Voilà, second OS de cette série, cette fois de MorwenAncalime, merci à elle de m'avoir donné son autorisation^^
L'original est disponible sur AO3 et fanfic.
Note de l'auteur
La Bataille des Cinq Armées s'est achevée par une victoire, mais Thorïn découvre que certaines blessure ne guérissent pas facilement. Drabble, émotions, fluff, fem!Bagginshield, dysmorphophobie.
Nothing like the sun
MorwenAncalime
La peau de sa main est douce, il le sait, mais pas de cette même douceur polie qu'elle avait lorsqu'elle lui a ouvert son étrange porte ronde dans la Comté.
Des cals durs et rouges se sont formés sur sa paume, brillants de nouveauté, lisses au toucher. Quand elle pose sa main sur sa joue, il ne pense pas à la façon dont elle se refermerait sur une tasse de porcelaine, mais sur de l'acier, sur la lame qui a fait disparaître la douceur au profit de la dureté des os. Sa petite épée lui a sauvé la vie aussi aisément qu'elle la punissait à chaque coup porté, à chaque fois qu'elle la tirait fiévreusement du fourreau.
Et la peau de son ventre, elle est douce, aussi. Elle glisse sous ses mains dures et usées comme de la soie, parfaite et sans tache.
Sauf pour les marbrures violettes, noires et jaunes qui déparent toute la largeur de son flanc.
Sauf pour l'énorme cicatrice en toile d'araignée qui s'étale juste un pouce au dessus de son cœur.
Son premier aperçu de la blessure laissée par la lame de Morgul ne dure qu'un instant; ses doigts l'effleurent alors qu'ils écartent le velours et la dentelle délicate, et Thorïn fait une pause.
Bella enfouit son visage dans sa robe de mariée et pleure.
Ce n'est qu'après qu'il l'ait rassurée d'un ton apaisant, et retiré sa tunique, la laissant tracer la carte des arêtes et des cicatrices de son propre torse ravagé que Bella accepte enfin son toucher. Même à cet instant, Thorïn sent son désespoir sourdre par tous les pores de sa peau et il se consume pour elle autant qu'elle s'épanouit pour lui, comme si autant d'admiration folle pouvait les délivrer tous les deux.
Ni lui ni elle ne sont pas faits pour les chansons. Les ménestrels chanteront des ballades sur sa douce reine de l'été et ses actions courageuses, mais Thorïn se rappelera toujours des lèvres craquelées par l'hiver et la soif cherchant les siennes dans les ténèbres. Et alors leurs corps se mêlent dans les longues heures de la nuit, il la trouvera toujours plus belle que toutes les belle dames des temps anciens. Elle est détruite mais entière, délicate mais forte comme l'acier, pliante et insoumise à égale mesure. Elle est sa Bella, et elle le lie d'un amour plus fort qu'aucun mot ne saurait l'exprimer.
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