Hey ! ~~ c'est partit pour le second chapitre, enjoy !

Chapitre deux :

La plus grande partie de l'enfance du rouquin et de la brune s'était déroulée dans la rue. Ayant un passé, commun ils avaient affrontés la dureté et le malheur ensembles. Deux orphelins, trop intelligents pour leur âge, mais traité comme de vulgaires ordures dans l'orphelinat où ils vécurent. Deux enfants, trop seuls, et trop conscients de la dureté du monde. Deux enfants se serrant les coudes contre cette cruauté. Deux enfants, s'entre-aidant, tout simplement. Deux enfants, frère et sœur. Matt et Jez. Lorsque l'un était transféré, l'autre s'arrangeait pour l'être aussi. Jusque au jour où ils entrèrent dans un énième orphelinat, puant toujours autant la pauvreté, la douleur et l'idiotie des adultes qui les traitaient comme des esclaves. Les deux enfants, vêtus de loques, avaient été présentés en plein milieu du réfectoire. Leurs habits, miteux, déclenchèrent les rires des enfants. Mais aucun des deux ne releva, leur fierté en prenant un coup, ils étaient conscient qu'ils ne devaient pas s'enfoncer d'avantage. Les jours défilèrent, dans une monotonie ennuyante. Assise sur son lit, dont les draps sals et déchirés n'avaient pas dut être changée depuis le siècle dernier, Jez lisait. L'énorme roman, qu'elle trouvât dépourvu d'intérêt, mais qui néanmoins lui permettait de trouver le temps moins long, sur les genoux. Quelques coups à la porte lui firent lever les yeux, et marmonner un vague 'entrez'. Une nonne, faisant partit de l'orphelinat religieux ne se fit pas prier, et apparut dans l'encadrement. La vieille femme, sèche et osseuse, dégageait une sensation de malaise. Dès le premier regard, la petite fille n'avait pu s'empêcher de la haïr. Chose justifiée, avait elle apprit, en trois mois de présence ici. Désagréable et autoritaire, elle était l'exemple vivant des méchantes marâtres des contes de fées.

-Dépêche-toi ! Ordonna-t-elle. Tous les enfants sont attendus au réfectoire.

Lui jetant un dernier regard, plein de mépris, elle tourna les talons. Un long soupir, mêlé à un grognement s'échappa des lèvres de la petite fille de 8 ans, qui, après avoir placé son marque-page, referma le livre et le rangea sous son oreiller. Elle sauta sur ses pieds, et courus jusqu'à la salle, n'ayant nullement envie de se faire réprimander –que cette vieille poule de bonne sœur lui ai coincé deux fois les doigts dans une porte avait porté ses fruits : elle ne faisait plus la rebelle. Arrivant, elle alla se placer à l'une des trois gigantesques tables, à la droite de son frère ainé. Un vieil homme monta sur l'estrade. Au contraire de toutes les nonnes de l'établissement, il dégageait une aura de sérénité, de sagesse et de gentillesse, qui étonna les deux enfants.

-Bonjour à tous et à toutes, je suis Watari.

La voix grave mais douce de l'homme amena Jez à une conclusion : il n'était pas nette. Comment pourrait-il l'être ? Rien que son apparence, et sa gentillesse étaient louches. Ce fut la conclusion de la petite fille. Elle, qui n'avait connu que mépris, haine et violence de la part des adultes, refusait d'espérer en rencontrer un différent.

-Si je suis là aujourd'hui, c'est pour une raison très simple, je souhaiterais évaluer les compétences de chaque personne présente.

Tous se regardèrent, étonnés.

-Pour cela, je vous proposerais un questionnaire. Une récompense attendra ceux ayant eu les meilleurs scores.

Okay, il avait atteint le summum de la bizarrerie. Remarqua Jez. Trois femmes distribuèrent les feuilles, et placèrent des cahiers, pour éviter les regards 'involontaires' sur la feuille d'un de ses voisins.

Le crayon volait sur la feuille des deux orphelins Jeevas. L'un et l'autre, étonnés par la simplicité enfantine des questions ils eurent tôt fait de finir le recto. En revanche, le verso s'annonçait plus dur. Ne contenant que des questions de niveau 'supérieur', il se révélait être un véritable casse-tête de solutions, équations, devinettes, tableaux en tous genres. Attachant ses cheveux et se mordillant la lèvre, la cadette écrivait, gommait, posait des opérations sur une feuille de brouillon, réfléchissait. Peu intéressée par les mathématiques, les questions demandées lui posèrent un gros souci. Mais lorsqu'elle les eut finis, et qu'elle se mit à lire les énigmes présentes, son regard, habituellement froid et dénué d'expressions s'illumina. Elle adorait ça. Confiante, et abordant un discret sourire en coin, elle lut les énoncés. Ai-je besoin de préciser que la difficulté était sans égales ? Mais Jez et Matt exultaient. Les deux enfants adoraient les challenges. Et là, ils étaient servis. Deux heures plus tard, les copies furent ramassées, très vites remplacées par un potage froid et infect. Aucun enfant n'eut envie de savoir ce qu'il contenait. Lorsque vint l'heure du couvre-feu, tous allèrent se coucher, laissant Watari, seul dans un bureau, à observer les copies.

Le lendemain matin, lorsqu'ils se réveillèrent, tous allèrent à la cantine, prendre le petit déjeuner, et écouter le 'discours exceptionnel' qu'allait tenir la directrice, alias la vieille chouette (ou vache, au choix) qui était venue chercher Jez le jour précédent.

-Bienvenue, mes chers enfants, j'espère que vous avez bien dormis.

-Elle est devenue tarrée. Fit remarquer Matt en chuchotant.

-Elle l'était déjà avant. Répondit sa sœur sur le même ton. Mais là, elle s'est pris un coup sur la tête. Un coup magistral.

-Deux copies ont été retenues. Mes deux chouchous, mes petits amours.

C'en était devenu effrayant pour les enfants. Etait-ce bien la peau de vache, la femme qui se régalait à les punir et qui avait fait revenir les coups de fouets dans l'établissement qui parlait ?

-Je demanderais à Mail et à Jessy Jeevas de monter sur l'estrade, pour que je puisse les embrasser. Ensuite, vous suivrez monsieur Watari.

La fillette s'étouffa avec sa seule et unique tartine à laquelle les enfants avaient le droit. Son frère lui tapota le dos, aussi étonné qu'elle.

Néanmoins, le plus étonnant fut sans aucun doute quand la femme les étreignit.

Elle était bonne pour l'asile. Et en espérant qu'elle ne sortît jamais. Songèrent les enfants.

Le vieux monsieur les congratula avec beaucoup plus de retenu, mais le sourire mystérieux sur ses traits, et la malice de son regard poussèrent la cadette à la vigilance. Les deux se stoppèrent lorsque Watari leur demanda de monter dans la voiture. Non, pas la voiture, la limousine. Noire, classe mais sobre, c'était l'engin le plus luxueux que leurs yeux d'enfants n'avaient jamais eu le loisir d'observer.

-Vous déconnez ? On va pas rentrer là-dedans ? Et puis, où on va d'ailleurs ! S'écria-t-elle.

-Je vais vous conduire à la Wammy's house, l'orphelinat que j'ai créé. Mais je vais tout vous expliquer en route. Nous avons un long trajet.

-Hors de question. Déclara nette Jez.

-Rentre.

Elle fit les gros yeux à son frère, qui la poussa doucement vers la voiture. Elle se laissa tout de même entrainée, bien que réticente.

-J'ai fait emballer et mettre dans le coffre tous vos effets personnels.

Le vieil homme leur fit un sourire doux, alors que les deux plus jeunes s'engouffrèrent dans l'appareil.

Mal à l'aise au milieu de tout ce luxe, les deux observaient par la fenêtre, lorsque Watari, assis sur la banquette en face d'eux prit la parole.

-Bien, commençons par le début. Comme vous le savez, hier, je vous ai fait passer un test, pour connaître vos capacités de déductions, vos connaissances etc… et c'est vous deux qui avez obtenu les meilleurs résultats. Etonnement élevés, d'ailleurs. C'est pour cela que je vous amène à la Wammy's house.

-Quel est le rapport entre cet orphelinat et nos résultats ?

-J'y viens, Mail. La Wammy's est un orphelinat, certes, mais un orphelinat pour les génies.

-On est pas des génies.

-Si, Jessy. Ces tests le prouvent. La Wammy's house a été créée pour une chose : trouver un successeur à L.

-L ! Vous parlez de l'enquêteur de génie ?

La brune était sous le choc. Sans rire, elle, successeur potentiel à ce mec, que personne ne connaissait, mais qui était sans conteste la personne la plus intelligente du monde ? Idée complètement saugrenue.

-C'est exact, je parle de lui.

Le regard de l'homme se fit rêveur, alors qu'il se rappelait de certaines anecdotes, lorsqu'il passait du temps en compagnie du jeune prodige.

-Si je comprends bien, nous allons étudier là-bas, afin d'un jour, peut-être, atteindre le niveau de L. Résuma Matt.

-Oui. Evidemment, vous serez, logez, nourris, pourrez étudier, passer du temps avec les autres orphelins, vous amuser… à la Wammy's.

-C'est marrant, on nous dit toujours ça, lorsqu'on nous amène dans un orphelinat. Voyez le paradis qu'on vient de quitter.

Le ton railleur de l'enfant lui valut un coup de coude dans les côtes de son frère, qui la réprimanda du regard. Mais à leur grande surprise, Watari se mit à rire doucement.

-Excusez-moi d'avoir ri, mais c'est vrai que cet orphelinat était déplorable. Mais j'espère que vous serez mieux là-bas.

Il sourit doucement, et pour la première fois de sa courte vie, Jessy Jeevas se dit que, peut-être, ce ne serait pas si mal de placer un peu de confiance en cet homme.

La fatigue l'emporta bien vite vers le pays des rêves, d'où elle n'émergea que lorsque son frère se mit à la secouer énergiquement. Maugréant des insultes incompréhensibles à l'égard de celui-ci, elle tenta de se rendormir, mais Mail insista. Emergeant, elle lui lança un 'Keskiya ?' très constructif.

-Regarde, regarde par la fenêtre. Se contenta-t-il de répondre.

Et là elle comprit. A l'instant même où son regard se posa sur l'immense cours dans laquelle ils venaient d'entrée elle comprit. Elle comprit qu'une nouvelle vie s'offrait à eux.

-Autant que je vous prévienne de suite. Aucun élève n'utilise son vrai nom, celui-ci doit rester secret. Vous allez donc utiliser un surnom. J'ai déjà une idée pour chacun, libre à vous d'en trouver un autre ou de garder celui-ci. Pour toi, Mail, ça serait 'Matt' et pour Jessy, 'Jez'.

-Ça me va. Acquiesça 'Matt'.

-Pareil. Autre chose à savoir ?

-Je vais vous accompagner dans le bureau du directeur, Roger. Il vous expliquera tout.

Les trois sortirent de la voiture, et marchèrent dans l'allée. Faites de pavés, elle était ancienne mais belle. Mais ce qui avait capté leur regard était le gigantesque bâtiment de style victorien. La plus belle bâtisse qu'ils n'eurent jamais vue. Haute, et d'une couleur grise sobre, elle était d'un luxe discret. Tout était assurément cher, mais trop délicat pour que ça soit désagréable. Leurs pas résonnaient doucement sur le parquet du couloir, alors qu'ils longeaient des salles du cœur de l'orphelinat. Soudain, Watari s'arrêta devant une porte à double battants et frappa deux petits coups.

-Entrez.

La voix était douce et agréable, presque semblable à celle de leur guide.

Derrière un bureau en chêne noir, rangé, se tenait un homme, entre deux âges, aux cheveux grisonnants, mais à l'allure classe. Il leur adressa un sourire attendrit, et leur proposa de s'assoir. Les deux enfants furent étonnés de s'enfoncer dans les doux fauteuils. C'était si agréable !

-Je vous souhaite la bienvenue à la Wammy's house, je suis Roger, le directeur de l'établissement. Et vous devez être Mail et Jez Jeevas. Avez-vous choisit un surnom ?

-Oui, Matt et Jez.

-Ce sont de beaux noms. J'espère tout d'abord que le peu que vous avez vu vous plait. Je suppose que Watari vous a déjà expliqué pourquoi vous êtes ici.

-Pour atteindre le niveau afin de devenir le successeur de L.

-C'est cela, Jez. Aujourd'hui, nous sommes jeudi, mais vous ne commencerez les cours que demain. Dans votre chambre vous attendent vos emplois du temps, ainsi que vos effets personnels, des affaires scolaires, et de nouveaux vêtements. Marie, qui attend devant la porte va vous conduire aux salles de bains, filles et garçons, si vous en avez envie. Après, elle vous guidera à vos chambres. Matt, tu devras cohabiter avec un jeune garçon, Mello, Jez, tu as la chance d'avoir une chambre pour toi seule, mais tu comprendras que si une jeune recrue arrive, tu devras la partager.

-Ca me semble logique.

-Nous vous remercions pour ce que vous faites pour nous. Assura Matt.

Roger eut un sourire bienveillant, et une jeune femme entra dans la pièce. Elle aussi les accueillit avec une gentillesse et une douceur propre à l'endroit, et comme précédemment indiqué, les mena dans la salle de bain. La pièce de droite était celle de fille, et celle de gauche était pour les garçons.

-Matt, tu es grand maintenant, alors je respecterais cela et n'entrerais pas. Du moins, sur l'un des éviers, tu trouveras poser de nouveaux habits, et deux serviettes. –Elle lui sourit- Et pour toi aussi, Jez.

Ils hochèrent la tête et la remercia, et entrèrent chacun dans une pièce. Pour en ressortir, et aller dans celle dans laquelle l'autre venait d'entrer. Marie ne put retenir un léger rire devant ces deux-là.

L'eau chaude rougissait la peau de l'enfant. Un pur délice à ses yeux, elle qui pendant si longtemps n'avait put gouter à ce plaisir. Lorsqu'enfin elle sortit, on la conduisit directement à sa chambre, où elle découvrit une armoire pleine de vêtements, une petite bibliothèque, un petit bureau, avec deux chaises, une commode, et un lit superposé. Elle eut tôt fait de s'endormir dans celui du bas.

~X~

Dans un autre couloir, se tenait un garçon. Agé de dix ans, il se tenait devant une porte. La porte de sa chambre. Il y frappa quelques petits coups et entra. Un jeune garçon blond releva la tête et le fusilla du regard. Mello détestait qu'on le dérange alors qu'il faisait ses exercices. Non, il détestait qu'on le dérange lorsqu'il réfléchissait.

-Euh… bonjour ?

Matt n'était pas doué avec les relations humaines. Pas du tout.

-'Lut. T'es qui ?

-Mai… Matt. Tu dois être Mello. Je suis ton nouveau… camarade de chambre.

-Mouais… t'es arrivé aujourd'hui ?

-Ouais.

Le blond le détailla du regard et se replongea dans ses devoirs, croquant un biscuit chocolaté.

Matt le regarda faire un moment puis détailla sa chambre. En tout point semblable à celle de sa sœur, elle montrait au contraire de celle-ci, que quelqu'un y habitait depuis un certain temps : des objets qui trainaient sur la commode, l'armoire entrebâillée, les fenêtres ouvertes… le jeune garçon, vêtu de son pyjama, monta à l'échelle, et se coucha dans le lit du haut. Lorsque la lampe du bureau s'éteignant, lui indiquant que son camarade avait terminé, il entama la conversation.

-Ça fait longtemps que tu es à la Wammy's ?

-Trois ans. Depuis que j'en ai six.

-Moi j'ai dix ans. Et… t'aime bien cet endroit ?

-J'ai vu pire niveau orphelinat.

-Je confirme.

Les deux se turent, l'un fixant le plafond, l'autre ayant fermé les yeux.

-Bonne nuit.

-Ouais, bonne nuit…

-On doit se réveiller à quelle heure ?

-7h00, les cours commencent à 8.

-Merci.

Matt songea que, finalement, la vie ici ne serait peut-être pas si terrible.

~X~

Jez reprit pied dans la réalité, regrettant le bon vieux temps. Ce temps à la Wammy's, la simplicité, et leur but : devenir le plus fort.

Son regard dévia vers le jeune blond habillé de cuir à quelques mètres d'elles.

Le sourire innocent mais espiègle du petit garçon.

Le sourire sadique qu'il abordait désormais.

Ses yeux d'un bleu incroyablement pur, reflétant une intelligence et une vivacité hors pair.

Les yeux azurs remplies d'une envie de vengeance et d'une rancœur refoulée.

Les habits discrets de l'enfant.

Le cuir de ceux de l'adulte.

Mello…

Il avait changé, plus que ce qu'elle ne pensait.

Le crac sonore des dents du jeune blond sur la tablette de chocolat la sortit une seconde fois de ses pensées, alors qu'elle contrôla la rougeur de ses joues lorsqu'elle se rendit compte qu'elle le dévisageait. Mello, s'en étant rendu compte, lui offrit un sourire amusé et moqueur, que la fille trouvait purement insupportable.

Jez tourna les talons, en direction de la sortie.

-Où tu vas ?

Ça aurait pu passer pour de l'inquiétude, ou même de l'intérêt, sans son ton dur qui démontrait clairement qu'elle n'avait pas le droit de bouger sans qu'il en donne l'autorisation. Cette constatation lui fit emmètre un grognement. Le ton employé par Mello ne lui avait pas plu.

-Je ne suis pas sous tes ordres, Mello. Je vais où je veux, quand je veux.

-Alors pourquoi es-tu venue. Je doute que ça soit pour faire l'échange. T'aurais-je manqué ?

Et elle, elle doutait de pouvoir lui dire : 'ouais, j'avais vachement envie de te revoir, le truc c'est que là, je bosse pour Near –autrement dit ton rival et ennemi- et je dois improviser pour vous soutirer des infos, et une fois ça fait, retourner au siège sur SPK avec la death note.'.

Non, décidemment, ça ne le faisait pas.

Improvisation…

Panne d'inspiration, quand tu nous tiens…

-Effectivement, je n'étais pas là pour l'échange. Comme tu le sais, je suis aussi mafieuse. Et je suis là pour te proposer une alliance.

Bravo ma belle, tu t'es mise dans une merde… tu vas lui proposer quoi, après, hein ? Railla une petite voix à l'intérieur de la tête de Jez –qui se doutait qu'elle était devenue folle.

-Pourquoi est-ce-que je ferais une alliance avec toi ?

Excellente question !

C'était officiel, elle était devenue folle.

-Je ne sais pas… peut-être par-ce-que j'ai un informateur auprès de Near ?

Elle s'enfonçait, et en arrivait au point de non-retour des excuses minables.

-Je suis censé y croire ?

-Libre à toi. Mais méfie-toi de la collaboration entre L & N.

-L est mort.

C'était mot pour mot ce qu'elle avait dit à Near.

-Peut-être. Peut-être pas…

La femme passa l'encadrement de la porte et repartit.

Evidemment, elle avait oublié le fait qu'elle se trouvait en plein désert.

Nous allons donc passer son humiliation devant un Mello victime d'une crise de fou rire.

~X~

Allongée dans un des lits miteux de la planque, entourée d'hommes, pour la plupart ivres, Jez soupira. Mello n'était qu'un rustre. La mettre dans le même dortoir que tous ces sous-fifres, pervers, alcooliques, mal élevés, et elle en passait des meilleurs ! En plus, ces idiots n'avaient pas dut voir des femmes depuis des lustres, à en croire les avances… un peu trop poussées qu'ils lui avaient faits quelques heures plus tôt. Enfonçant sa tête profondément dans l'oreiller tout, sauf moelleux, en grognant, elle jura. Mais ce n'était pas possible de ronfler comme ça !

Un membre vola. Et Jez se retrouva avec la jambe d'un de ses porcs endormis sur elle. Malheureusement, elle était toujours attachée au reste du corps. Quoi que, ça, elle pouvait toujours l'arranger. Résistant à la furieuse envie de prendre son couteau, attaché à sa ceinture de pyjama, et de couper la jambe du crétin –qui ne tenait probablement pas à la vie vu sa position actuelle-, l'espionne repoussa la jambe. Deux heures plus tard, vers trois heures du matin, elle se leva, partit se changer dans la salle de bain miteuse, et sortit de la chambre. Arrivant dans un long corridor, tout à fait sordide, elle partit à droite, espérant trouver un moyen de contacter Near. De préférence, sans se faire griller, évidemment. Au pire si elle se faisait prendre la main dans le sac, elle pourrait…

Une esquisse de plan se forma dans sa tête. Rasant les murs, après s'être minutieusement appliquée à vérifier que ses deux pistolets étaient chargés, que son couteau était bien dans sa botte, qu'il y avait bien ses grenades dans sa veste et qu'elle n'avait plus aucun émetteurs, caméra ou micro sur elle, Jez suivit le couloir, sans un bruit. S'arrêtant à la première porte qu'elle rencontra, elle colla l'oreille contre celle-ci. Et reconnu le timbre de la voix de son rivale. Se retenant de jurer par peur de se faire repérer, car elle ne comprenait pas un seul mot, elle avisa une plaque d'aération sur le plafond. Mais, comme dans ce genre de situation, il n'y avait pas de solution de simplicité, elle était trop haute. Bon, de toutes manières, l'idée de ramper dans une de ces bouches étroites et sales ne l'emballait pas plus que ça. Du coin de l'œil, elle remarqua que la poignée de la pièce dans laquelle se trouvait Mello se tournait. Entrant avec précipitation dans la pièce d'en face, de s'accordant qu'une mince fente afin de voir qui sortait, elle retint de justesse un hoquet d'horreur. Son frère. Son frère sortait. Mais bon sang, son frère quoi ! Et comme un malheur n'arrive jamais seul, une main s'abattit sur son épaule.

Et là, tout se déroula rapidement. Trop rapidement.

Jez saisit la main du bras droit de Mello, et d'une prise de judo, le fit basculer en avant, fracassant la porte, seule protection entre Mello, Matt et elle. Faisant un salto arrière en dégainant ses deux pistolets, elle en pointa un en direction de l'homme qui se relevait déjà, et Mello.

Le blond fronça les sourcils. Cette fille était vraiment une plaie.

Mais déjà, les hommes déboulaient. Une bonne vingtaine, à vue d'œil.

-Son nom ! Hurla l'homme qu'elle avait précédemment attaqué.

Jack ouvrit la bouche. La balle se ficha dans son palais. Il tomba, raide mort.

Toutes les armes se braquèrent sur la fille, qui lança une grenade fumigène. Tirant sur les quatre vis retenant une plaque d'aération de la chambre, elle sauta sur le bureau, pour se hisser dans celle-ci, et marcha rapidement à quatre pattes. Elle déboucha rapidement dehors, et reconnu la moto de son frère.

Quelques fils coupés plus tard, elle roulait à plus de 200 km/h dans le désert, le plus loin possible de la planque.

C'avait été un désastre. Tout était de sa faute. Alors que Near comptait sur elle ! Une heure plus tard, elle s'arrêta, pensant être assez loin. Fouillant sous le siège, elle trouva l'un des innombrables portables de Matt.

-Ici N.

-Near, c'est Jez. Je suis désolée, mais j'ai foiré. Merde… je suis vraiment désolée. Je n'ai même pas la death note.

-Nous avons perdu sa localisation : ils l'avaient envoyée avec un missile.

-Merde.

-Tu as obtenues quelques informations ?

-Ouais, surtout une sordide.

-Laquelle ?

-Le moyen de tuer à partir d'une image.

-Rentre. Je t'envoie un hélicoptère de la base la plus proche. Ne bouge pas, mais…

-pette la batterie pour pas qu'on me repère, je sais. Je ne bougerais pas.

Ecrasant la carte sous sa grosse botte, elle s'assit sur un rocher proche d'elle. Se frappant le crâne avec sa paume, une plainte s'échappa de ses lèvres. En trois ans de métiers, elle n'avait foiré que trois missions. Deux 'foirées' car sa couverture avait grillée, et… et celle-là. Mais là, c'était encore pire que ça. Elle n'aurait pas dut perdre son contrôle ainsi. De toute manière, si elle s'était faire griller par Matt et Mello, ce dernier n'aurait rient tenté, alors que le rouquin surprotecteur était là.

-Merde…

Ce n'était qu'un faible grognement. La brune avait envie de frapper contre quelque chose. De tout casser. Mais les rochers et le sable ne correspondaient pas aux pulsions de rage de la cadette Jeevas. Un bruit de moteur, lointain se fit entendre. Soupirant de joie que l'hélicoptère ai été aussi rapide, elle pâlit brusquement à la vue de l'épaisse fumée à l'horizon. Non, pas de la fumée : du sable soulevé par tous les camions noirs de la mafia. Se jetant sur la moto, et la faisant démarrée au quart de tour, en oubliant sa promesse faite à Near de rester sur sa position, elle poussa le moteur à bout. Elle crut que le compteur allait exploser, alors que les voitures s'approchaient toujours un peu plus. Ses entrailles se nouèrent. Elle allait mourir. D'un enchainement presque acrobatique, elle lâcha le guidon, plongea une main dans sa veste, et l'une sur l'un de ses deux pistolets, dans le bas de son dos. Elle lança la grenade, le plus près possible des voitures, mais en l'air, et tira une balle dedans, n'ayant pas eu le temps de l'amorcer. Elle explosa, soulevant des gerbes de sable, qui firent écran afin qu'on ne puisse voir la direction qu'elle emprunta. Fonça dans un labyrinthe d'immenses rochers, de plusieurs mètres de hauts, formant des plateaux en altitude, elle prit des virages plus que sérés, dans des endroits où les voitures ne pourraient clairement pas passer.

~X~

Matt resta figé de stupeur. Il rêvait. Ca ne pouvait pas être possible autrement. Oui, c'était absolument impossible que sa sœur, sa petite sœur inoffensive soit habillée comme un voyou, ait deux flingues, soit une pro du judo, ait des bombes fumigènes, et ait scapé par une bouche d'aération. Hein, c'était tout simplement stupide. N'est-ce-pas ? Il en aurait presque fait tomber sa clope. Non, rectification faite, elle était déjà par terre. Se tournant lentement vers son meilleur ami qui jurait en croquant furieusement une tablette de chocolat, il remarqua la panique que la fille non-identifiée –car ça ne pouvait pas être sa sœur- avait semé, et secoua la tête.

-Fermez-là !

Tous se stoppèrent, n'osant regarder le jeune homme de dix-neuf ans, n'ayant pas envie de s'attirer ses foudres. Il était clairement furax.

-C'était quoi ça ?

-Ta sœur, Matt, c'était ta sœur.

Pour peu il en serait tombé à la renverse tellement ça lui paraissait improbable. Jez était une fille refermée, sérieuse et travailleuse. Pas un voyou sachant se servir de flingues et capable de faire une sortie aussi… aussi James Bond quoi !

-C'est pas possible.

-C'est la chef de la mafia Japonaise. 'Fin, j'ai des doutes maintenant.

Et là, le grand-frère trop protecteur eut la soudaine envie de rire. Non, sans déconner. Jez ? Ils ne parlaient pas de la même personne !

Les yeux d'un vert profond et les cheveux de jais de la fille lui revinrent en mémoire. Et la possibilité que oui, ils parlaient bien de Jessica Jeevas s'imposa à lui.

Il ferma les yeux, ses mèches rousses recouvrant ses lunettes. Il entendit vaguement que Mello ordonnait à ses hommes de la pourchasser.

La pourchasser ?

Il soupira : c'était peine perdue, s'il voulait pourchasser sa sœur, ce n'était pas lui qui pourrait l'en empêcher, il était beaucoup trop butté pour ça. Maintenant, il ne pouvait que faire confiance à Jez, en espérant qu'elle s'en sorte indemne. Après tout, n'était-ce-pas ce qu'elle avait toujours fait ?

J'ose espérer que vous avez aimé! N'hésitez pas à donner votre avis ! :D