Bonjour tout le monde ! Enfin tout le monde… C'est une toute petite populace que j'ai là. Mais c'est mieux que rien et je remercie le peu de personnes qui m'ont laissé un commentaire adorable !

Je ne sais pas à quelle fréquence je posterai. Mais comme il n'y a pas beaucoup de chapitres et encore moins de reviewers, je pense les mettre sans trop grosses intervalles de tmeps.

Juju.15 : Hello ! Et comme d'habitude, je t'en remercie ! Contente que tu aimes Hunter, le chouchou de ma vie :3 Je ne sayraus te dire combien je te remercie de lire patiemment toutes les fictions que j,'écris parce que c'est adorable et ça fait vraiment plaisir que me fasses savoir tes impressions ! Merci encore beaucoup (ça veut dire rien mais bon)


Blaine : gras.

Hunter : italique.

Sebastian : italique gras.


* Hunter *

Après avoir lu le dernier texto de Blaine, je rangeai mon téléphone dans ma poche. Il ne me restait que quelques minutes de route avant d'arriver devant l'appartement de Blaine et Sebastian.

Sebastian. Sebastian Smythe. Ce nom. Ce nom que j'avais tant chéri. Même après toutes ces années, rien que de dire ce nom me donnait des frissons dans tout le corps. Je n'avais pas imaginé une seule seconde que notre amour aurait pu prendre fin subitement et de cette façon. Je pensais que j'avais réussi à faire changer Sebastian, qu'il était devenu gentil, fidèle et amoureux. Mais il ne l'était pas. Malgré ça, je l'aime encore. Je ne sais pas comment j'arrive à vivre. Je me contente seulement de survivre. Je lui survis. J'espère qu'il ne me fuira pas comme je l'ai fui. J'espère qu'il me tendra les bras comme la toute première fois. J'espère peut-être trop, je n'espère peut-être pas assez, mais j'espère.

Ça y est. J'y suis. L'appartement. Son appartement. Je m'éloignai de ma voiture. Je poussai la porte du bâtiment. Je montai les escaliers. Je m'arrêtai devant le numéro 21. Je ne bougeai plus. J'arrêtai de respirer.

Sebastian était là, juste là, derrière cette porte. J'expirai. Puis je toquai timidement à la porte. Elle s'ouvrit doucement. C'était lui. Sebastian Smythe, plus magnifique que jamais. Mon cœur s'emballa et le garçon en face de moi ne dit rien. Il me regarda simplement, de haut en bas, de bas en haut. Aucun mot ne put sortir de ma bouche, j'étais totalement paralysé. Oh, Sebastian, tu es tellement beau… ! Tu n'as pas changé. Ces mêmes yeux clairs, ce même sourire séducteur, ces mêmes cheveux châtains parfaitement coiffés sur ta tête, et ce même air de fierté dévastatrice.

– Sebastian…, parvins-je à articuler.

Le châtain ferma les yeux. C'était comme s'il réfléchissait intensément. Oui mais, à quoi ? Il les rouvrit soudain. Il me fixait à présent.

– Hunter, dit-il.

Mon cœur frissonna en entendant sa voix mélodieuse. Me sentant gêné par le silence ambiant, je me mis à parler, parler, sans me rendre compte de ce que je disais :

– Ecoute, Sebastian. Je suis venu pour m'excuser. Je n'aurais jamais dû partir sans rien dire, je n'aurais jamais dû te fuir. Mais j'avais peur et j'étais blessé. Tout ce temps où toi et moi étions un couple, tu me trompais. Et tu savais délibérément que je t'étais entièrement dévoué. J'aurais pu faire n'importe quoi pour toi, n'importe quoi, et tu le sais éperdument. Si tu savais comme je t'aimais, si tu savais comme je m'en suis voulu d'être parti… Chaque instant de ma vie, j'ai regretté de ne pas t'avoir expliqué les raisons de mon départ. Chaque fois, je me disais que si c'était à refaire, je ne serais jamais parti, je serais resté auprès de toi, même si tu couchais avec d'autres mecs. Parce que, Sebastian, j'ai besoin de toi. Je ressens encore l'envie d'être avec toi. Tu me manques. Je te veux de retour dans ma vie.

Comme il ne réagissait toujours pas, je continuai à parler, laissant mon instinct me dicter mes paroles :

– Je sais que tu ne m'aimes plus – même si tu ne m'as jamais vraiment aimé – et je sais aussi que partir comme je l'ai fait était dégueulasse, mais il faut que tu me pardonnes. C'est pour ça que je suis ici. Il faut que je t'entende dire que tu ne m'en veux pas. S'il te plait. Dis-moi ça et je m'en irai comme je suis venu. Sebastian, parle-moi. Dis quelque chose… Ok, ne dis rien. Mais je ne peux plus vivre sans toi, tu comprends ? Je me sens tellement inutile, si tu savais. Sebastian, personne ne m'aime…

Le châtain fit un pas en avant. Je ne compris pas tout de suite ce qui m'arrivait. Je sentis d'abord une main se poser délicatement sur mon cou puis me tirer. Ma bouche rencontra celle de Sebastian, fine, délicate et sauvage. Il me fallut quelques secondes pour me rendre compte que ce contact était réel. Il était vraiment en train de m'embrasser. Je le pris par la taille en lui rendant son baiser. Après une minute ou deux, je sentis sa langue se presser contre mes lèvres. J'ouvris doucement la bouche et nos deux langues luttèrent l'une contre l'autre pour avoir le dessus. Enfin, il se décolla de moi et nous restâmes là à nous fixer intensément, front contre front.

– C'est faux, dit Sebastian au bout d'un moment.

– De quoi ? murmurai-je.

– Tu as dit que personne ne t'aimait. C'est faux.

– Ah oui ?

– Je t'aime. Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Hunter.

Mon cœur rata un battement. Une main du châtain se posa sur ma joue. Il m'avait vraiment aimé, alors ?

– Je croyais que tu n'étais pas amoureux de moi…

– Bien sûr que j'étais amoureux de toi ! Tu es la seule personne que j'ai vraiment aimée.

Je souris, rougissant un peu. Il me traina à l'intérieur de son petit appartement. Il n'avait rien à voir avec ma belle et grande maison mais il ne manquait de rien. Il me fit asseoir sur un des deux lits.

– Hunter, si tu savais depuis combien de temps j'attendais que tu reviennes.

– Mais pourquoi ne pas m'avoir appelé ou rendu visite ?

– Je… pensais que tu ne m'aimais plus, que c'était fini, que je passerais pour un idiot si je venais te supplier d'être mon petit ami à nouveau.

Je le regardai piteusement. Il se rapprocha de moi et mit une main sur ma jambe.

– Raconte-moi pourquoi tu m'as quitté.

– Je t'ai entendu parler avec ce garçon, James.

– James ?

– Oui. Vous étiez saouls et vous parliez de moi…

Je sentis la colère et la tristesse monter en moi en me rappelant du souvenir.

– Qu'est-ce qu'on disait ?

– Tu disais que je n'étais rien pour toi, que tu ne m'aimais pas vraiment, que tu jouais simplement avec moi, que tu allais rompre…

Le visage de Sebastian se décomposa :

– J'ai vraiment dit ça ?

Une larme coula sur ma joue.

– Oui, soufflai-je.

Je sentis un doigt de Sebastian essuyer ma larme.

– Et tu as cru à ces mensonges ?

– Tu avais l'air si sincère…

– Quoi que j'aie pu dire sur toi, c'est totalement faux. Je t'aimais et je t'aime encore. Jamais – tu m'entends ? Jamais – je ne pourrais dire ce genre de choses. Je n'avais aucune envie de rompre avec toi et je ne jouais pas avec toi.

– Mais pourquoi tu me trompais alors ! m'emportai-je.

– Hunter, je suis désolé. J'avais peur de notre relation, je ne voulais pas appartenir à quelqu'un, j'avais si peur ! Je pensais que si je ne me sentais pas désiré par d'autres hommes, je ne serais pas heureux. Mais j'avais tort, tellement tort. Tu me suffisais et je n'étais pas capable de m'en rendre compte. Je ne voulais être désiré que par toi, et toi seulement. Tu étais le seul à qui je voulais faire envie.

– Mais James…

– James n'était rien, me coupa mon ex-petit ami. Pas plus que tous les hommes avec qui j'ai partagé une nuit. Ils n'étaient rien par rapport à ce que tu représentais pour moi. J'espère que tu le sais.

– Oui…

En fait, je venais juste de l'apprendre… Le châtain me prit dans ses bras et m'embrassa la tête. Je fermai les yeux et me blottis contre son torse musclé. En ce moment, plus rien ne m'importai. Je me fichais d'avoir été malheureux pendant les cinq dernières années de ma vie, je me fichais de ce que m'avait fait Sebastian auparavant, je me fichais de tout. Tout ce que je voulais, c'était serrer Sebastian dans mes bras.

– Je t'aime, murmura-t-il.

Je levai les yeux vers lui puis souris.

– Moi aussi.

Une question surgit soudain dans mon esprit.

– Mais, et Kurt dans tout ça ?

Sebastian fronça les sourcils.

– Comment connais-tu Kurt ?

– Euh…

Mais heureusement, Sebastian ne me posa plus de questions et dit plutôt :

– Kurt est mon petit ami, mais je prévoyais déjà de rompre avec lui dans peu de temps. Je sors avec lui… tout simplement parce qu'il me fait penser à toi. Il te ressemble tellement. Il est si sensible, si amoureux et attentionné.

– Tu sors avec lui parce qu'il est comme moi ? m'étonnai-je.

– Je sais, c'est idiot, mais j'avais l'impression d'avoir une deuxième chance avec toi. Je ne voulais pas tout gâcher, cette fois.

– Ce n'est pas idiot du tout, le rassurai-je. Ce qui m'embête, c'est que tu vas lui briser le cœur, exactement comme avec moi.

– Je sais. Mais maintenant que tu es revenu vers moi, je suis prêt à n'importe quoi pour t'avoir en exclusivité. Je veux bien m'installer avec toi, me marier, avoir un enfant, tout ce que tu voudras. Comme tu l'avais dit cinq ans plus tôt, jour pour jour.

– Tu as compté ? Je veux dire, tu sais qu'aujourd'hui c'est le jour de notre rupture ?

– Bien sûr. Je t'aime, me rappela-t-il.

Je l'embrassai sur la joue. Tout à coup, la sonnerie de portable « My Dark Side » retentit. Ce n'était pas mon téléphone. Ma sonnerie à moi était « Glad You Came ». Sebastian grimaça mais répondit tout de même :

– Allô, Kurt ?

J'entendis le faible écho de la voix tremblante et aigue du garçon nommé Kurt.

– Sebastian, il faut qu'on parle.

– De quoi ?

– De nous.

Le plus grand me jeta un petit regard gêné.

– Maintenant ? Ça ne peut vraiment pas attendre ?

– Non. On doit parler tout de suite.

Sebastian soupira et resserra son étreinte autour de mon corps en disant :

– Très bien. Vas-y. Je t'écoute, qu'est-ce que tu veux me dire ?

J'entendis l'homme au bout du fil prendre sa respiration et décréter :

– Je ne veux plus être ton petit ami.

La réponse me surprit et Sebastian aussi, si j'en croyais ses sourcils haussés.

– P- Pourquoi ? bégaya le grand châtain.

– Tu n'es pas pour moi. Je sais comment tu fonctionnes, avec toutes ces amourettes sans avenir et ces coups d'un soir. Je ne veux pas finir comme ces hommes avec qui tu as couché et dont tu ne te souviens plus.

– Je-

– C'est tout décidé, Sebastian. Je ne veux plus sortir avec toi.

Je fixai le garçon. Celui-ci ne s'attendait pas du tout à se faire plaquer comme ça.

– D'accord, finit-il par dire au bout d'un moment.

Kurt raccrocha. Sebastian laissa tomber son portable sur le lit.

– On ne m'avait jamais encore largué comme ça. Par téléphone, je veux dire.

Je passai une main dans ses cheveux et l'embrassai sur la joue.

– Finalement, mes deux seuls petits amis ont fini par rompre tous les deux, conclut-il.

Je souris tout en continuant de l'embrasser sur la joue, descendant progressivement dans son cou et dans le creux de sa clavicule. J'entendis Sebastian rire puis il me prit par la taille. Ensuite, il m'allongea sur son lit puis se mit sur moi, tout en m'embrassant lui aussi un peu partout. Nos langues s'entremêlèrent et nos mains cherchèrent à atteindre les boutons de la chemise de l'autre en premier. Avec une habileté qui témoignait de son habitude, Sebastian enleva rapidement ma chemise, découvrant mon torse nu et musclé. Pendant que mes doigts se débattaient avec les boutons de son habit, la bouche du châtain se baladait de mon cou à mes bras, jusqu'à mes abdos et en passant par mes pectoraux. J'ouvris enfin sa chemise, un sourire victorieux sur le visage. Sebastian émit un petit rire et recommença sa tâche, descendant de plus en plus bas.

Je me sentais tellement bien dans ses bras, tellement à ma place. Dire qu'il nous avait fallu cinq ans pour que tout redevienne comme avant. Tout ce temps, on avait continué à s'aimer secrètement. Tout ce temps, on ignorait tout de l'autre. Nous aurions peut-être dû reprendre contact. Nous aurions peut-être dû en parler. Mais nous pensions, chacun de notre côté, que l'autre nous détestait. Ce qui était, en fait, faux.

Sebastian continuait de déposer des baisers sur mon corps pendant que je caressais ses cheveux en réfléchissant. Je sentis les mains du châtain se débattre avec le bouton et la braguette de mon jean pour enfin réussir à les défaire. Il retira mon pantalon et le jeta à terre, avec un sourire plein de fierté. J'essayais moi aussi de lui enlever son jean mais c'était peine perdue.

– Laisse-moi faire, Hunt', me chuchota le plus grand.

Je souris au châtain pendant qu'il enlevait son propre pantalon. Nous nous retrouvâmes tous les deux en caleçon, nous embrassant de plus belle. Je sentis ses lèvres effleurer mes cuisses tout en remontant jusque sur mon sous-vêtement. Il allait retirer mon caleçon mais me jeta d'abord un regard empreint de doute.

– Je peux ? demanda-t-il enfin dans un murmure.

Je levai les yeux au ciel et souris de toutes mes dents.

– Bien sûr. Je t'en prie.

Sebastian me sourit en retour et abaissa le vêtement, embrassant en même temps mes bras qui entouraient son cou. J'enlevai à mon tour son caleçon et le jetai par terre. Il me retourna et commença à m'embrasser dans le cou et sur la nuque.

– Se- Sebastian ? fis-je timidement.

– Oui, mon amour ? souffla-t-il entre deux baisers.

– Est-ce que- Est-ce que je peux te prendre, cette fois ?

Sebastian arrêta immédiatement de m'embrasser et me regarda fixement. Son visage tout entier témoignait de sa stupéfaction.

– Tu veux… me prendre ? demanda-t-il pour être sûr d'avoir bien entendu.

– Oui. Enfin, si tu es d'accord, me rattrapai-je.

Le châtain enfouit sa tête dans le creux de ma clavicule et murmura :

– Si tu en as envie, tu peux être dessus.

Je souris à Sebastian. Il m'embrassa sur la joue et se retourna, dos à moi, pour inverser la situation. Je l'emprisonnai dans mes bras musclés.

– Merci, chuchotai-je.

Pour toute réponse, il déposa un baiser sur mon bras et blottit sa tête contre mon torse nu. J'étais heureux. Si heureux. C'était la première fois que j'étais autant heureux depuis que j'ai quitté Sebastian. C'était aussi la première fois que je dominais Sebastian depuis que je le connaissais.

Je m'éveillai sans bruit. Sebastian dormait dans mes bras. On aurait dit un ange. Je l'embrassai tendrement sur la joue. Tout doucement, pour ne pas le réveiller.

– Hunter ? murmura Sebastian d'une voix faible.

– Oui, mon ange ?

– Rien. Je voulais juste te dire que je t'aimais.

J'émis un petit rire.

– Je t'aime aussi, Seb.

Il se retourna pour se mettre face à moi. Je ramenai un peu la couette sur moi parce que je venais de frissonner.

– Je ne savais pas que ça faisait autant mal…

Je posai un baiser amoureux dans son cou.

– Ça ne fait rien. J'aimais beaucoup quand tu me prenais.

Sebastian me sourit. Il essaya de se mettre en position assise mais retomba directement sur le dos avec un cri de douleur.

– Je comprends mieux pourquoi tu ne pouvais plus marcher à nos premières fois…, grommela-t-il.

Je grimaçai. Je me rappelais encore comment j'avais souffert après nos premières nuits ensemble à Dalton.

– Quelle heure est-il, Hunt' ?

– Cinq heures.

Sebastian soupira et passa une main dans ses cheveux.

– Tu devrais t'en aller, me conseilla-t-il. Blaine ne va pas tarder. Tu te souviens de lui ?

– Oui, oui. Je vais y aller.

Je me levai et commençai à me rhabiller. Sebastian m'admira pendant ce temps-là, sa tête dans sa main. Une fois que j'eus finis de mettre mes vêtements, je me penchai sur Sebastian pour l'embrasser.

– On s'appelle ? proposai-je.

– Tu as encore mon numéro ? s'étonna-t-il.

– Oui, avouai-je en rougissant. Je n'ai pas eu le courage de le supprimer.

– Moi aussi je l'ai encore, t'inquiète, me rassura le châtain.

Je lui souris.

– Tu m'aides à me relever ? demanda-t-il.

– Pas de problème.

Je pris sa main et il se leva, se blottissant dans mes bras. Il enfouit sa tête dans mon cou et je le berçai en douceur.

– Merci d'être revenu, Hunt'. Je t'aime tellement.

– Je t'aime aussi, mon cœur.

Il m'embrassa et je partis, un sourire aux lèvres. J'atteignis ma grande maison une heure plus tard. Mon portable vibra.

« (6:01) De : Blaine.

Hunter ? Tout va bien ? »

Je me demandai s'il fallait que je l'informe de ma petite aventure avec Sebastian…

« (6:01) A : Blaine.

Oui, ne t'en fais pas pour moi, je vais bien. Et toi, avec Kurt ? »

« (6:02) De : Blaine.

Il est mal en point. Il n'a fait que pleurer. Je viens de partir de chez lui, j'ai passé la nuit là-bas. »

Ça, j'avais remarqué… Heureusement, d'ailleurs, sinon il aurait assisté à une petite scène amoureuse entre Sebastian et moi…

« (6:03) A : Blaine.

Ne sois pas inquiet pour lui. C'était la seule chose à faire. »

« (6:03) De : Blaine.

Mais il a l'air si triste ! Je ne sais pas du tout quoi faire… Aide-moi, Hunter ! »

« (6:04) A : Blaine.

Le mieux serait de rester auprès de lui tant qu'il en a besoin et d'essayer de le rendre un peu plus heureux. »

« (6:04) De : Blaine.

Oui, mais comment ? »

« (6:05) A : Blaine.

Je ne sais pas. Propose-lui d'aller au cinéma, faîtes-vous un bon resto ou passez du temps tous les deux. »

« (6:05) De : Blaine.

Tu crois qu'il voudrait bien faire ces choses-là avec moi ? »

« (6:06) A : Blaine.

Bien sûr ! Tu es formidable, Blaine. Tu as réussi à me réconforter moi. J'estime que tu peux réconforter n'importe qui, maintenant. Demande-lui. Je suis sûr qu'il acceptera. »

« (6:06) De : Blaine.

D'accord ! Merci beaucoup, Hunter ! »

Je ne répondis pas. J'arrivai chez moi et mangeai un peu. Le reste de la journée se passa bien, étant donné que je me sentais enfin vivant. Etre de nouveau avec Sebastian, c'était comme une renaissance. Je pouvais enfin recommencer tout à zéro. Comme si notre rupture n'avait jamais existé.

Tout en réfléchissant à ça, je montai dans ma chambre pour choisir un DVD. Et merde, je n'ai que des comédies romantiques… Je n'avais pas pensé à racheter des films après notre rupture. Bon, tant pis, je vais faire avec. Je m'installai sur le canapé et allumai l'écran plasma. Je connaissais par cœur le film. Je m'endormis dès le début.

J'ouvris péniblement les yeux. La télévision était en mode veille. Dehors, on apercevait la lune éclairer faiblement le ciel sombre. Je regardai ma montre. 22:30. Ah, quand même. Un miaulement se fit entendre.

– Qu'est-ce qu'il y a, Roy ? dis-je à mon chat en bâillant.

Le chat blanc monta sur moi et se pelotonna contre mon torse.

– Tu veux dormir avec moi ?

Il répondit par un ronronnement satisfait. Je caressai pensivement sa fourrure et posai ma tête contre l'oreiller du canapé. De mes yeux perçants, je fixai le plafond.

Alors, il y avait une justice. Tôt ou tard, on finit par être heureux, même si on doit payer ses crimes. En ce qui me concerne, j'ai payé mes dettes. J'ai été méchant, arrogant, indifférent et plein d'autres choses que je ne peux pas nommer dans l'immédiat. En contrepartie, j'ai vécu cinq ans d'enfer, seul. Mais maintenant que ma dette est payée, je peux enfin être avec Sebastian et vivre heureux. Je crois que je suis en train de croire au karma.

Mes paupières se fermèrent d'elles-mêmes et je tombai dans un sommeil profond. Quelques heures plus tard, la lumière du jour me réveilla. Roy était toujours contre moi, ronronnant. Sans le déranger, je me levai et me dirigeai vers la salle de bain du deuxième étage. Automatiquement, je verrouillai la porte – oui, je sais, ça ne sert à rien, vu je suis tout seul chez moi. Je me déshabillai et entrai dans la douche. L'eau chaude coula sur mon visage puis sur le reste de mon corps. Je passai lentement ma main dans mes cheveux mouillés puis m'adossai au mur de la douche. J'ouvris les yeux et contemplai l'eau couler sur mon torse nu. Enfin, après une demi-heure, je sortis de la salle de bain, une serviette autour de la taille. J'allai chercher des vêtements dans une armoire de ma chambre, puis m'habillai.

– Roy ? le hélai-je.

Le félin arriva, la queue haute. Je lui souris et l'emmenai dans la cuisine. Je lui servis du saumon fumé – son plat préféré.

– Aujourd'hui, c'est un jour de fête, Roy.

Il pencha la tête sur le côté puis commença à manger, sa queue battant l'air.

– Oui, j'ai enfin récupéré Seb. Il faudra que je pense à remercier Blaine un jour…

Je m'assis sur une chaise en croquant dans une pomme. J'allais sortir de la maison pour courir – oui, je l'avoue, je cours tous les matins, mais c'est pour entretenir mon corps – quand mon portable vibra dans ma poche.

« (10:00) De : Sebastian.

Hello, bébé. Blaine vient de partir pour faire du shopping, tu viens chez moi ? »

« (10:00) A : Sebastian.

Désolé, mon cœur, mais je dois courir. »

« (10:01) De : Sebastian.

Courir ? Tu cours, maintenant ? »

« (10:01) A : Sebastian.

Oui. J'y vais, bye. »

Je fourrai mon téléphone dans ma poche de jogging et, prenant soin de vérifier que Roy était bien sorti, je fermai la maison à clé. Je mis mes écouteur dans mes oreilles et me lançai. Bien que mon corps soit musclé et – je ne suis pas du tout narcissique – parfait, je devais courir pour l'entretenir. Chaque matin, à 10:00 précises, je partais pour une heure de course à pied.

Quand je revins à la maison, il était 11:30. J'avais rallongé mon trajet pour aller passer une commande spéciale chez le bijoutier.

Je souris devant la demi-douzaine de messages que m'avait laissé mon petit ami.

« (10:02) De : Sebastian.

Attends, me laisse pas tout seul ! »

« (10:10) De : Sebastian.

Réponds-moi, Hunt' ! :( »

« (10:15) De : Sebastian.

S'il te plaît, chéri, réponds. »

« (10:43) De : Sebastian.

C'est pas drôle, Hunter. :'( »

« (11:04) De : Sebastian.

Hunter Clarington, réponds-moi immédiatement ! »

« (11:15) De : Sebastian.

T'es mort ? »

Je tapai rapidement une réponse :

« (11:36) A : Sebastian.

Non, mais tu vas finir par me tuer. »

« (11:36) De : Sebastian.

Hunteeeeeeeeeeeeeeeeeeeer ! :D »

« (11:37) A : Sebastian.

Faut que t'ailles te faire soigner. »

« (11:37) De : Sebastian.

Oui, Docteur, j'ai une maladie très grave. Il faut que vous veniez tout de suite chez moi. J'ai une Claringtonite pulmonaire ! »

Je ris. Sebastian était tout simplement adorable. Vraiment.

« (11:38) A : Sebastian.

Je suis désolé, mais c'est une maladie incurable. Moi, je suis atteint d'un Sebastianisme sévère ! »

« (11:38) De : Sebastian.

Allez, viens chez moi, que je te soigne ^^ »

« (11:39) A : Sebastian.

Je voudrais bien mais je ne peux pas ! »

« (11:39) De : Sebastian.

Ah bon, pourquoi ? :( »

« (11:40) A : Sebastian.

Dîner de famille… »

« (11:40) De : Sebastian.

Tu vas leur parler de moi ? :D »

« (11:41) A : Sebastian.

Non. »

« (11:41) De : Sebastian.

Pourquoi ? »

« (11:42) A : Sebastian.

Ils ne savent même pas que je suis gay. »

« (11:42) De : Sebastian.

Tu ne leur as pas dit ? »

« (11:43) A : Sebastian.

Pour me faire jeter dehors ? Non merci ! »

« (11:43) De : Sebastian.

Je suis désolé, mon cœur, je ne savais pas… »

« (11:44) De : Sebastian.

C'est pas ta faute. »

Tout en envoyant ce message, je remontai dans la salle de bain. J'enlevai mes vêtements et pris une douche – c'est parce que normalement, je prends une douche le soir et le lendemain après avoir couru. Après m'être habillé convenablement, je descendis dans le salon.

« (11:45) De : Sebastian.

Qu'est-ce que tu dirais de samedi, à 20:00, chez moi ? »

« (12:08) A : Sebastian.

Ça devrait être possible, mais et Blaine dans l'histoire ? »

« (12:08) De : Sebastian.

Justement, j'ai choisi ce jour parce qu'il a dit qu'il sortirait et qu'il reviendrait tard. »

Je souris vaguement. J'imagine que Blaine irait quelque part avec Kurt, pour le détendre. A mon avis, ce matin il était allé faire du shopping avec lui. Ce Kurt avait de la chance d'avoir quelqu'un comme Blaine, à l'écoute. Même si du fait qu'il ait été le second petit ami de Sebastian je ne l'aimais pas trop, j'éprouvais quand même un peu de compassion pour Kurt. Après tout, on avait tous les deux eu le cœur brisé par la même personne, non ?

« (12:09) A : Sebastian.

Ok. Je te laisse. A samedi. Je t'aime, Seb. »

« (12:10) De : Sebastian.

Je t'aime aussi, Hunt'. »

Je rangeai mon portable et pris ma voiture. Mes parents habitaient à deux heures de Lima, dans une immense maison rien que pour eux. Mon frère, Harper Clarington, avait depuis longtemps quitté le lieu familial. Il avait sept ans de plus que moi – c'est-à-dire 33 ans. Il faisait la fierté de la famille, étant donné qu'il travaillait dans une grande entreprise et qu'il gagnait beaucoup. Nous n'avions pas beaucoup de points communs (à part que nous nous ressemblions comme deux gouttes d'eau, peut-être). Il m'aimait bien, mais moi, je le méprisais. Peut-être à cause de son air supérieur et à sa manie de toujours tout rapporter à lui, ainsi que le fait qu'il récolte tout le temps les lauriers. Moi, on ne me félicitait jamais. Pas un compliment, rien. A croire que je n'existais pas ! C'était Harper par-ci, Harper par-là… A mon avis, mes parents m'avaient eu par accident. C'est vrai, quoi. Pourquoi vouloir un deuxième enfant si le premier est parfait ?

Je garai ma voiture dans l'allée fleurie et bien entretenue puis sonnait à la porte. On vint ouvrir.

– Hunter ! fit ma mère et me souriant et en déposant un petit baiser sur ma joue.

Mon père arriva derrière elle et me serra poliment la main.

– Content de te voir, fils.

Ils me laissèrent entrer et je me débarrassai de ma veste en cuir.

– Alors, que nous racontes-tu de beau ? demanda mon père.

– Pas grand-chose, fis-je.

– Tu travailles toujours dans ce club de gymnastique ? s'intéressa ma mère à son tour.

– Non, j'ai démissionné il y a cinq ans, lui rappelai-je pour la centième fois.

– Mais oui, souviens-toi, Evannah ! Il nous l'avait dit le jour où Harper avait reçu une promotion.

Je levai les yeux au ciel. Encore en train de parler de Harper…

– Mais oui, ça me revient ! En tout cas, j'espère que tu vas vite trouver un autre travail.

– Nous ne pourrons pas continuer éternellement à te donner de l'argent, renchérit mon père.

– Je cherche du travail.

– Tu pourrais peut-être trouver un emploi dans ce club… Qu'est-ce que c'est déjà ? Tu sais bien, Evannah, la fille du directeur s'appelle Sugar !

– Oui, c'est Sugar Motta. Son père tient un club de musculation. Il paraît qu'il y a plein de beaux garçons, là-bas. J'irais bien jeter un coup d'œil…

– Evannah ! s'indigna son mari.

Je souris vaguement. Si je n'avais pas été en couple, peut-être que j'aurais aimé aller regarder ces garçons dont parlait ma mère…

– Mais tu as raison, je crois que c'est Motta. Qu'en dis-tu, Hunter ?

Je haussai les épaules.

– Pourquoi pas ?

– Bien ! dit mon père, satisfait. En plus, tu pourrais te rapprocher de Sugar et-

– Papa ! le coupai-je. Je te vois venir et non, je ne veux pas me "rapprocher" de cette fille.

D'abord parce que je la connaissais pas, ensuite parce que c'était une fille, et enfin parce que j'étais en couple. Mais je ne donnai pas mes motifs à mes parents.

– Pourquoi donc ? Imagine si tu te mariais avec elle. Tu n'aurais plus besoin de travailler et tu assurerais ton avenir financier pour plusieurs décennies !

– Papa, je ne veux me marier ni avec elle ni avec qui que ce soit !

Devant ma mini-rébellion, mon père haussa un sourcil.

– Hunter Clarington, viens-tu de dire que tu ne te marierais jamais ?

– Je n'ai pas dit ça. J'ai simplement dit que je n'étais pas prêt.

Avant qu'ils puissent répondre, quelqu'un sonnait à la porte. Le visage de ma mère s'éclaira et elle sautilla presque jusque dans le hall d'entrée. Je la vis sauter au cou de Harper. Puis mon père, tout sourire également, s'approcha pour lui serrer vigoureusement la main.

– Harper, mon chéri ! disait ma mère. Comme je suis contente que tu aies pu te libérer pour notre réunion familiale ! Tu vas bien ? Le trajet ne t'a pas fatigué ? Entre, je t'en prie !

– Fiston, quel bonheur ! Je disais juste à ta mère que ton absence se faisait sentir ! Viens vite à l'intérieur !

Mon frère leur sourit pour toute réponse et entra. Jaloux de l'attention que lui portaient mes parents, je le dévisageai gravement. Il me vit et me fit un petit signe de la main. Je répondis par un hochement de tête. Il posa son manteau sur une chaise et s'approcha de moi. Il m'enlaça et me dit :

– Hunty ! Tu m'as tellement manqué !

– Toi aussi, dis-je d'un ton plat.

Il se défit de moi et lança à mes parents :

– Vous n'auriez pas refait la déco depuis la dernière fois ?

Ma mère sembla exploser de joie.

– Si ! Tu as remarqué ? Comme il est intelligent, n'est-ce pas, Marvin ?

– Totalement, approuva mon père. Il voit tout.

Harper rit et me donna une tape sur l'épaule.

– Alors, Hunty, quoi de neuf ? Pas de nouvelle copine… ?

Je hochai négativement la tête. Pas de nouvelle copine, non. Mais un nouveau copain, oui…

– Il faudrait que tu trouves quelqu'un. Ça me rend triste de te voir tout le temps tout seul.

– Il a dit qu'il allait peut-être demander Sugar Motta en mariage.

– Je n'ai jamais dit ça ! m'exclamai-je, hors de moi.

– Sugar Motta ? La Sugar Motta ?

– Oui, elle est la fille d'un des plus grands directeurs d'entreprise d'entretient physique, l'informa mon père.

– Mais c'est génial, Hunty ! J'ai entendu dire qu'elle était jolie.

– Je ne vais pas me marier ! dis-je encore une fois.

Ma mère soupira et changea de sujet :

– Passons à table, les enfants.

Elle nous fit asseoir. Je me trouvai entre mon père et Harper. Je commençai à manger, n'écoutant qu'à demi ce que disaient mes parents et mon frère.

– Qu'est-ce que tu en penses, Hunter ? demanda soudain mon père.

Je levai vivement la tête. Je tentai vainement de trouver à quoi il faisait allusion puis je finis par répondre :

– A propos de quoi ?

– Au sujet du mariage homosexuel.

Ma gorge se serra.

– Je-

– Réponds franchement, intervint mon frère en me regardant droit dans les yeux.

Je déglutis et cherchai mes mots. Je ne savais pas trop quoi dire. Soit je répondais franchement, au risque de ne plus jamais pouvoir leur adresser la parole, soit je mentais.

– Je suis pour.

Le visage de mes parents se décomposa.

– Qu- Quoi ?

– J'ai dû mal entendre, tenta de se convaincre mon père.

– Vous avez très bien entendu. J'ai dit que j'étais pour le mariage gay.

– Hunter, ne t'avons-nous pas appris que c'était mal ?

– Si, je sais bien. Mais je pense que c'est injuste pour les homosexuels. Ils doivent avoir le droit d'aimer qui ils veulent comme tout le monde.

Je jetai un coup d'œil à mon frère. Il ne disait rien. Il attendait que ça se passe.

– Hunter, dis-moi que tu plaisantes. Les homosexuels ne devraient pas exister. Je ne vois même pas pourquoi ils ont eu le droit de se marier. Nous devrions changer de président.

– Je suis sérieux, Papa.

Il me regarda en haussant les sourcils.

– Je crois que notre éducation a failli, Evannah.

– Oui ! Mais, au moins, il y a Harper pour sauver l'honneur de la famille.

Mon frère sourit à demi. Il me regarda, gêné.

– Vous savez, se risqua-t-il, Hunter a le droit d'avoir sa propre opinion.

– Harper ! Tu t'y mets aussi ?

– Depuis quand tu le défends ? ajouta mon père.

– Il faut bien que quelqu'un le fasse, m'entendis-je répliquer. Ce n'est pas vous qui vous occuperiez de moi.

Leurs regards aussi surpris que courroucés se posèrent sur moi.

– Comment oses-tu nous parler sur ce ton ?

Je ne dis rien.

– Maman, Hunter a le droit de s'exprimer et il-

– Tais-toi, Harper ! répliqua mon père.

Mon frère, choqué, ne sut que répondre.

– Hunter Clarington, fais-nous des excuses.

– Et pour quelles raisons ?

– Tu nous parles mal et tu as-

– J'ai des opinions différentes des vôtres, c'est pour ça, hein ? m'emportai-je.

Mon père se leva brusquement.

– Hunter ! Veux-tu arrêter d'être insolent ?

– Je n'ai même plus le droit de parler !

– Tais-toi !

Je me retins de répliquer. Mon père se rassit silencieusement. Le reste du repas, personne ne dit mot. J'étais énervé, contre mes parents et contre mon frère. Contre mes parents parce qu'ils étaient trop sévères avec moi et que je n'avais plus le droit de rien faire. Contre mon frère car une fois de plus, tout lui revenait. Pourquoi est-ce que j'avais une famille si exigeante ? Parfois, je me disais que je n'avais vraiment pas de chance.

L'heure de repartir vint.

– Au revoir, Hunter, me dit froidement mon père.

– Bye, lança mon frère.

– A bientôt, termina ma mère.

Je pris ma veste en cuir et partit le plus vite et le plus loin possible de la maison. Je démarrai la voiture et entamai une longue heure de route.

Le samedi arriva rapidement. Je n'avais pas cessé de penser au rendez-vous avec Sebastian pendant ces trois derniers jours. Mon tout premier rendez-vous avec Sebastian depuis notre rupture ! J'étais tellement heureux.

Je pris une douche et m'habillai avec mes plus beaux habits.

Je me garai sur le parking de l'immeuble. La porte s'ouvrit dès le premier coup. Sebastian, lui aussi convenablement vêtu, me souriait de toutes ses dents.

– Salut, toi, me dit-il.

– Bonsoir.

– « Bonsoir », c'est tout ce que tu trouves à me dire ? s'indigna-t-il en haussant les sourcils.

Je rougis en baissant les yeux. J'avais perdu l'habitude d'être romantique ou même attentionné pendant ces dernières années.

– Pardon.

– Ne t'excuse pas, mon cœur. Allez, viens là.

Il fit un pas en avant et me prit dans ses bras. Je me blottis contre son torse et l'embrassai dans le cou. Il rit doucement. Nous nous regardâmes un instant dans les yeux puis il se pencha vers moi. Souriant, je le laissai m'embrasser puis lui rendis son baiser. Ses mains attrapèrent mes avant-bras et nos fronts se collèrent l'un contre l'autre. Ma langue vint se poser sur les lèvres de Sebastian, attendant que sa bouche s'ouvre. Il n'en fit rien, pourtant. Au lieu de cela, il me colla contre le mur et mit sa propre langue dans ma bouche. Je le laissai faire, tout en caressant ses cheveux. Il se désintéressa de mes lèvres pour m'embrasser plutôt dans le cou. J'appuyai ma tête contre le mur, le menton levé vers le ciel, de manière à ce que Sebastian y dépose plus de baisers. Je commençai à déboutonner tranquillement la chemise de mon petit ami. Il le remarqua et dit :

– Tu ne crois pas que c'est un peu tôt ?

– Pourquoi ?

– Il n'est que 20:00. Nous devrions peut-être passer à table… ?

Je soupirai.

– Si tu veux.

Je refis ses boutons de chemise et le suivit à l'intérieur. L'appartement avait été joliment décoré à la façon Sebastian. Il y avait très peu de lumière et la table de la cuisine était éclairée grâce à des bougies.

– Un dîner aux chandelles, hein ?

– Oui, pour mon amoureux et moi.

Je souris et posai une main sur son épaule. Sebastian tira une chaise et me fit signe de m'asseoir.

– Qu'est-ce que tu es galant, commentai-je.

– J'ai eu le temps d'apprendre, en cinq ans.

Il prit place sur sa chaise lui aussi, après avoir mis un plat sur la table.

– Qu'est-ce que c'est ? demandai-je.

– Ton plat préféré. Enfin, du moins, le plat que tu préférais avant.

– Tu as fait des lasagnes ?

– Oui, monsieur.

– Qu'est-ce que tu es attentionné…

Il me sourit et souleva le couvercle. En effet, c'était des lasagnes fumantes qui se trouvaient sous mon nez. Il me servit. Elles étaient vraiment délicieuses, même s'il manquait un peu de sel.

Alors que nous allions terminer de manger, je retins mon petit ami :

– Attends, Seb, j'ai quelque chose pour toi…

Il me regarda, curieux et demanda :

– Qu'est-ce que c'est ?

Je sortis une petite boîte de ma poche et la lui tendit. Il la prit, intrigué, et l'ouvrit doucement. Il retint une exclamation.

– Hunter ! C'est magnifique ! Merci, mon chéri.

Il se leva et contourna la table pour m'embrasser tendrement.

– Tu veux que je te la mette ?

– Oui, merci.

Je pris la chaîne en argent ornée d'un « H » et la lui accrochai au poignet. Ensuite, je retroussai ma manche pour que Sebastian puisse voir mon propre bracelet avec un « S ».

– Waouh, souffla-t-il. Comment est-ce que tu as eu ça ?

– Je l'ai commandé au bijoutier, il y a quelques jours.

– Ça a dû coûter une fortune !

– Quand on aime, on ne compte pas…

Il sourit en coin, comme un peu gêné, mais finit par m'embrasser passionnément.

Après avoir débarrassé la table, Sebastian me dit :

– Qu'est-ce que tu veux faire ? On peut regarder un film ou-

– Tu as quoi comme DVD ?

Il me les montra. En fait, il n'en possédait que quatre.

– Pirate des Caraïbes ? proposai-je.

– Comme tu veux, mon amour.

Il installa le film pendant que je m'allongeai sur le lit de gauche.

– Pas celui-ci, bébé. Ça, c'est le lit de Blaine.

– Ah, pardon.

Je changeai de lit. Sebastian vint derrière moi et me prit entre ses bras. J'enfouis ma tête dans son cou, y déposai un baiser puis me concentrai sur le film. J'étais bien dans ses bras, si bien. J'aurais pu y rester toute la vie. Si seulement mes parents pouvaient savoir à quel point j'étais heureux… Mais s'ils le savaient, ils me tueraient. Déjà qu'ils avaient fait une crise parce que j'étais pour le mariage gay… Sebastian est pourtant quelqu'un de très remarquable. Si j'avais été une fille, mes parents auraient été honorés que je me marie avec lui. Si j'avais été une fille…

– Qu'est-ce que ça aurait fait si j'avais été une fille ? m'entendis-je dire.

Je levai les yeux vers le châtain. Il me regarda, plus surpris qu'autre chose.

– On ne se serait sûrement jamais rencontrés. Et encore moins sortis ensemble.

– Tu veux dire que si je n'avais pas été un garçon, tu n'aurais eu aucune attirance pour moi ?

Il haussa les épaules.

– Je n'aime pas les filles. C'est beaucoup trop encombrant et capricieux.

– Encombrant et capricieux ?

– Oui. A toujours pleurnicher pour un rien, toujours vouloir acheter des vêtements, des chaussures…

Je hochai la tête.

– Je suis sûr que tu m'aurais quand même tapé dans l'œil, si toi tu avais été une fille.

Sebastian rit.

– J'aurais fait une super fille.

– C'est vrai, admis-je dans un sourire.

Comme le film se terminait, Sebastian se leva et alla éteindre la télé. Puis il s'avança lentement vers moi, prenant une de mes mains.

– Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demandai-je calmement.

Il sourit simplement et se pencha vers moi pour m'embrasser.

– On improvise, chuchota-t-il.

Il monta sur le lit et se mit à califourchon sur moi, tout en continuant de m'embrasser. Il prit mon visage entre ses mains, me tirant un peu vers lui. Je m'appuyai sur mes mains, refermant vivement mes jambes sur sa taille. Sebastian déposa une série de baisers dans mon cou puis enleva mon t-shirt, le jetant par terre. Il posa doucement ses lèvres sur ma poitrine pendant que je me débattais avec les boutons de sa chemise. Oui, encore. Mais je ne suis pas très doué pour déshabiller les gens. Ça, Sebastian l'avait compris à notre première nuit.

– A ce que je vois, tu ne t'es pas amélioré. Tu déshabilles toujours aussi mal, murmura-t-il en passant ses mains sur mes pectoraux.

– Je n'ai pas vraiment eu le loisir de m'entrainer.

– Attends, tu n'as pas eu d'autre mec que moi pendant ces cinq ans?

– Non. Tu sais, tu es le seul mec avec lequel je suis sorti.

– Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ? demanda le châtain en arrêtant de m'embrasser.

– J'avais honte.

Je le tirai vers moi, réclamant un nouveau baiser. Il secoua la tête et se défit de mon emprise.

– Comment as-tu fait pour vivre sans mec pendant cinq ans ?

Je haussai les épaules.

– Je ne vivais pas. Je survivais.

Sebastian me caressa la joue.

– Je suis désolé pour toi. Ça a dû être horrible.

– Sans toi, oui.

– Mais maintenant je suis là.

Je l'embrassai pour toute réponse.


Merci d'avoir lu et merci de reviewer