Bon, chapitre 2 enfin en ligne. Le trois n'est pas fini, le quatre est en cours d'imagination…

Merci aux personnes qui m'ont laissé des reviews. Bonne lecture !

Chapitre 2 : Les brumes de Bretagne

Idril eut la sensation de glisser dans une sorte de grand tuyau où les couleurs se mélangeaient, puis tout à coup,……..ce fut la chute !

Idril atterrit donc douloureusement sur le sol breton avec Harod. Pour une mission héroïque et glorieuse, ça commençait bien !

-« AÏEUUUUUUUH !! » couina-t'elle « Ils auraient pu me faire atterrir plus en douceur tout de même !! » Harod émit lui aussi un hennissement mécontent, mais il allait bien.

Elle se releva en se massant les fesses et en râlant, puis regarda le paysage qui l'entourait. Elle se trouvait dans une forêt brumeuse, et il faisait plus froid que dans son monde. N'ayant guère envie de geler sur place, Idril fouilla dans une de ses sacoches et en sortit une longue veste noire en cuir qu'elle enfila aussitôt et remit sa cape elfique par-dessus. Elle eut déjà plus chaud.

Elle se hissa sur sa selle et commença à avancer doucement dans les bois, sur le qui-vive, Anduril et son arc à portée de main. Elle préférait être vigilante dès le départ, et mit tous ses sens aux aguets. Ce qui se révéla très vite utile car elle se sentit bientôt observée par plusieurs paires d'yeux. Elle repéra discrètement plusieurs personnes cachées dans les branches des arbres. Des hommes pour la plupart, bien qu'il y ait aussi quelques femmes. Leurs corps étaient tatoués, peints en bleu et ils se fondaient dans la masse des arbres.

« Des Pictes sans doute !! » pensa -t'elle « Si ce Merlin, ami de Gandalf est leur chef, ils doivent pouvoir me mener à lui !! » Mais elle fut brusquement interrompue dans ses pensées par des lianes hérissées de piquants qui se tendirent juste devant Harod. Le cheval recula brusquement et se cabra. Idril tenta de rebrousser chemin mais il était trop tard, d'autres lianes lui barraient la route. Elle fut rapidement encerclée par des Pictes menaçant qui la menaçaient avec arcs et des javelots. Idril calma sa monture et ne fit aucun geste pour se défendre.

« Autant aller droit au but et en profiter pour leur demander à parler à Merlin !! » se dit-elle courageusement.

Un des Pictes, voyant qu'elle ne cherchait pas à se défendre ou à attaquer, l'interpella et lui parla dans une langue qu'elle ne comprit pas immédiatement. Ça ressemblait à un mélange de Quenya elfique et d'ancien langage humain. En gros, il lui demandait qui elle était et ce qu'elle venait faire ici.

Idril répondit comme elle put, remerciant mentalement son père sa mère et ses différents précepteurs de lui avoir enseigné plusieurs langues :



-« Mon nom est Idril Tinuviel, je viens d'une contrée lointaine et je souhaiterai parler à Merlin, votre chef.» répondit-elle, impassible.

Un autre Picte murmura quelque chose à l'oreille du premier qui finit par dire quelque chose comme :

-« Très bien femme, nous allons te conduire à notre chef, Merlin. Descends de ton cheval et donne- nous tes armes. Si tu ne cherche pas à résister, nous ne te ferons aucun mal. »

Idril s'exécuta prestement, et après être descendue de cheval, confia ses armes à son interlocuteur. Elle fut ensuite encadrée par plusieurs autres Pictes qui lui firent signe d'avancer. Tenant Harod par la bride, elle marcha tout en étant étroitement surveillée et elle finit par arriver à un camp guède, au beau milieu de la forêt. Elle se sentit devenir l'attention de tous les regards des habitants du camp, car quoiqu'en ait dit Gandalf, on voyait bien qu'elle venait d'un autre pays. Elle sourit quand elle entendit un faible : « Maman t'as vu la dame ? Elle est belle, comme elle est belle !! ». Idril fut conduite devant un homme imposant, d'âge mûr. Il était grand, portait une barbe moins longue que celle de Gandalf, noire mais tirant plutôt sur le gris, il avait un tatouage sur le front et ses yeux noirs brillaient à la lueur d'un feu de camp. Merlin, car c'était bien lui, la regarda attentivement. Idril décida de prendre la parole la première :

-« Mes respects, Seigneur Merlin, je me nomme Idril Tinuviel. » (Elle s'inclina légèrement.) « Est-ce vous qui avez demandé l'aide des Valars ? »

Un des guerriers, furieux qu'elle ait osé parler en premier, voulut la frapper mais Merlin l'en dissuada d'un geste de la main. Il semblait amusé.

-« En effet, jeune fille, je suis celui qui a demandé de l'aide aux Valars, par l'intermédiaire d'un de mes amis. Il m'avait dit que les Valars nous enverraient quelqu'un, mais je dois dire que je m'attendais plutôt à un jeune garçon. » dit-il en prenant la parole à son tour.

-« Gandalf aussi s'attendait à ce que le sort choisisse un garçon, mais il faut croire que je suis meilleure guerrière que mon frère ! » fit Idril avec un faible sourire.

-« Ainsi donc c'est bien Gandalf qui t'envoie !! Puisses-tu être à la hauteur de cette mission ! Car de sombres nuages s'amassent au dessus de la Bretagne !»

-« Justement à propos de sombres nuages, que pouvez-vous me dire sur Morgoth et son armée ? Et où pourrais-je rejoindre Arthur et ses chevaliers ? »

-« Tu sembles bien pressée jeune fille, et bien téméraire !! Et tu dois avoir faim. Viens, nous allons en discuter en mangeant près du feu. »

Idril ne se fit pas prier car elle commençait à avoir très faim et elle était fatiguée par tous les évènements qui venaient de s'enchaîner ; la nuit commençait à tomber. Les guerriers pictes, voyant que le chef faisait confiance à Idril se détendirent et s'éloignèrent un peu d'elle. On s'occupa de son cheval et ses affaires furent déposées sur le sol à côté de Merlin. On leur apporta de quoi boire et manger. Un guerrier s'approcha de Merlin et lui murmura quelque chose à l'oreille qui semblait important puis repartit, mais Idril n'y fit pas attention et eut rapidement le ventre plein. Merlin engagea alors la discussion :



-« Maintenant que nous nous sommes rassasiés, nous pouvons parler plus sérieusement. Ecoute : Morgoth comme tu l'appelles, a prit le contrôle d'une grande armée saxonne. Mais il n'en n'est pas officiellement le chef, il se contente de la manipuler dans l'ombre, bien qu'il ait dû prendre forme humaine. Il sous ses ordres d'étranges démons, ce sont des ombres ensorcelées qui peuvent eux aussi prendre une apparence humaine. Un humain normal ne peut les détecter, mais tu es à moitié elfe n'est ce pas ? » (Idril acquiesça) « Tu pourras ressentir leur présence. Ils ne seront guère redoutables pour toi, mais tiens toi tout de même sur tes gardes ! L'armée saxonne vient du Nord, ils seront là dans quelques jours. Pour ce qui est d'Arthur et de ses vaillants chevaliers, ils se trouvent pour l'instant derrière le mur d'Hadrien. »

-« Le mur d'Hadrien ? »

-« C'est un immense mur qui protégeait autrefois efficacement le Sud de la Bretagne. Maintenant il tombe en ruines à plusieurs endroits, même si il reste quelques bastions encore bien gardés. C'est dans le plus important d'entre eux, près des Grandes Portes que se trouve Arthur et ses hommes. »

-« Merci, vous venez de me donner les derniers éléments qu'il me manquait » murmura Idril. « A présent, il ne me reste plus qu'a trouver le moyen de me rapprocher d'Arthur, ce qui risque de ne pas être facile car je doute qu'il accepte une inconnue à ses côtés ! »

-« Attends jeune impatiente ! Je ne t'ai pas tout dit ! Aujourd'hui est arrivé un convoi très important au bastion d'Arthur : un évêque…. »

-« Qu'est ce qu'un évêque ? » l'interrompit Idril, « Gandalf m'a donné un livre sur les coutumes de ce monde mais je n'ai pas vraiment eu le temps de le lire. C'est un personnage important ? »

-« En effet » reprit Merlin, « un évêque est un membre religieux haut placé dans la hiérarchie Chrétienne. Celui qui est arrivé aujourd'hui a confié une mission, ou plutôt une dernière mission à Arthur et ses chevaliers. Car les chevaliers sont des guerriers Sarmates, un peuple qui vit très loin de la Bretagne. Ces chevaliers Sarmates devaient servir l'Empire Romain pendant quinze années, et être libérés aujourd'hui, cependant le chef de la religion Romaine, un homme appelé le Pape leur a imposé une dernière mission : ils doivent aller chercher une famille romaine de l'autre côté du mur, en traversant notre territoire car le fils unique de cette famille est très précieux aux yeux du Pape. Et cette famille est menacée par l'avancée saxonne. D'après mes hommes, Arthur et ses compagnons partiront demain matin. En ce qui concerne ton problème de te joindre à eux, je ne puis guère t'aider…Peut être que si tu leur prouves que tu pourrais leur être utile durant leur expédition, ils te laisseront les accompagner…. »

-« Ce n'est pas une mauvaise idée en effet….Mais je risque d'avoir du mal à leur expliquer que je suis sensée les protéger d'un Valar corrompu ! Enfin bon, je trouverai bien un moyen ! »

-« Il y a une dernière chose », ajouta Merlin, « j'ai une faveur à te demander, il s'agit de ma fille adorée, Guenièvre, elle est retenue prisonnière dans la demeure du Romain que doit secourir Arthur, un homme appelé Marius Honorius. C'est un fanatique religieux, qui torture ceux qui refusent d'être ses esclaves, et ma fille en fait partie. Je t'en prie, sauve-la !! J'aimerais tant revoir son visage ! » Le ton du chef Picte était devenu presque suppliant, et Idril pensa à son propre père, et à sa douleur quand il verrait qu'elle avait disparut. Elle ne pouvait rester insensible à cette requête.



-« Je ferai de mon mieux pour sauver votre fille, » promit-elle à Merlin, qui la regarda avec un sourire.

-« Merci ! A présent, dors. Mes hommes te réveilleront tôt demain pour que tu puisses rejoindre le Mur et Arthur. Ils t'y conduiront. »

Idril remercia Merlin pour ses informations et son hospitalité, puis récupéra ses affaires et alla rejoindre le coin qu'on lui désigna pour dormir. Elle était fatiguée, et s'enroula dans sa couverture de voyage, mais décida de lire le livre de Gandalf afin d'en savoir un peu plus sur ce monde et cette religion appelée Christianisme. Elle dévora littéralement l'ouvrage et finit par s'endormir profondément.


Pendant qu'Idril dormait profondément dans la forêt d'un autre monde, il en allait tout autrement de ses parents qui eux n'arrivaient pas à fermer l'oeil. Le roi Elessar se rongeait les sangs pour sa fille qui avait disparut toute la journée et qui n'avait pas réapparut le soir. Il était également furieux de la disparition de son épée et dès qu'Idril serait de retour, il s'était promis de lui passer un savon énorme. Mais pas d'Idril à l'horizon. Il avait envoyé plusieurs patrouilles sur ses traces, mais elles étaient toutes revenues bredouilles, résultat, il faisait les cent pas dans la salle du trône qui était presque vide, seule sa famille était présente. Sa femme, la Reine Arwen était elle aussi très inquiète pour sa fille, et commençait à penser que quelque chose d'étrange avait dû se passer. Eldarion le frère d'Idril partageait ses inquiétudes, mais ses deux petites sœurs semblaient au contraire insouciantes et jouaient tranquillement ensembles, ce qui finit par l'énerver :

-« Vous n'avez pas honte de ne vous faire du souci pour Idril !? Petites filles sans coeur ! Notre sœur est peut être en danger et vous, vous ne pensez qu'a jouer !! Honte à vous !! »

Sa mère intervint :

-« Allons Eldarion, elles sont encore jeunes, et elles ne se rendent sans doute pas bien compte ! Il ne faut pas leur en vouloir ! » Mais à peine avait-t'elle dit cela qu'elle fondit en larmes. Son époux et son fils se précipitèrent pour la consoler.

Une des jumelles, Laurelin, arrêta alors de jouer, s'approcha alors d'eux et dit de sa petite voix :

-« Grande sœur va bien, elle est juste partie en voyage. C'est la belle dame de lumière qui me l'a dit. Ne pleure pas maman !! Idril va revenir ! »

Son père, sa mère et son frère la regardèrent avec des yeux ronds.

-« De...De quelle belle dame parles-tu Laurelin ? » demanda alors son père déconcerté.

-« Cette après-midi, j'étais fatiguée parce que j'ai beaucoup joué avec Elenwë, et je me suis endormie. Une belle dame est apparue dans mon rêve, elle brillait comme une étoile. Elle m'a dit qu'elle s'appelait Varda, et que Grande sœur était partie en voyage dans un autre monde pour aider des gens et qu'il ne fallait pas qu'on s'inquiète. Elle a dit que Grande sœur reviendrait. » répondit Laurelin toute fière.

Evidemment, ses parents et son frère n'en crurent pas leurs oreilles. Et il y eu un looooooong silence ! Laurelin repartit jouer avec sa sœur comme si de rien n'était. La Reine Arwen murmura quelque chose comme :

-« Douce Elbereth ! Si c'est par la volonté des Valars, alors, nous ne pouvons rien faire d'autre qu'attendre le retour d'Idril.»

Le Roi et son fils ne surent que répondre à cela. La nuit était tombée depuis longtemps sur la blanche cité de Minas Tirith, et dans le ciel, les étoiles scintillaient.


Lorsque qu'Idril fut réveillée par un guerrier picte, il était encore très tôt, et le soleil n'était pas levé. Idril se prépara rapidement et récupéra son fidèle Harod. Merlin l'attendait.

-« Deux de mes hommes vont t'accompagner de l'autre côté du Mur, après quoi tu devras te débrouiller seule pour trouver Arthur. Toutefois, je te conseille d'éviter les soldats romains, si tu ne tiens pas à avoir d'ennuis ! Bonne chance à toi ma jeune amie!!

-« Merci Merlin ! Je ferais de mon mieux pour remplir ma mission ! » répondit Idril avec conviction. Puis, elle se mit en route et suivit les deux éclaireurs pictes vers le Mur.

Ils marchèrent un moment dans la forêt puis ils finirent par arriver à l'orée des bois. Un village apparut au loin. Les Pictes s'arrêtèrent là et firent signe à Idril qu'ils ne pouvaient aller plus loin. Idril les remercia et les regarda disparaître dans les sombres profondeurs de la forêt brumeuse avant de se diriger vers le village en rabaissant la capuche de sa cape sur son visage. Elle avait déjà un plan en tête.

Elle parvint à entrer dans le village encore endormi sans éveiller l'attention. Apparemment les gardes étaient de lointains cousins de ceux de Minas Tirith….Elle croisa peu de monde dans les rues, et commença à chercher où pouvaient bien se cacher les chevaliers sarmates. Elle vit soudain passer devant elle un homme chargé d'énormes paquets de flèches. Elle eut la sensation que les chevaliers ne devaient pas être bien loin et suivit discrètement l'homme. Il alla jusqu'à un imposant bâtiment qui semblait abriter des écuries et disparut à l'intérieur. Idril s'approcha discrètement et entendit des gens parler. Apparemment ce n'était pas la grande joie, et le mécontentement pesait dans l'air, il était question de « Salauds de Romains », « incapables de tenir leur promesse », « et de « Maudits soient les Saxons ! » Idril serra l'Evenstar qui pendait à son cou instinctivement et pensa à sa famille pour se donner du courage. De toute évidence, arriver à convaincre les chevaliers de la laisser les accompagner ne serait pas une mince affaire, vu leur bonne humeur apparente ! Idril risqua un rapide coup d'œil à l'intérieur. « Alors un, deux, trois, quatre, cinq chevaliers, plus le serviteur six ! Donc il manque deux chevaliers ! Ils ne devraient pas tarder ! » Idril hésitait à entrer tout de suite ou à attendre les deux chevaliers manquants lorsqu' elle entendit un :

-« Hé toi devant la porte ! Entre donc et dis-nous ce que tu veux au lieu de rester planté là ! »



-« On ne mange que les chrétiens ! » fit quelqu'un d'autre. Apparemment sa plaisanterie détendit un peu l'atmosphère. Idril inspira une grande bouffée d'air et entra dans les écuries avec sa monture, toujours dissimulée sous sa cape. Les cinq chevaliers et le serviteur lui faisait face, tout en continuant leurs préparatifs d'expédition. Elle s'approcha et s'arrêta à quelques mètres des chevaliers.

-« Ah enfin un homme courageux et qui ose se montrer !! » cria un homme petit et trapu, dont le corps ne semblait être qu'un énorme muscle. « C'était donc lui le « mangeur de chrétien » de toute à l'heure « songea Idril en observant les chevaliers.

-« Il est peut être courageux de se montrer, mais on dirait qu'il a perdu sa langue !! » ajouta un homme barbu, aux longs cheveux blonds qui astiquait un poignard. « Parle donc mon ami ! » Idril ne put s'empêcher d'esquisser un sourire : de toute évidence, ils croyaient avoir affaire à un homme, ils n'allaient pas être déçus !

-« Bien le bonjour messieurs ! » dit-elle tranquillement en ôtant son capuchon. La tête que firent ses interlocuteurs la fit bien rire mentalement ! Ils ne s'attendaient visiblement pas à voir apparaître un visage féminin. Seuls deux d'entre eux n'eurent pas l'air très étonnés : l'homme aux cheveux bouclés et l'homme aux tatouages dont elle avait retenu les visages quand Gandalf lui avait montré Arthur et ses chevaliers. Le premier la regardait avec un air de grand connaisseur de femmes, et le deuxième d'un air intrigué. Visiblement sa cape n'avait pas réussi à les tromper sur sa véritable Nature. Comme les autres chevaliers ne réagissaient pas, ce fut celui qui la regardait avec un air d'expert en « la matière féminine » qui parla en premier, en lui disant d'une voix ensorceleuse et pleine de sous-entendus:

-« Que désirez-vous donc belle demoiselle, pour venir nous trouver de si bon matin ? »

Idril sût tout de suite à quoi il pensait, ce qui l'énerva au plus au point ! Elle avait l'habitude des orgueilleux jeunes hommes qui la courtisaient à longueur de journée et celui-là aurait très bien pu faire partie du lot. Pas un homme pour rattraper l'autre, ils étaient tous pareils ! « Attends, toi, tu vas voir ce que tu vas voir ! »

-« Malheureusement j'ai bien peur que ce ne soit pas vous que je désire! »rétorqua-t-elle à l'arrogant chevalier avant de poursuivre, « je suis ici car j'ai appris que vous alliez vous rendre de l'autre côté du mur, en territoire picte. Je souhaiterais me joindre à vous. » « Et là ils vont tous rire comme des idiots en se demandant si je ne suis pas folle et en se moquant ! » pensa Idril en attendant leur réaction. Ce qui ne manqua pas en effet, car après un moment de silence et d'échanges de regards, presque tous les chevaliers s'esclaffèrent bruyamment. Seul l'homme aux tatouages ne rit pas, il avait seulement l'air de plus en plus intrigué et avait arrêté d'aiguiser son épée. De toute évidence, il se demandait qui était cette jeune fille qui ne semblait pas être intimidée par les hommes, et ce qui l'amenait à vouloir les accompagner dans un périple aussi dangereux que celui qu'ils allaient devoir affronter. Elle avait l'air d'être très sérieuse de ce qu'elle disait. Il caressa la tête d'un faucon qui était perché sur une poutre à côté de lui tout en regardant Idril.

-« Hahahaha !! Les femmes sont décidément très hardies de nos jours ! Voilà qu'elles veulent se battre maintenant !» brailla l'homme « mangeur de chrétiens », « Tu ne trouves pas Lancelot ! ? » 

ajouta t'il en s'adressant au chevalier qu'Idril avait prit en grippe. Le dit Lancelot y alla aussi de sa remarque :

-« En effet Bors ! On dirait que la demoiselle a le sang chaud ! »

Un autre chevalier, l'homme blond qui astiquait son poignard, dit à son tour :

-« Prends garde Lancelot, cette vaillante jouvencelle pourrait bien te terrasser rien qu'avec ses charmes ! Hahahaha ! »

Le chevalier qui était à côté de lui, un jeune homme aux cheveux bouclés aborant une belle barbe noire et qui s'occupait de son cheval se mit à rire lui aussi :

-« Et toi Gauvain, crois-tu que tu tiendrais longtemps face à elle ? »

-« Je tiendrais certainement plus longtemps que toi Galaad ! » rétorqua le blond. « Tu ne dis rien Tristan ? » ajouta - t'il en direction du mystérieux et silencieux brun qui n'avait toujours pas ouvert la bouche, et qui ne répondit d'ailleurs rien. Idril attendit qu'ils se soient un peu calmés pour poursuivre :

-« J'étais sérieuse messieurs, quand je demandais à vous accompagner. Je crois pouvoir vous être utile, je suis… » Elle fut interrompue par celui qui l'énervait le plus, à savoir Lancelot :

-« Votre place n'est pas parmi nous demoiselle ! Vous ne feriez que nous retarder et nous gêner !! De plus, je ne pense pas que vous sachiez qui sont les adversaires que nous risquons de rencontrer en cours de route ! Les Saxons sont des hommes sans pitié, qui pillent, violent les femmes et tuent sans se poser de question tout ce qu'ils voient ! Je me demande bien à quoi vous pourriez être utile ! »

-« Si vous m'aviez laissé finir ma phrase, j'aurai pu ajouter que je suis guérisseuse et que je sais très bien me battre et monter à cheval ! J'ai également des compétences d'éclaireur » répondit sèchement la jeune fille, « Je ne pense pas être un fardeau et je peux vous le prouver ! Je défie l'un d'entre vous de se batte contre moi et de me vaincre !»

Les chevaliers rirent à nouveau bruyamment sous le regard consterné d'Idril. Soudain, celui qui se nommait Tristan, le seul chevalier qui n'avait rien dit du tout depuis le départ se leva et dit calmement en fixant la jeune fille :

-« Je relève le défi. »

Les rires s'arrêtèrent brusquement. Les autres chevaliers fixaient leur camarade stupéfaits, et le serviteur qui était avec eux également.

-« Tristan, tu plaisantes n'est-ce pas ? » C'était Gauvain qui venait de parler.

-« Non » répondit Tristan en s'approchant d'Idril son épée à la main. « Je ne vous ferai aucun cadeau demoiselle, préparez-vous. »

Idril sourit et attacha Harod à une barrière, puis accrocha son arc et ses flèches sur sa selle et dégaina son épée. De toute évidence les chevaliers n'avaient jamais vu une arme pareille. Il était vrai qu'Anduril avec sa grande lame et les runes qui étaient gravées dessus était une arme unique. 

Tristan se plaça à gauche, de biais face à elle, l'épée levée. Idril adopta la même position mais en se plaçant à droite. Et le combat commença…… Et les chevaliers ne rirent plus du tout. Idril parait et esquivait avec une agilité et une technique remarquable. Tristan était visiblement impressionné bien qu'il ne le laissait presque pas deviner. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas affronté un adversaire de cette qualité. La jeune fille paraît ou attaquait avec une incroyable vivacité et des coups dévastateurs qui forcèrent Tristan à reculer. De son côté Idril trouvait le chevalier sarmate très fort, il était au moins aussi habile qu'elle à l'épée, et elle prenait un grand plaisir à ce combat. Les deux combattants étaient tellement absorbés par leur duel qu'ils ne virent pas arriver deux autres personnes. En revanche, les autres chevaliers eux regardèrent aussitôt les nouveaux arrivants. Le premier était un homme brun qui portait une armure dont la forme faisait penser à celle des soldats romains, mais qui était plus épaisse et qui lui couvrait tout le corps. Il avait une grande cape rouge et regardait le combat avec étonnement et intérêt. Son compagnon était un homme immense, d'allure féroce, mais qui avait un regard étonnamment tendre. Bien, qu'il ne fut pas un grand bavard, il adressa la parole à son voisin :

-« Impressionnant, tu ne trouves pas Arthur ? Cette fille est douée, elle donne du fil à retordre à Tristan ! »

L'homme à l'armure romaine et à la cape rouge acquiesça avant de répondre à son impressionnant interlocuteur :

-« En effet Dagonet, c'est la première fois que je vois Tristan devoir déployer autant d'efforts dans un combat ! Lui qui est toujours si prompt à gagner d'habitude ! »

Cependant, bien qu'Arthur trouva ce combat passionnant, il décida de l'interrompre. Le temps pressait et lui et ses hommes devaient partir pour leur ultime mission. Il se rapprochait des deux combattants quand son serviteur, l'homme qu'avait suivi Idril l'apostropha :

-« Arthur ! »

Aussitôt Tristan et Idril s'interrompirent net et se tournèrent tous les deux vers lui. Arthur s'adressa à Idril :

-« Vous êtes très habile avec une lame demoiselle ! »

-« C'est pourquoi j'aimerai vous accompagner dans votre mission. » répondit Idril

Arthur parut surprit, et récalcitrant :

-« Je ne suis pas sûr que cela soit une bonne idée jeune fille ! Aussi douée à l'épée sois-tu ! »

-« Je suis également guérisseuse. »

-« Quel est ton nom ? Je ne t'ai jamais vue ici auparavant ! »

-« Je me nomme Idril Tinuviel, et je viens d'un pays…. très lointain. »répondit-elle évasivement.

-« Pourquoi es-tu venue en Bretagne ? » demanda Arthur après un moment.

-« J'aime beaucoup voyager. » mentit Idril avant d'ajouter : « Alors, puis-je vous accompagner ? »



Lancelot interrompit brusquement le dialogue :

-« Arthur, tu n'y penses pas ! Elle ne va faire que nous gêner ! »

Arthur réfléchissait. Il ne savait rien de cette fille et il voyait bien qu'elle n'avait pas envie de dire ce qu'elle était vraiment venue faire ici, mais d'un autre côté, un guerrier ou plutôt une guerrière de plus, guérisseuse qui plus est, cela pouvait être utile. Finalement pour trancher la question, il demanda son avis à Tristan :

-« Qu'en penses-tu Tristan ? Tu as pu tester ses capacités, la juges-tu apte à nous accompagner ? »

-« Oui, je pense que cette demoiselle est tout à fait capable de venir avec nous. Elle sait très bien se battre et je suis sûre qu'elle peut rivaliser avec nous l'arc au poing. » Dit-il en regardant Arthur puis Idril qui eu un mince sourire en entendant le compliment.

-« Très bien », fit Arthur en s'adressant à Idril, « Tu as le droit ne nous accompagner, mais que cela soit bien clair, tu devras m'obéir comme les autres ! »

Idril acquiesça et s'inclina légèrement devant lui, remerciant mentalement le chevalier Tristan. Lancelot était furieux et laissa échapper un grognement de mécontentement. Les autres chevaliers ne savaient pas trop quoi penser, la jeune fille était une fine lame, mais ils ignoraient tout sur elle. Le fait que Tristan, qui était un homme sérieux, ait plaidé pour elle jouait en sa faveur, même si Lancelot désapprouvait totalement. De toute façon, c'était Arthur le chef et ils n'avaient pas à discuter ses décisions.

-« Au moins nous aurons une agréable compagnie ! Ça nous changera !» lança Gauvain pour détendre l'atmosphère. A cet instant, un homme entra, suivi de son serviteur et de plusieurs gardes romains. Arthur s'avança pour l'accueillir….poliment, mais plutôt froidement :

-« Evêque Germanus.»

L'évêque le salua rapidement et désigna son serviteur :

-« Horton, mon fidèle secrétaire vous accompagnera dans votre quête, en tant que mon représentant. »

Le dénommé Horton n'avait pas l'air très enthousiaste de cette nouvelle, il était même plutôt consterné. « De toute évidence, cet homme nous accompagne pour nous espionner » songea Idril. Les chevaliers semblaient penser la même chose.

-« Jols ! » fit Arthur, impassible, à son serviteur, « Trouve lui un cheval ! »

Jols fit signe à Horton de le suivre.

-« Maintenant, nous ferions bien de nous mettre en route mes amis » dit Arthur à ses chevaliers et à Idril. Soudain le regard du prêtre tomba sur Idril, qui avait remit sa cape et qui détachait son cheval.

-« Qui est cette fille Arthur ? » fit l'évêque mécontent.

Arthur sentant les complications venir répondit simplement :



-« C'est une guérisseuse, elle vient avec nous, elle soignera nos blessures. » Et avant que l'évêque ait pu ajouter quelque chose, Arthur monta en selle, imité par les autres membres de l'expédition.

L'évêque changea d'attitude et leva la main pour bénir les montures qui passaient devant lui. Mais il était visiblement peu satisfait de savoir qu'une femme prenait par à l'expédition, et lança un regard froid et méfiant en direction d'Idril qui n'y prêta pas attention.

-« Que Dieu vous garde pendant que vous remplirez vôtre devoir envers Rome ! »

-« Je n'ai de devoirs qu'envers mes hommes ! » rétorqua Arthur sans lui jeter un regard.

-« Alors aidez-les à rentrer chez eux ! » répondit l'évêque Germanus sur un ton faussement sympathique.

La troupe sortit des écuries et partit au galop, vers les portes du Mur d'Hadrien, que les gardes et les attelages de bœufs avaient de la peine à ouvrir tant elles étaient lourdes même graissées. Une fois les portes franchies, la compagnie disparut rapidement à l'horizon. Idril jubilait intérieurement : « J'ai réussi à m'incruster dans la troupe d'Arthureuuuh ! Bon maintenant, objectif N°1 : protéger les chevaliers sarmates de Morgoth et de ses sbires ! Et N°2, tenir tête à cet imbécile misogyne de Lancelot ! En avaaaaaant nyéhéhéhé !! » Et elle reporta son attention sur la chevauchée, le vent glissant sur son visage et sa chevelure.


Voilà, c'est tout pour l'instant ! Alors ?