Hello ! :D
Contente que vous soyez, vous aussi, contents de retrouver Emma !
J'avoue, je m'attendais à un peu plus de reviews mais je suis déjà bien gâtée !
Donc merci à :
sandrine : J'espère vraiment tu vas l'adorer parce qu'elle compte énormément pour moi ! Merci beaucoup en tout cas ! :D
Guest : Heureusement que tu as lu L'oiseau blessé, tu n'aurais vraiment rien compris sinon... Merci ! ;)
Chouckett : Tu sais déjà ce que j'ai pensé de ta (enfin tes) reviews qui m'ont fait exploser de rire ! Merci beaucoup ma chouette ! :D
HeliosDeNoirie : Je suis vraiment contente que mon ancienne fic reste ainsi dans les mémoires, c'est un vrai plaisir. Je suis contente que ce petit début te plaise et j'espère que ce chapitre te plaira aussi ! Merci beaucoup ! :)
Lacritique : Eh bien, son auteur t'aime aussi ! xD Tu verras qu'Emma ne s'en est pas exactement sortie. Merci pour ta review !
Conclusion, tout le monde compte - peut-être moins que beaucoup, mais toujours plus que pas du tout.
John GREEN
Chapitre 1 : Premier Danger.
Le froid, des flocons commençaient à tomber et malgré la source de chaleur dans sa main, elle n'arrivait pas à se réchauffer. Le vent s'engouffra dans la petite ruelle, elle frissonna et sentit une main lui frotter le dos.
- Tu veux ma veste ?
Elle lui lança un regard blasé : il faisait -5°.
- Quoi ! s'offusqua-t-il devant son air. J'essayais seulement d'être gentil.
- Et le gentil m'aurait refilé son rhume ? ironisa-t-elle en buvant une gorgée de café.
Elle frissonna à nouveau et sourit lorsqu'il recommença son geste pour tenter de la réchauffer.
- Vous êtes toujours aussi mignons ! s'extasia Lanie, penchée au-dessus du corps.
Beckett roula des yeux, enveloppant le gobelet de ses deux mains.
- On a l'identité de la victime ? demanda-t-elle.
- Oui, d'ailleurs Kate... commença la légiste, de la peine dans les yeux.
- James Roderick, murmura cette dernière.
La main dans son dos s'arrêta.
- Je suis désolée, lâcha sa meilleure amie.
- Ca va Lanie, la rassura-t-elle sans pour autant dire que la pression dans son dos lui permettait de ne pas trembler. Il va falloir que je le dise à Emma...
Son cœur se serra à cette simple idée.
Pauvre James...
- Heure du décès ? demanda-t-elle enfin.
- D'après la rigidité cadavérique, je dirai entre 23h et 2h du matin, expliqua Parish. Mais avec le froid qu'il fait, ça peut être plus tôt dans la matinée, j'en saurai plus une fois arrivée à la morgue.
- Cause de la mort ? fit Kate en se penchant, les sourcils froncés.
- Trois coups de feu dans la poitrine de calibre .9mm à première vue, répondit-elle en désignant les trous sanguinolents avec son stylo. Il s'est vidé de son sang.
- Ce n'est donc pas une agression, conclut le lieutenant.
- Non, approuva Lanie.
Devant son air, Beckett plissa les yeux.
- Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?
- Je... il n'est pas mort sur le coup.
La jeune femme encaissa, le corps fébrile.
- Kate, sa mort a été longue et douloureuse.
Son regard se voila et Lanie s'en voulut immédiatement.
- Bien, appelle-moi si tu as du nouveau, termina-t-elle en se relevant.
- Kate... la rappela doucement son amie. Je suis vraiment désolée.
- Je crois que ces mots ne suffiront pas à Emma.
Et elle tourna les talons, son téléphone la brûlait dans sa poche tandis que son café ne dégageait plus aucune source de chaleur. Castle n'avait rien dit, près de sa muse il s'était contenté de l'observer, de l'analyser. Kate avait mal, un peu pour elle mais surtout pour leur jeune protégée.
- James venait de sortir de prison, non ? demanda-t-il.
- Oui, depuis deux mois.
- Tu l'as revu ?
- En dehors de maintenant, non.
Les épaules de l'écrivain s'affaissèrent tandis qu'elle pianotait sur son écran et portait son cellulaire à l'oreille. Une sonnerie, deux, trois... puis :
- Bonjour ! Vous êtes bien sur le répondeur de Emma Lawson - chanceux ! - je ne suis pas là mais laissez-moi un message !
Lawson ? se demanda Kate.
- Salut Emma, c'est Kate, commença-t-elle dans un sourire fébrile. Je sais que ça fait longtemps mais... j'ai quelque chose d'important à te dire, rappelle-moi quand tu le pourras. J'espère que tout va bien, je t'embrasse.
- Chocapic ! cria Castle dans le combiné.
Sa muse le frappa, amusée malgré l'épreuve difficile qu'elle venait de franchir.
- « Je sais que ça fait longtemps », répéta l'écrivain en fronçant les sourcils. Kate, depuis combien de temps tu n'as pas eu Emma au téléphone ?
- Tu le sais très bien, grogna-t-elle en marchant.
Il lui barra la route, une main sur son bras.
- Ecoute, je sais qu'elle t'a fait du mal en te disant que si elle devait aller mieux, ce serait seule et sans le moindre élément qui lui rappellerait son passé.
Il sentit sa compagne se braquer.
- Mais elle n'a que 14 ans, Kate. Les mots sont sortis plus durs qu'elle ne l'aurait voulu.
- Je sais, Castle, siffla-t-elle en le fixant. Et je sais aussi que ma réaction est totalement puérile et disproportionnée.
Elle soupira, le regard soudainement fuyant.
- Seulement, cette enfant... je me suis tellement accrochée à elle et savoir qu'elle ne veut plus de moi...
Un rire lui fit relever la tête, surprise.
- Emma est exactement comme toi ! Il ne lui manque que le sang pour être ta fille.
Kate avala difficilement, le froid se fit soudainement plus présent et plus mordant.
- Tu ne te rends pas compte que les épreuves qu'elle traverse ressemblent à celles que tu as déjà traversé, expliqua-t-il dans un tendre sourire, laisse-lui le temps.
Parce qu'ils étaient sur leur lieu de travail et parce qu'ils étaient toujours discrets, ils ne s'embrassèrent pas. Mais d'après le regard que lui lança Kate Beckett, reconnaissant et doux, il sut qu'elle en avait autant envie que lui. Elle se contenta de lui prendre la main et de mêler ses doigts glacés aux siens, puis de reprendre sa marche, comme reprenant pied à la réalité.
- Re-bonjour, Lanie.
- Kate, Castle, salua cette dernière. Des nouvelles d'Emma ?
Beckett tordit sa bouche, telle une enfant.
- Non, j'ai laissé un message sur son répondeur.
Lanie hocha la tête en marchant vers le corps de James Roderick recouvert d'un drap blanc.
- Tu as quelque chose pour moi ?
- En effet, acquiesça-t-elle. L'heure de la mort est bien située entre 23h et 2h du matin comme je te l'ai dit toute à l'heure. J'ai aussi trouvé un morceau de papier dans sa bouche, enfoncé loin dans la gorge.
Les deux partenaires grimacèrent de dégoût.
- Il y avait ça d'écrit dessus, fit Lanie en lui tendant le papier avec une pince.
- « Pour Emma », lut Kate. Qu'est-ce que ça signifie ? Une sorte d'avertissement, une mise en garde ?
- Un cadeau morbide ? proposa Castle.
Les deux femmes lui jetèrent un regard noir et il recula d'un pas.
- Ou un avant-goût, tenta-t-il.
- Comment ça ? le questionna sa muse.
- Peut-être qu'il s'agit d'une vengeance ou, du moins, d'un début, expliqua l'écrivain.
- Tu veux dire que les pantins du boss ne seraient pas tous en prison ? Que certains nous auraient échappé ?
Castle hocha la tête tandis que Lanie assistait à leurs échanges, fascinée.
- Pourquoi maintenant ? demanda le lieutenant. Pourquoi 4 ans plus tard ?
- Ils ont probablement retrouvé Emma.
Elle écarquilla les yeux d'horreur.
- Ca voudrait donc dire...
- Qu'elle est à nouveau en danger, terminèrent-ils d'une même voix.
Kate trembla à cette idée. Que l'on essaye de s'en prendre à sa protégée et elle ne répondrait plus de rien. Castle, plus à l'aise désormais, pris sa main entre la sienne, la retenant avec que l'être fragile qu'elle était ne se brûle les ailes à imaginer des scènes plus horribles les unes que les autres. Elle revint sur Terre, parmi eux, et croisa le regard inquiet et à la fois rassurant, le sien totalement hagard.
- Je... commença-t-elle avant de baisser le visage, lèvres pincées. Monte sans moi, j'aimerai lui dire au revoir.
Il acquiesça et laissa tomber sa main, l'accompagnant jusqu'au bout des doigts dans sa lente chute. Il, elle se sourirent. Lanie assistait depuis le début à leurs échanges, toujours aussi admirative devant cette force qui les rapprochait tant, qui faisait de ce qu'ils ont quelque chose d'incassable. Quelque chose, oui. Parce que ce qui les unissait était innommable, aucun mot semblait convenir ou être assez beau et véritable.
Ce fut lorsque sa meilleure amie passa devant elle qu'elle reprit conscience du monde qui l'entourait et son cœur qui, jusque-là, fondait de bonheur et de tendresse se pinça devant la mine froissée de Kate Beckett. Cette dernière s'approchait lentement de la table, comme si elle arrachait, un par un, les fils d'une bombe à retardement. Ce qu'elle ignorait, c'était qu'aucun de ces fils ne pouvaient empêcher l'explosion. Mais elle semblait vouloir y croire encore un peu.
La main en suspend au-dessus du visage de cet homme, elle lança un regard à Lanie, demandant la permission sans un mot. Cette dernière hocha une fois la tête, les yeux mi-clos, et la main de Beckett s'anima telle un pantin désarticulé et maladroit sur ses jambes.
Le bout de ses doigts vint frôler ses cheveux, son front puis une de ses joues avant qu'elle n'encadre ce visage glacé par la Mort de ses deux mains toutes aussi froides. Lèvres tremblantes, paupières closes, elle déposa un baiser aussi léger que les battements d'ailes d'un papillon et aussi puissant qu'un ouragan sur son front où quelques rides étaient finement dessinées. Elle ouvrit les yeux puis attendit qu'il lui sourit, son regard parsemé de paillettes comme lorsqu'il le posait sur elle, et lui demande des nouvelles d'Emma.
Elle se releva finalement, les jambes faibles, et repassa devant Lanie dans un sourire un peu forcé que cette dernière lui rendit, ne se cachant pas de ses yeux brillants de larmes. Une main légère glissa de son épaule jusqu'au milieu de son dos et Kate dut se faire violence pour ne pas craquer. Elle pouvait encore tenir bon.
- Je t'appelle si j'ai du nouveau, lui dit Lanie.
Lorsque Beckett poussa les lourdes portes de la morgue avec plus de difficulté qu'à l'accoutumée, Beckett tomba nez-à-nez avec son partenaire.
- Je t'avais dit de monter, lui rappela-t-elle sans colère ni soulagement dans la voix.
Seulement du vide. Devant son air et sa posture, Castle sut qu'il avait eu raison de l'attendre.
- Viens-là, fit-il en lui tendant ses bras dans lesquels elle vint se blottir puis s'accrocher.
Ce fut lors du premier sanglot qu'il frotta son menton rugueux contre la tempe brûlante de sa compagne à nouveau éclatée sur le carreau de la vie, déchirée. Et tandis qu'il prenait appui sur le mur pour ne pas tomber, elle cachait son visage souillé par les pleurs timides dans son manteau ouvert.
A nouveau, cette force innommable refit surface puis tenta de lisser leurs peines sur le mur qu'ils s'étaient construits ensemble et où tous ces sentiments contradictoires étaient peints.
- Non de dieu ! Tu m'as fait peur ! marmonna Emma en descendant de sa planche à roulettes.
- Je sais, c'était le but.
Devant le regard noir de sa meilleure amie, Ambre se reprit.
- Enfin, non. Je voulais te prendre par surprise !
- C'est chose faite, continua l'adolescente sur le même ton.
- Tu as oublié « sourire » au placard aujourd'hui, chou ?
Les yeux verts de cette dernière l'évitèrent soudainement. Ambre la regarda s'asseoir à ses côtés, sur le trottoir, le dos voûté.
- Ca va ? demanda-t-elle enfin.
- Oui.
- Sûre ?
- Sûre.
- Tu mens mal, Em', lui fit remarquer son amie.
- Il paraît, répondit cette dernière en jouant avec un caillou, le menton sur son genou.
Ambre eut un imperceptible soupire, la bouche tordue par impuissance, son regard finit par tomber sur le skateboard et un sourire malicieux prit place sur son visage.
- Dis-donc, tu te débrouilles pas trop mal sur ta planche ! Enfin pas aussi bien que moi mais c'est toujours aussi difficile de me dépasser alors je te pardonne.
Comme prévu, un léger sourire vint étirer les fines lèvres d'Emma.
- Je t'écrase dans ce domaine, ma vieille.
Elle ne marchait pas, elle courrait.
- Ecraser la perfection ? Laisse-moi rire !
Et Ambre aussi.
Un sourire carnassier et complice enjolivait leur visage d'ange.
Emma se mit à courir, sa planche sous le bras, puis la lâcha avant de monter dessus.
- Reviens ici tout de suite !
- Et comme d'habitude, Emma Lawson va franchir la ligne d'arrivée avant la vieille-avant-l'heure, Ambre Swan ! cria-t-elle en riant.
- C'est ça, grogna Ambre dans un sourire, je te laisse seulement de l'avance !
Les mains en porte-parole sur sa bouche, elle cria :
- Et je te rappelle que tu es plus vieille que moi !
- De deux jours seulement ! répondit la voix rieuse de son amie. Et c'est quand ça t'arrange !
...
- Viens, on s'en va, on quitte la ville sans un regard en arrière.
Emma releva la tête, couchées dans l'herbe, elles scrutaient le ciel.
- Tu sais bien que ce n'est pas possible.
- Et si ça l'était ? réagi Ambre avec empressement.
Emma fronça les sourcils face au sérieux de son amie.
- J'étouffe ici, et je sais que toi aussi.
Elle attrapa sa main, ses doigts brûlants contre ceux toujours glacés de la jeune fille.
- Et si notre bonheur ne se tenait qu'à un skate et deux billets de train ?
- Tu plaisantes, Ambre.
Cette dernière se releva brusquement en position assise et lui fit face.
- Merde, Em' ! Quand vas-tu comprendre que jamais tu ne pourras aller mieux ici !
La concernée déglutit péniblement.
- Tu me glisses entre les doigts, Emma... laisse-moi t'aider.
Et pour la première fois, Ambre vit les joues de sa meilleure amie se transformer en un torrent de larmes, ces mains aux températures contraires toujours jointes.
- Alors, quelle destination ?
- New York, lâcha Emma dans un souffle.
Les deux partenaires sortaient de l'ascenseur lorsqu'une voix si reconnaissable pour eux hurla dans le hall :
- Où est-il ?
Ils accélérèrent le pas pour finalement faire face à un Tom Evans déchaîné, encadré par plusieurs policiers. Hanna, de son allure toujours aussi élancée, élégante et fragile, tenait une main devant sa bouche, la mine soucieuse. Lorsqu'elle vit les deux sauveurs de son grand amour, son regard s'éclaira.
- Lieutenant Beckett ! appela-t-elle.
A l'entente de ce nom, Tom se figea soudainement.
- Bonjour Hanna, salua Kate dans un sourire tendre.
- Où est James ? s'affola le jeune Evans. J'ai entendu ce que disaient les infos, je suis venue ici pour être sûr mais on refuse de me dire quoi que ce soit !
- Calme-toi, Tom, demanda-t-elle.
Il voyait ses yeux rouges et ses mains tremblantes qu'elle levait pour l'apaiser.
- Ja-James est mort ?
Et elle, elle voyait ses yeux clairs devenir si fragiles.
- Je suis désolée... commença-t-elle.
Elle détestait prononcer ces mots aux victimes. Ils étaient tellement courants et elle ne savait quoi dire d'autre. Au fil du temps, ils devenaient de plus-en-plus froids dans sa bouche. Hanna passa un bras autour de la taille de son compagnon puis embrassa doucement son épaule tandis qu'il restait figé, incapable d'y croire. Il hocha la tête dans une fatalité qui la déconcerta et déglutit péniblement, l'annonce avait beaucoup trop de mal à passer. Kate frotta son avant-bras dans un sourire encourageant et Castle posa une poignée de secondes sa main sur son autre épaule.
- Viens, je vais te faire un café, proposa Hanna en l'entraînant dans la salle de repos.
Mais avant qu'il ne franchisse le seuil de la porte, il s'adressa aux partenaires, sa main étroitement emprisonnée dans celle de la beauté blonde.
- Et Emma, elle va bien ?
- On la cherche, répondit Castle à la place de sa jeune amie qui se trouva dans l'incapacité de parler.
A nouveau, Tom acquiesça d'un signe de tête. Une fois son dos tourné, le lieutenant relâcha son souffle imperceptiblement retenu et l'écrivain lui adressa un sourire triste.
- Ca fait beaucoup pour une matinée, murmura-t-elle en désignant la salle de repos du menton.
Castle regarda Tom passer ses bras autour du cou de sa tourterelle et plaquer une main sur sa bouche, les yeux douloureusement clos, un sanglot lui secoua les épaules. Le visage pâle et tout en finesse de la jolie Hanna s'était refugié contre le torse de son ami, ses mains jointes dans son dos trahissaient la puissance qu'elle souhaitait mettre dans leur étreinte. L'écrivain détourna le regard, peiné, pour le poser sur la silhouette un peu lasse et relâchée de sa compagne. Il lui frotta le bras, comme elle l'avait fait un peu plus tôt avec Tom, dans une douceur qui la fit légèrement sourire.
- Beckett ? appela Esposito un peu plus loin.
Elle releva la tête, cherchant son collègue des yeux, son masque de neutralité et de professionnalisme déjà en place. Arrivés à sa hauteur, Javier lui tendit un dossier qu'elle parcouru, les traits durcis par la concentration.
- Il... (sentant sa voix faiblir, elle se racla la gorge et reprit) il était clean ?
- Complètement.
- Aucun délit, même pas infime ? insista-t-elle.
- Non, aucun.
Elle soupira, un peu abattue.
- Ca semble te surprendre, constata Castle.
- Un peu, il était du genre à être au mauvais endroit au mauvais moment.
Elle tordit sa bouche et voyant son air, l'écrivain rajouta :
- Il voulait recommencer à zéro.
- Oui et cela aurait peut-être été plus facile si ça n'avait pas été le cas.
Ses mots sortirent plus durement qu'elle ne l'aurait voulu et devant le regard de ses amis, elle se sentit obliger d'expliquer ses propos.
- Je veux dire... les regrets, tout ça, pour Emma, ça va remettre encore une couche.
- Pour Emma, bien sûr, murmura Castle.
Elle fronça les sourcils puis ouvrit la bouche pour demander des explications mais Esposito la devança.
- Il y a quelque chose d'autre que je voulais vous montrer, dit-il en prenant une feuille sur son bureau.
- Un billet de train pour Washington ? lut-elle.
- Ce n'est pas là-bas qu'est Emma ? demanda Castle en faisant le rapprochement.
Le visage de Kate blêmit et ses yeux se retrouvèrent sans lumière.
- Il voulait... il voulait la revoir, souffla-t-elle. Il essayait vraiment d'avoir une seconde chance.
Elle glissa son pouce sur le New York - Washington, lèvres pincées.
- Il aurait dû partir aujourd'hui, fit l'écrivain en lisant sur le billet.
- On a de quoi contacter la famille d'Emma ? demanda Kate.
- Euh... lâcha le latino en fuyant son regard.
- Quoi ?
Il toussa.
- Eh bien, je me suis permis de faire ma petite enquête là-dessus il y a un moment déjà et...
Beckett lui sourit avec amusement, le regard tendre, et croisa les bras.
- Tu sais le numéro, oui ou non ? s'impatienta-t-elle doucement.
Il écarquilla les yeux, elle passait vite à autre chose.
- Je... oui ! Oui, il ne doit pas être loin, s'exclama-t-il en fouillant sur son bureau.
Plusieurs feuilles et babioles tombèrent avant qu'il ne mette la main sur ce qu'il cherchait.
- Voilà ! triompha-t-il en français.
Elle le lui déroba d'un geste rapide en le remerciant et lui lança un regard assez suggestif, amusée.
- Prête ? demanda-t-il.
- Non, rit-elle.
Kate fit tourner encore et encore le papier jaune entre ses doigts puis, prenant une grande inspiration, tapa les quelques chiffres sur son téléphone. Elle attendit, le portable à l'oreille, son pouce et son index emprisonnant sa lèvres inférieure, son genou qui tressautait légèrement.
- Tessa Lawson ? demanda Kate en se relevant. Lieutenant Beckett de la... je vois.
Castle, impatient, tenta d'écouter la conversation mais sa partenaire se décala.
- Emma est partie ? s'affola-t-elle. Quand ? Où ?
Elle acquiesça de la tête, les yeux terrifiés. Castle vivait puissance mille ce qui traversait le visage de sa muse.
- Bien, je regarderai les vidéos de surveillance des gares, fit-elle dans une mine sérieuse. Merci, je vous tiens au courant.
Il mima de ses lèvres un « quoi » interrogatif et impatient. Elle leva la main pour lui intimer le silence et il renversa sa tête en arrière, grognant. Lorsqu'elle raccrocha, l'écrivain se précipita sur les informations que sa partenaire allait lui dévoiler.
- Alors, alors ?
- Emma a fugué.
Il tomba littéralement des nu, bouche bée.
Lorsqu'elles descendirent sur le quai, Emma sentit presque immédiatement un regard lui vriller la nuque. Elle se tendit et se rapprocha de son amie.
- Un problème ? demanda Ambre devant l'attitude de la jeune fille.
- Continue de marcher et ne te retourne pas.
- Mais...
Emma tira le bras de la jeune chanteuse et elles s'engouffrèrent dans un long couloir. Elle accéléra le pas, sa main retenant toujours Ambre, et se mêla à la foule. Elle sortit son téléphone portable et, grâce au reflet, tenta de discerner leur poursuivant.
- Merde, jura-t-elle entre ses dents.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Et Ambre se tourna, fixant un homme plutôt commun, puis baissa les yeux vers ses mains.
- Il a un flingue Emma ! paniqua-t-elle à mi-voix en se retournant.
- Je sais.
Elles atterrirent dans un groupe de personnes avant de tourner brusquement vers la droite et tenter d'échapper à monsieur X. Elles se retrouvèrent dans le parking... désert.
Evidemment.
Alors qu'Ambre faisait quelques pas, elle entendit glapir dans son dos.
- La petite Mayer, siffla leur inconnu.
La jeune Swan porta sa main à sa bouche sous la surprise. Le canon glacé d'une arme sur la tempe, Emma serrait les dents de colère, ses mains sur ce bras qui l'étouffait.
- Tu ne m'échapperas pas cette fois, souffla-t-il contre sa joue.
Elle eut une grimace de dégoût, il avait une halène terrible.
- Tu touches à un de ses cheveux, je t'encastre dans le mur ! grogna Ambre, folle de rage.
Emma n'avait jamais vu son amie ainsi et cela lui pinça le cœur de savoir que c'était pour elle. Elle entendit un « clic » caractéristique et écarquilla les yeux de stupeur, le souffle court.
Elle se laissa soudainement tomber dans les bras de son ravisseur qui, surpris, lâcha suffisamment sa prise. Emma glissa de son étreinte et, rapide comme l'éclair, se retourna pour lui donner un coup net et précis avec son index et son majeur tous les deux pliés dans le nez de l'inconnu. Ce dernier tomba à la renverse, la moitié du visage en sang. L'adolescente changea les rôles, passant de la menacée à la menaçante.
- Putain de merde ! lâcha Ambre au bout d'un moment. Emma, comment t'as fait ça ?
Cette dernière secoua sa main douloureuse dans une grimace et l'essuya sur son haut, silencieuse.
- Tu peux prendre mon téléphone et cherche à B dans les contacts, s'il-te-plaît ?
Swan s'exécuta, les mains encore tremblantes et la bouche remplie de questions.
- Tu vas me dire ce qu'il se passe ?
- Promis, acquiesça Emma.
Elle fit glisser son doigt sur l'écran et releva le visage vers son amie qui menaçait toujours leur tueur avec son arme. Lorsqu'il sombra dans l'inconscience, Emma coinça le révolver dans sa ceinture.
- Bon, j'appelle qui ?
- Beckett, fit-elle en se massant les doigts. Et dis-lui que c'est une urgence.
Vos reviews (surtout les loooooogues *-*) m'inspirent et donnent envie de continuer, alors n'hésitez pas ! :D
