Hellow =)

Voici le nouveau chapitre, déjà plus chaleureux et drôle que le premier ^^ j'espère que vous apprécierez le voyage entre deux univers =)

Bonne lecture !

Et sept années passèrent.

« Et merde, on va être en retard ! » Hurla Usopp, paniqué à l'idée de ne pas être à l'heure en cours. Ce n'était pas parce qu'il avait peur d'être en retenue et d'être humilié devant tous ses camarades. Non, ce n'était pas du tout ça... Essayant de se rassurer tant bien que mal, son stress augmenta en voyant son meilleur ami assis sur la table de la cuisine le supplier la bouche pleine :

« Attends encore deux minutes, rien que deux minutes !

– T'auras qu'à manger sur la route ! Dépêche-toi Gohan, bon sang ! Sinon, Videl va encore nous passer un savon ! »

La menace de la brune au tempérament de feu sembla faire effet puisque Gohan déglutit, nerveux. Il s'empressa d'engloutir son huitième sandwich avant de prendre son sac posé sur sa chaise et de rejoindre Usopp à la porte d'entrée. Au moment de partir, ils sursautèrent en entendant la voix criarde de la mère de Gohan retentir à travers la maison :

« Les garçons ! Vous avez pensé à faire le tri dans vos armoires ? »

Alors que Gohan allait avouer à contrecœur qu'il ne l'avait pas fait, Usopp s'empressa de mentir avec un naturel déconcertant :

« Bien sûr que oui, Madame Son. Nos vêtements sont rangés de manière ordonnée. Je dirais même militaire ! »

Tandis qu'elle souffla de soulagement, les deux adolescents lui crièrent de passer une bonne journée avant de courir à l'extérieur, sur la plaine perdue au cœur des montagnes. En effet, Gohan, sa mère et son jeune frère Goten habitaient à l'écart de toute civilisation, isolés dans une forêt aux hauts sapins. L'harmonie avec la nature se faisait ressentir à travers chaque parcelle de leur petite maison humble. Cette sérénité apaisait le jeune homme au long nez, ayant enfin trouvé la paix en son cœur.

Touché par sa situation d'orphelin vivant dans les rues, Gohan l'avait accueilli dans sa famille, lui donnant une seconde chance. Cette sollicitude avait touché le preux Usopp, éternellement reconnaissant envers celui qui était devenu son meilleur ami. Et ce, malgré l'important secret qui pesait sur ses épaules.

En effet, Gohan n'avait pas réussi à lui cacher la situation particulière de sa famille, ainsi que le contexte dans lequel il avait grandi. Enfant devenu bien trop vite adulte, plongé dès l'âge de quatre ans dans des guerres, il s'était battu avec courage depuis pratiquement toujours, surmontant les horreurs auxquelles il avait été confronté. Dont son combat contre Cell.

Bien qu'il ait eu du mal à digérer ces lourdes révélations, Usopp s'y était fait. Son admiration pour Gohan n'en avait été que renforcée, louant son courage et son caractère humble. Bien qu'il ne se considérait pas comme tel, Usopp le voyait comme un héros : prêt à se sacrifier pour les autres, dévoué et généreux.

Pourtant, à cette heure-ci, le jeune sniper avait surtout envie de l'étriper, persuadé de ne pas pouvoir échapper à l'humiliation tant redoutée. Devant son regard assassin, Gohan esquissa un sourire gêné, tout en se grattant avec embarras la nuque. Comprenant leur retard, Gohan sauta avant de s'envoler gracieusement, d'une rapidité fulgurante. Blasé par ce phénomène qui lui apparaissait désormais des plus normaux, Usopp le héla vigoureusement, voyant qu'il commençait à monter au-delà les nuages. À croire qu'il oubliait constamment qu'il ne pouvait pas voler.

Heureusement pour lui, le nuage supersonique entendit son appel désespéré puisqu'il arriva à sa hauteur. De couleur mandarine, ce nuage moelleux avait comme particularité d'être utilisé comme moyen de transport rapide depuis que le père de Gohan l'avait eu étant enfant. Possédant un cœur pur derrière les apparences de menteur invétéré, Usopp pouvait de ce fait le chevaucher sans problème et pallier à son handicap.

Il s'accrocha alors sur le nuage qui démarra en flèche pour rejoindre Gohan dans les cieux. Le vent lui fouetta le visage, lui procurant une agréable sensation de liberté.

Alors qu'il parvenait à la hauteur de son ami, il entendit avec surprise une petite voix d'enfant les héler, leur souhaitant une bonne journée. Usopp abaissa son regard perçant vers la terre qui s'éloignait peu à peu pour apercevoir la silhouette familière de Goten. Fringant garçon né quelques mois après la mort de Cell, il était le portrait craché de son père : les yeux pétillants d'innocence pure, les cheveux noirs de jais en bataille.

Contrairement à son aîné, il apparaissait très distinctement aux yeux d'Usopp. En effet, Usopp possédait une vision hors du commun qui lui permettait de remarquer les plus infimes détails sur des distances éloignées. Là où Gohan voyait une forme floue, Usopp distinguait les traits enfantins du jeune enfant.

Ils répondirent en chœur au garçon, attendris par la gentillesse innée de Goten, avant de s'élancer en vitesse. Le paysage de la Terre défilait sous eux, leur offrant une diversité de lieux, mettant en valeur à leur manière la biodiversité d'une planète haute en couleurs. Les adolescents ne se lassaient pas de ceci, tout aussi émerveillés qu'au premier jour de leur trajet vers Orange City, renommée depuis longtemps Satan City en hommage pour le pseudo héros.

Assis tant bien que mal sur le nuage, l'inconfort d'Usopp était compensé par la légère brise, dont la fraîcheur le remplissait de joie. Flottant dans les cieux tel un ange qui avait retrouvé ses ailes, il avait repris goût à la vie.

Et ce, grâce à une famille qui comprenait mieux que quiconque la valeur des instants simples.

Bien que les cicatrices présentes en eux ne se refermeraient jamais, ils croyaient de nouveau en leurs destins. Revigorés par la vie, les deux adolescents s'étaient étoffés, gagnant en prestance et en carrure. Bien que le visage empli de douceur de Gohan n'avait pas changé, ses cheveux étaient désormais coupés courts tandis qu'un ample pull jaune masquait sa musculature saillante afin de ne pas attirer l'attention. En effet, l'ancien guerrier avait trouvé la paix et ne désirait plus se battre, lui qui avait toujours considéré les batailles comme une solution de secours.

Quant à Usopp, il restait aussi frêle qu'à son enfance, bien que son sourire vainqueur montrait sa volonté de se surpasser. Son éternel bandana accroché autour de son front, il avait troqué ses vêtements fripés contre une une salopette marron. Des lunettes de sniper étaient accrochées sur son bandana, accentuant sa vision de faucon. Son sac regorgeant d'objets fabriqués par lui-même ne le quittait jamais, lui servant également de cartable pour les cours.

Tandis qu'ils fendaient les cieux, Usopp regardait avec appréhension sa montre, le cœur battant d'inquiétude. Il leur restait encore dix minutes avant que les cours ne commencent. Il pria fort pour que la distance qui les séparait de la ville ne soit pas si longue. Normalement, il y avait dans les mille kilomètres mais le vol conférait une vitesse inégalée.

Remarquant son stress croissant, Gohan le rassura, un sourire naïf aux lèvres :

« Ne t'inquiète pas Usopp. J'ai mis le turbo aujourd'hui, on devrait être à Satan City dans cinq minutes.

– T'es pas très doué pour les estimations de temps... » Maugréa le sniper, au ton empli de sous-entendus que comprit aisément son ami :

« Ce n'était pas ma faute s'il y avait un avion devant nous la dernière fois !

– Tu voulais savoir si c'était un raccourci ! »

Alors que Gohan allait rétorquer, Usopp le coupa, se rendant compte que son meilleur ami avait oublié un léger détail dans son empressement à quitter sa maison :

« Euh, Gohan...

– Oui ?

– T'as oublié de mettre ton costume. »

Gohan cligna des yeux avant de s'exclamer de stupeur, se rendant compte avec horreur qu'il avait volé sans être masqué. Priant sincèrement pour que personne ne l'ait vu en train de voler dans les airs – sous peine de voir sa vie tranquille disparaître – il s'empressa d'appuyer sur la montre que lui avait confectionné Bulma. Un costume vert orné d'une cape rouge vive apparut à la place de ses vêtements, tandis qu'un casque orange et noir masquait son identité. Une tenue digne du super-héros qu'il incarnait, bien que la tenue en elle-même était assez ringarde aux yeux d'Usopp.

En effet, Gohan ne pouvait ignorer le sang guerrier qui coulait dans ses veines ni son intolérance devant l'injustice, exacerbée par les batailles qu'il avait menées pendant son enfance. Ce pourquoi il avait décidé de combattre les criminels répandus à Satan City sous le nom du Guerrier Intergalactique. Bien qu'il ne s'estimait pas être un héros, il défendait avec vigueur les citoyens tout en se maintenant en forme et en préservant le calme qu'il avait mis tant de temps à créer dans sa vie.

Dès qu'il posait son regard sur son costume, le cœur d'Usopp se pinçait douloureusement, la pointe de l'envie le guettant constamment. Cela lui rappelait toujours son impuissance, sa couardise et sa faiblesse.

Ses sombres pensées se dissipèrent lorsqu'ils arrivèrent en vue de Satan City. La ville autrefois dévastée était redevenue une cité florissante au modernisme saisissant et aux architectures futuristes. La mélancolie envahissait souvent pendant quelques secondes Usopp, lui rappelant avec tristesse les drames qui s'étaient déroulés sept ans auparavant. Mais bien que le passé restait ancré en lui, Usopp vivait désormais dans le présent. Les horreurs éprouvées n'étaient plus qu'un lointain souvenir, bien qu'elles fussent encore présentes en son âme.

Le sniper ressentit un profond soulagement en constatant sur sa montre qu'il leur restait encore cinq minutes avant que leurs cours ne débutent. Ses épaules s'affaissèrent par le soulagement tandis qu'un sourire apaisé apparut sur son visage en apercevant au loin le lycée où ils étudiaient. Cependant, sa joie fut de courte durée lorsque Gohan s'arrêta brusquement. Usopp fronça les sourcils, inquiet. Un mauvais pressentiment l'envahit en se souvenant des nombreuses fois où Gohan s'arrêtait de cette façon. En général, c'était lorsque... Il dirigea avec appréhension son regard perçant vers le lieu que son ami fixait avec intensité. Ses belles illusions se dissipèrent comme par enchantement en constatant qu'un braquage avait lieu.

De là où il était, Usopp pouvait percevoir la dizaine de criminels sortir de la banque, des liasses de billets dans une main et tenant des pistolets à double détonation de l'autre. Il remarqua également qu'une voiture de la Capsule Corp nouvelle génération immatriculée Z5-CD semblait les attendre.

Comprenant rapidement l'idée qui émergeait dans l'esprit chevaleresque de son ami, il tenta de le raisonner :

« Gohan, je sais à quoi tu penses et c'est... »

L'interpellé le coupa, déterminé :

« Pars devant, j'en ai pour quelques secondes. »

Alors qu'il s'élança avec vélocité sur le lieu du crime, Usopp partit à sa poursuite, tentant en vain de lui expliquer avec angoisse les conséquences de ses actes et que ça prendrait tout, sauf quelques secondes ! Cette tentative de l'arrêter masquait en réalité la peur, sa voix tremblante trahissait cet état de fait. Elle s'insinua dans le cœur d'Usopp, inquiet pour son ami. Certes, il savait qu'il s'en sortirait. Or, un accident pouvait si vite arriver, même pour un invincible semi-extraterrestre. Les situations pessimistes s'enchaînèrent dans son esprit, redoublant sa nervosité.

Cependant, Gohan l'ignora, déterminé à remettre en place ces fauteurs de trouble. Alors qu'il s'était posé et se tenait fièrement debout contre les criminels, Usopp sauta du nuage supersonique, non sans se rattraper pour éviter une énième chute disgracieuse.

Il se cacha aussitôt derrière un immeuble, observant avec angoisse le combat qui se déroulait sous ses yeux. Enfin, pouvait-il réellement décrire ce qui se passait comme un combat ? En réalité, il s'agissait plutôt d'une bataille à sens unique.

En effet, force était de constater que Gohan maîtrisait sans effort la dizaine d'assaillants. Esquivant toutes les balles avec une aisance déconcertante, il paraît tous les coups qu'on voulait lui infliger. Ses propres coups de poing et de pied étaient calculés, faisant valser tous ceux qui étaient autour de lui. Ses mouvements fluides et précis ne lui faisaient pas perdre inutilement du temps. Sa technique forgée depuis ses quatre ans était irréprochable, quasiment innée.

Cette précision laissait toujours pantois Usopp. Les yeux écarquillés d'admiration, il ne pouvait s'empêcher d'envier le courage et la force de son meilleur ami. Il désirait posséder cette même puissance, lui qui se sentait si faible comparé à lui.

Il se sentait inférieur.

Gohan était tellement plus puissant, plus courageux, plus dévoué que lui. Il possédait toutes ces qualités qu'Usopp voulait acquérir depuis toujours.

Pourtant, le sniper savait avec amertume qu'il ne pourrait jamais atteindre son niveau, d'où sa légère jalousie. Il ne voyait en lui aucune qualité, aucun élément qui pourrait le mettre à la hauteur d'un jeune homme tel que Gohan. D'ailleurs, le pouvait-il réellement ? Sa lâcheté le tenait éloigné des combats alors qu'il rêvait d'y participer.

Abattu par ce constat, il se renfermait sur ce complexe d'infériorité, condamné à rêver d'hypothétiques exploits qu'il ne réaliserait jamais.

Une voix féminine bien connue résonna alors dans ses oreilles, l'extirpant de ce cercle de songes pessimistes. Une jeune femme aux longs cheveux bruns attachés en deux couettes basses s'interposa dans le champ de bataille pour envoyer valser les quelques criminels encore debout. Usopp déglutit en reconnaissant sans peine Videl Satan, la fille du prétendu sauveur du monde. Et celle pour laquelle Gohan avait eu le coup de foudre, bien qu'il soit le seul idiot à ne pas s'en être rendu compte.

Une fois les criminels à terre, elle lança son regard de glace sur ce Guerrier Intergalactique qui venait encore d'intervenir avant elle. La jeune femme avait en effet décidé depuis longtemps de ne pas profiter de son statut privilégié comme son père, préférant utiliser sa force pour aider la police. Dévouée dans sa tâche, elle n'appréciait guère la venue de ce soi-disant héros qui l'empêchait d'effectuer correctement son devoir. Ce comportement renfermé lui permettait ainsi de ne pas affronter la vérité en face. En effet, une part d'elle-même admirait ce mystérieux jeune homme, dont le dévouement et la technique parfaite de combat forçait son respect.

Honteuse de ses sentiments, elle lui lança un regard dédaigneux, ne pouvant pas savoir l'effet qu'elle produisait sur Gohan. Figé par l'admiration, il dévorait des yeux cette beauté féline qui émanait d'elle, ses vêtements amples de garçon manqué ne pouvant ôter ses traits délicats. Son visage glacial le fit cependant rappeler la situation. Il s'exclama d'une voix exagérée :

« Je suis ravi de vous revoir Videl. Encore une fois, vous êtes vraiment douée. »

Videl se mordit légèrement la lèvre, gênée par ce compliment qui la touchait bien plus qu'elle ne voulait l'admettre. Elle resta cependant impassible, se contentant de répliquer :

« Si vous me disiez votre véritable identité, je pourrais aussi vous renvoyer le compliment. »

Gohan soupira, se rappelant avec lassitude que l'obsession de la jeune femme était uniquement de connaître sa véritable identité, sans doute pour mieux le confondre ensuite.

Des passants les entourèrent peu à peu, applaudissant avec ferveur ce duo atypique protecteur de la ville. Munis de sirènes assourdissantes, les véhicules de police s'arrêtèrent près de la banque cambriolée, les remerciant chaleureusement. Le chef s'approcha de Videl tout en s'écriant, essoufflé et paniqué :

« Mademoiselle Videl, vous êtes vivante !

– Bien sûr, ne vous inquiétez pas, chef.

– Après vous avoir vu sortir de la voiture alors qu'on était coincé dans un bouchon, j'ai eu peur que vous ne soyez écrasée par une voiture ! »

À ces mots, Gohan écarquilla les yeux, impressionné par la volonté suicidaire de la jeune femme :

« Vous avez vraiment fait ça ?

– Contrairement à vous, je ne vole pas. Il faut bien que je compense pour arriver avant vous.

– Et pourtant, vous êtes arrivée après moi. »

Alors qu'ils commençaient à se chamailler tels deux amoureux refusant de reconnaître leur attirance commune, Usopp soupira de lassitude. Cette dispute de couple commençait à l'agacer, d'autant plus que Gohan semblait inconscient du temps qui s'écoulait à toute vitesse.

Alors qu'il résistait à la tentation dévorante de le rejoindre pour l'attraper et l'enjoindre de le suivre jusqu'au lycée, un élément vint troubler sa vision. Un événement si fugace qu'il n'eut le temps d'avertir Gohan, déconcentré par la vue de Videl.

Un criminel au sol venait brusquement de se relever avant de prendre par le cou un des badauds postés autour des deux justiciers. Surpris par ce retournement incongru de situation, les deux se maudirent pour leur manque de vigilance. Alors qu'ils voulurent s'avancer pour l'assommer, ils interrompirent leur geste en voyant avec horreur le braqueur au visage masqué par une cagoule poser la tempe glacée de son pistolet sur le crâne du vieil homme.

Des cris effarés accompagnèrent ce geste, dont celui d'Usopp, tremblant de peur devant cet incident. Tétanisé, l'otage lançait des regards suppliants aux deux justiciers qui grinçaient les dents de rage, paralysés. Une vie autre que la leur était désormais en jeu, compliquant la situation.

Furieux de se sentir impuissant, Gohan commença à trembler de colère. Il ne voulait plus revivre cela, plus jamais ! La blessure était encore si présente dans son cœur que subir un nouvel échec le détruirait. Il serra ses poings, usant dans ses forces pour se retenir de briser la colonne vertébrale de ce braqueur qui arborait un sourire narquois :

« Si vous ne voulez pas que je lui mette du plomb dans le crâne, vous allez me laisser gentiment passer, sans faire d'histoires et sans me poursuivre. »

Le cœur de Gohan rata un battement devant ce marché peu scrupuleux. Son côté guerrier hurlait de ne pas le laisser s'échapper tandis que son humanité songeait au pauvre vieillard mort d'inquiétude dont la vie ne tenait plus qu'à un fil. Partagé par ce dilemme, il jeta un coup d'œil à Videl, tout aussi frustrée par ce chantage. Hors d'elle, elle serra les dents pour ne pas hurler sa haine. Gohan murmura, menaçant :

« Laissez cet homme sinon...

– Sinon quoi ? Tu vas me tuer le guignol ? » Rétorqua le criminel, sarcastique. Comme pour prouver sa position de force, il retira la gâchette, prêt à appuyer sur la détente. La tension devint si palpable que les curieux s'enfuyaient, effarés devant cette prise d'otage.

Encore caché, Usopp tremblait devant la situation devenue hors de contrôle. Il voyait avec consternation Gohan impuissant, n'osant intervenir pour ne pas avoir un nouveau décès sur la conscience. Il se mordit avec rage la lèvre, comprenant mieux que quiconque la colère latente de son ami, prête à exploser à chaque instant. Le sniper comprit alors avec désespoir que la situation était sans issue. Tels qu'ils les connaissaient, Gohan et Videl étaient si partagés par leurs émotions contradictoires que leur instant d'hésitation sera fatal pour le vieil otage transpirant de peur.

L'esprit d'Usopp réfléchit à toute vitesse, espérant trouver une quelconque solution. Or, nulle ne lui parvint, accentuant son désespoir. Ses mains devinrent moites, furieux contre lui-même de se sentir une nouvelle fois impuissant. Si seulement il pouvait aider Gohan, lui empêcher de revivre son cauchemar, lui permettant de lui ôter le poids des responsabilités, ne serait-ce qu'une fois...

Soudain, une idée fusa dans son esprit, si évidente qu'il se maudit de ne pas y avoir pensé plus tôt. Néanmoins, son pessimisme refit surface. Non, il n'était pas assez fort pour faire cela, pas assez courageux. Pourtant, une vague de courage le submergea, effaçant tous les doutes qui l'habitaient. Gohan avait besoin d'aide.

Et il savait comment l'aider.

Empreint d'une détermination jamais ressentie auparavant, il rechercha avec hâte les outils nécessaires dans son sac. Son pouls s'accéléra par le stress lorsqu'il constata avec frayeur que le criminel, impatient, avait décidé d'en finir. Ne supportant plus l'attente, il était sur le point d'appuyer sur la détente !

Au ralenti, Gohan vit avec horreur son index se positionner lentement sur la détente. Il hurla, voulant s'approcher du criminel pour l'en empêcher. Néanmoins, il ne put empêcher l'inévitable.

Un coup de feu partit.