Il se trouvait sur les quais d'un fleuve crasseux, et le lieu était nappé de brouillard. Apparemment, il faisait nuit. Il se demandait où il se trouvait, lorsqu'une série de bruit se fit entendre. Il y eut tout d'abord une déchirure sonore, suivi d'un cri de femme, et d'une chute dans l'eau. Il vit en même temps une jeune femme tomber du ciel pour atterrir dans le fleuve. Il s'approcha, et vit qu'elle ne remontait pas. Il n'hésita alors pas un seul instant. Il retira sa veste, sa casquette et ses chaussures, et se jeta à l'eau. Il parvint à trouver la jeune femme, la remonta à la surface, et regagna la berge avec elle. Elle suffoquait.

- respirez, dit-il. Toussez.

« frappe la sur le torse », lui souffla une voix dans sa tête. Il fit confiance à la voix, et donna un coup sur le torse de la jeune fille, du plat de la main. Elle toussa, cracha de l'eau, puis se releva d'un bond, pointant sur lui un bâton de bois.

- qui es-tu et où est-ce que je suis ? Demanda-t-elle.

- Je m'appelle Edmund et je viens de te sauver la vie, répondit-il. Je pense que tu pourrais me remercier.

- Estime-toi heureux que je ne t'ai pas déjà jeté un sort.

Le visage d'Edmund se ferma.

- tu es une sorcière ? J'aurais peut-être mieux fait de te laisser couler.

Hermione resta interdite un instant.

- excuse-moi, c'est quoi ton problème exactement ?

- Es-tu une sorcière ou une magicienne ?

- Quoi ?

-Es-tu une sorcière ou une magicienne ? Répéta Edmund, buté.

Hermione prit un instant pour réfléchir à cette question qui n'avait pas de sens.

- je ne pratique pas la magie noire, si c'est ce que tu demande. Du moins si je peux l'éviter. Mais si tu m'y obliges, je n'hésiterais pas à le faire.

- Pourquoi te sens-tu menacée ?

- Je n'en sais rien, je ne sais pas qui tu es, et tu refuses de me dire où nous somme. J'étais dans une forêt avec mes amis, on était poursuivis par des mangemorts, et d'un coup je tombe et je me retrouve ici, sans pouvoir respirer et sur le point de me noyer.

- Je te l'ai dit, je m'appelle Edmund, et pour information, moi non plus je ne sais pas où nous sommes. J'étais dans le jardin de mon oncle et ma tante, et j'ai senti la magie. Je pensais que j'allais me retrouver à Narnia, mais je me suis retrouvé ici, à la place. C'est quoi un mangemort ?

- Tu as dis Narnia ? C'est pas possible, tu te fiches de moi !

- Pourquoi est-ce que je ferais ça ? Et comment tu connais Narnia ? Tu sais quoi, je m'en fiche. Je suis trempé, je me gèle, et j'ai pas envie -d'attraper une pneumonie.

- Oui, pardon, ne bouge pas.

Hermione agita sa baguette et jeta un sort de séchage, qu'elle pratiqua ensuite sur elle-même.

- mieux ? Demanda-t-elle.

- Je n'aime pas la magie.

- Je penses que tu pourrais me dire merci.

- Ouais. Merci.

La jeune femme rangea sa baguette, tandis qu'Edmund remettait les affaires qu'il avait retiré.

- OK, tu sais quoi ? Dit-il. Je te propose une pause. Essayons de trouver un café et là, on pourra discuter.

- D'accord.

Ils se mirent donc en quête d'un café. Les rues étaient étrangement désertes, et le silence, ainsi que le brouillard, était assez oppressant. La première personne qu'ils croisèrent fut un enfant. Celui-ci les vit, les pointa du doigt, et s'enfuit en s'écriant :

- Des grands ! Des grands !

Ils n'y prêtèrent pas grande attention, et entrèrent dans un établissement. Là non plus, personne. Edmund s'occupa de leur préparer à tous les deux un café.

- alors. C'est quoi ton histoire ? Demanda-t-il.

- Je te l'ai dit, j'étais en forêt avec Ron et Harry. On était tous les trois poursuivis par des mangemorts, et je suis tombée dans une sorte de tunnel pour atterrir dans le fleuve.

- C'est quoi un mangemort ?

- Un mauvais sorcier. Ce sont les partisans de Lord V... . oh, regardez-moi, je suis ridicule, je n'arrive même pas à prononcer son nom dans un autre monde.

- Qu'est-ce que vous faisiez dans la forêt, toi et tes amis ?

- Eh bien... on recherchait des horcruxes.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Euh... pour la faire courte, ce fameux Lord V... a séparé son âme en sept morceaux, pour pouvoir être immortel, et nous on doit le tuer. Les morceaux de son âmes sont enfermés dans des objets, et on doit les détruire. Jusqu'à maintenant, on sait que trois horcruxes sont détruits.

- À quoi ça ressemble ?

- C'est bien ça le problème, on ne sait pas. Le premier était un journal intime, le deuxième une bague, et le troisième un médaillon. Il n'y a que Harry qui puisse les reconnaître. Et toi... tu es Edmund Pevensie, c'est ça ?

- Oui. Comment le sais-tu ?

- Tu es l'un des quatre rois de Cair Paravel, le roi Edmund le Juste. Tu as aidé la sorcière blanche lorsque tu es venu pour la première fois à Narnia, et c'est pour ça que tu n'aimes pas les sorcières. Ça fait sens.

- J'ai fait bien plus que l'aider. Je lui ai quasiment vendu ma famille pour des loukoums. Mais comment tu connais mon histoire ?

- Je la lisais souvent quand j'étais petite. J'aimais beaucoup l'histoire du jeune garçon et du cheval qui parle. C'est à l'époque où tu étais roi.

- Je m'en souviens vaguement. C'est pas l'un des trucs les plus intéressants qui me soit arrivé. Mais donc tu es en train de dire que dans ton monde, je suis un personnage fictif ?

- Oui, c'est ça.

Leur conversation fut interrompue par l'apparition du jeune enfant qu'ils avaient vu plus tôt, et qui était cette fois accompagné d'un homme vêtu d'une tenue similaire à celle d'un moine.

- toutes les réponses à vos questions vous seront bientôt données, déclara l'homme de but en blanc.