Un cierge pour Lenalee
Chapitre 2 the burrial (point de vue de Komui) (comatose skillet /memories within temptation/ lost within temptation/ say my name within temptation/ niwawa(berceuse chinoise/ never let my go florence and the machine
I hate feeling like this
I'm so tired of trying to fight this
I'm asleep and all I dream of
Is waking to you
Tell me that you will listen
Your touch is what I'm missing
And the more I hide I realize I'm slowly losing you
Comatose
I'll never wake up without an overdose of you
Chorus:
I don't wanna live
I don't wanna breathe
'les I feel you next to me
you take the pain I feel
waking up to you never felt so real
I don't wanna sleep
I don't wanna dream
'cause my dreams don't comfort me
The way you make me feel
Waking up to you never felt so real
Je déteste me sentir ainsi
Je suis épuisé d'essayer de combattre cela
Je suis endormi et tout ce dont je rêve
C'est de me réveiller avec toi
Dis-moi que tu écouteras
Ton toucher est ce qu'il me manque
Et plus je me cache plus je réalise
que, petit à petit, je te perds.
(Refrain:)
Comateux
Je ne me réveillerai jamais si je n'ai pas une overdose de toi.
Je ne veux pas vivre,
Je ne veux pas respirer
Tant que je ne te sens pas à mes côtés
Tu enlèves la douleur qui m'assaille
Je ne me sens jamais si vivant que lorsque je me lève à tes côtés.
Je ne veux pas dormir,
Je ne veux pas rêver
Parce que mes rêves ne me consolent pas
tant que la manière dont tu me fais ressentir les choses.
Je ne me sens jamais si vivant que lorsque je me réveille à tes côtés.
C'est ce que j'ai envie de lui chanter maintenant. Nous y voilà à ce terrible jour. Ce jour où 29 ans de ma vie partent en fumée comme un corps . Je me suis laisseé mener par Reever.D'ailleurs depuis plusieurs jours j'ai l'impression que mon ombre a pris forme humaine en la personne de Reever. Il ne me quitte plus. Comme si il avait peur que je fasse des bêtises, comme avant. Avant sa mort.
Mais Reever je n'ai pas l'intention de mourir. Je sais qu'on a encore besoin de moi même si c'est flou maintenant. Et je ne peux laisser Bak avec la douleur que cela lui fait (même si tout au fond de moi bien enfoui cela ne me réjouit pas de le savoir souffrant pour elle autant tel un amant ). Ce rôle est lourd à porter pour lui comme pour moi et, il faudrait trop de temps pour qu'il le gère bien. Alors que moi c'est ma fonction depuis 3 ans . Pas de congès donc.
Même si depuis trois jours je n'ai pas vu défiler le moindre bout de papier sous mon nez. Peut être que Reever m'estime trop mal pour le faire. Et si c'est le cas, il a raison. Ma tête est vide, vide.
Comateux. Comateux, je suis.
Plus le moindre document en tête, plus aucun des noms que j'étais capable de citer de mémoire , plus aucun livre à citer, plus aucun saint à se vouer. Dans ma tête, seulement de la douleur et des souvenirs d'elle. Des Lenalee adolescentes,petites, des sourires , des pleurs entre mes bras , et des "nii san" sans cesse. Ce matin là quand je me réveillai, je sortais épuisé d'un de ses longs rêves où elle m'appelait et où moi en réponse je hurlai encore plus fort son nom . Mais en face de moi seulement Reever et un pauvre sourire desolé et de l'eau fraîche pour chasser la sueur qui enveloppait mon visage. Elle a disparu purement et simplement. Elle est simplement dans ma mémoire, comme un de ses noms que je connaissais avant par coeur . Elle est comme eux à présent. Un nom et des souvenirs. Et cela je ne veux pas. Je voudrai me dire à tout instant qu' elle va débarquer dans ma chambre et me gronder en me voyant ainsi . Mais je sais que c'est faux. Je voudrai pleurer. Mais je n'ai plus de larmes. Je voudrai crier autre part que dans mes rêves mais ma voix est brisée à force de hurler. Je voudrai réfléchir mais ma tête est vide. Je voudrai me réveiller de ce cauchemar mais c'est la réalité.
Et cela fait mal .
Pourtant reste inchangé mon amour pour toi.
Together in all these memories
I see your smile
All the memories I hold dear
Darling you know I'll love you
'Til the end of time
Ensemble dans tous ces souvenirs
Je vois ton sourire
Tous les souvenirs que je garde précieusement
Chéri tu sais que je t'aimerai jusqu'à la fin des temps
Reever... On dirait qu'il s'est institué mon infirmière personnelle. Cette idée m'aurait fait glousser de rire i peu tellement cela ne collait pas au personnage. Pourtant, il ne me quitte plus. Il reste là avec son silence complice comme il me faisait avant. Il sent que je ne peux pas parler. Que je voudrai et en même temps non. Il sent ma fatigue. Par moments de lucidité ,je le vois dans ses yeux. Reever..Brave Reever qui a toujours connu l'état de mon coeur. Qui m'a vu pleurer tant de fois dans mon bureau et qui croyait que je ne le voyais pas. Brave Reever qui a toujours fait semblant de ne rien voir pour éviter de se faire rabaissser mais surtout pour éviter de me blesser,de me révéler que je n'étais pas si fort que je le croyais. Brave Reever qui m'a tenu l'épaule quand j'ai pleuré de soulagement en apprenant que Lenalee ne s'était pas noyée dans la mer , dans cette chapelle désaaffectée oubliée de tous. Il a toujours été là. Dans les moments tristes comme dans les moments joyeux, de manière silencieuse mais dont le silence est bienveillant et maladroit, parfois contraint mais qui au fond ne l'est pas tellement. Je le sais. Je l'ai toujours su. Mais comme lui, j'ai fait semblant qu'il n'y avait rien , pour éviter de l'embarasser. Par peur aussi d'entendre que je me faisais des idées. Les remerciements entre nous ont toujours été implicites tout comme l'aide sous forme étrange et peu visible à l'oeil nu. Lenalee, elle l'avait vu, par contre. En même temps, elle est ma soeur c'est normal.(il est douloureux et vain d 'user l'imparfait quand le corps n'a pas encore brulé, comme disait ma mère il y a deux millénaires pour moi.
Je l'aime. Je l'ai toujours aimé. Bien avant de le connaître. Les littéraires appeleraient cela un coup de foudre. Avec ses cheveux blonds et son sourire ravissant, ce jour là quand je l'avais croisé dans le Qg central que je venais d'intégrer alros que je débarquai à peine, il m'avait tout de suite plu. J'ai voulu tout de suite faire partie de sa vie même si c'était irrationnel . Moi qui n'étais pas tellement croyant j'avais même l'impression que c'était Dieu qui l'avait placé sur mon chemin... Avant de me rendre compte que Dieu n'aurait certainement pas autorisé ce genre de chose selon la religion chrétienne. Et cet amour n'a pas diminué, les années durant. Il a cru, prenant des proportions affolantes jusqu' à sa mort . A sa mort, mon amour pour lui était comme une bombe que la moindre étincelle aurait allumé. Le moindre contact m'aurait embrasé et j'aurai craqué. Malgrès tout mon selfcontrol, un mot de lui et je lui serait tomber dans les bras tout cru. Malgrès ma raison voulant l'étouffer. Mes disputes avec lui alimentaient cette tempête sous mon crâne. C'était le piment en plus. Je l'ai toujours voulu à mes côtés. Son départ m'aurait détruit, probabablement comme le faisait celui de Lenalee. Pourtant je n'ai jamais été capable de lui avouer. Par lacheté peut être. Par peur de voir le rejet et le dégout dans ses yeux . Par peur qu'il ne me prenne pas au sérieux. Par peur de le voir effrayé et prendre la fuite. Alors j'avais fait ce que j'ai pu pour l'avoir à mes côtés, lui faisant des avances de manière discrète pour éviter des problèmes par la suite. Ainsi cela pouvait passer pour simpement de l'amitié même si cela prenait des proportions trop importantes pour cela. Mais si on se voilait la face aussi durablement que Reever était capable de le faire ,c'était imperceptible. (j'avais découvert cela quand cette Australienne avait dragué pendant six mois Reever et que celui ci ne s'en était rendu compte que le jour où elle l'avait l'embrassé.(Et encore il n'y croyait pas, pensant que c'était une erreur.) Un autre que moi aurait abandonné. Mais j'ai toujours été tenace(comme le montre mes nombreuses tentatives de Komulin). Pourtant ma patience avait des limites et mon amour pris des proportions trop importantes pour continuer comme cela. Aussi j 'étais résolu à en parler à Reever malgrès toutes les conséquences que cela pourrait avoir et la soirée de retour me semblait un bon moment. Je l'aurais attiré dans un coin et lui aurait parlé. Et ainsi j'aurai peut être stoppé la douleur qui envahissait mon coeur d'un amour inavoué. Mais elle est /était morte. Et maintenant pour le moment je ne me sentais pas la force d'en parler ni même d'y faire face. Ses marques d'attention auraient du me réjouir mais j'étais tellement glacé que même celà était écarté. Ne restait qu'en mon coeur la perte de ma soeur. Et puis je ne me sentais pas le droit d'essayer d'être heureux alors que ma soeur venait de mourir, en plus de ne pas pouvoir.
Lâche, immobile, glacé Komui. Qui n'avait sa place pour le moment que dans les eaux glaçées des souvenirs.
Je l'ai suivi tel un zombie, dans la lande aux roses rouges où reposait les fours crématoires . Un lieu magnifique pour une mort. En temps normal la beauté d'un tel lieu m'aurait fasciné mais plus rien n'a d'importance. Hormis elle. Elle et ses spectres la réprésenteraient. Bientôt ma Lenalee sera un tas de cendres. Et c'est cruel.
Ils amènent le cerceuil. Ils l'ont couvert de l'emblème de la Congrégation et l'ont décoré de l'emblème reservé aux héros. Après tout elle a donné sa vie pour d'autres. C'est une héroîne. Et non de la chair à saucisse. Prends toi ça dans les dents Sokaro. On pourrait croire que ce n'est pas elle dans le cerceuil. J'ai envie d'aller l'ouvrir pour vérifier mais mon corps est de plomb et au fond de moi je sais que c'est elle dedans. Et cela fait encore plus mal. Dans quelques minutes, tout espoir de la voir se redresser s'anéantira. C'est mieux ainsi dirait certains. C'est ce que je dois penser même si j'en suis incapable. De toute manère je ne trahirai jamais mon second serment à Lenalee. Ne jamais la transformer en Akuma. Même si elle me manque à en mourir. Même si ma mort serait une délivrance. Parce que cela signifierait que ELLE ne serait jamais libre et contrainte de servir celui qui l'avait tué. Le tout dans ma peau. Elle ne me le pardonnerait pas et JE ne me le pardonnerais pas non plus. D'abandonner ainsi ma soeur, de trahir ceux que j'aiment et qui me font confiance. De trahir Reever... Je souffre, je suis comateux mais je ne suis pas complètement lâche.
Ils parlent, parlent parlent... Je crois qu'ils récitent la messe de morts mais je n'en suis pas sûr. C'est à nouveau comme si je regardai un film . Les mots me sembent vains pour exprimer des adieux. Ils sont vides de sens pour moi. Les seules choses qui ont du sens c'est les sensations et les actes. A côté de moi Reever, écoute mais ne la récite pas. Peut être que comme moi il considère cela vain. Je l'ignore et même y accorde peu d'importance. Tout mon être n'est tendu que vers sa mort. Que vers tout ce qui va partir en flammes . C'est terrible. Et leur messe retarde tout, comme un lente agonie. c'est comme si j'assistai à l'agonie de ma soeur. Comme si dans son cerceuil elle pouvait encore agoniser. J'entends presque ses cris. "Libèrez moi. Je veux rentrer chez moi" Comme quand ils l'avaient attaché au lit. Et je l'entends m'appeler à présent "Komui.. Nee san libère moi. Je veux rentrer chez nous. " Je vouddrai me lever, pousser le cerceuil mais je suis dans un tel état de stupeur de tristessse que je peux juste dire à ma soeur en penséé.
"Ne t'inquiète pas. Cela va arriver. et notre chez nous, c'est ici. Tu le sais.
Même en pensée je suis lâche.
Ils la poussent dedans enfin avec force réverence. En mon état normal j'aurai salué de telles initiaves et aurait salué son corps. Je me contente je ne sais comment de m'exclamer
-See you soon Lenalee -chan
C'est la première fois que je prononce son surnom à voix haute. Une sorte d'accord tacite avec les flammes dont je reconnais le succès qui s'attaquent maintenant à son cerceuil sous les cris redoublés de ma soeur. Bien que virtuels, ils m'hérissent. Mais mon malaise passe inaperçu. Les flammes dévorent maintenant 29 ans de vie commune, d'enfance partagée de douleurs, de rires, d'innoncences , de rêves .
My hope is on fire
My dreams are for sale
I dance on a wire
But I don't want to fail her
I walk against the stream
Far from what I believe in
I run towards the end
Trying not to give in
She's lost in the darkness
Fading away
I'm still around here
Screaming her name
She's haunting my dreamworld
Trying to survive
My heart is frozen
I'm losing my mind
Help me, I'm buried alive
Buried alive
I'm burning the bridges
And there's no return
I'm trying to reach her
I feel that she yearns
Mon espoir est en feu
Mes rêves sont à vendre
Je danse sur le fil
Mais je ne veux pas la décevoir.
Je marche contre le courant
Je me bats pour ce que je crois
Je cours près de la fin
Essayant de ne pas abandonner.
Elle est perdue dans les ténèbres, s'évanouissant
Je suis toujours ici, criant son nom
Elle hante mon monde onirique, essayant de survivre
Mon cœur est gelé, je perds la tête
Aide moi, je suis enterrée vivante, enterré vivante
Je brûles les ponts
Et il n'y a pas de retours
J'essaie de l'atteindre
J'ai le sentiment qu'elle se languit
C'est fini. Les flammes ont détruit tout ce qu'il y avait à détruire. Et en même temps mon coeur et tout ce qui lui était lié de vivant est mort. Ma peur de la voir en robe de mariée. Mes projets d'avenir. Uen jolie maison en Chine où l'on vivrait tout ensemble après la guerre. Tout cela parti en fumée .En si peu de temps alors qu'il a fallu tant de temps pour construire ces rêves. Détruire les rêves est donc plus facile que de les construire . J'en ai la preuve. Ne me reste que des remords du bon vieux temps, des souvenirs et des regrets de ce qui aurait été et qui ne sera jamais. Ce sont les démons qui vont me hanter désormais. Se redresser me semble long et vain, tout d'un coup. Car quoi je fasse je serai vivant et elle morte. Elle qui était si jeune. Qui n'aurait jamais du connaître la guerre. Tout comme Allen et tant d'autres. Mais il a fallu que tu pointes ton parapluie immonde comte Millénaire vers le monde et d'un coup tout est brisé. Tu voulais me faire mal ? Tu as réussi. Je ne suis presque plus là tant la douleur est intense. Par contre , tu ne me gagneras pas parmi tes fidèles because
I dance on a wire
But I don't want to fail her
I walk against the stream
Far from what I believe in
I run towards the end
Trying not to give in
Je danse sur le fil
Mais je ne veux pas la décevoir.
Je marche contre le courant
Je me bats pour ce que je crois
Je cours près de la fin
Essayant de ne pas abandonner.
Et c'est le plus important.
Pendant un instant le monde qui me semble éloigné revient tourbilloner autour de moi. Qu'est ce qui me ramène au monde ? Peut être est ce ma détermination à ne pas mourrir. A ne pas livrer aux ténèbres ceux que j'aime. Mais déja le monde s'efface et redevint un film. Je ne comprends plus grand chose. Je ne sens que la douleur. Douleur de voir partir celle qui a été mon univers pendant si longtemps. Je suis seul, maintenant. Comme avant, avant que je rejoigne la Congrégation. Je voudrai qu'elle existe encore . Mais elle est partie. Définitivement et même si je ne dois pas mourrir, ma douleur est telle que mon esprit est déja mort. Rien n'a d'importance. Le monde pourrait disparaître que je ne le verrai pas. Je suis fatigué.
I wish you were here.
Ils viennent de receuillir ses cendres. Tout le monde quitte les sièges installés à même la lande. Maintenant va venir le moment de disperser ses cendres . J'ai envie de rester assis et regarder pour toujours les flammes qui viennent de me priver de ma soeur. Mais Reever, tortionnaire du jour tire ma manche de manière à attirer mon attention. Comme si cela suffirait à me ramener au monde . Mais Reever, je suis gélé. Pour moi, le monde se résume à des moments où je suis inconscient absent et d'autres où je suis plus conscient que d'autres. Et pour la première fois de la journée ses paroles me sont distinctes. Il a une voix douce que je ne lui ai jamais entendu , comme si il voulait m'éviter de souffrir encore plus par un ton trop tranchant.
-Venez Grand Intendant. On nous attend.
Reever... si tu pouvais me laisser là. J'ai envie de m'enfuir, d'échapper à sa main qui m 'a attrapé le bras délicatement et qui m'entraîne avec douceur . Vers le lieu de torture. Le lieu où est révélé tout ce qui reste de Lenalee. La preuve ultime de sa mort. Je gémis et je ne sais trop comment, il résonne dans l'air froid . Le monde a décidé de ne m'épargner aucune douleur . Mais il ne me lâche pas. Mais j'ai l'impression qu'il devine ma douleur. Mais alors pourquoi ne me lache t'il pas ? Peut être qu'il estime que je dois moi aussi lui faire mes adieux. Que peut être en tenant ses cendres le gel de mon coeur se rompra. De toute manière , je ne me sens pas la force de me dégager et ce monde extérieur est ennuyant. Je le laisse me mener.
Quand nous arrivons, c'est au tour d'Allen de disperser une poignée de cendres. Un regard à lui et ceux à ses côtés, Lavi et Kanda (à ce stade plus grand chose ne m'étonne) m'apprend qu'il est comme moi. Que pour lui tout est brouillard. Et lui son ombre s'est dédoublée. En la personne d'un malicieux roux à l'oeil éméraude et d'un taciturne japonais que en temps normal j'aime asticoter gentiment. Au même moment Allen tourne la tête vers le regard de deux gélés se rencontrent. Ils exalent la même chose. Le froid et le vide. Lui comme moi. Et tout deux nous détournons le regard. Reconnaissant la douleur de l'un . Et il n'y rien à dire. Rien à rajouter. Nous suffit les sensations et cet acte. Sa poignée de cendres s'éléve dans un vent naissant. Comme si il avait senti l'occasion de gagner quelque chose. Opportuniste vent. J'ai envie de courrir après les pépites argentées qui s'élévent dans les cieux, les arracher une à une à ce vent et reconstruire tout. Mais c'est vain de se battre contre le vent . Il gagne toujours. Et ce qui a été n'est plus forcément. Comme elle. A la place je les regarde batir dans le vent son visage souriant . Soudain c'est comme si elle se tenait devant moi tandis que se succède diverses gens . Mais elle a l'air ailleurs ma Lenalee .Et je la supplie mentalement.
Please say my name
Remember who I am
You will find me in the world of yesterday
You drift away again
Too far from where I am
When you ask me who I am
Je t'en prie, prononce mon nom
Souviens-toi de qui je suis
Tu me trouvera dans le monde passé
Tu dérives au loin de nouveau
Trop loin d'où je suis
Quand tu me demandes qui je suis
Mais elle ne peut pas, ma Lenalee. Elle n'est déja plus qu'un spectre dont on disperse le corps. Arrive le tour de Reever. En silence, il prend une poignée de cendres. Son visage est marqué par la douleur. Et puis il lâche les cendres en les lançant dans le vent et en s'exclamant :
-Envole toi pour la dernière fois Lenalee -imoto*
C'est d'une beauté incroyable. Sa phrase, la scène c'est tellement poignant. Dans la foule, certains sanglottent. Et j'aurai fait comme eux si je pouvais. Allen ausssi probablement. Et puis le regard de Reever se tourne vers moi. NON... J'ai peur de comprendre . Doucement il vint à moi et me saisit la main et me murmure :
-A votre tour, Grand Intendant . Lenalee chan a pu dire au revoir à tous sauf vous pour le moment. Vous n'allez pas lui faire l'affront de refuser de la saluer alors que vous comptiez énormément pour elle . Elle serait très triste et aurait l'impression que vous la trahissiez.
Mon coeur si mort tréssaute . On est loin de la fierté piquée que Reever voulait réveiller. Une preuve de maladresse flagrante. Si j'étais si loin du coma, j'aurai pleuré et aurait été vexé et aurait pris directement une poigné lieu de cela, je réalise avec cette lucidité tranchante qui caractérise un de mes moments de lucidité combien il a raison. Encore. Mais cela fait mal. Alors avec peine et douleur, doucement, j'approche ma main de ce pot blanc contenant Lenalee. 29 ans de vie , une adolescente souriante, amoureuse, soldate, la fierté de son frère , ma poupée d'argile*. Tout ce qu'elle était contenue dans un pot. J'ai du mal à croire que c'est possible. Mais j'ai douloureusement conscience que c'est vrai. Le monde s'efface. Il n'y a plus que ce pot et moi. Cette princesse de son grand frère partie. Envolée plus haut que jamais avec les Bottes Noires. Il ne reste plus qu'une poignée de cendres. Reever a dit vrai. Je suis le dernier. Cela me sert encore plus le coeur. Et je me rappelle. Le soir quand je la couchai petite. J'étais le dernier à la voir éveillé et le premier à la voir partir. C'était encore véridique. Spontannément sans que j'ai le moindre contôle sur moi me vint aux lèvres la comptine en chinois que je lui chantais alors. Comme si encore une fois, je la mettais au lit. Sauf que cette fois , c'est la dernière. Ma voix n'est pas plus forte que le vent et s'entremèle à lui. Et mon ennemi devient mon allié.
ní wá wá, ní wá wá, ní wá wá, yī gè ní wá wá
Poupée d'argile, poupée d'argile, une poupée d'argile,
yě yǒu nǎ méi máo, yě yǒu nǎ yǎn jīng
elle a des sourcils et des yeux,
yǎn jīng bù huì zhǎ
mais ses yeux ne clignent pas,
ní wá wá, ní wá wá, yī gè ní wá wá
Poupée d'argile, poupée d'argile, une poupée d'argile,
yě yǒu nǎ bí zi
elle a un nez
yě yǒu nǎ zuǐ bā
et une bouche,
zuǐ bā bù shuō huà
mais sa bouche ne peut parler,
tā shì gè, jiǎ wá wá
c'est un faux poupon,
bú shì gè, zhēn wá wá
ce n'est pas un vrai poupon,
tā méi yǒu qīn ài de bà bà yě
elle n'a pas de maman adorée
méi yǒu mā mā
ni de papa,
ní wá wá, ní wá wá, yī gè ní wá wá
Poupée d'argile, poupée d'argile, une poupée d'argile,
wǒ zuò tā bà bà
je serai son papa,
wǒ zuò tā mā mā
je serai sa maman
yǒng yuǎn ài zhe tā
je l'aimerai toujours.
Quelle ironie aujourd'hui . Oui, Lenalee aujourd'hui n'a plus les yeux qui clignent. Elle ne les aura plus jamais . Je ne sais pas si on m'entends et hônnêtement je m'en moque . Je ne pense plus qu 'à ce que je vais faire. Participer à l'enterrement de ma vie. Ca me semble horrible . Mais nécessaire. C'est ce qu'on attend de moi . Ce qu 'elle attend de moi. Quelque chose de dur. En libérant ses cendres, je reconnaitrais définitivement sa la mort de tout le reste. C'est terrible à envisager quand sa vie a été remplie de cela . Repartir à zéro. C'est dur quand on a 29 ans. Mais nécessaire. Je la prends entre ma main et doucement la lâche au vent. Comme un père lacherait la main de son enfant pour le laisser voler de ses propres ailes. C'est nécessaire mais j'ai encore l'impression tout au fond de moi de l'avoir trahi, une fois de plus. Et devant moi, elle volette, comme avant. Et doucement, c'est comme si ses cendres dessinaient à nouveau sa silhouette et que celle ci me souriait. Pour la dernière fois.
C'est le signal que j'attend. Pour me déconnecter du monde à nouveau. Pour rejoindre ce monde d'ombres que je me suis forcé jusque là à éviter. Pour retourner dans ce monde duquel j'ai assisté à sa crémation . Pour rester avec mes souvenirs encore et la douleur qui ne reflue pas. Qui augmente même et qui ne peut sortir. Elle est comme un océan dont je suis un iceberg.
Say my name
These colors come alive
In your heart and in your mind
I cross the borders of time
Leaving today behind to be with you again
Dites mon nom
Ces couleurs deviennent vivantes
Dans ton cœur et dans ton esprit
Je traverse les frontières du temps
Laissant le présent derrière pour être avec toi de nouveau
Je ne sais combien de temps s'est écoulé depuis. Je suis tombé à genoux et regarde droit devant moi . A l'endroit où elle s'est envolée loin de moi. Mon esprit est vide à part la souffrance qui l'occupe. Plus rien n'a d'importance comme d' commence à m'y faire, à cette sensation d'être vide, de vouloir faire de temps à autre des choses que je ne peux pas. Dont je n'ai pas la force. Je crois que tous sont partis. Je suis seul. Dans ma tête, dans ma vie, dans mon corps.
And it's peaceful in the deep,
Cause either way you cannot breathe,
No need to pray, no need to speak
Now I am under
[...]
And it's over,
And I'm going under,
But i'm not giving up!
I'm just giving in.
Et c'est paisible dans les profondeurs
Parce que tu ne peux pas respirer
Pas besoin de prier, pas besoin de parler
Maintenant que j'ai disparue
[..]
Et tout est fini,
Et je disparais,
Mais je n'abandonnes pas,
Je capitule juste.
Je ne bouge plus. Cela ne sert à rien. S'agiter est vain comme tout le reste. Je pourrais rester un temps infini comme cela. A regarder le temps passer. Je pourrai même devenir vieux comme ça sans m'en rendre compte. Soudain sur ma gauche, j'entends un toussotement. je voudrai l'ignorer mais il faut croire que je suis en mode lucide car je ne peux tout simplement pas l'ignorer. Etrangement, savoir qu'il y a quelqu'un me réchauffe le coeur. Oh, ce n'est pas plus qu'une lègère brise à peine tiède mais c'est la preuve que mon coeur n'est pas encore totalement mort et que un jour, la douleur pourra se dégeler et sortir enfin de moi. Je ne suis pas seul. Je tourne la tête pour regarder celui ou celle qui est restée à mes côtés en silence jusque là pendant au moins des heures sans protester. Qui a eu cette patience ?
Je souris. Reever. Qui d'autre aurai pu avoir une telle patience ? Car il en faut pour me supporter, m'obliger tout les jours à revenir à mon bureau . Et de la tenacité. Et je sais que même si je pouvais lui crier dessus , lui crier de m'abandonner, il ne cederait pas. Il resterait debout, face à moi, dur comme du roc et ne bougerait que quand je lui obéirait. Ou se montrerait plus convainquant. Au final, il est fait pour être infirmière. Avec son autorité naturelle. Que je n'ai ni la force ni l 'envie de combattre. En ce moment. De toute manière je finis toujours par faire ce qu'il veut. Il a une sacrée emprise sur moi. A la fois parce qu'il est autoritaire et surtout parce que je l'aime et que je ne veux pas le contrarier trop fort et me mettre à dos l'une des seules personnes qui est capable de me supporter et que j'aime. Et il l'ignore. Ce serait presque comique si je pouvais rire. Mais au final, moi qui voulait qu'il me laissât seul au final, je suis un peu heureux (autant que la glace me le permet) de ne pas être resté seul. Mais je n'ai pas envie de partir. Parce que cela signifierait que j'admettrai vraiment que tout est tout ce qui est lié à elle est mort . Qu'elle est morte. Que je suis vraiment seul. Que tout ce qui est lié à elle est mort Soudain j'entends Reever :
-Venez Grand Intendant. Notre présence ici trouble certainement les âmes qui n'ont déja été que trop troublées par nous tous tout à l'heure.
Sa voix est peu assurée. C'est un prétexte qu'il a trouvé. La chose la moins blessante qu'il a trouvé. Et à en juger par l'agacement qui brille dans ses yeux et sa lègère rougeur, ce qu'il voulait dire n'est pas sorti comme il le voulait où il n'a pas dit ce qu'il voulait. Reever et sa prévenance. J'imagine que rester avec moi et prendre la parole alors qu'il m'a toujours soutenu de manière silencieuse a du lui en coûter. Il a du se préparer pendant des heures pour sortir cela. Reever n'étant pas un homme d'imprévus... Je le sais mais cela n'efface pas la douleur ni n'efface mon envie de rester. Mais je sais par contre que si il devient plus..convainquant je n'aurai pas la force de résister. De LUI résister. A cause de la fatigue,de la douleur, de l'amour éteint pour le moment mais encore présent. Et puis soudain il vient à moi. Son bras entoure mes épaules et il me relève en me murmurant:
-Ne restez pas là Grand Intendant. Si ce qui vous motive pour rester ici est le fait que vous allez être seul, vous rêvez.
Intérieurement je sursaute. Reever lit comme toujours en moi . Par contre, cette prétendue "menace" à peine voilée n'est pas pour m'inquiéter. C'est le seul moyen qu'il a trouvé pour me dire qu'il veillera sur moi. Il sera bon que quelqu'un veille sur moi le temps que je me dégèle. Parce que cette lucidité ne tiendra pas très longtemps. Bientôt le monde redeviendra ombre et si persone ne veille sur moi, je trahirai ma promesse sans m'en rendre compte. Et cela me réjouit qur Reever s'en charge. Même si je ne devrais pas y avoir le droit . Que je suis un pécheur.
And the arms of the ocean are carrying me,
And all this devotion was rushing over me,
And the question of heaven, for a sinner like me,
But the arms of the ocean deliver me.
Et les bras de l'océan me portent,
Et toute cette dévotion se précipite sur moi
Et la question du paradis,
pour une pêcheuse comme moi,
Mais les bras de l'océan me délivrent.
Reever... Never let me go.
