Voici le deuxième chapitre. J'espère que cette histoire vous plaira. Si vous aussi vous voyez des incohérences exploitables faites m'en part, ça permettra d'enrichir cette fic :-).

Comme d'habitude, tout appartient à JKR la sublime sauf les quatre joyeux lurons et demi (oui, je compte l'enfant Brandon comme une moitié ^^)

Bonne lecture !

Le lendemain de l'entretien avec le Premier Ministre, Jonathan prépara ses affaires ainsi qu'un plan d'attaque. Il n'était pas le plus diplomate des hommes et savait très bien qu'il pouvait démarrer au quart de tour si les enfants courraient le moindre danger. Pourtant, malgré un mauvais pressentiment, il gardait une certaine foi en l'être humain. Pour autant, ce n'était pas pour cela qu'il ferait des erreurs. Afin de ne pas faire de faux pas il s'obligea à réviser les lois du Royaume-Uni et toutes leurs variantes. Ce fut un travail de longue haleine et il décida de faire plus de recherche après avoir mené ses interrogatoires.

Cependant, comme dans toute enquête, il avait besoin de soutient, d'aide, d'un deuxième point de vue et surtout d'un deuxième cerveau. Il lui fallait donc une équipe digne de ce nom. Trois personnes en plus seraient parfaites : une personne type gros bras, une personne qui savait y faire avec les enfants et une personne assez fourbe pour arracher la vérité à n'importe qui. Et il avait déjà une idée d'à qui il allait demander l'aide.

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Jonathan s'arrêta devant la porte d'aspect très sale. Il constata la présente de divers fluides peu ragoutants sur le bas de la porte. Dégouté, il fit ses adieux aux vêtements qu'il portait, et qu'il brûlerait dès qu'il serait parti, et poussa la porte du bar miteux portant le doux nom de 'Cochon Pendu'. La salle principale était saturée de poussière, obstruant l'excès au peu de lumière qu'émettaient les vieux néons sommairement fixés au plafond. Les vagues silhouettes des soulards affalés sur les tables où étaient parsemés des miettes auraient donné des frissons à des hommes moins courageux que lui.

Il traça son chemin jusqu'au comptoir. Arrivé là, il demanda au barman où il pouvait trouver ''Gigi''.

« Vous êtes de la famille ? Vous auriez pu venir plus tôt. Il a eu le temps de détruire deux tables durant une baston. Vous le trouverez aux toilettes.

- Aux toilettes ?

- Ouais, il s'est pris une sacrée dérouillée. Il doit encore être en train de nettoyer tout le sang. »

Soupirant et maugréant toutes sortes de malédictions envers Gigi, Jonathan se dirigea vers le fond de la salle, slalomant entre les chaises. Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la porte des toilettes que celle-ci s'ouvrit sur le sujet de ses recherches… qui ressemblait plus à un zombi qu'autre chose. Un zombi pas frais du tout.

« Dégage de mon chemin, mec. Ou je t'en fous une.

- Eh bien, mon ami. Tu n'as vraiment pas l'air bien.

- On se connait ?

- Si tu levais tes yeux un peu plus haut, tu saurais. »

S'exécutant, le fameux Gigi se figea, passa par toutes sortes de couleurs, se décida pour le blanc cadavérique.

« Hey, Jo ! Ça faisait longtemps ! Me dis pas que je te dois du fric à toi aussi, geignit l'homme retourné à l'état larvaire.

- Pas que je sache.

- Dieu merci !

- T'es pas croyant.

- Je me remerciais moi-même.

- T'es pas un Dieu.

- Dans mon monde si. »

Sentant que la conversation risquait de ne pas finir, et connaissant son interlocuteur comme s'il l'avait fait, Jonathan décida de l'emmener dans un endroit plus discret.

« Il faut que je te parle. Suis-moi. »

Prenant par le bras le cuvard, il le sorti du bar sordide et l'emmena dans le parc qui ne se trouvait pas loin. Le temps, bien qu'ensoleillé, était très frais, ce qui leur permit d'occuper l'un des bancs du parc sans avoir à faire attention à quelque oreille indiscrète.

Gigi, ou Geoffrey Malder de son vrai nom, était un gars qu'il avait rencontré dans une situation plutôt désagréable. Il était ce qu'on pouvait appeler un ami fidèle mais fouteur de ''merde''. Il l'avait sauvé de nombreux coups fourrés et vraiment foireux. Il semblait avoir la pire malchance et, paradoxalement, avait le c*l bordé de nouilles.

Il allait lui demander son aide car, bien qu'il soit totalement irresponsable il était le meilleur ami des enfants. Tous l'adoraient, peu importe l'âge. N'était-il pas lui-même un enfant dans le corps d'un adulte ?

« Tu me veux quoi ? Je sais que tu n'es pas venu pour une visite de courtoisie, ça se saurait si c'était ton genre.

- Très bien. J'ai besoin de ton aide et de tes compétences. Il me semble que tu es le meilleur dans ta catégorie et j'ai besoin du meilleur. Je ne peux pas me permettre de prendre un incompétent-

- Wow, wow, wow. Qu'entends-je ? Tu es en train de faire un compliment ? Ça va la bouche ? Ça saigne pas trop ?

- C'est très fin. Blague mise à part, accepte-tu de m'offrir ton aide ?

- Explique-moi d'abord toute l'histoire. »

Ne perdant pas de temps, Jonathan joua la carte de l'honnêteté et déballa son sac. Geoffrey l'écouta jusqu'au bout, les sourcils froncés, ne lui faisant pas l'affront de ne pas le croire et de lui rire au nez. Un vrai ami.

« Si je comprends bien, tu veux t'assurer que ces enfants ne soient pas des victimes d'un système corrompu.

- Exact.

- Tu déteste les enfants.

- Ce n'est pas que je n'aime pas les enfants. C'est que je n'aime pas la manière dont les adultes agissent envers les enfants, leur passant tous, les croyant innocents et… Bref, tu m'aideras ?

- Bah, j'ai pas de travail, je m'ennuie et tu as un argument de poids.

- Ah bon ? Lequel ?

- Mais la magie, bordel ! Tu te rends pas compte ? Ça veut dire qu'il existe peut-être d'autre truc que les magiciens ! Les dragons ! Les licornes ! Les griffons ! Tout ça quoi ! Ça te fait rien ?!

- Premièrement, ce sont des sorciers. Deuxièmement, je suis un adulte.

- Non, tu es coincé, nuance.

- Je te retrouve dans une semaine à la gare de King's Cross à neuf heures. Prends des affaires pour toute une année, on dormira là-bas. Au revoir.

- Non mais mec, attends ! Souris au moins un peu ! La magie, merde ! »

Ignorant le rire de fou furieux retentissant derrière lui, et sachant que Geoffrey viendrait, Jonathan décida de poursuivre sa quête de compagnon. La deuxième personne qu'il alla voir serait beaucoup moins facile à convaincre. Alverède Orchard était du genre très terre-à-terre. Il ne croyait que ce qu'il voyait. Il se demandait même s'il devait lui dire pour la magie. Mais il saurait immédiatement s'il lui cachait quelque chose. On ne ment pas au maitre du mensonge et de la vérité.

Le jeune homme travaillait au 'London School of Economics and Political Science' et, à l'heure qu'il était, il devait donner un fabuleux cours sur l'art de voir les mensonges dans une discussion diplomatique et comment manipuler l'autre en lui faisant croire qu'il avait l'avantage. Lui avait toujours été fasciné par cette facilité que ce renard à deux pattes avait à tirer les vers du nez de tout le monde.

Le matin suivant, passant la porte de l'amphithéâtre, Jonathan remarqua une chose immédiatement. C'était calme. Atrocement calme. Mais vu le nombre très restreint de personnes dans la pièce, ce n'était pas étonnant. Et le peu d'élève présent semblait atteint d'un sévère trouble de la concentration.

« Comme vous pouvez le constater, avoir le dernier mot dans une conversation ne signifie absolument pas que vous avez gagné la partie. Tout dépend de la teneur de la discussion et si vous avez pu… »

Arrêtant son monologue, le pauvre enseignant sembla enfin remarquer que personne ne l'écoutait. Un soupir lui échappa et, prenant un grande inspiration, sembla prendre une décision. Il déclara d'une voix toute joyeuse :

« Vous me faites tous chier et je vous emmerde tous. Je démissionne. »

Cela sembla sortir les élèves de leur transe et ils le regardèrent avec de grands yeux choqués. L'enseignant prit ses affaires, grimpa à toute vitesse les marches et s'arrêta devant Jonathan.

« Quoi que tu ais à me demander je l'accepte. Tout pour partir d'ici ! »

Et il s'enfui presque par la porte. Jonathan eu juste le temps de le rattraper et de monter en vitesse dans la voiture du fuyard que celle-ci avançait déjà.

« Qu'est-ce que c'était que ''ça'' ? Interrogea Jonathan, éberlué du comportement de l'autre.

- ''Ça'', comme tu dis, est le dépérissement d'une génération d'incapable.

- Oh… Bref, comme tu dois t'en douter, j'ai besoin de toi.

- Dans quelle mesure ?

- Je dois interroger les membres d'un gouvernement pour m'assurer qu'une école un peu spéciale ne soit pas un danger pour les élèves.

- ''Une école un peu spéciale'' ? C'est-à-dire, spéciale ?

- Ecoute, je ne veux pas te mentir, et si je te le disais, tu ne me croirais pas. Donc je préfèrerais que tu ne sois au courant de rien.

- … Tu préfères donc me mentir par omission ?

- Non, je ne te mens pas.

- Ah si !

- Non, je te préviens juste.

- … C'est une école pour psychopathe ?

- Non ! Où vas-tu chercher une idée pareille ?

- Alors j'accepte.

- Sérieux ? Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Alverède Orchard ?

- Je suis son jumeau démoniaque et je l'ai mangé.

- Ouf, c'est bien toi. Bon, il faut que tu me retrouves devant la gare de King's Cross vendredi prochain vers neuf heures. Viens avec pas mal d'affaires de rechange, on reste là-bas pendant toute la période scolaire. C'est un internat. »

Jonathan n'aurait jamais cru qu'Alverède accepterait aussi facilement. En tout cas, l'affaire lui plaisait, il ne lui restait plus que la dernière personne qui ne devrait pas être trop dure à convaincre. Enfaite, c'était presque cette personne qui lui avait soufflé l'idée. Lorsqu'il était allé voir son ami dont le fils était sorcier, cette personne était présente et savait donc pour l'aspect magique de la situation. Cynydd Shields, bien qu'étant une femme, savait absolument se servir de ses poings. Et de ses pieds. Et de ses genoux. Et de ses coudes. En fait, toutes les parties de son corps pouvait être mortelles si elle le voulait. Le nombre de trophées qui se trouvaient sur le manteau de sa cheminée était ahurissant, et encore. Ça c'étaient les coupes gagnées officiellement. La jeune femme était avant tout une combattante et les combat contrôlés par une fédération ou arbitrés n'avaient pas la même saveur que les combats de rue dont elle était si folle amoureuse. Cynydd était en fait la petite sœur d'un de ses rares amis. Il ne la considérait elle-même que comme une connaissance. Cependant, il s'entendait plutôt bien avec elle et avait de bons espoirs.

Le lendemain, arrivé devant la porte de sa maison, il frappa et attendit que quelqu'un vienne lui ouvrir. Il avait appelé son ami plus tôt qui lui avait dit qu'elle serait certainement ici. Il fallut moins d'une minute à la femme pour ouvrir la porte et, voyant qui se trouvait derrière, se jeter dans ses bras.

« Jony ! Comment va ?

- Tout va bien, Cynydd, bonjour à toi aussi. Je peux entrer ?

- Oui bien sûr, entre, entre. Tu veux boire quelque chose ? Je crois que j'ai du café.

-Je veux bien une tasse, s'il-te-plait.

- Alors, tu viens pour quoi ? Mon frère va bien ?

- Oui, ne t'inquiète pas. Mais je viens à propos de lui. Ou plutôt de son fils.

- Ah, Brandon. Ça doit lui faire un choc. Un sorcier, t'imagine ? J'espère vraiment que les sorciers ne sont pas mauvais, sinon ils risquent de goûter de mon poing.

- Justement, c'est à ce sujet que je suis venu. Tu veux absolument protéger Brandon, n'est-ce pas ?

- Bien sûr !

- J'aurais besoin de ton aide pour m'assurer que le système scolaire est parfait pour les enfants, tu vois ce que je veux dire ? J'ai essayé de trouver des informations sur cette école, mais rien. Je veux être sûr que les règles qu'ils y appliquent ne sont pas obsolètes ou dégradantes ou autre.

- Tu as un doute toi aussi hein ? Ok, je veux bien. Tu as un plan ?

- Oui, mais je vous en informerais plus tard.

- ''Vous'' ?

- J'ai demandé l'aide de plusieurs personnes. Si tout est bon pour toi, il faut que tu me retrouves devant la gare de King's Cross à neuf heures vendredi prochain. Prends des affaires pour toute l'année.

- Ok Boss, sourit la jeune femme. »

En rentrant chez lui, Jonathan soupira de soulagement. Tout se déroulait parfaitement bien et, bientôt, il pourrait s'assurer qu'une génération ne serait pas en danger. Il espérait de tout son cœur que son mauvais pressentiment n'était que cela. Il verrait bien.

Alverède : du germanique alb qui signifie elfe et rad, conseil

Cynydd : variante du prénom gallois Kontez signifiant Chasseur