âgé de douze ans. En balayant la pièce, je vis mon cousin prendre soin d'une très jeune enfant, que je supposai être ma demi-sœur Hanabi. Un léger sourire m'échappa, mais je fus arrachée de ma contemplation par Jiraiya, qui me traîna jusqu'à l'Hokage à travers la foule. Nous nous inclinâmes devant lui à l'unisson, bien que je me relevai une seconde après mon maître.
_ Hokage, nous vous remercions pour l'invitation, dit mon professeur.
_ Cela est normal, Jiraiya. Voilà une adorable enfant qui t'accompagne. La santé de cette pauvre petite s'est enfin amélioré ? S'enquit faussement le seigneur.
_ Oui, merci Hokage, répondit mon « père ». Moon va beaucoup mieux, elle peut enfin quitter nos appartement sans craindre pour sa vie.
_ Vous m'en voyez rassuré. Il aurait dommage de perdre de si beaux yeux. La réunion va bientôt commencer, vous pourrez la présenter aux clans.
L'Hokage frappa des mains, et tout le monde se réunit autour d'une grande table que des serviteurs avaient apportés promptement. J'étais assise à la droite de mon maître, et à la gauche du plus jeune Uchiha, qui me lança un regard hautain, avant de reporter son attention sur le reste de la pièce. Cette dernière avait beau être lumineuse, il y faisait plus froid que dans l'autre salle, et je me surpris à avoir un frisson. Les clans étaient silencieux, attendant que l'Hokage parle. Finalement, celui-ci se leva et entama un discours.
_ Mes chers amis, je vous salue et vous remercie d'avoir honoré mon invitation. Comme chacun d'entre vous le sait, je me fais vieux, et il est temps que je choisisse mon hériter. Mon choix n'est évidemment pas encore fait. Comme le veut la tradition, mon hériter serait le premier né du seigneur du clan que je choisirai. En me basant sur cette tradition – que j'espère que vous respecterez – j'ai pris une décision.
Il fit une pause, et chacun retint son souffle. J'étais moi-même tendue comme un arc, bien que le trône ne m'appartiendrait jamais. Je jetai un coup d'œil à mon maître, et décelai chez lui un semblant d'intérêt pour la discussion en cours. Quoi de plus étonnant après tout ? Nous étions les Assassins Royaux, et nous étions les premiers concernés par le choix de l'héritier. L'Hokage reprit son discours, coupant court aux pensées de l'enfant que j'étais.
_ Durant dix ans, j'élèverai les enfants de chaque seigneur de clan afin de décider lequel d'entre eux deviendra mon héritier. Ainsi, mon choix sera équitable et l'héritier sera amplement formé à sa future fonction. Cela vaut également pour les cadets. Y a-t-il des objections ?
_ Hokage, cela est trop long ! Nous devons nous aussi apprendre à nos enfants comment le clan doit être géré, répondit le seigneur Uchiha. De plus, l'héritière Hyuga est un bébé !
_ Sauf votre respect, Seigneur Uchiha, l'Hokage est le meilleur professeur dont nos enfants peuvent rêver en terme de gestion d'un clan ou d'un pays. Je suis, pour ma part, ravie de cette décision, et suis prête à confier mon héritier à l'Hokage.
Il s'agissait de Kushina Uzumaki. Elle avait une voix forte et puissante, et dégageait une autorité naturelle, étrangement mêlée à une douceur et une gentillesse innée. J'en fus étonnée, et me retrouvai fascinée par cette femme durant quelques minutes. Lorsque son regard croisa le mien, elle me sourit, et je baissai immédiatement les yeux, intimidée. Durant le laps de temps où je fus fascinée par Kushina, Fugaku Uchiha – le seigneur du clan – finit par reconnaître que la Dame avait raison, et accepta la proposition de l'Hokage. Ce dernier sourit grandement, et tonna de sa voix puissante la fin de son discours. Je jetai un coup d'œil au reste des invités afin de déceler leurs sentiments concernant la décision de l'Hokage.
_ Puisque que chaque clan a donné son accord, alors cette décision sera effective à compter de la prochaine lune ! J'attendrai Naruto Uzumaki, Itachi et Sasuke Uchiha et Hanabi et Neiji Hyuga. Hanabi étant trop jeune, Neiji Hyuga sera là en tant qu'éducateur. Il sera chargé de donner à l'héritière l'éducation des Hyuga, puisqu'elle sera loin de sa famille, ainsi que de lui enseigner le Juuken. Hiashi, Hizashi, êtes-vous en accord avec cela ?
Les deux hochèrent la tête, et la chose fût scellée. Les convives furent invités à rejoindre la salle d'à côté, où l'on servait le repas. J'étais fort étonnée que personne ne s'interroge sur ma présence mais comme je restai auprès de mon maître et l'appelai « Père » si besoin était, tout le monde dut croire à l'histoire de l'Hokage, que je trouvai pour ma part bancale, bien que je n'eus que sept ans. La table était divisée en deux parties. Les enfants d'un côté, et les adultes de l'autre. Puisqu'ils allaient vivre ensembles pendant dix ans, mieux valaient qu'ils apprennent à vivre ensembles. Pour ma part, j'étais assise à la gauche de Jiraiya, et à la droite de Sasuke Uchiha. Son frère me faisait face, et Neiji était en diagonale par rapport à moi. Je me sentais donc très seule, et décidai donc de m'intéresser à l'attitude de mon maître, afin de mieux m'intégrer parmi la haute société. Mais je n'eus pas réellement le temps de m'intéresser à mon maître, puisque ce fut Itachi Uchiha qui s'intéressa à moi.
_ Mademoiselle ? Je ne crois pas vous connaître. Qui êtes-vous ?
Il avait une voix douce et polie. Je sursautai avant de balbutier mon faux nom. Il hocha la tête et sourit poliment, avant de me demander pourquoi je n'avais été présente aux précédentes réunions. Là encore, l'histoire de l'Hokage me revint, et je décidai naturellement de faire correspondre ma version.
_ Je suis très fragile, et jusqu'à il y a quelques temps, il m'était impossible de quitter mes appartements sans craindre pour ma vie.
_ Oh. Voilà qui est fâcheux. Votre père est pourtant un homme solide. Vous ne lui ressemblez pas trop. Vous tenez plus de votre mère, assurément.
_ Oui, ma mère était également très fragile. Je lui ressemble beaucoup, d'après Père, répondis-je.
Quiconque aurait pris notre conversation pour une simple discussion, mais j'avais compris qu'Itachi n'était pas dupe, et avait deviné que je n'étais pas celle que je prétendais. J'étais effrayée à l'idée qu'il parle de sa découverte, mais l'absence de preuves ma rassura immédiatement. En effet, l'Hokage en personne soutenait mon histoire, je n'avais donc rien à craindre. Nous continuâmes notre discussion durant une dizaine de minutes, jusqu'au moment où Neiji coupa notre conversation. Il devait sentir mon malaise. Itachi était bien plus doué que moi en politique, et j'avais beaucoup de mal à tenir correctement la conversation. Même Sasuke – qui semblait désintéressé de ma personne depuis le début – commençait à se poser des questions sur qui j'étais. Mon cousin vola donc à mon secours en interpellant Itachi.
_ Itachi-san ? L'appela-t-il. Pardonnez-moi de vous déranger en pleine conversation, mais j'ai une demande à vous faire.
_ Je vous en prie, Neiji-san. Que puis-je faire pour vous ?
_ Vos talents de combattants ont été loués jusqu'au sein de mon clan, et j'aimerais, si vous acceptez, vous affronter en combat amical, un jour. Cela vous intéresse-t-il ? Proposa Neiji.
J'écarquillai les yeux de stupeur. Si je savais que les cinq clans étaient des clans guerriers, et qu'on enseignait à chaque membre l'art du combat, j'ignorai qu'ils étaient autorisés à se battre en joutes amicales. N'était-ce pas dangereux et sujet à faire naître de la rancœur et ainsi dégrader les relations entre les clans ? Je fronçai légèrement les sourcils, et priai pour que ce combat se terminât dans de bonnes conditions. J'espérai secrètement que Neiji gagnât, car j'avais pour lui beaucoup d'affections, mais je ne pouvais malheureusement pas prendre parti. J'étais la « fille » du conseiller de l'Hokage, et je ne pouvais me permettre de montrer une quelconque préférence pour l'un des concurrents à la course pour le trône car même si Neiji ne l'était pas, le soutenir revenait à soutenir les Hyuga, et donc Hanabi. De plus, il me fallait en mémoire que j'étais un pion créé pour tuer, et que je pouvais parfaitement être amenée à devoir exécuter un des enfants assis à mes côtés. C'est pour cela que je restai parfaitement silencieuse en attendant la réponse d'Itachi, tendue comme un arc. Il semblait hésiter, mais finit par sourire poliment et tendit sa main blanche à celle de Neiji.
_ Neiji-san, ce serait un plaisir ! Nous allons cohabiter durant dix années, nous trouverons le temps de nous combattre. C'est un serment que je vous fais.
_ Je vous remercie, Itachi-san, répondit Neiji en serrant la main qui lui était tendue.
Ce fût le dernier événement marquant de cette première sortie, et le reste est perdu dans les limbes de ma mémoire. J'étais une enfant, alors seuls les moments réellement important ou marquant de mon existence, ainsi que des habitudes dont j'ai le souvenir seront rapportés ici. Je ne puis vous détailler le reste de cette journée car je ne m'en souviens pas, bien que j'aurais beaucoup apprécié que cela soit le cas. Mais je suis à présent vieille, et ma mémoire commence à s'estomper. Je vous prie de m'excuser.
