Cher public, bonsoir.

Je reviens vers vous avec ce nouveau chapitre des Aventures et vous annonce que votre crétine d'auteur a dépassé les traditionnelles dix pages sans même s'en rendre compte. Voilà donc, en primeur absolue, 11 pages de Monroe.

Merci pour les reviews ! (Merci Nita !) On se retrouve là en bas !

Bonne lecture à tous !


Chapitre 1 : Coup de fil galactique

Elisabeth était toujours étalée sur le divan de Stark quand celui-ci l'informa que le repas était presque prêt. Poussant un grognement, la jeune femme se souleva de son canapé et se rendit dans la salle à manger high tech du milliardaire, mais il manquait quelqu'un au tableau. Elle soupira et fit le tour de l'étage pour finalement trouver Loki couché sur le toit. Le dieu portait encore son déguisement humain et regardait les étoiles, se demandant sûrement où se trouvaient Thor et les Ases.

- Ne me dis pas que tu boudes encore ? fut l'entrée en matière de la petite brune.

Loki grommela quelque chose, puis se redressa sur son séant. Il la considéra un instant avec les sourcils dangereusement froncés, puis se décida enfin à répondre.

- Je te déteste, tu es au courant ?

- Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

- A cause de toi et de ton petit jeu ridicule, Stark est au courant pour… ce que tu sais, cracha le grand type brun.

- Et alors ? Il l'aurait su à un moment ou un autre, je n'ai fait qu'accélérer les choses ! Tu es tellement orgueilleux que tu aurais attendu ses quatre-vingt balais pour le lui annoncer ! Et tu sais quoi ? A cet âge-là, nous, les humains, on n'est plus vraiment frais !

Loki parut sur le point de lâcher un gros juron, mais il se contint et se pinça l'arête du nez pour se calmer.

- De toute manière, ce n'était pas une façon de faire les choses.

- Oh, je t'en prie, tu comptais le lui dire avec un bouquet de roses et des feux d'artifice peut-être ?

- C'était trop tôt ! s'emporta le dieu de la Malice. Et pas très subtil non plus, mais j'aurais été stupide de croire que tu étais capable de faire les choses correctement, pour une fois ! Cela m'étonne même que tu n'ais pas vendu la mèche au cours de ces cinq dernières années !

- Là, tu es offensant. Tu ne veux donc pas savoir ce qu'il en pense ?

- NON ! s'écria l'Ase en l'agrippant aux épaules.

Liz le regarda comme s'il était un gamin stupide et frotta ses bras pour avoir moins froid.

- ...Qu'a-t-il dit ? finit par demander Loki en lui jetant un regard noir.

- J'ai aucune envie de te le dire.

- Ne m'oblige pas à te suspendre dans le vide par les chevilles.

- …Tu n'oserais pas.

- On parie ?

- ...Bref. Il n'a pas eu l'air dégoûté, si ça peut te faire plaisir. Étonné, peut-être, mais pas dégoûté.

- Oh…

- Tu me lâches, maintenant ?

Loki sembla faire un effort surhumain pour la relâcher et s'éloigna d'elle à pas vifs.

- Je suis toujours en colère contre toi, ne te fais pas d'illusions. Aucun ami digne de ce nom n'aurait trahi ainsi un secret.

- Peut-être, mais c'est ce que les meilleurs amis font.

- Trahir leurs proches ?

- Prendre des décisions difficiles pour le bien des autres. Tu me remercieras un jour.

- Compte là-dessus.

Liz soupira.

- Bon, à part ça, c'est l'heure de manger.

L'Ase la dévisagea, essayant de savoir si elle était honnête ou si elle plaisantait, mais aucun mensonge ne transparaissait dans ses paroles. Il descendit donc du toit avec Elisabeth et ils rejoignirent Tony au dernier étage de la Tour. Le petit moustachu les regarda bizarrement, tentant de déterminer s'ils s'étaient battus ou s'ils avaient endommagé sa terrasse, mais les deux amis se bornèrent à s'asseoir.

Ils s'installèrent aussi loin de l'autre que possible et mangèrent en silence sans lever les yeux de leur assiette. Liz avait la mâchoire crispée et Loki serrait convulsivement les poings.

- Hrm, commença Tony sans s'occuper de la tension ambiante. Je vous ai fait préparer deux chambres pour cette nuit…

- Inutile, je rentre chez moi, l'interrompit Elisabeth. Pardon pour le dérangement.

Elle reposa ses couverts, alla ranger son assiette dans la cuisine et sortit comme une furie. Loki eut l'air étonné de la voir partir si vite, puis se rendit compte qu'il était seul en tête-à-tête avec Stark.

- Heu, pour tout à l'heure…bredouilla-t-il. Si vous pouviez oublier ce que vous avez vu et entendu, ce serait vraiment…

- Elle m'a dit que tu m'aimais, Rodolphe, ce serait con de ma part de l'oublier, le coupa Tony avec un petit sourire narquois, le premier vrai sourire sarcastique depuis le conflit qui l'avait opposé à Steve.

- Pitié, c'est une coalition ou bien ? ronchonna Loki en levant les yeux au ciel. Oubliez ça, ça vaut mieux pour vous.

- Pour moi ? Ou pour toi ?

Tony enfourna une fourchetée de nourriture et lui adressa un clin d'œil amusé.

- Et pour ton amie, qu'est-ce tu comptes faire ? finit-il par demander.

- Rien du tout. Ce qui est arrivé est entièrement sa faute, je n'ai fait que lui expliquer mon point de vue sur la situation et elle s'est vexée.

Stark lui lança une œillade apitoyée que Loki ne comprit pas et alla mettre son assiette dans le lave-vaisselle.

- Vous êtes chou, tous les deux. Et puis, on dirait qu'elle tient à toi, sincèrement je veux dire.

- Mais oui, bien sûr, s'esclaffa amèrement le dieu brun.

- Elle a supporté un interrogatoire de plusieurs heures avec Fury et elle n'a rien dit sur toi, rien du tout. Je veux bien admettre qu'elle a un don pour mettre les gens hors d'eux, mais là elle s'est surpassée pour te couvrir. C'est ce que font les vrais potes, ajouta Tony avec une note de tristesse dans la voix. Aujourd'hui, c'était juste une petite blague de rien du tout, tu ne vas pas la rejeter pour si peu, si ?

Loki ne dit rien et entreprit de jouer avec sa nourriture comme un gamin pris en faute.

- Tu as combien d'amis exactement ? conclut Tony pour le faire réagir.

- Je n'ai que Liz, murmura Loki en se redressant pour le regarder dans les yeux.

- C'est bien ce que je pensais. Tu veux qu'elle reste toute seule chez elle cette nuit alors que tu viens juste de rentrer ?

- Non, répondit l'Ase.

- Très bien, allons la chercher dans ce cas.


Loki se mit à songer qu'il devrait peut-être apprendre à conduire un de ces engins terrestres alors que Stark prenait un virage à au moins cinquante kilomètres heures au-dessus de la limite autorisée par l'Etat de New York. La voiture qu'il avait choisie dans sa collection personnelle (collection qu'il avait dû recommencer pour la quatrième ou cinquième fois, ses ennemis prenant toujours un malin plaisir à démolir ses véhicules préférés), un petit bolide rouge pétant, arrivait à toute allure sur la route qui jouxtait la maison d'Elisabeth. Stark tourna le volant à la dernière minute sans ralentir pour entrer sur le chemin de terre qui conduisait à la clairière et freina brutalement une fois arrivé devant la porte.

Toujours vêtu d'un survêtement délavé, le milliardaire enjoignit Loki de sortir de la voiture et alla sonner à la porte en chêne, le dieu sur ses talons.

- Monsieur Stark, je vous ai dit que je comptais dormir chez moi cette nuit, déclara Liz en ouvrant la porte pour les toiser tous les deux d'un air mécontent.

Tony plissa les yeux, intéressé, en voyant sa tenue de nuit relativement courte mais Loki le poussa sur le côté pour parler à la petite brune indécente.

- Liz, je me suis conduit comme le dernier des ingrats - même si tu as ta part de responsabilité - mais tu es la seule véritable amie que j'ai jamais eue, et je ne veux pas te perdre.

La jeune femme le fixa d'un air circonspect, jaugea sa tête désolée et ses grands yeux tristes, puis finit par soupirer.

- Excuses acceptées, mais la prochaine fois que tu me parles comme ça, je te quitte. Enfin, façon de parler. J'enfile des sous-vêtements et je reviens !

La porte claqua sous le nez des deux hommes perplexes qui se regardèrent, choqués par le brusque changement d'humeur de la jeune femme.

- Elle a vraiment dit ce que je pense que j'ai entendu ? demanda Stark au bout d'un moment.

- Eh oui...soupira Loki. Et je suis quasi certain qu'elle n'a fait semblant de bouder que pour se faire désirer. Les femmes, je vous jure…

La porte se rouvrit à ce moment-là et Liz en sortit, deux valises à la main et un panier à chat coincé sous le bras. Elle se hâta de mettre les bagages dans le coffre et monta dans la voiture comme si elle lui appartenait avant de mettre Sigyn sur ses genoux. Loki leva les yeux au ciel pour la dixième fois de la journée et monta à son tour, suivi par Stark, qui souriait comme un débile.

Le petit groupe repartit donc vers la Tour Stark sans remarquer la haute silhouette qui les observait à travers les arbres.


Le lendemain matin, tout le monde se comportait comme si rien ne s'était passé la veille. Tony était beaucoup plus souriant qu'avant, maintenant qu'il avait un duo comique pour lui tout seul, Elisabeth mangeait comme quatre et Loki passait son temps à râler après elle tout en empêchant le chat de faire ses griffes sur les meubles d'Iron Man.

Les deux amis s'étaient installés chez Stark pour un temps indéterminé, du moins jusqu'à ce que Thor atterrisse. Tony et Friday avaient fixé quelques rendez-vous diplomatiques pour Loki afin qu'il rencontre des gouverneurs d'États américains prêts à recevoir les Asgardiens, mais Loki désirait attendre l'avis de son frère avant de décider de quoi que ce soit. L'Amérique était maintenant au courant de son retour sur Terre, mais un petit coup de publicité et la présence de Tony Stark à ses côtés avaient endigué les débordements potentiels.

Si les Midgardiens n'aimaient pas particulièrement Loki, ils acceptaient néanmoins sa présence sur leur sol.

La cohabitation en elle-même se passait bien, malgré quelques piques et autres surnoms tournant autour du thème des chèvres, et le milliardaire se croyait revenu au temps où tout allait bien entre les Avengers. Elisabeth avait l'humour pourri de Clint et Loki la retenue agacée de Steve, le côté retors en plus, et bien souvent ils se disputaient si fort que Tony n'entendait quasiment plus la musique qu'il avait l'habitude de mettre dans son atelier.

Pourtant, quand il faisait une apparition pour refaire du café, il les trouvait toujours en train de ricaner ou de regarder des films ensemble. C'était à n'y rien comprendre, mais c'était ainsi qu'ils fonctionnaient. Quant à Sigyn, elle venait parfois s'asseoir sur son plan de travail pour le regarder souder des morceaux de tôle ensemble avant de s'assoupir comme seuls les chats peuvent le faire.

Un jour qu'il était sur le point de faire réchauffer des pizzas pour le dîner, la voix de Friday le fit sursauter.

- Monsieur Stark, j'ai un appel entrant mais…

- Qu'y a-t-il ?

- C'est qu'il ne provient pas d'un téléphone, Monsieur.

Etonné, Tony accepta l'appel, Loki et Elisabeth rappliquant par curiosité.

- Tony ? Tu m'entends ? fit une voix brouillée par les parasites.

- Bruce ? C'est toi ?

- Oui ! Je suis avec Thor et les autres Asgardiens, nous avons comme qui dirait un léger souci…je viens juste de réussir à trafiquer la radio pour te parler.

- Que se passe-t-il ? s'incrusta Elisabeth.

- Nous avons été attaqués par des créatures extraterrestres et Thor pense qu'elles étaient à la recherche du Tesseract, poursuivit le docteur.

- Y a-t-il des blessés ? s'enquit Loki avec empressement.

- Non, mais...

- Mon frère, tu es là !? fit la voix bourrue de Thor, quasi incompréhensible à cause des crachotis. As-tu le Tesseract avec toi ?

- He bien...cela se pourrait, sourit timidement Loki sous les regards scrutateurs des deux autres.

Thor soupira bruyamment dans le micro.

- Attends-toi à recevoir de la visite dans ce cas, ils avaient l'air décidés à le retrouver.

- Ils ne poseront pas de problème, je ne suis pas si facile à vaincre, grinça le dieu brun en retour. Et puis, il y a des dizaines de super-héros sur cette planète, ils ne se laisseront pas envahir sans rien faire. Où êtes-vous ?

- A deux jours de la Terre, mais ces sales bestioles ont démoli une partie de l'appareil, il nous est impossible de repartir ou de réparer les dégâts dans l'immédiat, fit Banner. Nous avons encore assez de vivres pour tenir un mois, mais les Ases paniquent, là.

- Je pourrais me téléporter avec de quoi réparer le vaisseau, proposa Loki.

- Mauvaise idée, tu as dit toi-même que tu ne pouvais pas te matérialiser dans un endroit précis s'il t'est inconnu ou s'il est mobile. Nous avons bougé depuis ton départ, mon frère.

- Il faut envoyer une navette depuis la Terre pour vous apporter du matériel, décida Tony. Je vais en parler au président et à la NASA, rappelez dans quelques heures, je devrais avoir une réponse d'ici-là.

- La NASA ? Vous êtes sérieux ? lâcha Elisabeth. Vous croyez qu'ils vont affréter une navette aussi vite ? En plus, vous pensez qu'ils ont la technologie nécessaire pour une opération pareille ? Et puis, il faudrait savoir qui sont ces bestioles qui vous ont attaqués ! Elles ressemblaient à quoi ?

Silence.

Puis :

- Elles avaient de très sales gueules, fit une voix féminine rendue grave par l'alcool ou la clope.

- Vous, je vous aime bien, fit élégamment remarquer Liz.

- Bref, coupa à nouveau la voix de Banner. Voyez ce que vous pouvez faire depuis la Terre, je nous remets en contact dans cinq heures. Ah, et ne mourez pas.

- Loki, la prochaine fois que tu as envie de piquer un truc, fit un Thor sur les nerfs, tu te...

La connexion fut coupée à ce moment-là, et Loki pensa que son frère allait en faire une maladie.

- Bon, l'apostropha Stark. Où est le Tesseract ?

- Je l'ai laissé dans un tiroir à la maison, soupira Loki.

- Qu-

- C'est ce truc-là, le Tesse-machin ? demanda innocemment Liz en montrant un cube bleu et brillant qui pendait au bout de son bras et qu'elle venait de sortir de sa valise.

Les deux hommes la dévisagèrent, mi-soulagés, mi-blasés. Tony leva la main pour le récupérer et la petite brune obtempéra sans faire chier le monde, ce qui était assez exceptionnel. Le milliardaire alla le mettre en sécurité dans un coffre-fort et Loki jugea bon de placer des sorts pour le protéger davantage.

- Voilà, même avec le bon code, nul autre que l'un de nous trois ne pourra le prendre.

- Super, je vais pouvoir dévaliser Tony Stark, ironisa Elisabeth en retournant s'asseoir pour regarder Indiana Jones.

- Je vais à Washington, faut que je voie le président.

- Je viens avec vous, annonça Loki en enfilant un manteau.

Tony eut un moment d'arrêt.

- Je comptais y aller en armure, à vrai dire.

- He bien vous me porterez, trancha Loki. La vitesse et la hauteur ne me font pas peur. Le froid non plus, ajouta-t-il parce qu'il avait vu la bouche de Liz s'entrouvrir sur un rictus goguenard.

Liz referma la bouche, mécontente.

- Je garde la maison, finit-elle par dire. S'il y a un cambrioleur je lui aboierai dessus, hein Sigyn ?

- C'est cela, se moqua Loki en suivant Stark vers son atelier. Ne fais pas de bêtises.

Quelques minutes plus tard, Elisabeth vit une armure rouge et or s'envoler avec sur son dos un grand type aux cheveux ébouriffés par le vent. Elle rigola en imaginant la tête de Loki une fois à Washington et se replongea dans son film.


Deux heures plus tard, le médecin en eut marre de s'abrutir devant l'écran plat et sortit une lasagne du frigo pour la mettre au four. Elle mit la minuterie et profita du temps de cuisson pour aller prendre une douche.

- I'm a barbie girl, in a Barbie Woooooorld, life in plastic, it's fantastic ! commença-t-elle à chanter tout en savonnant ses cheveux.

Elle en était au rinçage quand un bruit sourd se fit entendre dans la pièce d'à côté.

- Sigyn ? C'est toi qui fout le bordel mon petit sac à puces d'amour ? demanda-t-elle, les bras coincés au-dessus de sa tête à cause d'un noeud.

Le silence lui répondit, suivi par un nouveau bruit sourd. On aurait dit des pas…

Pas très rassurée, Elisabeth lâcha le nœud dans ses cheveux, se sécha rapidement et se couvrit d'un peignoir avant de sortir de la salle de bain spacieuse. Prudente, elle passa la tête dans le salon, mais il n'y avait personne. Elle avisa la cuisine et attrapa un couteau qui avait l'air parfaitement aiguisé.

Essayant de ne pas se demander pourquoi Tony avait autant d'ustensiles dont il ne se servait jamais, elle retourna vers le hall avec son arme, mais là encore, il n'y avait personne. Elle vérifia que le coffre-fort n'avait pas été forcé et fut soulagée de voir que ce n'était pas le cas.

Liz se sentit tout à coup stupide, debout dans un hall avec un peignoir et un couteau de cuisine à menacer le vide. De toute évidence il n'y avait personne ici.

Elle finit par hausser les épaules et voulut retourner dans la salle de bain, mais la silhouette armée d'une lance qui se tenait dans le couloir l'en dissuada. N'écoutant que son courage devant la comparaison entre les deux lames, Elisabeth tourna les talons et s'enfuit en courant.

- Friday ! Préviens Stark ! hurla-t-elle juste avant de recevoir un choc brutal dans le dos.

Aussitôt, elle sentit la gravité peser comme jamais sur ses épaules et ne put même pas se soulever d'un centimètre.

- Qu'est-ce que… balbutia-t-elle, mortifiée.

Un pied apparut alors dans son champ de vision et lui explosa le nez, envoyant des ondes de douleur partout dans sa tête.

- Mais bordel ça fait mal ! s'écria-t-elle.

Le tranchant d'une main vint heurter l'arrière de sa tête et elle s'évanouit, espérant juste que Friday avait transmis son appel.


Heureusement, Tony avait gardé son armure pendant sa visite à la Maison Blanche. Loki était en train de s'engueuler avec le vice-président et Tony avait ôté son casque pour exhiber son visage si célèbre et montrer aux gardes du corps que Loki l'accompagnait et n'était donc pas une cible à abattre.

- Monsieur, fit soudain la voix de Friday.

Tony déploya immédiatement son casque et se retrouva dans le noir, entouré des hologrammes habituels.

- Monsieur, un SOS a été émis depuis le dernier étage de la Tour il y a une minute et dix-neuf secondes.

- Un SOS ? Mais la seule personne présente est…

Stark ne tarda pas à comprendre. Il se tourna vers l'Ase qui avait pris une teinte rouge brique sous une remarque désobligeante du secrétaire d'Etat.

- Loki, on a un problème !

- Quoi ? s'agaça le dieu en le considérant avec colère. Ce cloporte ne veut rien entendre, laissez-moi lui donner une leçon et ensuite…

- Loki, Monroe est en danger !

Le grand brun pâlit d'un coup, rajusta son manteau et se précipita vers la sortie, Stark derrière lui. Le milliardaire attrapa le dieu sous son bras tout en prenant son envol, puis utilisa la puissance maximale de son réacteur pour filer vers New York. Puis il remarqua qu'il avait oublié de prendre congé du président et de toute sa suite.

Quand ils arrivèrent au dernier étage de la Tour, un peu avant minuit, l'appartement était plongé dans le noir et une légère odeur de lasagne persistait du côté de la cuisine. Tony trouva le plat de pâtes brûlé dans le four et remercia le ciel d'avoir acheté le modèle avec minuterie, car l'intérieur de l'appareil était tout juste tiède.

- Sigyn, est-ce que ça va ? demanda la voix lointaine de Loki alors qu'il décrochait le chat noir et paniqué du haut d'un rideau. Où est Elisabeth ?

Tony, prêt à utiliser ses répulseurs, se dirigea vers le couloir, vérifiant chaque pièce jusqu'à la salle de bain. Surpris, il trouva les vêtements de Monroe posés en tas sur un tabouret et commença à s'inquiéter. Des traces de pieds nus qui avaient séché depuis le temps se dirigeaient vers la porte, et selon l'écartement des pas, Monroe avançait lentement, comme si elle avait eu peur de quelque chose.

Cependant, il n'y avait aucune trace d'une autre présence que la sienne dans la pièce.

Stark ressortit de la salle d'eau et tomba sur Loki, qui tenait une note à la main et était aussi blanc qu'un lavabo.

- C'était accroché à la porte de ma chambre, avec un couteau…

Le philanthrope lui prit la feuille des mains et en lut le contenu :

Loptr,

Ta mortelle est en notre possession. Si tu veux la revoir un jour, apporte le Cube à la maison de l'humaine demain à minuit.

Faillis à cette tâche et elle ne connaîtra pas le soulagement de la Mort, seulement une éternité de souffrances…

Le message n'était pas signé, évidemment.

- Loptr ? s'étonna Tony.

- C'est un nom que l'on m'attribue parfois, expliqua Loki d'une voix blanche.

- Tu sais qui a fait ça ?

- Non. J'ai...énormément d'ennemis, comme vous vous en doutez. Il faut qu'on trouve qui a fait ça.

Tony l'emmena vers son atelier, où il demanda à Friday de lui montrer les enregistrements des caméras de surveillance de l'étage. Des panneaux holographiques apparurent aussitôt et indiquèrent 22h19.

Le cœur au bord des lèvres, ils virent la jeune femme sortir de la salle de bain en peignoir, les cheveux ruisselant d'eau et les pieds nus. Elle sortit du champ et ils la retrouvèrent dans le salon, puis dans la cuisine, où elle s'empara d'un couteau. Puis elle s'en retourna vers le hall, le couteau tendu devant elle pour un bouclier. Puis, au détour d'un couloir, ils purent voir ses épaules se tendre et tout son corps se figer.

- Qu'a-t-elle vu ? demanda Loki en cherchant un autre écran des yeux.

- C'était dans un angle mort. Et j'ai l'impression que celui qui a fait ça a brouillé une partie des caméras pour se déplacer sans être vu, répondit Tony.

Elisabeth se retourna et se mit à courir, mais quelque chose de noir et de flou la faucha par derrière et la fit tomber. Alors qu'elle essayait de se relever, des genres d'arcs noirs s'entortillèrent autour d'elle et elle retomba, comme écrasée par un poids invisible.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? s'interrogea Stark à voix haute en pointant l'espèce de lance du doigt.

L'arme ressemblait à un trident et les éclairs noirs semblaient en sortir.

- On dirait que…

Le milliardaire ne termina pas sa phrase et retourna en courant à l'étage du dessus. Il s'accroupit à l'endroit précis où Elisabeth avait chuté et passa la main sur la moquette. Après plusieurs passages, il réalisa qu'une partie du sol s'était affaissée de quelques millimètres. On aurait dit qu'une sphère de plusieurs tonnes s'était abattue sur le sol et avait écrasé Monroe sous son poids.

- J'ai déjà vu cette lance quelque part, fit la voix de Loki, qui venait d'apparaître dans son dos en le faisant sursauter. Mais je n'arrive pas à me rappeler où.

Stark prit le temps de calmer les pulsations frénétiques de son cœur avant d'ouvrir la bouche.

- En tout cas, cette lance peut amplifier la gravité sur une certaine surface. C'est ce qui a empêché le docteur de se relever.

Loki fixait la moquette sans la voir, passant la main à l'endroit où son amie s'était tenue deux heures plus tôt. On aurait dit qu'il avait vu un fantôme.

- Et sur la vidéo ? finit par demander Stark.

- On voit juste un pied à l'angle du mur, puis la caméra a été brouillée. Liz a disparu juste après, fit sobrement Loki.

Un lourd silence s'installa dans le couloir. Le dieu brun remarqua une petite tache de sang par terre et serra les poings, persuadé qu'il était à Elisabeth. Il se releva d'un bond et alla ouvrir le coffre-fort pour récupérer le Tesseract, mais Stark s'interposa pour l'en empêcher.

- Ecoute, qui que soit la personne qui a fait ça, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de lui filer ce caillou magique, exposa-t-il calmement.

- Il le faudra bien pourtant, répliqua Loki d'une voix glaciale. Poussez-vous.

- Non. Le Cube est puissant, j'ai pu le constater par moi-même. Il est hors de question qu'il tombe entre les mains de ce type.

- Et donc, le grand Iron Man, défenseur de l'humanité, va sacrifier une femme de son peuple, peut-être pour rien ? cracha l'Ase.

- Je ne vais rien sacrifier du tout ! On va trouver un truc, d'accord ? Je suis un génie et tu es le dieu de la Malice, y a pas moyen qu'on se laisse faire. On va trouver un truc.

Loki ne répondit pas et baissa la tête pour fixer le coffre-fort.

- J'ai un plan, finit-il par déclarer lentement.

- Là, tu vois ! Je t'écoute ?

- Vous avez raison, à propos de votre génie. Mais vous êtes aussi un artisan et je suis un mage, murmura Loki avec un petit sourire menaçant. Je vais avoir besoin du Marchand de Mort.

Stark déglutit et se dit qu'avoir Loki de son côté était peut-être la meilleure manière de ne pas mourir bêtement.


Elisabeth se faisait glorieusement chier. Elle s'était réveillée avec un mal de tête abominable et le nez en compote dans un genre de prison dégoûtante qu'on n'avait pas dû nettoyer depuis Mathusalem. Il n'y avait même pas de lit, ni assez de place pour se lever, aussi était-elle obligée de rester assise dans le fond de sa cellule.

Ses cheveux avaient séché, preuve qu'elle était là depuis quelques heures déjà, mais ils avaient si bien traîné par terre qu'ils étaient plus sales qu'avant sa douche.

Elle était assise sur un genre de paillasse pleine de trous qui avait dû servir de mouchoir à tout un service de pneumologie tant elle était sale, mais c'était ça ou le sol gluant.

Un reniflement dégueulasse lui fit tourner la tête vers la cellule voisine, sur sa droite. Son voisin, un être absolument repoussant doté d'un genre de petite trompe qui lui retombait lamentablement sur la bouche la regardait avec un air affamé qui ne la mettait absolument pas en confiance. En plus il avait des petits yeux méchants, raison de plus de ne pas l'approcher. Il lui parlait dans un dialecte incompréhensible ponctué d'éructations pour le moins vomitives et essayait de l'attraper à travers les barreaux, mais heureusement, elle était hors d'atteinte une fois assise dans le coin opposé.

Elisabeth ferma les yeux pour tenter de se reposer, mais le machin réussit à saisir la ceinture de son peignoir et tirait dessus comme un dingue, soit pour la désaper, soit pour l'obliger à se rapprocher. Elle renvoya sa paluche boutonneuse d'un coup de pied bien placé et lui retourna une œillade furieuse en replaçant son seul vêtement.

L'extraterrestre la fusilla du regard en massant son poignet, mais elle n'en avait cure.

Deux minutes plus tard, deux gardes plein de tentacules, de pinces et d'autres trucs bien menaçants entrèrent dans la prison et s'arrêtèrent juste devant son voisin de cellule, qui se fit tout petit dans l'espoir insensé de ne pas se faire remarquer.

Raté.

Les soldats ouvrirent la cellule, filèrent un coup de taser à l'alien qui se débattait comme un fou et le traînèrent jusqu'à une salle adjacente. Elisabeth fut soulagée d'être débarrassée du truc, mais elle perdit son sourire quand elle entendit les premiers cris.

A vrai dire, cela commença par des supplications et des cris de peur, puis de souffrance. Elle ne comprenait pas un mot à ce qu'il racontait, mais elle n'en avait pas besoin. Elle reconnaissait la sonorité d'un "pitié" quand elle en entendait un.

Cela sembla durer longtemps, très longtemps, surtout qu'elle n'avait aucun moyen de mesurer les heures qui passaient.

Liz voulut se boucher les oreilles pour ne plus rien entendre, mais le son lui parvenait quand même. Quand l'alien finit par se taire après un hurlement d'agonie particulièrement atroce, Elisabeth eut un spasme et se pencha pour vomir dans le couloir.

Tremblante, les yeux pleins de larmes, elle finit par s'essuyer la bouche avec le col de son peignoir et se rassit sur sa paillasse, les cris résonnant encore dans ses oreilles comme si son voisin était revenu pour la hanter.

Puis des pas retentirent à nouveau dans le couloir et deux paires de pieds se figèrent juste devant sa cage. Elisabeth ouvrit de grands yeux horrifiés et fit la seule chose qu'elle pouvait encore faire.

Elle hurla de toutes ses forces.


A suivre…

Chaque review récolté contribuera à sauver Monroe, ou du moins améliorer ses conditions de vie. Soyez généreux et Loki vous le rendra…