Bonjour à tous! Voici donc le premier vrai chapitre de cette fic.

Quelques mises au point avant de vous laisser lire en paix: comme on me l'a fait remarquer dans les reviews, une autre fic paraît avec un Harry Potter cracmol (de mo. moi. simplement moi). Néanmoins, nos styles tant que nos trames scénaristiques différent du tout au tout, mais je me devais de rétablir la vérité (yahaaa!).

On m'a fait aussi la remarque dans les reviews que Dumbledore devait être très doué pour savoir que harry est cracmol aussi tôt. En fait, il n'a ressenti aucune magie chez l'enfant, ce qui lui paraît étrange, mais il ne peut pas encore dire si c'est un état permanent ou exceptionnel. Il envisage juste toutes les possibilités, et si il est si inquiet, c'est surtout qu'après toutes les décharges de magie que Harry a reçues, il est étrange qu'il n'ait aucune étincelle de magie en lui.

Merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews, enjoy!


Même des années après, Harry Potter pourrait sans doute dire précisément le jour où sa vie bascula. C'était par un beau dimanche, le premier des vacances d'été, quelques semaines avant son onzième anniversaire.

Ce jour là avait pourtant commencé comme une journée ordinaire: Lever aux aurores, préparation du petit déjeuner pour toute la famille, puis dégustation dudit repas sous les moqueries de son cousin, Dudley. Mais Harry avait l'habitude de s'en accommoder.

Il vivait chez son oncle Vernon, sa tante Pétunia et le cousin nommé plus haut à Little Whinging, au numéro quatre de Privet Drive. La vie là-bas était paisible, et jamais quoi que ce soit ne venait jamais briser la routine du quotidien. D'ailleurs, quand bien même une chose étrange aurait eu l'idée incongrue de vouloir survenir que sa famille ne le permettrait pas, Harry en avait l'intime conviction. En effet, dans cette famille, la valeur suprême (juste après la satisfaction du moindre désir de Dudley) était la Normalité.

Sa tante était une femme blonde et osseuse qui partageait son temps entre l'espionnage des voisins par dessus la haie ou depuis la fenêtre de la cuisine (activité grandement facilitée par la taille de son cou, deux fois plus que long que la moyenne), la satisfaction de chaque désir de son fils Dudley et la distribution des tâches ménagères à Harry. Elle invitait aussi parfois des amies à elle pour partager thé et ragots autour d'une table.

L'oncle Vernon, quant à lui, dirigeait la société Grunnings qui fabriquait des perceuses. C'était un homme presque aussi large que haut, aux yeux porcins, qui n'avait pas vraiment de cou (heureusement qu'il y avait sa femme pour compenser, pensait parfois Harry). Il possédait toutefois une impressionnante moustache. Il avait deux sources de préoccupation dans la vie : ses perceuses et son fils Dudley, qu'il considérait avec fierté et gâtait de façon tellement excessive que Harry pensait parfois qu'il aurait fallu inventer une nouvelle expression pour décrire le flot ininterrompu de gâteries, compliments et cadeaux coûteux que déversait en permanence Vernon sur son fils unique. L'enfant se faisait aussi occasionnellement la remarque qu'il ne coûtait pas aussi cher à la famille Dursley que Vernon semblait le penser (si tant est que le gros homme pensait), et que contrairement à l'opinion de son oncle tant estimé c'était bien son fils plutôt que son neveu qui était la cause de la dilapidation rapide de son salaire. Bien sûr, Harry ne se serait jamais risqué à énoncer ces pensées à haute voix, c'était une règle de base qu'il avait appris des années plus tôt : ne jamais donner son opinion sans y être expressément invité. Il ne se souvenait que trop bien des semaines passées dans le placard sous l'escalier lors qu'oubliant cette loi il s'était plaint de son cousin à l'école.

Son cousin. Harry et Dudley avaient le même âge, mais ils étaient complètement opposés, tant par le caractère que par le physique. Dudley était exigeant, brutal, prétentieux, il était tout ce qu'on pouvait attendre d'un enfant gâté qui avait toujours vu ses parents céder au moindre de ses désirs. Par opposition, Harry était un enfant discret, calme, et l'on sentait à sa façon de chercher à se fondre dans le paysage en permanence et de ne jamais élever la voix une sorte de fragilité, celle-là même qu'on certains enfants battus, ou du moins maltraités. On pouvait lire dans son regard une certaine maturité un peu étrange pour quelqu'un d'aussi jeune. Là où il était un enfant malingre et chétif, son cousin possédait un tour de taille presque aussi conséquent que celui de son père et des petits yeux bleus humides accompagnés d'épais cheveux blonds couronnant sa tête grasse.

Celui-ci n'était peut-être pas foncièrement mauvais, mais il se comportait comme tel. L'un de ses jeux favoris, depuis le berceau, était de harceler son cousin et il avait transmis sa passion à sa bande, un groupe de garçons tous plus ou moins stupides qui se prenaient pour des rois. Là aussi, ils n'étaient peut-être pas mauvais de nature, mais ils n'avaient jamais de cas de conscience à l'idée de frapper l'une de leurs victimes à terre, de bousculer les vieilles dames dans la rue ou bien d'humilier publiquement un enfant qui aurait eu le malheur de leur déplaire. Ils avaient fait de Harry leur souffre-douleur préféré, et celui-ci avait du apprendre à courir vite afin d'échapper aux humiliations autant que pour éviter à ses lunettes un nouveau bout de scotch de réparation. Harry craignait Dudley, mais aussi Piers, le meilleur ami de celui-ci, un garçon vicieux au visage de fouine, celui qui tenait toujours les bras des victimes de la bande tandis que Dudley les frappait.

Harry quant à lui n'avait pas d'amis. On avait vite compris à l'école que quiconque s'alliait à Harry Potter devenait une cible privilégiée de la bande de Dudley et ce fait avait achevé de décourager les rares enfants qui auraient pu s'intéresser au gamin aux lunettes rafistolées et aux vêtements trop grands. Alors Harry faisait comme si ça ne le dérangeait pas, il écoutait à l'école, faisait ses devoirs et lisait tout ce qui lui tombait sous ma main pour combler sa solitude. De toute façon il était rarement désœuvré et ne savait pas trop quand il aurait pu consacrer du temps à d'hypothétiques amis car lorsqu'il n'était pas à l'école ou en train de fuir son cousin, sa tante le réquisitionnait pour les taches ménagères, du ménage de la maison à la préparation du repas.

Pour Harry tout ça était normal, il ne connaissait rien d'autre. Pétunia lui avait expliqué que puisqu'il était leur neveu, Vernon et elle avaient eu la générosité de l'accueillir et qu'il avait par conséquent le devoir de leur montrer qu'il était digne de la grâce qui lui avait été fait. Elle lui avait aussi promis que si il continuait à se conduire correctement, comme le garçon normal qu'il était, il aurait droit à une chambre le jour de ses onze ans. Pourquoi pour cet anniversaire là en particulier ? Harry n'en savait rien. Et il ne se serait jamais risqué à poser la question de crainte que la promesse ne soit retirée, en effet il dormait pour l'instant dans le placard sous l'escalier et il commençait à être trop grand pour y être à l'aise, si tant est qu'on puisse être à l'aise dans un lieu aussi restreint. Il se taisait donc, ce sujet étant tabou tout comme la mort de ses parents.

Ainsi le garçon attendait son onzième anniversaire avec impatience, persuadé que sa vie changerait enfin. Il n'aurait pourtant jamais imaginé l'ampleur que prendrait ce changement...

Ce dimanche là, la matinée avait donc commencé de façon tout à fait normale. Il était occupé à faire la vaisselle du petit-déjeuner, Pétunia s'affairant près de lui, très occupée à ne laisser subsister aucune tâche dans sa cuisine immaculée. Dans le salon l'oncle Vernon lisait son journal, lâchant parfois des commentaires méprisants sur Harry, qu'il trouvait trop bruyant, et sur le temps, pas assez en accord avec la saison semblait-il. Dudley était dans sa chambre, occupé à jouer à un jeu vidéo ou à regarder la télé. Une matinée paisible somme toute. Du moins jusqu'à ce qu'on frappe à la porte.

Vernon se leva pour ouvrir non sans avoir grommelé quelques commentaires bien sentis sur la bienséance et sur le fait qu'on ne dérangeait pas les gens à neuf heures le dimanche matin. Avec un soupir presque imperceptible, Harry s'apprêtait à ranger une nouvelle assiette lorsque des éclats de voix lui parvinrent de la porte d'entrée. Délaissant son torchon, Pétunia se dirigea vers la porte d'entrée après avoir indiqué au garçon d'un signe impérieux de continuer à travailler. Il se remit donc à ranger verres et assiettes avec soin mais de nouveaux éclats de voix l'interrompirent, en provenance du salon, et cette fois ci il pu comprendre ce qu'il se disait.

« -Pour qui vous vous prenez à entrer chez les gens comme ça ? »

La voix d'oncle Vernon. Fâché. Harry se fit la remarque que la seule chose qui différait de l'ordinaire était que pour une fois ce n'était pas lui la cible de sa colère. Curieux de voir de qui il s'agissait l'enfant se rendit dans le couloir à pas de loup. Il s'arrêta avant d'atteindre le séjour, tendant l'oreille pour essayer de situer les personnes qui se tenaient dans le salon.

« -Allons, allons, ne nous énervons pas voulez vous ? Ce serait dommage, par une si belle journée ... »

La voix, indubitablement masculine et usée par le temps, se voulait apaisante, bien que Harry pu distinguer une légère note d'amusement dans celle-ci.

Seul un bruit de suffocation lui répondit dans un premier temps, et Harry imaginait parfaitement un Vernon écumant de rage au milieu de son salon. Ce fut Pétunia qui repris la parole en premier, de sa voix la plus froide : « -Nous ne voulons pas le moindre contact avec les gens de vôtre... espèce. Il est possible, et sans doute fort probable que l'on ne vous ai jamais appris la politesse, à vous et le reste de vôtre stupide bande, mais vous apprendrez qu'on n'entre pas chez les gens sans y être invité, et qu'on s'installe encore moins dans le canapé de leur salon !

-Voyons Pétunia, voulez vous dire que vous auriez préféré que nous discutions de l'avenir de Harry sur votre perron ? Il m'a pourtant semblé approprié d'entrer avant que l'un de vos voisins ne m'aperçoive et décide de raconter à tout le quartier que vous recevez la visite de personnes étranges vêtues de... Comment aviez vous qualifié mes robes la dernière fois ? Ah oui, d'accoutrements ridicules aux couleurs criardes inutilement voyantes ? » Toujours cette étincelle d'amusement dans la voix, plus marquée à présent.

Dans son couloir, Harry s'interrogeait. Ce vieil homme était là pour discuter avec sa tante de... son avenir ?

« -A propos, serait-il possible de voir enfin Harry Potter ? Je suis venu ici pour lui après tout.

-Vous n'allez voir personne. Harry est normal, comme nous, et nous ne vous laisserons pas lui pourrir le cerveau avec vos sottises, d'ailleurs il n'est pas question que qui que ce soit dans cette maison écoute vos délires de dégénéré plus longtemps. Sortez immédiatement ! » La tante de Harry semblait vraiment hors d'elle, ce qui ne parut pas inquiéter son mystérieux interlocuteur.

-Tant d'agressivité... » l'inconnu soupira. « -Encore une fois, je n'ai pas l'intention de partir d'ici avant d'avoir vu le garçon. Harry ? Tu peux sortir de ce couloir et nous rejoindre s'il te plaît ? »

Surpris, l'enfant obtempéra sans un mot et entra dans la pièce. Il s'arrêta sur le seuil en découvrant la scène. Confortablement installé dans le fauteuil de Vernon se tenait un personnage des plus étranges : un vieil homme, grand et mince, vêtu d'une espèce de robe violette et d'une cape assez ample. Il avait des lunettes en demi-lune et un chapeau bizarre, lui aussi de couleur violette.

Devant lui se tenaient son oncle et sa tante, l'un écumant de rage et l'autre drapée de sa dignité indignée. En le voyant entrer, ils semblèrent tous les deux vouloir dire quelque chose, mais aucun mot ne franchit leurs lèvres. Avant que quiconque n'aie le temps de faire le moindre mouvement, le vieil homme se leva du fauteuil d'un geste ample, et sorti de sa poche une fine baguette en bois, dont la simple vue sembla terrifier les époux Dursley. Il leur désigna alors les fauteuils, leur indiquant de s'installer, ce qu'ils firent sans attendre. Sur le seuil, Harry hésitait, se demandant quelle était la conduite à tenir.

« -Un Dursley, deux Dursley... Il en manque un on dirait. Assieds toi Harry, je vais chercher ton cousin. Quant à vous, ne bougez pas. »

L'homme sorti de la pièce sans plus de cérémonie. Voyant que Vernon et Pétunia ne faisaient pas mine de bouger, Harry s'installa sagement dans le fauteuil le plus éloigné du canapé ou les adultes s'étaient assis, mais n'eut pas le temps de poser l'une des questions qui lui brûlaient les lèvres car il vit Dudley entrer dans la pièce, suivi de l'inconnu, et s'installer rapidement à côté de ses parents.

Le vieillard repris la place qu'il occupait précédemment avant de prendre la parole.

« -Eh bien, je crois que nous sommes au complet, nous allons pouvoir commencer. »

Une étincelle de malice brasillait dans son regard lorsqu'il se tourna vers les Dursley

« Je vais pouvoir lever le sort, mais je vous prierai de garder le silence tant que je ne vous pose pas de question, nous gagnerons ainsi du temps tout en vous évitant de vous trouver dans une position embarrassante. »

Il fit un signe dans les airs avec sa baguette avant de se tourner vers Harry.

« Quant à toi, mon garçon, je suis sûr que tu as plein de questions mais laisse moi mener la discussion je te prie. » Il prit l'air satisfait en voyant Harry hocher la tête, puis se tourna de façon à voir tout le monde.

« Bien. Nous pouvons enfin commencer. Quelqu'un veut un bonbon au citron ? »


Voilà pour ce chapitre, concernant les rythmes de parution ce sera au fur et à mesure que j'écrirai les chapitres, je suis un peu impulsive et j'ai lancé ma fic sans chapitre en réserve^^'

Voili...Ce chapitre est plus long que j'avais prévu, peut-être la description des conditions de vie d'Harry est maladroite est un peu longue, mais elle était nécessaire pour replacer le contexte. Au prochain chapitre vous aurez droit à du Dumbledore et vous en apprendrez davantage sur l'avenir de Harry!

Voilou! N'hésitez pas à me laisser des reviews!