Merci Nourann et Jade181184 pour vos commentaires !

Merci à Paige0703 pour ses encouragements renouvelés

Bonne lecture !

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Lorsque John revint au bout d'une heure Finch était assis devant ses écrans avec l'attitude sereine qui lui était propre.

-« Déjeuner Finch » annonça t-il

-« Numéro » répondit l'informaticien.

-« Celui des sandwichs ou un vrai ? » questionna Reese pour le taquiner.

Finch ne put retenir un sourire. Il décida de jouer le jeu. Cet aparté était la bienvenue pour détendre l'atmosphère.

-« Un vrai. Je pense que les sandwichs n'ont pas encore de numéro de sécurité sociale » remarqua t-il.

-« Très juste. Alors au travail Finch »

Finch tempéra.

-« Prenez le temps de déjeuner pendant que je commence la collecte des informations. Qui sait si vous en aurez encore le temps dans les prochains jours »

-« C'est une éventualité » répondit John en s'essayant près de lui et en déballant le repas.

-« C'est vrai qu'en ce moment ce sont plutôt des missions courtes, mais mieux vaut ne pas s'y habituer » « Même si cela me convient davantage vu que cela me permet de LE voir plus souvent » ajouta t-il pour lui-même.

Il leva les yeux vers son partenaire, hésita, puis demanda :

-« Au fait Finch, tout va bien ? »

L'informaticien savait que cette question viendrait. Il y était préparé. Ne rien laissait paraître.

-« On ne peut mieux grâce à vous. Merci M Reese. »

Il se tourna vers l'ex agent, constata que celui-ci souriait, satisfait de l'avoir aidé.

-« Vous avez des mains en or » ajouta t-il alors spontanément. Avant de réaliser son laisser aller.

Rese lui lança un regard intense.

-« Elles sont à votre disposition Harold » murmura Reese « Quand vous voulez et pour ce que vous voulez » songea t-il.

Finch frémit sous ce regard, et même si John n'avait fait que penser ses derniers mots, il lui sembla les lire dans ses yeux et capta clairement les sous entendus. Une lumière se fit en lui.

John s'était détourné vivement lorsqu'il s'était rendu compte qu'il se trahissait. Il se leva pour aller observer la photo sur le tableau. C'était bien la peine d'avoir fait tant d'effort de dissimulation une heure plus tôt ! Heureusement pour lui, il y avait peu de chance que son patron devine ses véritables pensées.

-« Hé bien Finch, ce numéro ? » questionna t-il après quelques instants.

Finch ne répondit pas. Etonné du mutisme de son patron, Reese se retourna vers le poste de travail. Il croisa le regard de Finch fixé sur lui, et y lu un doute et autre chose qui le troubla, une compréhension ?

Ils restèrent quelques instants sans rien dire, chacun essayant de déchiffrer le regard de l'autre.

Un signal sonore les fit sursauter tout les deux et les ramena à la réalité, brisant le contact. Finch décrocha.

-« Bonjour inspecteur »

-« Salut Finch. Vous auriez deux minutes là ? J'ai un service à vous demander »

-« Bien sur inspecteur, je vous écoute »

Finch se concentra sur la conversation. Reese traversa la pièce et s'isola près de la fenêtre. Il avait besoin de réfléchir à ce qui venait de se passer entre eux. A ce dialogue muet plus expressif que des mots et à ce qu'il avait lu, ou cru lire, dans le regard de son partenaire. Mais avait t-il bien lu ? Ou avait t-il interprété le message selon ses sentiments ? Les questions se bousculaient dans sa tête. La pensée que Finch pouvait éprouver les mêmes sentiments que lui, cela semblait tellement irréel !

Mais la partie rationnelle de son esprit avait beau lui répéter que c'était impossible, un espoir avait éclos dans son cœur et rien ne semblait pouvoir le faire taire. Il était tellement absorbé dans ses réflexions qu'il ne s'aperçut même pas de la fin de la conversation.

Finch se tourna vers l'ex agent avec appréhension. L'appel avait interrompu leur échange. Les mots de son partenaire résonnaient dans son esprit, son regard qui en disait tellement plus que des mots, sa façon de se détourner précipitamment comme pour dissimuler ses véritables pensées, ou autre chose, ses sentiments ? Se pouvait t-il que John ?

Comment devait t-il analyser ça ?

Son regard dériva vers l'écran, la photo de leur dernier numéro, revenir à la réalité… « Oui c'est ça, revenir à a réalité » songea t-il. Il prendrait le temps de réfléchir à tout ça plus tard. Il se força à prendre un air neutre.

-« M Reese ? Êtes-vous prêt pour la mission ? » Interrogea t-il d'une voix mal assurée

L'ex agent sursauta, le fixant d'un regard perdu comme s'il émergeait d'un songe.

-« Oui Finch, toujours prêt » répondit t-il par reflexe. Il fixa son partenaire. Il semblait tranquille. L'illusion était passée.

L'informaticien enchaina :

-« Anthon Laski, 22 ans, étudiant en histoire de l'art, travaille dans une galerie pour financer ses études. Ses parents sont morts dans un accident de voiture quand il avait 11 ans. Il a été élevé par son oncle et sa tante qui vivent en Californie. Pas de petite amie connue, pas d'antécédent judicaire. Je vais accéder à la base de données de l'école pour connaître ses résultats.

Finch sentait le regard de son partenaire sur lui, pesant sur ses épaules. Son silence le perturbait.

-« J'envoi son adresse sur votre téléphone. Ainsi que celle de la galerie ».

Toujours le silence.

-« Et je vais étudier ses comptes »

Il se décida à se tourner vers l'ex agent.

-« M Reese ? Vous me suivez ? »

-« Toujours Finch » répondit –il machinalement « J'y vais » ajouta t-il et il se dirigea rapidement vers la sortie. Comme s'il fuyait.

Finch le regarda faire. Soupirant pour relâcher le stress accumulé ces dernières minutes. Il pressentait que cette absence ne serait qu'un répit. Ils allaient devoir s'expliquer.

OoooooooooO

Pourtant l'après midi se déroula sans incident.

Reese agissait comme à l'ordinaire. Finch en faisait autant. Le calme avant la tempête ?

En vérité, après avoir longuement réfléchi, John avait choisi l'option la plus raisonnable : ne rien faire.

Il avait analysé ses pensées et ses impressions. Envisager les possibilités. Peser le pour et le contre. Un instant la pensée incongrue qu'il agissait comme son patron l'avait fait sourire. Finalement il en était arrivé à cette conclusion, réalisant que s'il se trompait, il avait beaucoup à perdre, bien plus qu'il ne pouvait se le permettre.

Il n'était pas satisfait pour autant, sachant bien que s'il avait raison de croire en cet espoir né en lui quelques heures plus tôt, il laissait passer sa chance en choisissant cette option. Cette pensée le tourmentait. Et cette retenue ne cadrait pas vraiment avec son caractère. Toutefois il décida que s'il ne disait rien, il pouvait toujours essayer de réunir des indices… « Ce qui s'est produit une fois peut se reproduire à nouveau » espérait-il.

Finch restait sur le qui vive. John l'avait appelé en arrivant à la galerie où travaillait Anthon Slaski. Rien dans ses paroles ou le ton de sa voix ne lui avait parut différent. Evidemment. Des années de conditionnement à paraître insensible. Il ne lui fallait que peu de temps pour retrouver son attitude ordinaire. Pour dresser à nouveau autour de lui ses murs derrières lesquels il se dissimulait pour se préserver. Finch le savait. N'érigeait –il pas autour de lui les mêmes remparts protecteurs ?

Reese entra dans la galerie du pas d'un curieux en promenade. Anthon leva les yeux un instant puis se concentra à nouveau sur son portable.

-« Pas vraiment empressé envers le client » commenta t-il. Il avait laissé la ligne ouverte pour que son partenaire entende la conversation.

-« Il n'en a pourtant pas beaucoup. Les affaires de la galerie ne sont guères florissantes en ce moment » répondit Finch

Il s'écoula cinq bonnes minutes avant qu'Anthon ne se décide à approcher. Reese profita du fait qu'il délaissait enfin son portable pour l'apérer.

-« Je peux vous aider Monsieur ? » demanda t'il d'une voix peu enthousiaste.

-« Je faisais un tour. Disons que je suis là en repérage » répondit John.

-« Un projet en particulier ? » questionna Anthon.

-« Mon patron est un grand amateur d'art. Il aime agrandir sa collection ».

-« Je vois. Une préférence pour un style en particulier ? ».

-« Plutôt les artistes italiens ».

Finch sourit à cette affirmation.

-« Oh désolé Monsieur. Ce n'est pas vraiment notre spécialité. Nous avons des peintres plus européens ».

Reese le fixa, perplexe.

-« Enfin oui », commenta Anthon réalisant son erreur, « je voulais dire plutôt d'autres pays européens ».

-« L'Angleterre je suppose ? ».

-« Oui, en effet. Vous avez remarqués certaines œuvres ? ».

-« J'ai surtout vu l'affiche concernant votre exposition de demain soir. Turner était bien anglais n'es ce pas ?. Un précurseur du mouvement impressionniste ? »

Finch émit un son surpris et Reese sourit.

-« Exactement » répondit Anthon. « L'un des meilleurs de ce style ».

Reese fit la moue.

-« Pardonnez moi, mais il me semble que Turner n'a fait que préfigurer ce mouvement. Le style impressionniste a réellement été fondé par la suite par des artistes français. Les peintres français qui ont élaborés cette façon de peindre me semble d'ailleurs les plus intéressants pour ce style ».

-« Hum oui, certainement » répondit Anthon mal à l'aise. « C'est sujet à discussion » hasarda t-il.

La sonnerie du téléphone retentit et il s'excusa précipitamment, visiblement soulagé d'être interrompu.

L'ex agent fronça les sourcils.

-« Soit ce type n'est pas vraiment étudiant en histoire de l'art, soit il n'aime pas son métier. En tous cas il n'a aucun enthousiasme Finch » commenta t-il.

-« Je le constate M Reese. Tout comme je remarque que vous disposez d'une certaine culture en matière de peinture ».

L'ex agent sentit une pointe d'admiration dans la voix de son partenaire.

-« Surpris Finch ? » ironisa t-il.

-« Agréablement je l'avoue ».

-« Vous semblez oublier que j'étais un espion international Finch, ce qui nécessite un minimum de connaissance et pas seulement en technique d'armement »

-« J'en suis heureux M Reese et je ne l'oublierai plus »

Ce qu'il ignorait, c'était les livres d'art empruntés discrètement à la bibliothèque par l'ex agent, les moments passés à se documenter pour acquérir les connaissances nécessaires en ce domaine pour pouvoir soutenir une conversation constructive avec son partenaire. Pouvoir le suivre dans ses visites s'il le souhaitait. Juste un lien de plus entre eux, une façon de plus de faire parti de son univers.

Reese ne regrettait pas ces heures. Outre qu'il avait pris un réel plaisir à ces recherches, plus qu'il ne s'y attendait en fait, il se trouvait aujourd'hui récompensé par la réaction de son partenaire.

Anthon revint à cet instant.

-« Hé bien, avez-vous arrêté un choix Monsieur ? »

-« Non pas vraiment. Je ferais un compte rendu à mon patron. Peut être passera t-il voir l'exposition »

-« Oh je regrette, c'est uniquement sur invitation et les inscriptions sont closes ».

-« Alors ce sera pour une autre fois ».

-« Certainement Monsieur » répliqua Anthon. Il salua rapidement et retourna vers le bureau où il reprit son portable.

-« Etrange comportement. Pas très commercial » commenta Reese une fois dehors.

-« Le moins que l'on puisse dire »

-« Je vais jusqu'à son appartement installer quelques dispositifs » annonça Reese

-« Entendu, soyez prudent » répondit spontanément Finch.

-« Toujours Finch » répondit John instinctivement.

Tout deux réalisant au même moment leur réaction. Ces même mots répétés mille fois, mais toujours avec la même sincérité et le même besoin.

Reese se rendit à l'appartement où il pénétra sans peine.

-« La déco est minimaliste. Plutôt futuriste. »

-« Peut être es ce pour cela que M Slaski manque d'intérêt pour les œuvres de la galerie ? » suggéra Finch. « Quoique s'il se destine aux métiers de l'art, il devra apprendre à mettre ses préférences de côté ».

-« J'ai placé les micros et une caméra. Nous verrons bien. » Déclara Reese.

Il retourna épier leur numéro à la galerie. Puis le suivi après son travail.

-« ll se prépare à sortir » annonça t'il tandis qu'il l'observait par la fenêtre, d'un toit voisin.

Il reprit la filature. Anthon se rendit dans un club où il semblait avoir ses habitudes.

John entendit l'informaticien répondre à un autre appel sur un second téléphone.

-« Oui inspecteur. Je vous transmets par mail toute les informations que vous m'avez demandées. Je pense que vous devriez être satisfait » un silence puis : « De rien inspecteur. » Il entendit son partenaire ajouté d'un ton amusé « Non pas pour le moment. Il est en mission mais rien qui demande votre intervention, enfin pas encore » Il devina que Lionel avait encore du employé un de ces surnoms préférés pour le désigner, il savait que cela faisait sourire Finch. « A plus tard » conclu ce dernier.

John repensa au précédent appel de Fusco. Ou plutôt a ce que cet appel avait interrompu. Il se demanda une nouvelle fois si cette interruption avait été une bonne chose ou une opportunité manquée ?

Il s'efforça de se reconcentrer sur leur numéro. Installé dans un coin à l'écart, il regarda le jeune homme s'amuser. Au bout d'une heure un grand blond vint l'apostropher. Anthon et lui retournèrent à la table de l'étudiant. Le bruit était omniprésent et Reese ne put capter que quelques brides d'une conversation qui ne dura pas très longtemps.

-« Apparemment ils sont en affaires Finch. Mais je n'ai pas vraiment saisit lesquelles avec cette ambiance ».

-« Moi non plus. J'espère que nous n'avons rien manqué d'important. »

Au bout d'une heure Anthon rentra chez lui. Reese décida d'en faire autant.

-« Besoin que je passe avant Finch ? » demanda t-il après avoir hésité quelques instants.

-« Non. Allez prendre du repos M Reese. A demain »

-« A demain Finch » soupira Reese, partagé entre la frustration de ne pas le revoir et un certain soulagement. Par téléphone, il n'avait pas eu de peine à retrouver son attitude habituelle. Mais une fois devant Finch, il lui serait peut être plus difficile de poursuivre la comédie. Quelques heures de répit étaient bienvenues.

Pour Finch s'était plutôt le soulagement qui l'emportait. Ses certitudes s'étaient trouvées malmenées et il cherchait encore en lui les bonnes réponses. Un peu de calme lui ferait du bien.

OoooooooooO

Le lendemain Reese s'apprêtait à quitter son loft pour la bibliothèque lorsque son téléphone vibra.

-« Bonjour Finch »

-« Bonjour M Reese. Je vous signale que notre numéro s'apprête à quitter son appartement »

-« Déjà ? » s'étonna Reese.

-« Apparemment il a l'habitude d'aller faire un peu de sport avant de se rendre à son travail. Il est abonné dans une petite salle du quartier et elle ouvre à 7H30 ».

-« Ok, j'y vais au plus vite, mais je serais étonné que la menace vienne d'un tapis de course » commenta t-il un peu énervé par ce changement. « Je pourrais passer toute de même vous déposez votre thé, c'est sur le chemin ? »

-« Je préfère que vous suiviez notre numéro M Reese. J'ai de quoi me préparer un thé ici. En revanche j'espère que vous trouverez un café sur votre route pour vous aidez à démarrer la journée » répondit Finch qui sentait la nervosité dans sa voix.

-« Oui parce qu'elle démarre plutôt mal » répondit spontanément l'ex agent. Il réalisa immédiatement sa bévue et retint son souffle un instant, mais Finch ne fit aucun commentaire.

John soupira. Il avait répondu trop vite. Mais cela lui fit réaliser une nouvelle fois son besoin de voir son partenaire. Besoin visiblement plus puissant que l'appréhension qu'il ressentait envers Finch et ce qu'il pourrait lui dire sur leurs comportements de la veille.

Reese se rendit à la salle de sport et surveilla Anthon. Il le suivit lorsqu'il regagna son appartement puis lorsqu'il se rendit à la galerie. Il veillait depuis plus d'une heure déjà lorsque Finch le rappela.

-« M Reese, j'ai réussi à nous inscrire sur la liste des invités pour l'exposition de ce soir. Nous serons au plus près de M Slaski et… »

-« Nous ? » l'interrompit Reese « Vous comptez m'accompagner Harold ? »

-« Oui, une exposition est tout à fait le genre de manifestation que j'apprécie » affirma t-il.

-« Et s'il se passe quelque chose ? La menace pourrait se concrétiser ce soir Finch ! »

-« Hé bien vous serez là pour intervenir M Reese » et Finch songea qu'il ne pourrait pas être plus en sécurité qu'auprès de John.

-« Je n'aime pas cette idée » déclara Reese d'un ton dur.

-« Je suis persuadé que tout ira bien. Et puis cet immeuble dispose de nombreuses protections, je pourrais vous être utile. »

-« C'est en sécurité à la bibliothèque que vous m'êtes le plus utile Finch » insista John.

-« N'oubliez pas de passer prendre votre smoking » répondit simplement l'informaticien éludant la question.