Okay, cette suite n'était normalement pas prévue, mais bon, on me l'a beaucoup demandée et c'était très amusant ! Je qualifierai surtout cet OS de GROS DELIRE, qui ressemble plus au scénario d'une sitcom que d'une fanfic, avec des personnages à la limite de l'OOC, des coups de théatres débiles et attendus, une fin bizarre, et une intrigue assez bancale et pas toujours logique... mais moi je me suis bien marrée à l'écrire, alors si vous trouvez que c'est trop du n'importe quoi... Tant pis pour vous XD


-Sutcliff, nous allons être en retard !

-J'arrive tout de suite darling ~ !

William pesta pour ce qui lui sembla la centième fois depuis le début de cette soirée. Ce soir, Sutcliff et lui étaient invités à dîner chez la famille de Grell, et cette perspective ne réjouissait que très peu William. Il ne se souvenait que trop bien du désastre qu'avait été le dîner chez sa propre famille, et il n'avait pas envie de réitérer l'expérience chez les Sutcliff.

Mais il aurait été fort mal élevé de refuser, d'autant plus que Grell avait l'air ravi de présenter son fiancé à sa famille. Cela laissait au moins présager que la famille de Sutcliff étaient plus ouverte et sympathique que celle de Will, ce qui ne rassurait pas pour autant ce dernier.

Pour le moment, il se trouvait debout sur le seuil de la porte de son appartement, attendant que Grell daigne enfin sortir le nez de la salle de bain. Cela faisait exactement vingt-sept minutes que Will était prêt à partir, mais Sutcliff avait changé de tenue pour la troisième fois, n'étant jamais satisfait de ce qu'il portait.

Il finit cependant par rejoindre Will, dans une robe écossaise rouge et noire qui virevoltait à chacun de ses pas. Il avait également relevé ses cheveux, ne laissant que quelques mèches folles chatouiller son front.

-Alors, comment je suis ? Demanda-t-il soucieusement à Will.

-Très bien maintenant allons-y, nous sommes extrêmes en retard.

- « Très bien » ? Reprit sombrement Grell en pesant ses mots. Seulement « très bien » ?

William soupira.

-Vous êtes magnifiquement sublime, dit-il non sans en pointe d'agacement en redressant ses lunettes. A présent venez !

Grell fut satisfait et agrippa son manteau en souriant de toutes ses dents pointues, avant de prendre le bras que lui tint galamment William et de quitter l'appartement…


Grell mena le pas à travers le petit quartier situé près des bureaux et qui regroupait les logements de fonctions des Shinigamis. Bien que vivant dans le même quartier que ses parents, le Shinigami Rouge avait délibérément choisi un appartement assez éloigné de celui de sa famille, voulant tout de même instaurer un peu de distance. Aujourd'hui, alors qu'il venait de marcher durant environ trois quarts d'heures en talon aiguilles, il s'en mordait un peu les doigts. Heureusement, ils finirent par arriver à destination.

-C'est là ! S'exclama Grell en observant triomphalement un petit immeuble en tout point identique à celui dans lequel ils résidaient.

Will hocha sèchement la tête, puis alla ouvrir la porte d'entrée de l'immeuble. Grell annonça alors que l'appartement de ses parents se trouvait évidemment au dernier étage et qu'il exigeait de prendre l'ascenseur. William pesta, préférant de loin ces bons vieux escaliers que cette invention beaucoup trop novatrice à son goût qu'était l'ascenseur, mais il finit par céder suite aux sanglots de sa fiancée qui avait « troooop mal aux piiiieds ! ».

Une fois parvenus au dernier étage, Grell et Will descendirent tous deux de l'ascenseur.

Ils n'eurent aucun mal à trouver le bon appartement, car des cris stridents se firent tout de suite entendre.

-GREEEEEEEEELLLL !

A ce moment, William songea réellement à passer un nouveau un test de vue, se demandant s'il ne commençait pas à voir double, car la personne qui venait de sauter dans les bras de Grell en glapissant son nom était tout simplement son clone.

-KIIIH RACHEEEL ! Hurla à son tour Grell en étreignant ladite « Rachel » avec enthousiasme.

Les deux hystériques continuèrent de se serrer si fort dans les bras l'un de l'autre que William crut qu'ils allaient s'entre-étrangler. Mais Grell lâcha finalement prise et présenta son double à Will.

-Willu, voici Rachel, ma sœur. Et Rachel, voici…

-Le fameux « Wiiiilluuuu » je suppose, l'interrompit-elle en souriant ironiquement.

Grell gloussa en se dandinant et en murmurant un faible « ouiiii » intimidé. William quant à lui toisa la sœur de Sutcliff avec attention en levant un sourcil. Il était vrai qu'à bien y regarder, au lieu d'être son double, Rachel ressemblait plutôt à une version femelle de Grell. Ses cheveux étaient aussi peut-être plus courts et plus foncés que ceux de son frère.

-Je suis enchantée ! S'écria-t-elle joyeusement en faisant spontanément la bise à Will.

-Hm, fit-il en redressant ses lunettes et en restant stoïque, moi de même, Miss.

-Oooow « Miss » ? Comme il est formel ! Gloussa-telle avec gourmandise.

Grell la fusilla du regard, ne connaissant que trop bien le goût de sa sœur pour les hommes stoïques – et son habilité à tous les lui piquer – et rapprocha furieusement William de lui.

-Et bien il n'est pas venu là pour TOI !

Cette réplique respirant la jalousie à l'état pur ne fit qu'accentuer l'hilarité de Rachel.

-Je sais, chérie, je sais, ri-t-elle en agrippant à la fois le bras de Will et celui de Grell. Allons, dépêchons nous d'aller dîner, sinon M'an va être en colère.

William et Grell lui emboitèrent le pas, l'un toujours assez remonté et l'autre complètement impassible.

-M'an ! Interpella Rachel une fois passés le seuil de la porte. Grell et son chéri sont là !

-J'arrive, j'arrive ! Fit une voix légèrement raillée.

En effet, la femme ne tarda pas à aller à la rencontre de ses invités. Elle était de corpulence assez ronde, et de taille plus petite que Grell, même sans talons. Ses cheveux blonds n'étaient surement pas naturels, mais son sourire, lui, était sincère.

-Grrrrrell ! S'exclama-t-elle en prenant son fils dans ses bras. Ca fait un bout de temps, ma chouquette !

-M'aaan ! Pleurnicha Grell en répondant à son étreinte. Ne m'appelle pas comme ça, surtout pas devant…

Il leva automatiquement les yeux vers Will qui… qui manifestement se retenait vraiment de rire. Sa commissure droite faisait des soubresauts.

-Ooooh… soupira la femme en découvrant William.

Elle commença à lui tourner autour en l'inspectant, tandis que Will s'efforçait de rester fier et droit, bien que son sourcil ne cessait de tiquer.

-Ah ben ça… Finit-elle par souffler. Tu sais les choisir, Grell…

-Huhu oui je s-

-Ah et puis il est bien sculpté, continua-t-elle en caressant le torse de Will.

-M'an !

-Madame, protesta William en s'écartant poliment d'elle. J'apprécie sincèrement le compliment, mais je ne pense pas que cet attouchement soit nécessaire….

La mère de Grell gloussa en regardant Will d'un air « oui j'ai été vilaine. »

-Vous avez raison, mais c'est comme ça, moi quand je vois quelque chose qui me plait, il faut que je touche… C'est comme les petits fours qu'on nous sert parfois lors de réceptions , je sais que je ne devrai pas y toucher mais je peux pas m'en empêch-

-Oui et bien c'est bon, Maman, on a compris, coupa Grell, las.

Elle leva les yeux en ciel, faussement vexée, puis tendit sa main à William.

-Je suis Madame Janet Sutcliff, annonça-t-elle. Et je suis eeeenchantée !

William toisa la main que lui tendait Janet. Son sourcil tiqua de nouveau, puis, non sans une certaine hésitation, porta la main gantée d'un long gant blanc jusqu'à ses lèvres.

-William T. Spears, Chef du Secteur des Recrues envoyées en Mission de la Branche Londonienne des Shinigamis. Enchanté.

-Ooow qu'il est formel ~ ! Ronronna-t-elle.

-Et bien il n'est pas venu là pour TOI ! Grogna de nouveau Grell en câlinant Will.

-Méfie-toi, M'an, prévint Rachel. Grell est très possessive avec son « Wiiiiilluuuuu » !

Grell continua de montrer les dents aux deux femmes en se serrant davantage contre Will qui avait vraiment très envie de rentrer chez lui.

-Je vais te dire, Grell, dit Janet en prenant son fils par les épaules. C'est une bonne chose que tu sois aussi possessive, comme ça personne t'le piquera.

-J'espère bien ! Si une de ces garces ose s'approcher de lui, je la tue !

-Il faudrait que vous arrêtiez de traiter toutes les femmes de « garces », Grell Sutcliff, le sermonna Will en redressant ses lunettes.

-C'est tout ce que tu trouves à dire ? Rugit Grell.

-Bon ça suffit, dit calmement Madame Sutcliff en frappant dans ses mains. Grell, tu as commis suffisamment de meurtres dans ta vie, jeune fille, alors ce soir tu essaies de contrôler tes pulsions meurtrières, d'accord ?

-…Moui maman… fit-il en baissant la tête, honteux.

Sur-ce, la femme tourna les talons et les invita à s'installer à table pendant qu'elle servait le repas. Will fut admiratif. Elle avait réussi à CALMER Grell. Cet exploit méritait le respect.


William, accompagné de Grell et de sa sœur, s'assirent donc sur un canapé jaune et sans prétention, devant lequel se trouvait une table basse en bois. Divers petit-fours et autres apéritifs s'y trouvaient, et Will devait bien avouer qu'il n'avait jamais été habitué à ce genre de repas. Tout chez lui était si formel que ce genre de dîner simple et convivial était tout à fait inenvisageable.

-Voiiiila ! Annonça Madame Sutcliff en déposant un dernier saladier rempli de taboulé sur la table. Bon, aller et que chacun se serve, les enfants !

Will hésita quelques secondes – surtout qu'il n'y avait pas de couvert et que donc ces canapés devaient se manger avec les doigts, ce qui lui paraissait mal élevé – mais lorsqu'il vit que ses hôtes ne se privèrent pas, il les imita et prit délicatement ce qui ressemblait à une petite pizza.

-On attend personne d'autre, M'an ? Demanda Grell.

-Chon oncle Chtanley defrait pas ta'der à a'iver, répondit-elle, une grosse bouchée de pâté dans la bouche.

-Et P'a est encore et toujours dans sa chambre, finit Rachel avec une certaine fatalité.

Grell hocha la tête, compréhensif, et Will put apercevoir une brève – très brève – lueur de tristesse traverser ses yeux. Il l'interrogea alors du regard, et Grell lui murmura à l'oreille :

-Mon… mon père est malade. Il reste toujours enfermé dans sa chambre… A jouer avec un fils imaginaire.

A peine eut-il finit sa phrase qu'un bruit se fit entendre, provenant d'une porte manifestement fermée à clé :

-HIIYEAH !

-Qu'est-ce que ce bruit ? S'enquit Will en haussant un sourcil.

-Oh… soupira tristement Madame Sutcliff – mais enfournant tout de même une belle portion de quiche dans sa bouche – c'est mon mari justement.

-HIIIYEAH !

-Il doit s'imaginer être en train de jouer avec Franck…

-HIIYEAAH !

-Et en vue de ses cris, il doit sûrement lui apprendre à se battre à l'épée…

Les trois Sutcliff se plongèrent alors dans un silence oppressant, en fixant désespérément leurs verres comme s'ils faisaient une minute de silence solennelle pendant que les « HIIYEEAH ! » de Monsieur Sutcliff continuaient de raisonner au loin.

Will se demandait tout simplement ce qu'il faisait dans cette famille de dégénérés mentaux.

-Hm…fit-il en tamponnant sa bouche avec sa serviette en papier. Et je suppose que ce « Franck», c'est…

-Le fils imaginaire dont je t'ai parlé, achevé Grell.

Il y eut un nouveau « HIIYEAH » qui fit sursauter William, puis Rachel jeta violement sa serviette sur la table en se levant du canapé.

-Tout ça c'est de ta faute, Grell ! Rugit-elle en montrant ses dents pointues en tout point similaires à celles de son frère.

-Non ! Protesta Grell en montrant également les dents. C'est faux et tu le sais très bien !

Janet leva les yeux au ciel, visiblement lasse.

-P'a était comme ça bien avant qu'il sache que je préfère être une femme ! Continua-t-il. Ca a commencé à la mort de Franck !

-« Franck » ? répéta Will qui tentait tant bien que mal de suivre cette histoire. Ne veniez-vous pas de dire que Franck était son fils imaginaire ?

-Non… enfin oui… répondit Grell en balayant l'air de sa main droite. En fait si tu veux tout savoir, Franck était notre grand frère…

-Mais il est mort tragiquement de raison inconnues… compléta Madame Sutcliff en continuant de manger.

-Mhf ! De raisons inconnues, tu parles ! Riposta Grell en croisant les bras. Moi je reste persuadée que c'est P'a qui l'a tué quand il a su qu'il était homose-

-Grell ! Ca suffit, ne dis pas de telles choses ! Le coupa brutalement Rachel. P'a n'aurait jamais fait ça !

Grell la dévisagea pendant une poignée de secondes avant de tourner le regard d'un air hautain.

-Pense ce que tu veux, moi j'ai ma version de l'histoire. P'a a tué Franck et son meurtre l'a rendu dingue… Ah… Toute le monde ne peut pas être un meurtrier, finit-il fièrement.

-En tous cas, savoir que son fils restant se prend pour une femme n'a pas dû l'aider sur la voie de la guérison, reprit Rachel, cette fois-ci plus comme une remarque que pour blesser son frère.

Ce dernier lui adressa un regard sombre mais Madame Sutcliff intervint avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit :

-Bon, les filles, ça suffit maintenant, il ne s'agit pas de mettre notre invité mal à l'aise, ordonna-t-elle. Je vais chercher le plat principal, et je ne veux pas une seule allusion à votre père, entendu ?

-Oui M'an… répondirent-ils à l'unisson.

Elle les menaça une dernière fois du regard puis elle prit la direction de la cuisine, laissant seul William avec deux Sutcliff bien remontés.

Grell et sa sœur refusaient de prononcer mot, et William commençait à se sentir franchement mal à l'aise, tant l'atmosphère était oppressante. S'il avait été une personne sociable, il aurait probablement su quoi dire, mais ce n'était pas le cas. Aussi se contenta-t-il de boire une gorgée d'eau et de redresser ses lunettes.

Jamais il n'aurait cru que Sutcliff avait de tels problèmes familiaux. Maintenant qu'il y pensait, il n'avait jamais vraiment mentionné sa famille… Enfin, avec un père assez fou pour tuer son fils et s'en inventer un autre, il comprenait mieux la personnalité assez singulière de son collègue… Vraiment…

Puis on frappa à la porte. Madame Sutcliff s'y précipita, un gant de cuisine à la main, en criant des petits « j'arrive, j'arrive ! ». Grell et Rachel l'imitèrent en se précipitant vers l'entrée, si rapidement que Will n'eut pas eu le temps de réagir. Les Sutcliff débordaient vraiment trop d'énergie…

-Oh, William, allez donc surveiller la cuisson du rôti pendant que j'ouvre la porte… Lança Madame Sutcliff.

Le sourcil de Will tressailli, mais il se devait de faire honneur à ses hôtes, aussi se dirigea-t-il d'un pas digne vers la cuisine.

La mère de Grell finit par ouvrir à leur invité que les trois Sutcliff accueillirent avec plaisir.

-Oncle Stanley ! S'exclama Madame Sutcliff en enlaçant le vieil homme qui venait de franchir le seuil de l'appartement. Tu es en retard !

-Ah ma petite Janet, excuse- moi, il y avait des embouteillages…

-Oh, ne raconte pas n'importe quoi, répondit-elle en riant, tu habites un étage en dessous de chez nous !

L'homme eut l'air de réfléchir.

-Ah bon… soliloqua-t-il. Ah oui…

Madame Sutcliff secoua la tête, le sourire en coin, ce qui fit rire Grell. Son grand-oncle n'avait plus vraiment toute sa tête, mais il restait si drôle !

Stanley, après avoir dit bonjour à Janet et Rachel, se tourna enfin vers Grell et le dévisagea en écarquillant les yeux.

-Ooooh… souffla-t-il en tripotant les cheveux de Grell. Ca faisait une éternité que je ne t'avais pas vu, Franck ! Je croyais que tu étais mort !

-Oncle Staaanley ! Intervint Janet en écratant doucement son oncle de son fils. Franck est mort !

-Oh, mais.. mais tu es un fantôme alors ! S'exclama-t-il en direction de Grell.

-Je ne suis pas un fantôme, s'emporta Grell. Et je ne suis pas Franck, je suis Grell, tu te souviens ?

-Ah bon…ah oui… fit-il.

-Et Grell est venue nous présenter à quelqu'uuuun ! Chantonna Rachel en conduisant son oncle vers la cuisine.

-Ah bon… ah oui…

Grell devança rapidement sa sœur, son oncle et sa mère et alla se mettre aux côtés de William…

William qui s'étouffait à moitié avec le rôti manifestement brûlé.

-Hm hm ! Toussa-t-il en tentant de dissiper la fumée. Grell Sutcliff, votre mère a omis de me communiquer le temps de cuisson, je n'ai rien pu faire pour sauver le dîner…

-Oh ne t'en fais pas, Willu, dit-il en le prenant dans ses bras, telle que je connais M'an, je suis sûre qu'elle a préparé une dizaine d'autres plats…

-Mh… fit-il en nettoyant ses lunettes embuées de fumée et en se dégageant légèrement de la prise de sa fiancée. Fort bien.

-Enfin bref, viens que je te présentes à mon oncle Stanley ! (il lui murmura à l'oreille) Je te préviens il n'a plus toute sa tête… Il a tout de même 789 ans, tu sais.

-Je vois. Merci de m'avoir préven-

-Aaaah Franck ! S'enthousiasma Stanley en faisant irruption dans la cuisine accompagné des deux femmes.

-Je suis GRELL, Oncle Stanley !

-Ah bon….ah oui… (il se tourna vers Will) Oh, vous devez être la fiancée de Grell ?

-La fiancée ? Répéta Will qui ne put dissimuler sa confusion.

-Huuum….Fit Stanley en inspectant minutieusement William dont le sourcil ne cessait de tiquer, elle est tout de même très masculine…

-C'est parce que c'est un homme, Oncle Stanley ! S'écria Grell, au bord de la crise de nerf.

-Ah bon…. Ah oui…

Grell poussa un profond soupir de lassitude, puis alla se blottir contre Will en lui chuchotant un « excuse-le ».

-Ce n'est rien, Sutcliff.

Il s'avança vers Stanley et lui tendit poliment la main.

-William T. Spears, enchanté, trancha-t-il.

L'homme analysa la main gantée de noir de Will, avant de la serrer et de la secouer très vigoureusement.

-Ah, enchanté, Monsieur Spears, enchanté ! Vous êtes donc le futur époux de Rachel ?

-De Sutc- de Grell, en vérité, dit-il en reprenant l'usage de sa main endolorie.

-Ah bon… Ah oui…

-Vraiment…

-Mais quand Grell se sera lassée de lui, minauda Rachel en passant son bras autour de l'épaule de Will, qui sait, je serai peut-être la nouvelle Madame Spears !

William demeura stoïque, n'osant pas se montrer brutal envers une femme – une vraie femme – en la repoussant. Heureusement Grell se chargea lui-même de sa sœur et la dégagea violement de son fiancé.

-Je ne me lasserai jamais de Will ! Protesta-t-il.

-Ouais, ricana Rachel, c'est aussi ce que tu disais pour Arthur, pour Edward, pour Hans, pour Evan, pour…

-Ca n'avait rien à voir ! Cria-t-il. Ils n'étaient que des petits béguins sans importance ! Will est mon true love, finit-il en papillonnant romantiquement des cils.

-Ouais, continua-t-elle, c'est aussi ce que tu disais à la fin de combat contre ce démon, quand tu as vu les yeux de Undertaker, quand…

-Rachel, LA FERME ! S'emporta-t-il alors que l'envie de sortir sa tronçonneuse commençait à le démanger.

Rachel et Grell continuèrent de se disputer tandis que William surveillait avec insistance l'Oncle Stanley qui essayait actuellement de réanimer le rôti.

Vraiment… Il s'était douté que la famille de Grell était un peu hors norme, mais sûrement pas à ce point. Et même s'il essayait de le nier, les propos de Rachel concernant les amourettes passées de Sutcliff à son égard l'inquiétait légèrement. Il n'avait jamais compris ce qu'une personne aussi explosive et exubérante que Grell pouvait bien trouver à un homme terne et morne tel que lui, et l'idée que son collègue puisse un jour se lasser lui avait traversé l'esprit plus d'une fois. Il n'avait bien sûr jamais partagé son inquiétude avec Grell, la dissimulant avec brio.

-Les filles, les filles, calmez-vous ! Finit par intervenir Janet qui venait d'entrer dans la cuisine.

Elle sépara Grell et Rachel qui en étaient rapidement venues aux mains, l'une tirant les cheveux de l'autre.

-Vous n'avez pas honte de vous battre comme ça ? Grell, tu veux que ton fiancé te voie comme une gracieuse Lady ou comme une fille des rues ?

William faillit faire signaler que cela faisait longtemps qu'il connaissait les tendances violentes de Grell et qu'il n'avait plus rien à lui prouver, mais même lui avait suffisamment de tact pour se taire.

-Mais M'an ! Elle veut me piquer MON Will ! Est-ce qu'elle sait ce qui est arrivé à la dernière allumeuse qui s'est pointée dans son bureau ? (il fit un sourire sadique) Huhuhu ~ je crois qu'elle est toujours à l'hôpital…

-Comment ? Protesta Will en brandissant sa faux, C'est vous qui êtes responsable du congé maladie de Miss Hastwood ? Grell Sutcliff, savez-vous combien de temps j'ai perdu en essayant de me trouver une nouvelle secrétaire ?

Grell recula instinctivement, et Will, après quelques redressements de lunettes, reprit son calme et rangea sa Death Scythe.

-Vous me ferez des heures supplémentaires, Grell Sutcliff !

-Mais Wiiiill ! Pleurnicha-t-il, tu m'en as déjà donné hier !

-Ah, Grell, pesta Rachel, arrête de te plaindre…Moi je fais des heures supplémentaires avec Monsieur Sexy-Spears quand il veut ~ .

-M'an ! Tu vois ! Bouda Grell en pointant sa sœur du doigt.

-Ecoute Grell, déclara Madame Sutcliff, du moment qu'il épouse l'une d'entre d'entre vous, moi ça m'est égal…

Rachel éclata de rire, et Grell poussa une exclamation outrée. Mais il n'eut pas le temps de riposter, sa mère frappa dans ses mains en demandant à tout le monde de se rendre dans le salon pour passer enfin à table.

-Non, pas vous, William, coupa-t-elle alors que Will était sur le point de sortir de la cuisine.

Il haussa et sourcil et la femme sourit chaleureusement.

-Vous avez raté la cuisson du rôti, maintenant vous allez devoir nous cuisiner autre chose !

Il redressa ses lunettes, en se rappelant à lui-même qu'il était l'invité et qu'il ne devait rien dire de désagréable, bien qu'il mourait d'envie d'envoyer paître son hôte.

-Très bien, Madame Sutcliff.

Vraiment… avait-il l'air d'un majordome ?

Il observa avec lassitude son hôte partir en direction du salon en compagnie des autres membres de sa famille, puis il décida de se mettre à l'ouvrage.

Ayant longtemps vécu seul et préférant économiser plutôt que de dépenser tous les soirs son argent au restaurant, William savait plutôt bien cuisiner. Il prit rapidement ses marques dans la petite cuisine aux murs jaunes flashy, et commença à sortir les ingrédients et les ustensiles nécessaires à une délicieux fish and chips – son plat préféré. Il coupa les pommes de terre avec minutie, puis il beurra rapidement la poêle. Il était si concentré sur sa tâche qu'il n'entendit pas Grell approcher doucement de lui et tressaillit lorsqu'il sentit des lèvres se poser sur sa joue.

-Oh ~ tu frémis sous mes baisers, Willu ?

-Vous m'avez tout simplement surpris, Sutcliff, répondit-il froidement en plaçant le poisson dans la poêle. Retournez à table à présent.

-Mmmh … ronronna-t-il en enlaçant son supérieur. M'an m'a demandé d'aller chercher le reste de quiche en attendant que tu aies finit… Pourquoi, je te déconcentre, daaarling ?

-Je pense que même vous pouvez comprendre qu'il est difficile de cuisiner avec une paire de bras enroulée autour du corps, rétorqua-t-il sèchement en salant le poisson.

Grell se pencha par-dessus l'épaule de Will, se frottant ainsi contre lui, et lui caressa la main qui tenait le manche de la poêle.

-Mmh ~ Ca sent très bon… dit-il sensuellement.

-Ce n'est que du poisson, Sutcliff.

Il continua de câliner Will en gémissant de gourmandise.

-Je ne parlais pas du plat… Ton odeur est si….hypnotisante… irrésistible…

Le sourcil de Will tiqua. Bien que les avances de sa fiancée ne lui déplaisaient pas outre mesure, il avait tout de même un dîner à préparer. On lui avait commandé la confection du repas, un travail noble et sérieux, et il comptait bien remplir cette tâche. Il bloqua alors les mains baladeuses de Grell et se retourna, une leur menaçante dans les yeux.

Lueur menaçante qui s'assombrit davantage lorsqu'il se rendit compte que la personne qui était en train de déboutonner sa chemise n'était pas Grell Sutcliff mais Rachel Sutcliff.

-VOUS ? Gronda-t-il repoussant la jeune femme.

-..Oui, Will, admit-elle en reprenant son timbre de voix normal et en continuant de le tripoter, je suis démasquée… Mais n'est-ce pas plaisant d'être si proche d'une vraie femme ?

-V-vraiment ! Bredouilla-t-il, nerveux. Retournez immédiatement à table avant que Sutcli-

- Wiiiiill, s'écria-t-elle en se jetant dans ses bras. Grell n'en saura rien…

Elle commença à parcourir le cou de Will de petits baisers, mais le Shinigami ne voyait pas les choses sous cet angle. Cette femme oubliait qu'elle avait à faire à William T. Spears, qui était un professionnel lorsqu'il s'agissait de repousser les jeunes dévergondée. Il s'était entraîné durant environ un siècle avec Grell.

Se refusant de la blesser en la frappant comme il l'aurait fait avec Sutcliff, il planta simplement son regard le plus froid, le plus noir, le plus glacial dans les yeux verts de son assaillante.

-Lachez- moi, ordonna-t-il d'une voix si polaire que la température de la cuisine chuta de plusieurs degrés.

Les sourcils de Rachel se plissèrent, alors que la peur commençait à se dessiner sur son visage aux traits si proches de ceux de Grell. Son regard tresaillit, puis elle finit par se dégager.

Avant de se jeter sur ses lèvres.

Pile au moment où Grell entra dans la cuisine.

-Will, M'an demande si tu en as encore pour lon…

Il se raidit dans l'entrée, les yeux écarquillés, les dents serrées. Will se dégagea de Rachel – cette fois-ci sans perdre de temps à se montrer courtois – et redressa ses lunettes.

-Will ! S'exclama Grell.

-Sutcliff ! S'exclama Will.

-Rachel ! reprit Grell.

-Grell ! S'exclama à son tour Rachel.

Sans réfléchir, Grell se jeta sur sa sœur et entreprit de l'étrangler. William essaya de séparer les deux Sutcliff, mais Grell décida de s'en prendre également à son fiancé, et Will se retrouva malgré lui mêlé à cette terrible bataille de « sœurs ».

-Sutcliff… Calmez-vous ! Ordonna Will en tirant Grell loin de la jeune femme.

Le Dieu de la Mort Rouge continua à se débattre, voulant à tout prix échapper à l'étreinte de William.

- Lâche-moi, William ! Comment oses-tu me toucher après ce que tu viens de faire ? Je peux très bien te tuer, tu sais ?

Mais Will ne céda pas, bien déterminé à mettre les choses au clair avec sa fiancée.

-Ce n'est pas de sa faute, Grell… admit Rachel en se recoiffant. Il m'a résisté et… Hum je n'ai pas pu m'empêcher de me jeter sur lui… finit-elle rêveusement.

-Vraiment… cracha Will en se demandant ce que les Sutcliff avaient tous avec les hommes imposant une certaine résistance.

Ces propos eurent l'air de calmer Grell, puisqu'il cessa de vouloir se dégager de Will. Ce dernier plaça une main réconfortante sur son épaule.

-Que je ne te vois plus jamais toucher à MON homme, c'est clair ? Tonna Grell en pointant un doigt accusateur vers sa sœur. Certaines sont mortes pour moins que ç-

-BON ALORS IL VIENT CE DINER ! Hurla Madame Sutcliff en faisant irruption dans la cuisine.

Grell, Rachel et Will se mirent au garde-à-vous et reprirent une attitude normale, faisant comme s'il ne s'était rien passé.

-Cela sera prêt dans quelques minutes, Madame, annonça calmement Will en reprenant la cuisson du repas.

Janet traversa la pièce en toisant sombrement William, puis elle ouvrit un placard, en sortit un gâteau, croqua dedans, et fit le chemin inverse le tout en continuant de foudroyer son futur genre du regard.

-Tu ferais peut-être bien de la rejoindre, Rachel, suggéra sèchement Grell.

Rachel leva les yeux au ciel mais obéit à son frère...

Grell et William se retrouvèrent donc seuls dans la cuisine. Un silence oppressant s'installa, ponctuellement rompu par les crépitements de la poêle. Les yeux du Shinigami Rouge étaient embués de larmes, bien qu'il ne sache pas lui-même si elles étaient le fruit de sa fureur ou de sa peine. La scène qu'il avait surprise entre sa propre soeur et son cher fiancé ne cessait de valser devant ses paupières. Pourquoi Rachel éprouvait-elle toujours le besoin de lui arracher ses hommes ? Est-ce parce qu'elle savait qu'étant une vraie femme, elle était donc beaucoup plus attirante que son frère ? Et Will, était-il sensible à ses charmes féminins ?

-Votre mère ne s'arrête jamais de manger ? Finit par demander Will, plus pour briser le silence qu'autre chose.

Grell ne répondit pas, préférant se libérer tout de suite de ce qu'il avait sur le cœur :

-Qu'est-ce que ça t'as fait, Will ? Demanda-t-il amèrement, adossé contre le mur opposé à la cuisinière.

-Je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit William sans même se retourner vers son interlocuteur.

-Qu'est-ce que… balbutia Grell, dont les mots avaient du mal à sortir de la bouche à cause de la colère, qu'est-ce ça t'a fait de… d'embrasser une…. Vraie femme ?

Il y eut un nouveau silence. Will, toujours de dos à Grell, éteignit la gazinière et ôta la poêle de la cuisinière.

-Je pensais vous l'avoir déjà fait comprendre, trancha-t-il en s'accoudant contre la surface de la planche de travail. Votre sexe biologique m'importe peu. Je ne serais pas plus heureux si vous étiez une « vraie » femme comme vous dites.

-Wi-

- Alors cessez de me faire perdre mon temps avec ce genre de questions, coupa-t-il sèchement en se retournant, le plat de fish and chips à la main. Aidez-moi plutôt à servir le dîner.

Grell sourit faiblement, rassuré par les mots de William. Il lui agrippa le bras et se blottit contre lui en sortant de la cuisine. Will avait raison. C'était idiot de penser qu'il pourrait céder aux avances de Rachel. Car Grell était au moins persuadé d'une chose :

Il était le seul qui ait réussi à faire succomber William T. Spears, et ce n'était pas près de changer.


-Aaaaah ! S'enthousiasma Janet en arrachant littéralement le plat des mains de Will. Vous tombez très bien, je venais de finir mon gâteau.

Elle alla se rassoir et se servit une très belle portion de frites. Elle ne fut pas aussi généreuse sur le poisson, cependant.

William, qui jusqu'ici avait concentré son attention sur Madame Sutcliff et sa boulimie plutôt écœurante, n'avait pas encore remarqué qu'un homme qu'il ne connaissait pas était à table, assis à côté de ce qui ressemblait à un traversin surmonté d'une perruque et d'une casquette. Il avait des cheveux rouges foncés coiffés un peu à la manière de Humphries – ni trop stricts, ni trop ébouriffés – et même ses lunettes aux montures épaisses ne pouvaient camoufler ses cernes.

-P'a ! S'écria Grell en se jetant au cou de l'homme.

Ce dernier ne réagit pas. Il se tourna simplement vers le traversin, un air évasif au visage.

-Franck… tu veux un peu de frites ?

Grell secoua son père mais il n'avait même pas l'air d'avoir remarqué que son fils était presque assis sur ses genoux.

-Laisse tomber, soupira Rachel. Ca fait longtemps que tu n'existes plus pour lui.

William remarqua bien la tristesse qui envahit Grell mais qu'il s'efforça de cacher. Il s'écarta doucement de son père, et alla prendre place à table, non sans lancer un regard haineux vers « Franck ».

-Mais vous ne m'aviez pas dit que Franck était mort ? S'étonna l'Oncle Stanley.

Grell, Rachel, Janet et Will poussèrent un profond soupir.

-Je t'expliquerai plus tard, fit Madame Sutcliff en tapotant la tête de son oncle.

-Ah bon… Ah oui…

-Bon et bien, bon appétit ! S'exclama Rachel.

-Certains ne nous ont pas attendus… fit discrètement remarquer Will à Grell en toisant l'assiette vide de Janet.

Ils entamèrent donc tous leur assiette avec enthousiasme (qui était plus visible sur Madame Sutcliff qui s'était resservie que sur l'impassible William), n'oubliant pas de complimenter le chef improvisé pour ce délicieux fish and chips.

-Je vous remercie, déclara simplement Will, peu à l'aise avec les compliments.

Le dîner s'acheva calmement. Il n'y eut pas d'autre retournement de situation. Rachel avait cessé de séduire William, craignant trop les menaces de son frère, et Janet avait pu se resservir du dessert à six reprises. Grell avait amorcé une bataille de nourriture mais son père avait failli faire une attaque lorsque « Franck » se prit une part de cake dans le bouton vert qui lui faisait office d'œil droit.

Mis à part ce petit incident, tout se déroula donc à la perfection. Grell et William remercièrent donc leurs hôtes, et s'apprêtèrent à rentrer chez eux plutôt satisfaits par ce dîner malgré son début catastrophique.

Quand tout à coup, la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître un homme aux cheveux rouges et bouclés, un sourire inquiétant aux lèvres, et vêtu d'habits assez androgynes qui pourraient très bien être portés par une femme.

-OH MY DEATH ! Cria Grell, au comble de la surprise.

-FRANCK ! S'étranglèrent à l'unisson Madame Sutcliff et Rachel.

Janet s'évanouit sur la table, allant rejoindre l'Oncle Stanley qui lui s'était depuis longtemps endormi la tête dans son assiette. Monsieur Sutcliff câlinait son traversin en fixant d'un regard vide et sans vie l'homme qui venait de faire irruption dans la salle. La lèvre inférieure de Rachel ne cessait de trembler, et Grell était tout simplement immobile, figé devant cet invité surprise.

-… Vous avez l'air tous ravis de me voir, apparemment… ricana-t-il en plaçant ses mains sur ses hanches.

-Franck ! Mais… je croyais que tu étais… bredouilla Rachel.

-Mort ? Pff, il en faut plus qu'un coup de poêle à frire sur la tête pour tuer un Shinigami, tu sais…

Rachel et Grell se jetèrent dans ses bras, sans attendre d'autre explication.

-Grell…sourit Franck en observant son frère. La dernière fois qu'on s'était vu, tu étais un jeune garçon hésitant entre deux genres… Et maintenant je vois que tu es une belle jeune femme…

Grell gloussa en étreignant affectueusement son frère. Puis Franck leva les yeux vers William.

-My Death… minauda-t-il en s'avançant de manière suggestive vers Will. Et… à qui ai-je l'honneur ?

Will sentit un frisson désagréable lui parcourir l'échine. Contrairement à Grell qui était tout de même doté de traits assez féminins, Franck lui était clairement un homme, et d'ailleurs Will n'avait pas l'impression qu'il cherche à se faire passer pour une femme. Manifestement, il aimait simplement porter des vêtements ambigus et avait une nette préférence pour les hommes. Il haussa un sourcil avant de s'écarter de l'homme qui le dévisagea avec un peu trop de gourmandise à son goût.

-C'est William, mon fiancé, déclara Grell en insistant sur les derniers mots.

-Ton fiancé, hum… répéta-t-il en détaillant Will d'un regard intéressé. Et bien… Will… Si un jour tu as envie de t'amuser un peu, je suis là, d'accord ?

-Franck, ne m'oblige pas à te tuer alors que tu viens de ressusciter ! Tonna Grell.

Franck fit un sourire ironique, puis il remarqua son père qui serrait toujours son coussin contre son cœur en le berçant.

-Oooh… soupira méchamment Franck en allant s'assoir juste en face de son père. Papa… quelle joie de te revoir…

-N-non… Franck… tu n'existes plus… balbutia-t-il en serrant plus fermement le coussin. C'est lui mon fils… mon seul fils…

Le jeune homme secoua la tête en faisant des « tu tu tu… » faussement désolés….Puis il envoya un puissant coup de poing dans la mâchoire de son père.

-Franck, arrête ! Glapit Rachel en se précipitant vers son frère, paniquée.

-Laisse-le, fit Grell. Depuis le temps que j'en rêve… Il n'a que ce qu'il mérite !

La jeune femme se dégagea de la prise de Grell et tenta de calmer Franck, qui s'était à présent muni d'un énorme couteau de boucher. Il repoussa sa jeune sœur qui alla s'écraser à l'autre bout de la pièce.

-N'essaie pas de m'arrêter, cracha-t-il. Cet homme m'a fait vivre cinquante ans de calvaire ! Il m'a laissé pour mort dans les bas-fonds de Londres ! Mais maintenant… hahahaha ! Ma vengeance est sur le point de s'accomplir !

Il continua à rire de manière diabolique, et Janet choisit ce moment pour se réveiller… Mais elle s'évanouit de nouveau dès lors qu'elle posa les yeux sur l'arme que tenait son fils.

-Bon, Sutcliff, il serait peut-être temps que nous partions, déclara très simplement William alors que Franck était en train de poignarder sauvagement son père sous les cris de Rachel.

-Quoi, comme ça ? Tu veux pas savoir si mon père va mourir ? Rétorqua-t-il en fronçant les sourcils, nullement affligé par le meurtre qui se tenait sous ses yeux – il en avait vu d'autres et il n'aimait pas vraiment son père.

-A moins que ce couteau soit une Death Scythe, votre père ne risque pas plus qu'une semaine à l'hôpital, et je ne tiens pas à être présent lorsque votre mère se réveillera.

-Mais…

-Allons, venez, Grell Sutcliff, ordonna-t-il en traînant Grell hors de l'appartement.

Il adressa un dernier « passez une agréable soirée » à Rachel et Franck, puis sortit de la demeure des Sutcliff...


-Aaah.. soupira Grell en s'écroulant sur son lit. Ce fut vraiment… une diable de soirée. Je suis contente que Franck ne soit pas mort !

-Mh… répondit Will en enfilant son pyjama à rayures bleues et blanches.

Il devrait être étonné par le comportement très calme de Grell concernant l'attaque de son père, mais après tout, il avait à faire à Jack l'Eventreur.

Une fois vêtu pour la nuit, il alla rejoindre Grell, déjà sous les couvertures. Ce dernier vint se lover contre lui, et Will passa son bras autour de son épaule.

Ils étaient tous deux sur le point de s'endormir, quand Grell se redressa.

-WILL ! Je viens de me souvenir de quelque chose !

-Mmmh ?

-Le couteau… Je crois bien que c'était la Death Scythe de Franck !

-Oh… Toutes mes condoléances, dans ce cas.

Sur-ce, il se rendormit. Grell réfléchit quelques instants, l'air affligé.

-… Buu… Je suis triste !

...

Moi qui avait prévu de le tuer la semaine prochaine !