.
Chapitre 2
Six ans plus tard.
-Potter ! Vingt points en moins pour Gryffondor. Toujours incapable de préparer une potion aussi simple que la Sommeil-Sans-Rêve, n'est-ce pas ? Ne vous a-t-on rien enseigné depuis que vous êtes dans cette école ?
En effet, le chaudron d'Harry laissait échapper une fumée nauséabonde où des étincelles fluorescentes éclataient dans tous les sens. Le jeune homme dont les yeux s'assombrir, énervé, se rebiffa. Il en avait marre là ! Toujours lui, encore lui !
-Si on ne jetait pas n'importe quoi dans mon chaudron, rétorqua le survivant en colère. Le bâtard que vous êtes me laisserait peut-être tranquille et cesserait de m'asticoter.
-Monsieur Potter, parla calmement Snape, bien qu'il soit hors de lui. Retenue ce soir, vingt heures, dans mon bureau, et ne soyez pas en retard.
Le ton était glacial. Harry, pourtant habitué, en avait des frissons dans le dos, cependant ça ne l'empêcha pourtant pas de se révolter contre l'injustice de l'homme.
-Non ! Snape, ce soir j'ai quelque chose de mieux à faire que de venir vous voir, vous et votre incroyable sens de l'équité, riposta le survivant d'une voix forte et claire.
Le jeune homme aux cheveux noirs en bataille se leva, remballa ses affaires en faisant le plus de bruit possible pour agacer l'homme ténébreux, et sans un mot sortit de la classe sous le regard outré de quelques Serpentards, et envieux de certains Gryffondors qui auraient bien aimé le suivre s'ils ne craignaient pas autant l'homme qui les toisait en ce moment d'un œil sévère.
Hermione et Ron se regardèrent avec un air d'incompréhension stupéfait sur le visage. Pourquoi leur ami réagissait-il aussi vivement ? Ils observèrent le maître des potions, celui-ci était furieux ou plutôt vert de rage. Plus un mot ne résonnait dans la classe, aucun n'osait faire du bruit et encore moins se faire remarquer par le professeur irascible prêt à exploser d'une seconde à l'autre.
-Je m'absente, aboya-t-il soudain, faisant sursauter tout le monde. Malfoy, Granger, surveillez ces cornichons pendant mon départ, cracha l'homme en se dégageant de sa chaise.
Dans un claquement de cape, Snape sortit de la pièce à grandes enjambées, et se dirigea vers la tour Gryffondor au grand soulagement des élèves restés dans la classe, et qui poussèrent un soupir de soulagement collectif.
-Sale petit morveux ! râla Snape en allongeant le pas. Petite merde imbu de sa personne comme tous les Potter, il va me le payer cette fois.
L'homme ouvrit la porte du dortoir des Gryffondors de septième année avec violence. Harry pris au dépourvu sursauta et se retourna, surpris.
-Alors, Potter ! on croit qu'on peut m'insulter et puis disparaître sans en attendre les conséquences ! C'est mal me connaître, espèce de petit crétin sans cervelle. Qu'espérez-vous faire en quittant ma classe sans permission ?
-Je ne vous dois rien, Snape ! Sortez de ma chambre, je ne vous y ai pas invité, rugit le jeune homme qui vit rouge.
-Toujours aussi arrogant, Potter ! Comme votre père et votre parrain.
L'homme en noir se rapprocha d'Harry tout en distillant des paroles haineuses. A un pas à peine du survivant il s'arrêta et le toisa de toute sa hauteur.
-Toujours à répondre, hein ! à faire exploser vos chaudrons sans vous préoccuper des autres ou à insulter les Serpentards. J'en ai marre de vous, Potter, sachez qu'il y a d'autres personnes qui souffrent dans ce monde, arrêtez de vous croire supérieur, par Salazar !
Le maître des potions dans son courroux l'attrapa par le col de sa robe et le gifla, Harry en perdit ses lunettes et sa lèvre fendue saigna. Le jeune sorcier essuya le sang sans le quitter des yeux et laissa un petit sourire transparaître sur ses lèvres. L'homme le tenait toujours par le col et se mit à le secouer pour lui faire entendre raison, puis sa main se leva de nouveau quand il vit ce sourire sur ces mêmes lèvres qui le narguait.
La porte derrière eux s'ouvrit bien à propos, le professeur de défense, Remus Lupin, entra et poussa un soupir fatigué. Heureusement qu'aujourd'hui il était attentif à l'humeur de Severus, il savait que ces jours-là l'homme perdait quelque peu sa raison.
-Severus ! lâche-le, ne fais pas ça, lui demanda-t-il en s'approchant de lui en douceur.
-Remus, je ne peux pas c'est trop douloureux, tu le sais.
Le loup-garou était maintenant à côté de son ami qui secouait toujours Harry, et posa sa main sur son bras en un geste réconfortant.
-Severus, ne te venge pas sur Harry, Adam n'aurait pas voulu ça et toi non plus j'en suis sûr. Viens, allons chez toi, si tu veux nous parlerons un peu de lui.
Le jeune homme regarda, stupéfait, son professeur se calmer et s'agripper à Remus comme si sa vie en dépendait. Les deux professeurs quittèrent le dortoir tranquillement, tandis qu'Harry s'assit sur son lit, l'esprit en déroute, en portant un doigt sur sa lèvre blessée.
-Alors, mon pote ! T'as pété un câble ? demanda Ron qui venait de rentrer dans la pièce après dix minutes de silence. Qu'est-ce qui t'a pris de provoquer le bâtard graisseux ?
Harry ne répondit pas et sortit du dortoir, indécis, ses pas le conduisirent vers les appartements de Remus. Il avait l'impression qu'il avait fait une grosse connerie aujourd'hui et il voulait des explications sur ce qu'il avait vu dans sa chambre entre Snape et Remus. Il ne connaissait pas le mot de passe des appartements du professeur de défense. Tant pis ! Il s'appuya contre le mur et attendit qu'il revienne.
Une demi-heure plus tard des pas retentirent dans le couloir, c'était Moony. Sans un mot pour Harry le loup-garou s'avança, prononça le mot de passe et entra. Le jeune homme le suivit, incertain, il voulait savoir, c'était par trop…..étrange. Remus le regarda entrer, sans rancune.
-Je suppose que tu veux une explication ? lui demanda-t-il en refermant la porte derrière eux.
-J'aimerais, oui.
-Pour t'en servir contre Severus et pouvoir l'humilier une fois de plus !
-Rem ! tu me connais mieux que ça !
-Il souffre, Harry, plus que de raison je te l'assure, et te foutre de lui ne t'aideras pas, est-ce que tu comprends ?
-Bien sûr que je comprends, je ne suis pas idiot quand même.
-Très bien, assieds-toi, capitula le plus âgé.
Harry s'installa dans un fauteuil. Remus fit de même puis fit léviter vers lui le whisky-pur-feu et un verre, là vraiment il en avait besoin. Calmer Severus n'avait pas été une mince affaire. Le loup se versa une bonne dose et en but une grande lampée qui lui brûla agréablement la gorge.
-J'avais un frère plus jeune, commença Remus.
-Hein !... Mais je ne le savais pas.
-Non, personne ne le savait. Après ma morsure mes parents craignaient que Greyback ne s'en prenne à lui, mon père l'avait envoyé chez une tante en France. À la fin de ses études il est revenu en Angleterre, il avait dix-sept ans et demi. Adam est entré dans l'ordre du Phénix dans la même année, Severus et moi nous avions vingt ans et toi tu venais de perdre tes parents.
Remus porta son verre à ses lèvres, les yeux dans le vague. Ces souvenirs étaient tellement vivaces dans son esprit.
-Rem, si c'est dur pour toi…..
-Non ça ira, Harry ! Entre Adam et Severus, débuta le loup, ça a été le coup de foudre. Puissant ! Exclusif ! Ils ont vécu dix ans ensemble, dix ans de pur bonheur. La seule ombre au tableau fut le retour de Voldemort. Mon frère ne supportait plus les réunions des mangemorts, disant qu'un jour son amant serait trahi et tué, et il ne supportait plus ça.
-Il y a longtemps de cela ?... Je veux dire que ton frère a disparu, parce qu'il s'agit bien de ça, n'est-ce pas ? interrogea le jeune sorcier.
-Aujourd'hui cela fait six ans qu'Adam est mort, assassiné par le Lord Noir, et Severus ne s'en est pas complètement relevé. Trahi ! Severus l'a été par Bellatrix. Alors que Voldemort écartait Severus pour une mission quelconque il envoyait cette affreuse femme et Nott chercher Adam.
Lupin se tut deux secondes, rebut une lampée de son verre puis reprit le court de son récit.
-Voldemort n'aimait pas qu'on lui cache des choses, il a torturé mon frère pour le plaisir de faire mal à Severus. Quand celui-ci est arrivé c'était trop tard, bien trop tard. Lucius, son ami, n'a rien pu faire à part l'aider à prendre le corps d'Adam avant de le voir emmener par Lestrange, et le laisser lui faire ses adieux avant de l'enterrer sur les terres du manoir Prince. Quand ils sont rentrés au manoir, chez le Lord, ils ont été torturés tous les deux pour avoir subtilisé le corps de mon frère et l'avoir enterré sans la permission du serpent.
-Je n'ai jamais su ça, avoua le jeune homme, navré et honteux.
-Bellatrix est morte, ajouta le loup sans répondre à Harry. Severus lui a jeté un Avada Kedavra et Lucius s'est occupé de Nott, ils ont profité d'une attaque où les sorts partaient à droite et à gauche pour les exécuter. Chaque année Severus va sur la tombe d'Adam, le soir, et quand il rentre il se soûle, c'est pour ça que je le surveille. C'était mon frère, Harry, et malgré mes doutes au début de leur relation je peux te dire qu'ils s'aimaient. Je ne laisserais pas tomber Severus, tu comprends ?
-Je suis désolé, Remus, je vais aller m'excuser, je suis un crétin, je ne savais pas pour ton frère et Snape.
-Je ne sais pas si c'est une bonne idée, Harry, il n'est peut-être pas en état à l'heure actuelle.
-Je dois le faire, Rem, là tu vois j'ai des remords ! Je ne pourrais plus me regarder en face si je ne le faisais pas, et ne t'inquiète pas je ne l'insulterais plus. Merci de m'avoir raconté, tu n'étais pas obliger de le faire.
Harry sortit de l'appartement laissant le loup-garou dans ses tristes souvenirs. Ses pas le portèrent lentement vers les cachots plongés dans le noir. Il longea les murs rugueux et s'arrêta devant une toile représentant Salazar Serpentard tenant dans ses mains une magnifique couleuvre verte striée de jaune.
-Par Merlin ! J'ai oublié de demander à Remus le mot de passe, pensa subitement le jeune survivant en se tapant le front du plat de la main.
-Tiens ! Encore un petit prétentieux qui espère entrer dans l'antre du maître des potions, susurra le serpent en redressant la tête.
-Je dois le voir, répondit Harry en fourchelang, faisant glisser les S sur sa langue.
-Voilà qui est intéressant ! Tu parles la langue des serpents ? Tu es le premier que je vois depuis des années, le dernier a mal tourné si tu vois ce que je veux dire, et d'abord que lui veux-tu au ténébreux professeur Snape ?
-Je te le répète encore une fois, je dois le voir, laisse-moi entrer s'il te plaît.
-Fais ce qu'il demande, Ania, que je puisse dormir tranquille, râla Salazar Serpentard en refermant les yeux de lassitude.
-Bon très bien, j'obéis, maître ! Le mot de passe est « Le bien triomphe du mal » jeune sorcier.
Harry remercia la couleuvre serviable et prononça la phrase qui lui ouvrit la porte. Tout était noir dans la grande pièce, seule la cheminée faisait danser les ombres sur les murs. Harry s'avança vers le canapé et aperçut le professeur de potions, avachi, une bouteille de whisky vide entre les doigts.
Le jeune homme s'avança sur la pointe des pieds et prit la bouteille pour la déposer par terre afin quelle ne se casse pas en tombant. Harry amorça un pas pour repartir dans son dortoir quand subitement une poigne de fer attrapa son bras et le lui serra douloureusement. L'homme complétement ivre se mit debout, incertain sur ses jambes, puis il tituba et s'accrocha au dossier du canapé pour se rattraper sans pour autant lâcher le survivant.
-Je savais que tu allais revenir, Adam, tu ne pouvais pas me laisser seul, tu m'as manqué tu sais ! eut du mal à articuler le maître des potions dans son délire.
Le Serpentard relâcha Harry et entoura sa taille de son bras, ne lui laissant aucune chance de se dégager ou de reculer. L'homme, dont l'haleine empestait l'alcool, plongea son nez dans son cou et en respira son odeur parfumée au lilas.
-Tu sens bon, j'aime ta nouvelle odeur, mon amour, susurra Snape en déposant un baiser sur le cou de Harry. Ne me laisse plus jamais seul, Adam, j'étais si seul…...
La bouche de l'homme ne s'arrêta pas là et remonta le long de la joue du jeune homme qu'il caressa tendrement. Mais pour Snape ce n'était pas assez et c'est avec délice qu'il posa ses lèvres avides sur celle d'Harry.
-Professeur ! arrêtez-vous c'est moi Potter, professeur ! bafouilla le garçon affolé.
L'homme aux robes noires n'écouta pas son élève et ses lèvres impétueuses et quémandeuses en mal de baisers reprirent les siennes avec convoitises. L'homme était doux, si doux, si merveilleux de douceur qu'Harry se sentit fondre malgré lui.
-Mon amour, murmura-t-il contre le souffle d'Harry qui s'accéléra.
Celui-ci entrouvrit les lèvres en fermant les yeux, une langue caressa la sienne et ce fut magique, surprenant mais magique. Harry ressentit dans ce geste tant de tendresse qu'il eut un désir impérieux et urgent de répondre, alors il se laissa envahir par les sensations extraordinaires qui traversaient son corps et se laissa porter par la passion qui l'embrasa.
Demain il oubliera, demain ils redeviendront des ennemis. Jamais personne ne lui avait prodigué d'aussi troublantes caresses, les vêtements tombèrent les uns après les autres, les baisers se succédèrent, tout n'était plus que volupté et tendresse, jamais il n'avait connu ça.
Enfin ils étaient nus, peau contre peau, leurs mains se promenaient sur leur corps qui frissonnait de désir et d'envie. L'homme puissant prit Harry dans ses bras et le porta sur le lit, amoureusement, il l'allongea puis le recouvrit de son corps en suçant sa peau brûlante. Par Merlin ! C'était si bon, si fort ! Leurs virilités tendues se touchaient, leurs souffles se mélangeaient. Pourquoi ? Pourquoi, se demanda Harry, il n'avait jamais connu ça avant ?
Le jeune homme ressentit un délicieux frisson dans le creux de ses reins, ses jambes encerclèrent la taille de Severus qui en grogna de satisfaction de voir que son amant accédait à sa demande. Celui-ci mordilla les tétons du jeune homme qui se cambra davantage sous la torture exquise. Harry n'en pouvait plus d'attendre, il n'avait pas peur et pourtant il n'avait jamais fait l'amour à personne, il faisait confiance à Snape tout simplement.
Severus le prépara pour le recevoir. Toujours dans les brumes de son délire il était heureux qu'Adam soit revenu vers lui. Il retira ses doigts et après avoir lubrifié son membre se plaça devant l'intimité du plus jeune qui n'attendait plus que ça, que l'homme le fasse sien, qu'il prenne son corps avec ardeur et passion, qu'il lui fasse oublier un moment sa vie qui bientôt n'en sera plus une.
Snape le pénétra lentement, attendant que la douleur passe à chaque fois qu'Harry faisait une grimace. Quand il fut entré entièrement il le laissa s'habituer à sa présence en déposant de petits baisers sur ses joues humides puis derrière son oreille, sur sa mâchoire qu'il mordilla pour revenir sur ses lèvres qu'il embrassa avec appétit et voracité.
Severus entama un va-et-vient qui arracha au jeune homme un cri de plaisir que Snape lui vola en l'embrassant de nouveau. L'homme ondula sur lui, se mut avec grâce, accéléra ses coups de reins puis ralentit encore et revint plus fort. Le jeune homme en aurait hurlé de bonheur s'il n'avait pas eu peur d'ameuter toute l'école, alors pour éviter ça il se mordit les lèvres tandis que Snape ravageait son corps.
L'homme se tendit brusquement dans un spasme, sa semence se répandit dans le plus jeune qui se libéra lui aussi entre leurs deux ventres à grand renfort de jets chauds et poisseux. A bout de souffle, exténués, les deux hommes se serrèrent l'un contre l'autre ne voulant plus se quitter. Severus Snape, le maître des potions acariâtre, ramena les draps sur eux et après un dernier baiser sur la bouche de son jeune amant ils s'endormirent heureux, un sourire sur les lèvres.
Au premier rayon de soleil Harry se réveilla avec la sensation d'avoir un poids sur sa gorge, et pour cause ! La main de son professeur enserrait son cou avec férocité. Le plus jeune se débattit, il n'avait pas envie de mourir étouffé, mais alors là pas du tout ! Harry tomba du lit mais n'eut pas le temps de se relever que l'homme furieux le remit debout et hurla sur lui en lui assenant de violents coups de poing. Sa lèvre éclata de nouveau ainsi que son arcade, sa vision se brouilla, il ne savait plus où il en était là, où était passé la tendresse de Snape ?
-Alors, Potter, on s'est bien foutu de moi ? vitupéra le Serpentard. Mais cette fois je vais vous le faire regretter, vous pouvez me croire, je ne vais pas vous louper, sale morveux !
Harry n'avait plus la force de répondre, il ne pouvait même pas se défendre, de toute façon il n'avait pas envie de le frapper alors il le laissa faire. L'homme déversa toute sa haine et sa tristesse sur lui, les coups pleuvaient mais le Gryffondor ne dit rien, ne fit rien. Son visage était en sang, ses côtes lui faisaient mal et des larmes coulèrent le long de ses joues.
Le jeune sorcier tomba à genoux devant le Serpentard puis ses yeux se fermèrent attendant un autre coup, le dernier, qui le plia en deux de douleur.
-Pourquoi ? hurla Severus à ses oreilles.
-Pardonne-moi, lui répondit Harry à voix basse en tutoyant l'homme s'en sans rendre compte. Pour le mal que je t'ai fait, je ne savais pas, non je ne savais pas.
Le maître des potions s'arrêta brusquement et sa colère diminua progressivement. Le corps d'Harry tomba à la renverse sur le drap maculé de sang qui le recouvrait partiellement. L'homme aperçut la nudité du plus jeune et se baissa, vaincu. Il le remit sur le lit puis le couvrit de la couverture et se recula vivement.
Par la cheminée il demanda à Remus de le rejoindre aussi vite que possible, qu'il y avait une urgence. Deux secondes plus tard le professeur de défense entra dans la chambre, aperçut Harry allongé sur le lit et se précipita vers lui.
-Que s'est-il passé Severus ? Vous vous êtes battu ! Mais pourquoi ? Il voulait te demander pardon, s'affola le loup-garou. Pourquoi est-il nu d'ailleurs ? Répond par Merlin !
-Je ne sais pas quoi te dire, Remus.
-Amène-moi de quoi le soigner et reprends tes esprits, j'ai l'impression que tu vas t'effondrer toi aussi.
L'homme alla chercher plusieurs potions dans son laboratoire, et les ramena au loup-garou qui se hâta d'en ouvrir les bouchons afin de les administrer au blessé.
-Raconte et n'oublie rien, Severus.
-Hier soir j'étais ivre…
-Je sais, le coupa le loup.
-J'ai senti une présence à côté de moi, continua Snape. Et un parfum que je n'ai pas reconnu, je l'avoue. J'ai pensé que… qu'il était revenu, ne dit rien Remus ! Je t'en prie j'ai vraiment pensé que c'était lui alors je lui ai fait….
-Quoi ! Que lui as-tu fait ?
-L'amour, souffla Severus. Je lui ai fait l'amour.
-Hein ! Tu veux dire que tu l'as forcé ?
-Non ! Il était consentant, Rem.
-Comment peux-tu en être sûr ? tu étais saoul c'est toi-même qui vient de me le dire.
-Peut-être que j'étais ivre, mais il gémissait de plaisir entre mes bras, je ne peux pas oublier ça.
-Et ce matin alors ?
-Ce matin quand je l'ai vu dans mon lit j'ai cru à une mauvaise blague de sa part, alors j'ai cogné. Mais plus je tapais plus il se laissait faire, ce foutu gosse. Et puis il m'a demandé pardon et ça semblait tellement sincère que c'est là que j'ai compris que j'avais fait une erreur. Après je t'ai appelé.
-Il t'a laissé le frapper, Severus, c'était sa manière de se faire pardonner, oui c'est bien de Harry ça ! Quant au fait qu'il ait couché avec toi je pense qu'il ne voulait pas te laisser seul, Harry est comme ça, il n'aime pas que les gens souffrent autour de lui.
-Est-ce qu'il avait déjà eu des expériences amoureuses au moins ?
-Non, je ne crois pas, avec ses études et ses entraînements il n'avait pas le temps. Voilà, les côtes sont ressoudées ! ajouta le professeur de défense en refermant les fioles. Pour l'arcade il n'y paraîtra plus d'ici un jour ou deux, il faut qu'il se repose maintenant et dans quelques jours ça ira mieux.
-Très bien, tu peux le laisser dans mon lit, je vais le surveiller et ne t'en fais pas je ne lui ferai rien, tu as ma parole !
-Bon d'accord, je te fais confiance, je repasserai ce soir, à ce moment-là il devrait être réveillé.
Remus s'en alla l'esprit un peu plus tranquille, quoiqu'avec ces deux-là il n'en était pas certain. Severus Snape fit léviter un pot de crème jusqu'à lui, l'ouvrit, y trempa un doigt dedans et l'appliqua sur la lèvre fendue et mordue du jeune Potter. Puis l'homme, comme si de rien n'était, retourna dans son bureau où un tas de copies l'attendait.
Finalement peut-être que Remus n'aurait pas du lui faire confiance. Le morveux restait le morveux, pensa le maître des potions en prenant la première copie.
