BLABLA QUI SERT A RIEN :
Je sais, j'avais dis qu'il n'y aurait pas de suite. Mais rassurez vous, il n'y en a pas. ;) En fait, c'est mon dernier bébé qui comme d'habitude ne me plaît pas. (le jour où je serais satisfaite me direz vous ... et vous auriez raison, mais bon ...) Je me suis inspirée des mythes grecs, d'où le titre, mais au final je me rends compte que je n'en fais que quelques allusions. C'est un three-shot, toujours le même couple, que j'apprécie pas mal au final. Un peu spécial, je pense pas qu'il y en ai beaucoup des comme ça, enfin je vous laisse découvrir par vous même. ça commence lentement, d'où le fait que le raiting ne change pas. Il changera pour la troisième partie, mais vous serez prévenu(e)s.
Je tiens à remercier les rewievs et les alertes. J'y ais normalement répondu par mp, comme je ne pensais pas rouvrir le one-shot précédent, en fait je vais en faire un recueil de one, two, three-shot sur ce couple.
Ah, je ne publie une fic que quand je l'ai entièrement finie, donc celle ci est finie, du moins sur mon pc, faut que je travaille nu peu la fin qui me plaît pas, mais bon, je publie vite sinon. Sauf entre deux fics différentes.
FIN DU BLABLA QUI SERT A RIEN.
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Chapitre 1 : le mythe d'Orphée
Orphée, poète grec, était effondré après la mort de sa femme Eurydice, mordue par un serpent le jour de leurs noces.
Décidé à ne pas la perdre, il s'arme de sa lyre et descend aux Enfers, où il endort Cerbère le gardien à trois têtes.
Où il charme Perséphonne avec sa musique triste et mélancolique, emplis d'amour.
Elle lui offre alors de lui rendre sa femme à la condition qu'ils remontent à la surface sans qu'Orphée ne se retourne ni ne parle.
Orphée accepte le marché, et s'en retourne sur terre.
Mais effrayé par le silence qui l'entoure, au moment de mettre le pied sur la terre ferme, il se retourne.
Eurydice disparaît alors définitivement rappeler parmi les morts.
Harry s'agitait encore dans son sommeil, empêchant Ron de dormir. Le brun faisait à nouveau un cauchemar. Depuis leur victoire sur le Lord Noir, le Survivant faisait des cauchemars toutes les nuits. Et les potions de sommeil sans rêve n'y changeaient rien. Ron ne savait plus quoi faire. Plus personne ne savait quoi faire. Pour se changer les idées, le roux tourna ses pensées vers la jolie brunette qui dormait paisiblement avec sa sœur. Lui et Hermione avait prévu de se marier dans deux jours. Il était anxieux, et si au final elle ne voulait pas de lui ? Elle était tellement intelligente et belle qu'elle pouvait trouver tellement mieux que lui. Il se gifla mentalement, ce n'était pas le moment de douter. Il regrettait de ne pas pouvoir dormir avec elle. Molly avait fermement refusé, et puis il ne savait pourquoi mais Ginny et Harry ne s'était pas remis ensemble à leur retour au Terrier. Il soupira, sa sœur souriait c'était le plus important, mais il avait la nette impression que la jeune fille leur cachait quelque chose, quelque chose qu'Harry savait. De même, Ginny savait quelque chose d'Harry que même Ron ignorait. Et au fond, peut-être que c'était ça qui l'énervait le plus.
Il soupira, alors que non loin de là, Harry gémissait de douleur. Snape les avait prévenus, l'été allait être horrible pour le jeune homme. Il ne serait plus jamais le même. Physiquement, le Survivant n'avait pas changé, du moins pas au point que Ron le remarque. Il se décida donc à l'observer avec plus d'attention. Son front était large et balayé par ses éternelles mèches brunes, collées par la transpiration. Ses yeux, quand ils étaient ouverts étaient d'un vert émeraude profond et soyeux, quoique ces derniers temps, ils étaient ternes et sombres, voilés par quelque chose d'horrible. Il avait un visage qui n'avait plus rien d'un enfant, mais il n'était pas adulte pour autant. Il avait les traits de ceux qui ont dû grandir à la dure, vite et bien, plus enfant, pas tout à fait adulte, en fait il était difficile de lui donner un âge. Il avait les épaules larges et puissantes, les bras protecteurs et doux, vengeurs et colériques par moment. Il était fin et gracile, presque d'apparence fragile, alors qu'il avait la carrure d'un sportif de haut niveau, du fait de son entrainement au Quidditch. Non, Ron ne voyait rien de changer dans son physique.
Quand à son mental, comme tout le monde, il en avait pris un coup. Pour Harry plus que les autres. Il avait tout perdu dans cette guerre, Sirius, Remus, Tonks, Maugrey, Dumbledore, Fred, Hedwige … Tous ceux qui l'avaient soutenu étaient morts, sacrifiés pour lui. Ron ne pouvait qu'imaginer la douleur de son ami. Surtout que tellement de Mangemorts couraient encore dans les rues de Londres. De nombreux procès avaient commencé, celui de Rogue, bien sur, à la une, suivi de celui de Lucius Malefoy et son fils Drago. C'était les trois plus suivis par Harry, les trois dans lesquels il devrait intervenir. Celui de Drago était presque fini, son implication étant fortement limité par la protection de sa mère qui surveillait ses arrières. Celui de Lucius serait difficile, beaucoup souhaitait évincer l'aristocrate. Quand à celui de Rogue, même s'il était agent double depuis le début presque, il n'en avait pas moins tué Dumbledore, ce qui ne jouait pas en sa faveur. Ron soupira à nouveau. Il savait que les trois hommes n'étaient pas innocents, mais ils avaient tellement fait pour eux. Ils n'auraient probablement pas gagné cette guerre sans eux.
Lassé de ses pensées sombres, Ron se leva, et alla s'allonger près de son meilleur ami, cherchant la chaleur d'un être cher dans la pénombre. La simple présence d'Harry près de lui le rassurerait, et il espérait qu'il en était de même pour son ami. Harry pouvait compter sur lui quoi qu'il arrive, ils avaient vécu bien des choses ensemble, ils étaient passé par là où personne n'aime passer, mais on ne leur avait pas laissé le choix. Le roux cala son torse contre le dos tremblotant du Survivant et nicha la tête dans entre ses omoplates. Il lui souffla à quel point son amitié lui était précieuse, à quel point il ne supporterait pas de le perdre, à quel point il pouvait compter sur lui pour quoique se soit, lui promettant d'être toujours là, de ne jamais oublier ce qu'ils avaient fait ensemble. Il espérait qu'Harry l'entendrait. En tout cas, Merlin l'entendit, puisque le brun se calma progressivement, plongeant dans un sommeil réparateur qui lui faisait défaut depuis le début de l'été. Demain était l'anniversaire du brun et le roux voulait lui rendre les belles étincelles de vie qui avaient disparues de son regard.
Le lendemain, quand Ginny passa la tête par la porte de la chambre de son frère, elle fut surprise de voir Harry blottit dans les bras de Ron, qui ronflait. Elle sourit et referma délicatement la porte, pour n'en réveiller aucun. Elle descendit dans la cuisine en souriant. On lui jeta des regards surpris, cela faisait bien longtemps que l'on ne l'avait pas vu sourire comme ça.
- Et Ron et Harry ? demanda toute fois Molly, inquiète de la voir revenir seule.
- Ils dorment, et j'ai pas eu le courage de les réveiller … Ils étaient tellement mignons tous les deux … fit-elle rêveuse.
Hermione haussa un sourcil soucieux. De quoi parlait la jolie rousse ? Une pointe de jalousie lui tordit les boyaux, mais elle ne montra rien, elle savait les garçons très proches, mais la jolie rousse sous entendait qu'ils partageaient le même lit, alors qu'elle, elle n'avait pas le droit de dormir avec son petit ami.
- J'espère qu'Harry a pu dormir un peu quand même … souffla-t-elle. Connaissant Ron …
- Il n'avait pas l'air de se plaindre … avec ses cauchemars, je n'allais pas le réveiller alors qu'il dormait profondément, pour une fois … fit Ginny, avec un regard appuyé à sa mère.
Personne ne la contredit. De toute manière, il y en avait peu pour le faire. Georges s'était enfermé sur lui-même, il n'avait pas décroché un mot depuis la mort de son jumeau. Bill et Fleur n'étaient plus là, Arthur était blessé et à Saint Mangouste, il devait sortir aujourd'hui d'ailleurs. Le Terrier avait connu de bien meilleurs jours.
A l'étage, Harry bailla, et ouvrit difficilement les yeux. Il se sentait en sécurité pour la première fois depuis longtemps. Il se laissa aller à l'étreinte chaude du corps qui l'entourait. Il avait reconnu les ronflements de Ron, bien près à son goût. Mais il ne pouvait plus bouger, le roux avait passé ses bras possessifs autour de sa taille et ses jambes emprisonnaient les siennes. Le brun sourit doucement, si Ron savait. Peut-être était-ce là l'occasion de lui en parler ? Mais comment le prendrait-il ? Il se rendit soudain compte que les yeux bleus de son meilleur ami le fixaient, encore embué de sommeil.
- Je t'ai réveillé ? demanda piteusement le brun.
- Hum … répondit le roux, pas depuis que je suis venu te faire un câlin …
- Désolé, fit Harry, sincèrement.
- De quoi ? de faire des cauchemars ? D'avoir du mal à encaisser ? Merlin, Harry, mais c'est le cas de tout le monde, ça t'affecte plus que les autres, et tout le monde le sait, c'est pour ça qu'on est là …
- Mais vous devez faire votre deuil vous aussi …
- Raison de plus pour le faire ensemble, Harry … il faut que tu comprennes que tu as été là pour nous quand on en avait besoin, c'est à notre tour …
- Mais c'est pas le moment de flancher …
- Merlin, tu es humain Harry, tu as le droit de flancher comme tout le monde, arrête !!!
Un long silence les sépara, ils se jaugeaient du regard, s'affrontant dans une lutte muette et acharnée. C'est Harry qui céda le premier.
- Ron, le prend pas mal … mais … je crois que … quejesuisgay …
- Hein ? Harry, articule, bon sang … se plaignit le roux.
- Je crois que je suis gay !!! s'exclama le brun rouge de confusion et de gêne.
Un ange passa, puis Ron éclata de rire.
- C'est à cause de ça que tu fais des cauchemars ? se moqua Ron, dans une tentative désespérée de détendre l'atmosphère.
- Je suis sérieux, Ron, s'enflamma Harry.
- Bon, d'accord, soupira Ron, puis la vérité sembla l'atteindre. Ne me dis pas que je te gêne ?!?
- Ben, j'ai énormément de respect pour Hermione, alors bon …
- Je sais pas si je dois me sentir vexé ou pas … souffla le roux.
- Ben normalement, seule l'avis d'Hermione devrait compter, fit remarquer Harry.
- Tout à fait … alors comment je suis ? Tu crois que je vais lui plaire ? demanda Ron en se levant et en tournant sur lui-même.
Harry éclata de rire.
- On dirait une fille qui va à son premier rendez-vous amoureux, se moqua une voix féminine depuis l'entrée de la chambre.
Ginny se tenait là, souriante à son frère, et à celui qu'elle considérait à présent comme quelqu'un de sa famille sans savoir vraiment où le mettre.
- Tu as fini par lui dire ? demanda-t-elle à Harry, qui rougit.
- Oui, souffla-t-il.
- Attend parce qu'elle le savait avant moi ? s'insurgea Ron.
- Ron, comment crois-tu que j'aurais encaissé notre rupture, s'il ne m'avait pas donné un minimum d'explication ? soupira Ginny, de guerre lasse.
Harry sourit discrètement. Il était tenté de lancer le sujet qui ne manquerait pas de faire des étincelles, à propos de Ginny, mais se ravisa, c'était à elle d'en parler, c'était à elle d'amener le sujet quand elle serait prête. Il lui lança une œillade éloquente que la jeune fille ignora superbement.
- Le petit déjeuné est servi, finit-elle par lâcher.
Puis elle laissa les garçons seuls, ils échangèrent un regard et éclatèrent de rire, puis s'habillèrent en vitesse, alléchés par l'odeur de pain chaud qui montait jusqu'à leurs estomacs affamés.
- Bonjours tout le monde, chantonna Harry en entrant dans la cuisine.
George hocha gravement la tête, sans rien dire, Hermione sourit et alla embrasser Ron, se blottissant contre lui, Ginny sourit et Molly lui retourna son bonjour et le fit assoir en lui mettant une assiette d'œuf au bacon sous le nez. Harry s'assit et mangea avec appétit, de même que Ron. Une demi-heure plus tard, Molly s'en allait avec Geroge et Ginny à Sainte Mangouste pour chercher Arthur qui sortait aujourd'hui. Harry resta seul avec Hermione et Ron, comme cela était rarement arrivé depuis le début de l'été.
- Alors, ces cauchemars ? demanda Hermione, inquiète pour son ami.
- Hum, soupira Harry.
- Mione, il a peut-être pas envie d'en parler, fit Ron.
- Mais il faut qu'il en parle, ça l'aidera à les exorciser, argua la jeune fille.
- Je ne sais pas, Hermione, répondit Harry, distraitement, je ne m'en souviens pas.
- La Dernière Bataille ? demanda Ron.
- Surement, c'est flou … je ne m'en souviens pas vraiment …
- C'est normal, fit Ron, personne ne s'en souvient avec précision.
- Il y a autre chose, pourtant, quelque chose à côté duquel on serait passé, fit Harry. Je ne sais pas comment expliquer ça.
- En effet, Mr Potter, fit une voix glacial dans leur dos.
Harry leva les yeux vers son professeur de potion, Hermione et Ron sursautèrent.
- Votre père avait ce genre de … pressentiment, expliqua Snape, étrangement calme.
- Vous n'y avez jamais cru, visiblement, répliqua Harry.
- Non, c'est vrai, admit Snape en s'asseyant à leur côté.
- Jusqu'à un certain point … remarqua le brun, notant l'air étrange de son ancien professeur.
- Certes, jusqu'à ce qu'il montre des aptitudes particulières au combat, il voyait avant n'importe qui les coups, expliqua Snape. Il avait vu, entre en guillemets leur mort, mais malgré tout ce qu'ils ont pu faire …
Il ne finit pas sa phrase, pas besoin. Tout le monde connaissait la suite.
- Votre mère aussi, avait une science de l'avenir particulière, elle … elle ne voyait pas, ne ressentait pas, comme James, elle décryptait les gens, fit à nouveau Rogue. Vous n'avez toujours aucun souvenir de vos cauchemars ?
- Comme je l'ai déjà dit, non, répondit laconiquement Harry.
- Et vous, vous ne devriez pas être au ministère ? demanda Hermione.
- Mon procès touche à sa fin, je suis en liberté conditionnelle, je n'ai pas de baguette, rassura Snape.
- Le jugement devrait être rendu dans l'après midi, fit Harry.
- Raison de plus pour que vous y alliez, s'étonna Ron, ça va faire mauvais genre …
Snape eut un sourire moqueur, un peu plus un peu moins …
- Il a raison, vous auriez du m'attendre, soupira Harry.
Snape eut une grimace éloquente et Hermione rit doucement, se faisant fusiller du regard au passage.
- Il n'a pas tord, mais si vous êtes là, c'est qu'il se passe quelque chose, fit-elle avec sérieux.
- Vous n'êtes pas sans savoir que certains Mangemorts courent toujours, commença Snape.
Les jeunes soupirèrent de concert, ils pensaient la guerre finit, mais visiblement pas.
- Ceux là ne tiendront pas longtemps sans se montrer, continua Snape, mais là n'est pas le souci. Le Lord Noir avait de nombreux amis parmi les vampires, et certains d'entre eux croient encore en ses paroles.
- En quoi cela nous concerne-t-il ? demanda Ron, inquiet.
- Ils en ont après Harry, lâcha Snape. D'après ce que j'ai pu entendre, ils veulent en faire l'un des leur. Heureusement, tous ne sont pas contre nous.
- D'où savez-vous cela ? interrogea Hermione.
- J'ai été chargé de quémander leur aide pour le Seigneur de ténèbres, ce qui au final c'est révéler être des alliés pour nous, répondit Snape. Mais nos alliés ne vont pas retenir longtemps leur renégats, ils commencent déjà à faire parler d'eux. Les vampires sont fiers, ils règlent leurs problèmes en interne, mais cette fois, ils ont besoin de nous.
- Combien sont-ils ? demanda Harry, en croisant ses doigts sous son menton.
- Je l'ignore, j'ai orienté un ami vers vous, mais vous devez rester sur vos gardes, surtout vous Harry, intima Snape, l'inquiétude perçant sa voix.
- Fort bien, alors, que devons nous faire ? s'impatienta Harry. J'en ai assez de me cacher. La guerre est finie, je veux vivre comment tout le monde !!!
Personne ne répondit, tous étaient d'accord sur ce point. Snape soupira. Il comprenait au combien Harry avait besoin de vivre comme tout le monde. Snape aurait tout donné lui aussi pour vivre normalement à son époque. Il s'adossa à sa chaise, nonchalamment. Harry soupira à son tour et l'imita. Un silence réparateur les enveloppa. Hermione se blottit dans les bras de Ron et Harry sentit poindre la jalousie, lui aussi voulait être câliné. Snape sembla s'en rendre compte et lui adressa une ébauche de sourire.
- Bonjour tout le monde, lança la voix joyeuse d'Arthur.
- Mr Weasley !!! s'écrièrent Hermione et Harry.
- Papa !!!
- Arthur.
- Oh, mais tout le monde est là, s'exclama Arthur, tout sourire. Ron, Harry, Hermione, Severus. Tu ne devrais pas être au ministère ?
- Si, je vais devoir y aller, d'ailleurs, Potter ?
- Je viens, assura le brun dans un sourire, ravi de vous avoir revu Mr Weasley.
Harry se leva, et serra joyeusement la main d'Arthur qui lui sourit. Arthur serra dans ses bras Hermione et Ron, et serra la main de Severus.
- Je serais bien venu, Severus …
- Inutile, tu as besoin de repos encore, sourit Snape.
Etrangement depuis la fin de la guerre, son visage se faisait plus expressif, même si les sarcasmes fusaient avec toujours autant de facilité. Arthur hocha simplement la tête.
- Bonne chance, souffla Ginny, timidement.
- On vous attend pour le dîner, ne soyez pas en retard, assura Molly.
George, comme à son habitude ne dit, mais hocha la tête en accord avec sa mère. Harry suivit Snape dehors et ils transplanèrent en silence au ministère. Ils furent accueillis par l'auror Kingsey Schaklebock. Il fusilla l'ex-Mangemort du regard, mais ne fit aucun commentaire. Il les guida ensuite dans le ministère jusqu'à la salle d'audience. Snape alla docilement s'asseoir sur le fauteuil au centre qui referma les anneaux de ferrailles autour de ses poignets et ses chevilles, il ne protesta pas. Harry vint se poster à sa droite, et pausa une main sur son épaule, le temps que la salle se remplisse. Puis le discours barbant des juges commença. Harry soupira, il s'ennuyait déjà. Il se demandait comment Severus pouvait être si calme. Aussi respecta-t-il du mieux qu'il peut son silence et tâcha de rester impassible alors qu'à l'intérieur, il bouillonnait. Une heure s'écoula encore avant que l'un des juges ne se lève et s'éclaircisse la voix.
- Snape, Severus Tobias, le conseil a fini de délibérer sur les accusations qui sont portées sur vous, fit-il, visiblement de mauvaise grâce. En ce qui concernait l'accusation de traitrise, le conseil vous déclare non coupable. En ce qui concerne l'accusation d'actes malveillants envers autrui, le conseil vous déclare non coupable. En ce qui concerne l'accusation de meurtre sur la personne de Dumbledore, le conseil vous déclare …
Il y eut un instant de flottement, comme si le juge hésitait. Snape, pour la première fois, montra un signe d'impatience, et serra les poings. Un silence morbide s'en suivit. Personne n'avait vu le Maître des Potions réagir, excepté Harry, qui massa discrètement l'épaule de son ex professeur. Tout le monde semblait attendre une quelconque réaction, mais ils pouvaient toujours attendre, pensa Harry, Severus Snape ne réagissait à rien, ou presque. En tout cas, pas en publique.
- Je disais donc, le conseil vous déclare coupable, résonna à nouveau la voix du juge.
Un murmure parcourue la salle. Harry imitait la carpe à la perfection. Severus, fidèle à lui-même, était impassible. Bon ok, il avait lancé le sort, mais tout le monde savait aujourd'hui que Dumbledore l'avait légèrement forcé à le faire.
- Vous êtes condamné à la perpétuité, souffla la voix du juge avec difficulté. Avec possibilité de pouvoir sortir, pour bonne conduite, nuança-t-il. On vous emmènera demain, à 11h.
Visiblement ce juge là, au moins, n'était pas d'accord avec la sentence. Harry savait que la société ne pouvait laisser ce crime impuni, mais quand même, Snape n'avait jamais demandé à le faire. Harry bouillonnait, comment pouvait-on condamné cet homme qui avait offert sa vie ? Severus serra doucement sa main, tentant de l'apaiser. Mais la colère du Survivant était palpable.
- Potter, calmez-vous, je sortirais dans pas longtemps, tempéra Severus.
- Dans 10 ans ? ironisa Harry. Comme si vous pouviez vous le permettre, la guerre est finie pour vous aussi, Professeur.
- D'abord je ne suis plus votre professeur, ensuite, je vous assure que je n'aurais pas le temps de vous manquer.
- Qu'en savez-vous ? j'ai encore tellement de chose à vous demander …
- Et j'y répondrais, mais pas maintenant. Bientôt Potter, bientôt.
Ça sentait la promesse, de celle qui lie les gens pour l'éternité, jamais Harry n'avait entendu la voix de Snape si basse, si profonde, si chaude. Il connaissait assez son professeur pour croire en lui. Pour savoir qu'il avait évidemment un plan, qu'il ne laisserait pas les choses en l'état. Harry soupira, et s'écarta pour laisser les aurors emporter celui qui lui avait de nombreuses fois sauver la vie. Il était soudain si las. Il n'eut pas le temps de soupirer une deuxième fois que la grande porte du tribunal vola en éclat, et que les sorts fusaient de part et d'autre de lui. Il s'aplatît sur le sol sous le poids qui lui tomba sur les épaules. Un blond aux yeux étrangement violet lui soufflait de ne pas bouger. Il n'avait pas de baguette, mais tout son corps brillait d'une lueur menaçante. Il semblait attirer les sorts à lui, ils étaient tous déviés dans sa direction. L'un d'entre eux ricocha soudain et frappa Harry de plein fouet. Il n'eut pas le temps de comprendre, juste le son de quelqu'un qui hurlait son nom perça les brumes de l'inconscience qui l'envahit.
- Armand !!! Hurla Snape.
- Je vais bien … mais ton ami va mal lui …
- Ne bougez plus !!! menaça un auror.
- Il faut l'aider, supplia Snape, inquiet. On ne peut pas le laisser comme ça !
- Laissez les médicomages faire leur travail.
- Il sera trop tard quand ils arriveront … souffla Armand.
- Qui êtes vous, vous ?
- Un allié, du moins pour l'instant, tonna Armand. Si on ne fait rien maintenant, le gamin va mourir.
- Transforme le !!!
Armand fixa Severus avec un regard surpris qui en disait long. Il n'avait jamais vu le Maître des Potions en proie à une telle panique. S'en était presque effrayant.
- Je n'ai pas le droit et tu le sais, fit Armand.
- Tu l'as dis toi-même, il va mourir, cingla Snape.
- Ça ne dépend pas de moi, je ne peux pas.
- Il va mourir, fais quelque chose !!! supplia à nouveau Snape.
- Il est hors de question que l'on laisse un inconnu transformer Mr Potter !!! cria l'auror, le seul qui avait visiblement compris de quoi il retournait.
- Silence vous, vous êtes incapables de lui offrir une vie normale après ce qu'il vient de vivre, sans parler de votre justice à deux mornilles, quelle parodie !!! ironisa Snape, furibond.
- Vous avez tué Dumbledore !!! répliqua un autre Auror.
- Il me l'avait demandé !!! Si vous nous aviez écoutés, moi, Potter et Malefoy …
L'auror ricana méchamment, éloquent quand à ce qu'il pensait des témoins. Armand observa son ami, il ne l'avait jamais vu perdre son calme comme ça. Un sourire étira ses lèvres pâles, sourire qu'il perdit bien vite, quand l'odeur du sang du jeune Potter se fit sentir plus que de raison. Son sang se répandait sur le dallage noir de la salle froide et impersonnelle, alors que l'on comptait les survivants. Armand n'avait plus le choix. Il allait se faire taper sur les doigts, mais il n'avait pas le choix. Il s'approcha de la gorge de Potter et planta ses crocs dans la chaire tiède, il dilua son venin dans ses veines. Harry se cambra de douleur et hurla comme jamais. Quand Armand se retira, une dizaine d'auror l'entouraient. Tous savaient qu'il avait fait la seule chose à faire pour le garder en vie. Harry se redressa, tel un automate, il avait les yeux dans le vague, terne, et il avait perdu toute couleur.
- Je l'emmène avec moi, comme me l'autorise le Pacte qui lie mon peuple au votre. Quand son apprentissage sera terminé, il vous reviendra de lui-même, s'il le souhaite. Il est un atout inégalable dans la lutte contre les vampires renégats, ne le sous-estimez plus. Je ne veux avoir à faire qu'avec le Professeur Snape, ici présent, je romprais le contact avec tout autre intermédiaire, annonça Armand.
Il se tourna ensuite vers Harry et posa une main sur son épaule. L'adolescent ne réagit pas.
- Suis moi, et ne te retourne pas, somma la voix d'Armand, grave et suave.
Puis Armand sortit de la salle. Suivis par un Harry aux gestes mécaniques et saccadés. Armand savait qu'il ne pouvait se servir de ses pouvoirs avec le novice. Il allait devoir le faire à l'ancienne. Mais comment rejoindre le sanctuaire sans ses pouvoirs ? Harry le suivit sans mot jusqu'à la porte effondrée.
- Ne te retourne pas.
Malgré l'ordre sans appel, l'adolescent ne put s'en empêcher, il se retourna et planta ses yeux dans les obsidiennes qui le fixaient. Pleines de vies. Il voulait cette vie. Il voulait la partager, non la voler, qu'elle lui appartienne. Il avait soif, terriblement soif. Il fut cependant retenu par une force herculéenne contre la quelle il ne pouvait pas lutter.
- Tu vas le perdre, Harry, souffla Armand. Je t'avais dit de ne pas te retourner. Viens, allons-y, on nous attend.
SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP-SS-HP
Une rewiev pour remonter le moral de l'auteur malade ?
