Salut !

Je suis désolée de ce retard, mais j'ai une bonne excuse !

J'avais des examens à bosser en plus du chapitre deux que je commence à définir petit à petit.

Autre chose, j'ai décidé après une longue réflexion de couper ce chapitre en deux du coup le chapitre deux sera suite du un, et le deux sera en fait le trois…vous suivez ?

Gros gros merci à Just D qui fait un super travail de Beta (et qui m'a montré qu'en fait ben écrire seule ça craint).

Et bisous à mes premiers reviewers pour cette fiction : Lybeah, Tendevil, et Just D, c'est super important pour moi.

Ok j'arrête de parler.

..

Chapitre 1 :

L'arbalète et le labrador

"T'as loupé la sortie !"

"Non, on est encore sur la bonne voie..."

"Tu vas devoir faire demi-tour. On est bientôt à court d'essence, Grace !"

Il s'est passé un jour et quelques heures depuis la horde de morts-vivants à Fort Benning, et la frustration de n'avoir pas eu le temps de prendre plus qu'un vieux magnum et deux chargeurs, nous pousse à nous engueuler de plus en plus fort. Je mets un terme à cette dispute en gardant le silence. Je garde mes forces pour ce qui pourrait suivre, si on se retrouve à court d'essence au milieu de cette cambrousse. Je sors de l'autoroute, bien que la dernière fois que ce soit arrivé, je l'ai regretté. Ces choses sont aussi en migration constante vers des lieux où la nourriture est plus abondante. Je n'ai souvent qu'à surveiller les endroits qu'ils fuient pour en rencontrer le moins possible. J'allume l'autoradio, tapote le volant au rythme des percussions et de la voix de Nina Simone. Lucy a fini par reporter son attention sur ses ongles dont le vernis commence à s'écailler.

Je roule de longues heures, plus tellement sûre du chemin à prendre ; mais Lucy calmée, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de l'alarmer. Je prends finalement la première sortie que je vois. Les panneaux sont fortement endommagés par les intempéries et la négligence, je n'arrive à en déchiffrer aucun, hormis une limitation de vitesse. De toutes façons, je ne pense pas être retournée sur mes pas. Et le sud est le sud, peu importe où nous atterrirons.

0o0

"Lucy...Bon Dieu, Lucy ! Réveille-toi !"

J'aurais dû m'en douter...j'aurais dû le savoir, à cette période, ils ont tous migré vers le sud.

Un grognement, suivi d'un hoquet de stupeur, survient à ma droite.

"Merde...qu'est-ce que t'as fait ?"

Elle se réajuste et jette des regards frénétiques entre le compteur qui indique 120 km/h et la moto qui nous poursuit.

"Et je suppose que t'as encore oublié le fusil dans le coffre ?!" elle grommelle avant partir pour se glisser à l'arrière de la voiture.

Heureusement, elle a gardé le Magnum sur elle, mais n'ayant jamais appris à tirer sur autre chose que des chevreuils, sa main tremble misérablement alors qu'elle essaye de le charger.

"Respire, Lucy. On n'aura peut-être même pas besoin de s'en servir..." dis-je, tentant de la calmer. En vérité, je crois que je tente de m'en convaincre moi-même.

Cela fait deux kilomètres que cet homme nous suit, peu importe les bifurcations, détours et autres manœuvres pour me débarrasser de lui, il n'a jamais lâché, gardant une allure stable pour économiser le carburant. Alors j'ai vite compris qu'il ne passerait jamais son chemin. Et puis j'ai été prise de panique lorsqu'il a levé son arme et a commencé à me faire signe de m'arrêter. Alors j'ai réveillé Lucy, mais je commence à me dire qu'elle était bien mieux les yeux fermés.

"Lucy..."

"J'y suis presque...continue d'avancer."

Je contourne violemment un nid de poule qui manque de nous retourner, et reprends une ligne droite avec difficulté. Je garde les yeux rivés sur la route, sachant que les altérations du temps, en plus de la vitesse, pourraient nous coûter la vie, alors que je m'acharne corps et âme depuis que cette merde s'est abattue sur nous, à nous garder en vie. Je ne peux cependant pas empêcher mes yeux de virer vers le rétroviseur interne, et étouffe un juron en ne voyant plus la moto. La longue route forestière s'étend derrière le véhicule et plus personne ne nous suit. Je tourne la tête et trouve Lucy, plus paniquée que jamais, se tortillant pour sortir la tête par la fenêtre et viser l'intrus désormais absent.

"Il est passé où ? Grace..."

« Je n'en sais rien. Reste calme !"

"Rester calme ? Que je reste calme ?"

Elle part dans un long aparté ponctué de jurons et de coups de pieds dans la portière. Je me concentre à nouveau sur la route, ralentissant considérablement notre allure. Je surveille les bas-côtés et scrute la route derrière nous dans les rétroviseurs. Il ne peut pas avoir abandonné aussi facilement. Je traîne la voiture ainsi durant quelques kilomètres, jusqu'à ce que je me rende à l'évidence, et relâche mon attention. Je sens mon ventre se détendre et Lucy en faire de même.

Mais, c'est en bon chasseur que notre poursuivant, avec une patience de tous les diables arrive à nous coincer. Un vrombissement beaucoup trop proche rugit soudain sur ma droite, et il pile à quelques mètres devant nous, nous barrant la route. La largeur de la chaussée et le fossé sur le côté ne me permettent pas de fuir. Je suis prise au piège, et ma seule pensée est pour Lucy.

"Sors par le coffre, et cours..." je souffle entre mes lèvres, certaine qu'il l'a déjà vue charger son arme et s'apprêter à s'en servir.

"Je ne vais nulle part."

"Arrête tes connerie, ne rends pas les choses plus compliquées !" je siffle, plus fort, alors que le motard descend de sa bécane, raccrochant son arme dans son dos.

"Il y en a un autre derrière, Grace..."

Je risque un regard, me tordant le cou pour apercevoir un autre homme s'approcher du 4x4, lentement, les mains en évidence sur les bretelles de son sac à dos. Il n'a pas l'air armé, et son expression inquiète sur son visage doux pourrait me donner envie de lui faire confiance. Un vrai labrador humain.

Pourquoi nous harceler ? Pourquoi nous suivre sur des kilomètres si au final, leur but n'est pas de nous tuer ? Je veux dire, c'est la putain d'apocalypse, plus personne ne pense à faire de l'humanitaire, maintenant, si ? Moi je pense plutôt qu'ils cherchent à nous embobiner pour nous emmener là où se trouve leur groupe et nous bouffer petit à petit. C'est pratique courante de nos jours, et je ne peux pas leur en vouloir. Je sens quelque chose de froid se poser sur ma cuisse, et je réalise que Lucy y a posé le Magnum, alors qu'elle a pu récupérer le fusil derrière les sièges, réservé pour les grandes occasions. Je prie pour qu'on n'en vienne pas là.

Le motard reste en retrait, alors que le randonneur fait gentiment le tour de la voiture, et s'approche de mon côté de la voiture comme on approcherait un animal blessé. Le sang bat à mes oreilles, et ma poigne se crispe sur la crosse du magnum, mais étrangement, je sais au fond de moi qu'il n'est pas là pour me tuer. Pas même avec son acolyte avec son air plus bourru que menaçant. Il reste à une distance raisonnable de mon véhicule, mais je vois ses lèvres bouger. Je n'entends rien...

"Qu'est-ce qu'il raconte ?" demande Lucy, agacée pour de bon.

« Je n'en sais rien..." dis-je, encore une fois. Et cette situation est frustrante.

Je fais un geste pour baisser la vitre, mais à peine a-t-elle atteint trois centimètres que je suis braquée immédiatement par une arbalète. Je lève les mains, sachant toutefois très bien que je ne risque rien, étant donné qu'une simple flèche ne peut pas traverser mon pare-brise...du moins théoriquement. Je n'en sais rien, on n'a jamais essayé de me lancer des flèches.

Le labrador a l'air gêné de la tournure que prennent les choses, et fait signe à son ami de se calmer. Mon Dieu, ça va être long. Il colle ses mains sur la vitre et articule comme s'il s'adressait à des demeurées.

"Descendez du véhicule, nous voulons simplement discuter."

J'ouvre la fenêtre, mais garde ma poigne bien ferme sur mon arme, et j'entends Lucy armer le chien du fusil. Ils comprennent que nous ne sommes pas près de descendre. Le randonneur fait un pas en arrière, et l'autre range son arme ne nous quittant pas des yeux. Il s'approche aussi, un peu moins sur ses gardes.

"Je me nomme Aaron, et voici Daryl. Nous sommes là pour vous parler de notre communauté et notre refuge."

"Je n'y crois pas...même après l'apocalypse on continue de se faire harceler par les fous de Jésus." marmonne Lucy.

"Nous ne sommes pas intéressées." Je dis d'un ton qui ne laisse aucun doute sur le faible niveau de ma patience.

Mais il persévère, comme s'il n'avait pas été interrompu.

"Nous parcourrons chaque jour des kilomètres afin de venir en aide à ceux qui en ont besoin."

"Eh bien c'est gentil, mais il se trouve qu'on se débrouille très bien toutes seules." J'affirme d'un ton dissuasif.

Il ne se décourage pas.

« Nous pensons agrandir notre communauté autour d'une ville autosuffisante, et vous pouvez nous aider. »

« J'ai dit : non merci. » je dis, plus lentement à mesure que la tension monte.

Mon cœur cogne fort contre ma cage thoracique. Si fort qu'il pourrait s'arrêter d'un moment à l'autre. Et ce n'est pas le moment…

Daryl s'approche, sans plus de délicatesse, et ouvre ma portière d'un geste sec, avant de m'inviter à descendre, son visage étrangement calme ne changeant pas d'expression. Lucy s'agite de son côté et je la sens prête à agir, avant que je ne l'arrête d'un regard. On ne risque rien tant qu'on reste sur le terrain de la négociation. Je pose mes pieds à terre, et frissonne alors qu'un vent frais vient balayer la route.

"Que voulez-vous ?" dis-je en enserrant ma poitrine de mes bras.

"Simplement vous parler." répond Aaron.

"Vous le faites depuis un moment. Qu'est-ce que vous voulez de nous ? "

Il échange un bref regard avec Daryl, avant de me donner son regard le plus convaincant.

"Que vous rejoigniez notre communauté."

C'est plus fort que moi, mais je lâche un long soupire et lève les yeux au Ciel. Ce n'est pas une offre que je peux considérer, pas alors que mon unique famille dépend de moi. Je tourne la tête vers Lucy qui n'est pas plus engageante. Je ne finis pas rire de leur naïveté et me tourner vers Aaron.

Il ne semble pas offensé.

"Nous avons des habitations, plus qu'il n'en faut. Nous avons un médecin, une infirmière, une équipe de sécurité renforcée, et..."

Je le coupe.

"Une équipe de sécurité ?" je laisse échapper un rire. C'est trop mignon. "Vous pensez que mettre des hommes devant votre porte va vous garder en sécurité ?"

Il semble déconcerté pendant un instant, alors son acolyte prend la relève beaucoup moins patiente.

"Ecoute, Princesse. Je viens de dehors, moi aussi. On était un groupe et on se pensait en sécurité. Mais courir de refuge en refuge et exploser des têtes du matin au soir...ce n'est pas une vie. On vous donne une alternative, et si ça ne t'intéresse pas, on ne peut pas te forcer."

"Ah oui, eh bien aux dernière nouvelles, ce n'est plus le monde dans lequel on a grandi, et il ne le sera jamais. C'est notre vie, maintenant, et tu ferais bien de t'y faire."

L'autre y trouve une brèche et saute sur l'occasion.

"Il y a toujours un moyen de se reconstruire. La civilisation s'est bâtie sur rien d'autre que l'entraide et le savoir..."

"Oh alors il veut nous faire un putain de cours d'histoire maintenant !" s'impatiente Lucy depuis sa fenêtre ouverte.

Aaron qui l'avait presque oubliée, la regarde. Il a l'air d'un mec sympa, peut-être trop pour survivre ici, et ses illusions doivent être les seules choses qui le tiennent en vie. Alors que je lui parle lentement, patiemment.

"Ecoutez, il y a une raison si ma sœur et moi sommes restée à l'écart des Hommes et de toute forme de civilisation. Là où on en a rencontré, il y a eu des problèmes pas très loin derrière. On cherche juste un endroit au Sud pour passer l'hiver en paix, loin du froid et des morts-vivants. Et le plus tôt nous y arriverons, le mieux on sera installées. Bonne chance pour votre chasse aux adhérents, mais encore une fois : non merci."

Je vais pour remonter dans mon 4x4, mais un bras m'en empêche.

"Tu n'as aucune idée de ce qui se trame ici. Vous ne passerez pas l'hiver."

"Pousse toi..." dis-je en défiant du regard.

Je commence à sentir mon sang bouillir encore une fois. Derrière ses mèches en bataille collées par la sueur et le sang, je trouve de la compassion. Bordel il ne manquait plus que ça !

"Il y a d'autres chatons sauvages à sauver. T'en trouveras sûrement un de plus docile à adopter."

Je chasse son bras d'un geste brusque et remonte dans ma voiture.

Je me jette sur mon siège et claque fortement la porte, le faisant reculer. Je grogne en voyant que ces cons m'ont fait gâcher du carburant.

"Réfléchis bien...tu n'auras peut-être pas d'autres chances !"

"C'est tout réfléchi, Daryl."

Je démarre, mais je suis stoppée par l'autre qui tape contre la vitre.

"Acceptez au moins ces bouteilles d'eau..."

Ah non mais je rêve...

"J'ai soif, Grace." murmure Lucy.

Je la mitraille du regard en ouvrant la fenêtre.

"Balance, Mère Teresa."

Une fois les bouteilles sur le siège passager, je démarre en trombe, les laissant derrière moi, le visage déconfit. Le regard de Daryl nous suit, jusqu'au virage, là où il ne peut plus nous voir.

"Ils sont bizarres, non ? Je veux dire, aider des gens c'est pas la priorité, pourquoi nous ?"

"Parce qu'on est des Damoiselles en détresse et qu'ils ne doivent pas avoir vu de paire de seins depuis bien avant que tout foire." je grommelle.

"T'es mauvaise langue. S'ils cherchent à aider les gens, c'est qu'ils vivent eux-mêmes très bien."

Je lui retourne un regard de biais.

"Quoi, t'allais dire oui ?"

"Non... je ne sais pas. C'est vrai qu'il a raison, ce n'est pas une vie, courir comme ça pour survivre. T'as beau appelé ça un road trip, mais lorsqu'on en faisait, on finissait toujours par rentrer à la maison. On n'a plus de maison, Grace. Ça ne te manque pas ?"

Je garde le silence. Il est hors de question de lui montrer quoi que ce soit venant de moi. J'aurais voulu lui dire qu'on se suffit à nous-mêmes. Mon groupe est petit, mais c'est ma seule famille, et je ne la risquerais pas pour une illusion ou un faux espoir. Pour un choix désespéré. Je me rends bien compte que cette vie doit uniquement être provisoire en attendant de trouver mieux.

Et s'ils étaient ce mieux ?

Non. Je me laisse embrouiller par la fatigue et le manque de sucre. Je ne m'arrêterai pas ! Peu importe le ton implorant de Lucy.

"Qu'est-ce que..."

Elle n'a pas le temps de finir sa question qu'un gros BOUM secoue l'arrière de la voiture. En fait il secoue tout le véhicule et projette violemment ma tête contre le volant.

"Putain!" je crie en me relevant, ma main sur mon front. Un filet de sang gicle de mon nez.

"Lucy ? Lucy !"

"Je vais bien ! C'était quoi ça ? "

Je n'ai que le temps de jeter un coup d'oeil au rétroviseur pour voir un énorme 4x4, plus imposant et en meilleur état que le nôtre, sa couleur noire luisant au soleil. Je ne l'ai pas vu ni entendu venir. Une portière avant s'ouvre, et je m'attends à voir Aaron et Daryl en descendre pour nous enlever, ou insister sur leur ville miracle. Mais je vois en fait une paire de bottes autrefois noires et un pantalon de style militaire...un visage fermé à toute discussion, fendu d'un sourire fier et amusé.

"Lucy...ils ne sont pas là pour nous aider..." Elle comprend immédiatement et attrape son arme, alors que je colle de nouveau mon visage sur le volant, espérant, sans trop y croire, qu'ils ne m'ont pas vue me relever.

Des cris de joie et des exclamations retentissent, alors que le 4x4 se vide de ses occupants, de plus en plus nombreux. Je crois en compter huit. Si mon coeur avait battu la chamade un peu plus tôt, ce n'était rien comparé à ce que je ressens en ce moment. Je sens que mon estomac va se vider sur mes cuisses.

"Nom de Dieu, les mecs...je crois qu'on a une grosse prise là !" triomphe le premier.

"Le patron va être content."

"Qui a dit qu'elles sont pour le patron ?" dit un autre d'un ton excité.

"Qui a dit qu'elles respirent encore ? Qu'est-ce qu'il va faire de marcheurs ?"

"Y a qu'un seul moyen de le savoir."

J'entends des bottes claquer sur le sol, se rapprochant de plus en plus. Mes doigts se crispent sur mon pantalon, et j'entends Lucy armer une nouvelle fois le chien du fusil. Je n'arrive pas à retrouver le Magnum. Je tâtonne frénétiquement la place vide à côté de moi, et n'y trouve que des bouteilles.

"Merde...merde..."

Je serre les lèvres et expire par le nez, attendant qu'il me trouve. La portière s'ouvre très soudainement, et malgré tous mes efforts, je ne peux pas m'empêcher de sursauter. Je relève péniblement la tête et pose une main sur ma nuque. Il approche son visage, pose une main gantée sur mon cou, prenant mon pouls, et caressant ma peau dans un même geste.

Un rire acide fait voler des mèches de mes cheveux. Il susurre alors :

"Oh oui, ma belle...tu vas d'abord passer un essai, et on t'enverra au patron ensuite..."

Il glisse sa main derrière ma nuque, sans douceur, et la serre pour me faire tourner la tête vers lui. Je serre les dents, mais ne gémis pas. Ma vision est troublée, mais je vois parfaitement son sourire satisfait et son regard appréciateur. Il me lâche la nuque et sa main descend sur ma poitrine. Il la serre dans sa poigne, et la relâche immédiatement, avant de siffler un des hommes qui l'accompagnent.

"Hé, Danny! Amène-toi, il faut la sortir de là."

J'aurais voulu me battre, et les empêcher de me prendre, mais mon coup sur le front m'a transformée en poupée de chiffon. Je suis sortie de la voiture, et allongée à même le bitume froid. Je sens l'humidité s'insinuer à travers mon pull. Je bataille pour garder les yeux ouverts, mais ne vois que des ombres floues planer au-dessus de ma tête. Ma respiration est erratique, coincée entre la peur et le choc de l'accident. Je n'entends plus qu'un vague bourdonnement de voix, et ne cherche plus que l'oxygène. Je sens qu'on me touche, j'entends qu'on me parle, mais je suis incapable de capter quoi que ce soit.

Et puis une détonation retentit. Je ne sais pas d'où elle provient, mais elle les détourne de moi pendant un instant. Il y a des cris, de la confusion. Je sens de la chaleur sur mes jambes. Je ne peux plus rien voir ni entendre, hormis un vrombissement et les hurlements de Lucy.

"Grace...Grace!"

Je suis secouée. Et je me sens flotter.

"Réveille-toi ! Nom de Dieu...Grace!"

Ce n'est pas une voix que je connais. Ce n'est pas celle de Lucy. Je tente de toutes mes forces d'ouvrir mes paupières, mais elles sont soudées. Je sens qu'on me pose sur quelque chose de mou. Je reconnais l'odeur de mon 4x4. Deux claquements de portière.

"Lucy..."

"Elle va bien. Tu lui dois la vie."

"Qui...qui..."

Je roule la tête vers le côté conducteur et trouve le labrador Aaron à ma place. Merde...on dirait que je vais être obligée de les suivre, maintenant.

Pas trop déçus ?