Salut tout le monde. Alors pour vous faire plaisir, j'ai décidé de vous traduire la fin de ce premier chapitre. J'espère que cette traduction vous plaît autant qu'à moi.
Merci à : Marie – belladu57 – aliecullen4ever – BellaSwan12 – lapiaf83 – caro30 – Ap – eliloulou – isabellamisa – Mad731 – Naïneuh – lena-lna933 – linhea – Peenda – Jolielune20 – alice'n'tom – Fleur50 – Kinfua – Nastasja – Sophie. J'adore avoir vos commentaires. C'est vraiment motivant pour moi. Vous avez toutes aimé ma traduction et je ne manquerai pas d'envoyer un message à l'auteure pour lui dire que vous aimez son histoire. Elle sera très contente de savoir ça.
Isabellamisa, si tu t'inscris, ça va me faire plaisir d'aller lire tes fic. Tiens-moi au courant.
Disclamer 1 : Cette fiction est écrite par ForksVampireGirl.
Disclamer 2 : Tous les personnages appartiennent à SM. S'ils m'appartiendrai, je peux vous dire que je ferais sortir Edward du livre sur le champs… lol…
SUITE DU CHAPITRE 1 – ULTIMATUM
Une furie s'empara de moi, même si je ne pouvais pas me fâcher après elle. C'était entièrement ma faute si elle n'avait pas compris ce que nous étions. Je m'étais tellement battu pour la protéger, pour qu'elle n'ait pas peur, mais je me haïrais pour toujours si je lui permettais d'accéder à ses plans sans qu'elle ne comprenne vraiment ce qu'elle deviendra.
« Tu n'as aucune idée de ce que tu dis ». Je laissai échapper un grognement en laissant tomber le journal en face d'elle, lui pointant un article.
MEURTRES EN SÉRIE,
LA POLICE CRAINT UN RÈGLEMENT
DE COMPTE ENTRE BANDES RIVALES
« Quel rapport? », demanda-t-elle ne comprenant pas ce que j'essayais de lui dire.
« On ne plaisante pas avec les monstres, Bella », dis-je fermement les yeux fixés dans les siens avant qu'ils ne retrouvent le journal. La compréhension apparut dans ses yeux et ils rencontrèrent les miens à nouveau.
« C'est… c'est l'œuvre d'un vampire? », me demanda-t-elle avec de la panique dans la voix. Je détestais lui faire peur, mais je savais que c'était nécessaire. Elle devait savoir que ce qu'elle observait chez moi et ma famille n'était pas une représentation exacte du reste du monde. Il y avait des horreurs pires que ce qu'elle avait vu avec les nomades et les Volturi.
« Tu serais surprise du nombre de fois où mon espèce est à l'origine des horreurs qui nourrissent vos informations d'humains. Ils sont faciles à identifier, pour peu qu'on sache ce que l'on cherche. Ce journal n'annonce rien d'autre que la présence d'un vampire nouveau-né, lâché dans les rues de Seattle. Sanguinaire, sauvage, incontrôlable. Comme nous l'avons tous été à nos débuts. »
Je laissai couler mes mots tandis qu'elle regardait le journal avec une nouvelle compréhension dans les yeux. Elle devait se demander si elle allait être comme ça. Si elle allait être responsable de la mort d'innocents.
« Nous exerçons une surveillance depuis quelques semaines. Tous les signes sont là – disparitions inexpliquées, toujours la nuit, cadavres abandonnés n'importe comment, manque de preuves… Oui, un bébé tout neuf. Un néophyte que personne ne semble avoir pris en charge… »
La respiration de Bella devint erratique et son cœur se mit à battre la chamade. Aussitôt, je regrettai de lui avoir parlé si franchement. Je savais que c'était nécessaire, mais je ne pouvais pas me débarrasser de la douleur que je ressentais pour l'avoir bouleversée. Je pris une grande inspiration en essayant d'avoir une voix plus douce.
« Ce n'est pas notre problème. Nous n'y aurions même pas prêté attention si les événements ne se déroulaient pas aussi près de chez nous. Cela arrive tout le temps, après tout. L'existence de monstre a des conséquences forcément monstrueuses. »
Bella regarda la page de journal dans un silence complet. Je souhaitai qu'elle dise quelque chose pour que je puisse connaître l'effet de mes paroles sur elle. Finalement, sa respiration se stabilisa, mais lorsqu'elle se décida à parler, il y avait encore un peu de panique dans sa voix.
« Mon cas sera différent. Tu ne me laisserais pas devenir comme ça. Nous irons nous installer en Antarctique. »
Je ne pus pas m'empêcher de rire, même si ce n'était pas approprié. Par inadvertance, elle avait provoqué une image assez divertissante chez moi, et je réalisai qu'elle avait raison. Je ferais n'importe quoi pour m'assurer qu'elle ne finisse pas comme ce sauvage à Seattle.
« Des pingouins? Formidable! », dis-je dans un murmure. J'étais heureux d'entendre Bella rire, même si c'était un rire gêné.
« L'Alaska. Mais un endroit un peu plus reculé que Juneau. Un endroit fourmillant de grizzlis. »
« C'est mieux », dis-je, heureux que la tension soit tombée. « Les ours polaires sont très féroces. Et les loups plutôt imposants. »
Soudain Bella se figea devant moi et ses joues devinrent toutes rouges, mais d'une façon inhabituelle.
« Qu'y a-t-il? » Au moment où les mots quittèrent ma bouche, je compris ce que je venais de faire. Tout ce que j'avais voulu durant des semaines, c'était d'oublier Jacob pour que mon subconscient croie qu'il n'existait plus. Pour une fois, j'avais réussi, mais il avait fallu que j'énerve Bella.
« Bon, d'accord », dis-je en espérant qu'elle laisse tomber. « Tant pis pour les loups, si l'idée te déplait tant que ça. »
« Il était mon meilleur ami, Edward », dit-elle doucement. « Il est logique que l'idée me rebute, non? »
« Pardonne ma maladresse. Je n'aurais pas dû suggérer cela. »
« Ce n'est pas grave. »
Ses yeux étaient légèrement vitreux et ça me faisait mal de savoir qu'encore une fois, je l'avais blessée. Je savais qu'elle essayait de me le cacher. Je savais qu'une partie d'elle voudrait être capable d'en parler avec moi, mais elle craignait que je ne veuille pas l'entendre, que je ne puisse pas. Ça ne signifiait pas que je ne voulais rien entendre. Si ça pouvait l'aider à guérir certaines blessures, pourquoi pas.
Je tendis la main pour soulever son menton pour qu'elle puisse voir la sincérité dans mes yeux. Elle se détendit à mon contact, mais son expression était toujours aussi triste.
« Désolé. Vraiment. »
« Je sais, je sais que ce n'est pas pareil. Je n'aurais pas dû réagir ainsi. Seulement… il se trouve que je pensais à Jacob, avant que tu n'arrives. »
Elle s'arrêta de parler sans doute inquiète de ma réaction. J'espérais que la colère ne paraissait pas dans mes yeux tandis que mes pensées dérivèrent vers Jacob. Ma frustration grandissait, alors j'essayai de me concentrer sur Bella. Je savais qu'elle pensait souvent à lui, et oui, ça m'énervait, mais je désirais qu'elle s'ouvre à moi.
« D'après Charlie, il ne va pas bien », poursuivit-elle encore plus calmement. « Il souffre, et… c'est ma faute. »
« Tu n'es coupable de rien, Bella. »
Je me détendis instantanément. Il m'était plus facile de penser que la préoccupation de Bella était axée sur la culpabilité. C'était mieux que de penser qu'elle avait des sentiments pour lui sous la surface. Des sentiments que je ne pouvais pas lui reprocher d'avoir, bien que lentement, ça me rongeait. Je savais que Jacob avait été là pour elle durant mon absence, et je le remerciais d'avoir aidé Bella, mais je voulais croire que son rôle dans notre histoire était terminé.
« Il faut que j'arrange les choses, je le lui dois bien. D'ailleurs, c'est l'une des conditions de Charlie… »
Mon corps se tendit et mes poings se serrèrent. Si seulement Charlie savait ce qu'il faisait en envoyant Bella là-bas. Non pas qu'un vampire soit mieux qu'un loup-garou. Pourtant, ça me semblait injuste que Charlie pousse Bella dans les bras de Jacob, même s'il me détestait.
« Il est hors de question que tu traînes près d'un loup-garou sans protection, Bella. Or, si l'un de nous pénétrait sur leur territoire, cela romprait la trêve. Tu souhaites donc déclencher une guerre? »
« Non! Bien sûr que non! »
« Alors, inutile d'en discuter davantage. » En disant cela, j'espérais que Bella comprenne que la discussion était close, mais je la connaissais mieux que ça. Le sujet était loin d'être clos. Le mieux que je puisse espérer à ce stade était de le retarder jusqu'à temps que nous nous soyons calmés.
Prêt a tout pour parler d'autre chose, je jetai un regard derrière elle, fixant le livre qu'elle avait mis de côté plus tôt.
« Je suis heureux que Charlie ait décidé de t'autoriser à sortir. Tu as vraiment besoin d'aller dans une librairie. Je n'en reviens pas que tu relises Les Hauts de Hurlevent. Tu dois le connaître par cœur, non? »
« Contrairement à toi, tout le monde n'a pas une mémoire photographique », dit-elle sèchement, encore énervée. Je donnerai n'importe quoi pour que Charlie disparaisse par magie du salon. J'aurais pu amené Bella en haut et détendre l'atmosphère. Elle semblait toujours plus indulgente lorsqu'elle était dans mes bras. À contre cœur, je m'installai pour discuter de son livre. Peut-être qu'elle allait enfin m'expliquer ce qu'elle aimait tant de ce livre.
« Mémoire photographique ou pas, j'ai du mal à comprendre comment tu peux aimer ce roman. Les personnages sont des gens horribles qui se pourrissent mutuellement l'existence. Qu'on ait élevé Heathcliff et Cathy au rang de Roméo et Juliette ou d'Elizabeth Bennet et de M. Darcy me laisse pantois. Ce n'est pas une histoire d'amour, c'est une histoire de haine. »
« Tu es vraiment nul en littérature », dit-elle amèrement.
« Sans doute parce que les vieilleries ne m'impressionnent pas », dis-je avec un sourire narquois. Elle ne répondit pas à ma question et je me demandais si parler de ce livre avait été un choix judicieux. Peut-être que je l'avais réellement offensée et fait qu'empirer les choses. J'espérais qu'elle ne pensait pas que j'essayais de provoquer une dispute ou de la monter contre ses couples littéraires favoris. Je voulais juste comprendre comment une histoire aussi sombre avait pu capturer son cœur à se point.
« Franchement, pourquoi le relire sans cesse? », lui demandai-je en la suppliant du regard tandis que je tendis la main pour toucher son visage.
« Je ne sais pas trop ». Elle prit une inspiration et son expression se détendit, à mon plus grand bonheur. « L'inéluctable, peut-être. La façon dont rien n'arrive à les séparer, ni l'égoïsme de Cathy, ni la malfaisance de Heathcliff, ni même la mort… »
D'une certaine manière, je commençais à comprendre. Il ne serait jamais sur mon étagère parmi mes préférés, mais je commençais à voir ce qui intriguait tant Bella. C'était inévitable, et avant Bella, cela c'était manifesté dans mon esprit comme quelque chose d'interchangeable. Puis, miraculeusement, elle avait tout changé. Toutes les expériences que j'avais vécues semblaient m'avoir emmené vers elle. Selon toute vraisemblance, j'aurais dû quitter cette terre depuis longtemps. Je ne devrais pas être ici à l'aimer. Pourtant, j'étais assis ici, contre toutes attentes, avec ma raison d'être à mes côtés. Je ne la méritais certainement pas – je n'étais qu'un être ignoble, tout comme Heathcliff.
Je souhaitais pouvoir être meilleur pour elle.
« L'histoire serait mieux si chacun était doté d'une qualité rédemptrice », dis-je en souriant. J'essayai de repousser mes sentiments d'indignité. Je me promis de ne pas lui parler du fait que je ne croie pas la mériter. Bien que je sache que ce soit la vérité, je savais que ça l'énervait de m'entendre le dire à haute voix.
« Tu marques un point là », continua-t-elle. « L'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre est leur seule qualité rédemptrice. »
Comme Bella était la mienne.
« Alors, je te souhaite d'avoir plus de jugeote qu'eux et de ne pas commettre l'erreur de t'amouracher d'un être funeste. »
« Il est un peu tard pour t'inquiéter de celui dont je tomberai amoureuse », m'assura-t-elle. « Du reste, je crois m'être plutôt bien débrouillée. »
Je ris tout bas. Bien sûr, je n'étais pas d'accord, mais je mentirais si je lui disais que je ne voulais pas entendre ses mots.
« J'en suis ravi », dis-je en souriant.
« Quant à toi, je te souhaite de ne pas t'éprendre d'une égoïste comme Cathy. C'est elle qui est à l'origine de tous leurs malheurs, pas Heathcliff. »
« Je te promets de rester sur mes gardes. »
L'atmosphère était légère et je commençai à caresser ses joues avec mon pouce. C'était tellement naturel d'avoir son visage entre mes mains. À mon contact, elle se pencha vers moi en soupirant et en fermant les yeux. Une fois de plus, son expression changea.
« Il faut que je voie Jacob », dit-elle fermement. Je fermai les yeux momentanément, pour échapper à son regard.
« Non. »
« Il n'y a aucun danger. J'ai passé beaucoup de temps à La Push avec toute la bande, et il n'est jamais rien arrivé. »
Elle n'était jamais entrée dans les détails du temps qu'elle avait passé avec les loups, et honnêtement, j'étais heureux de ne pas savoir exactement jusqu'où elle était allée dans leur monde. Mais il y avait quelque chose dans sa voix qui me disait qu'elle avait déjà vu un aperçu de ce que j'essayais de la mettre en garde. Son cœur se mit à battre plus rapidement et je supposai que ses souvenirs s'emparaient de ses pensées tandis qu'elle écarquilla les yeux. Soudain je compris. Elle n'avait pas été blessée, mais elle avait été en danger à un moment donné.
« Les loups-garous sont instables », dis-je fermement. « Blessant parfois leur entourage. Ou les tuant. »
Son expression changea encore et je me battis avec moi-même pour ne pas lui demander ce qu'elle avait vu. Je ne pouvais pas m'imaginer qu'elle ait été en danger, surtout que je savais que c'était ma faute si elle avait été mise dans cette situation. Mon départ l'avait forcé à se réfugier dans un endroit qui lui offrait encore plus de danger.
« Tu ne les connais pas », dit-elle enfin. Sa voix était à peine un murmure.
« Mieux que tu ne le penses, Bella. J'étais présent, la dernière fois. »
« La dernière fois? »
« Nous chemins ont commencé à se croiser il y a environ soixante-dix ans… Nous venions de nous installer près de Hoquiam. Alice et Jasper ne nous avaient pas encore rejoints. Nous étions plus nombreux que ces chiens, ce qui ne les aurait pas empêchés de se battre sans l'intervention de Carlisle. Il est parvenu à persuader Ephraïm Black que la coexistence était possible. C'est ainsi qu'un armistice a été conclu. »
Je m'arrêtai un instant pour penser au courage de Carlisle. Il savait qu'il serait difficile de les convaincre que notre famille était différente, mais son désir de paix entre nos deux espèces était si fort, qu'Ephraïme ne pouvait pas – en toute bonne conscience – refuser.
Ainsi, de nombreuses décennies s'étaient écoulées depuis les loups, nous étions certains que le danger avait disparu depuis longtemps. Et de plus nous avions respecté le traité. Quand Ephraïme avait disparu et qu'il n'y avait pas eu de nouveaux loups qui avaient émergé, nous avions été convaincus que leur temps était révolu.
« Nous croyions la lignée éteinte avec la mort d'Ephraïm, d'ailleurs, et que la bizarrerie génétique à l'origine de leur transmutation s'était perdue… »
Je levai les yeux vers Bella en me demandant comment était-il possible que nous ayons cette conversation. Comment les loups avaient refait surface? Et pourquoi?
« Ta poisse semble augmenter de jour en jour. Te rends-tu compte que ton insatiable attirance pour les dangers mortels a réussi le tour de force de ressusciter une meute de mutants? Si l'on pouvait embouteiller ta malchance, on obtiendrait une arme de destruction massive de tout premier ordre. »
Je plaisantais, mais une partie de moi se demandait si je n'avais pas raison. C'était un désir de la protéger et il était plus fort à cause de l'apparition des loups. Elle ne pouvait pas avoir été la cause initiale, et ce n'était sûrement pas la faute de Jacob, qui avait essayé de la protéger par tous les moyens. Je n'aurais jamais pensé être reconnaissant que les loups réapparaissent, mais il lui avait sauvé la vie. Je savais que pour ça, j'aurais toujours une dette envers lui.
« Ce n'est pas moi qui les ai ramenés », dit-elle. La dureté de sa voix me surprit. « Tu n'es donc pas au courant? »
« De quoi? »
« Les loups-garous sont réapparus parce que les vampires étaient revenus. Je n'y suis pour rien. Jacob m'a expliqué que l'installation de votre clan dans la région avait déclenché le processus. Je croyais que tu savais… »
Mon sentiment de gratitude envers Jacob fut rapidement remplacé par de la colère tandis que je réalisai qu'il avait franchi une autre ligne. Comment osait-il parler de choses qu'il ne connaissait pas? Il n'était pas là au début. Et il y avait des limites à ce que les histoires pouvaient enseigner. Tant que les règles n'étaient pas brisées, notre lien était puissant. Aujourd'hui, comme il l'avait toujours été, le traité était bien en place. Aucun membre de ma famille n'avait donné une raison aux Quileutes d'en douter. Nous vivions à Forks depuis un certain temps déjà, sans aucune résurgence des loups, et je lui reprochais son hypothèse que nous étions la cause de leur retour.
« Telle est leur opinion? », lui demandai-je, toujours ahuri. Peut-être que la présence de nomades avec leur mépris pour la vie humaine, mais pas nous…
« Les fait parlent d'eux-mêmes, Edward. Il y a soixante-dix ans, vous êtes arrivés ici, les loups-garous ont surgi. Aujourd'hui, vous revenez, eux aussi. Ce n'est pas une coïncidence. »
Je n'étais toujours pas convaincu – nous n'avions rien fait pour les provoquer… Pourtant, je savais que Carlisle voudrait entendre parler de ça.
« Voilà une théorie qui risque d'intéresser Carlisle », dis-je avec autant de calme que je pus.
« Théorie », répéta-t-elle, encore clairement énervée à cause de moi.
Je ne savais pas grand-chose sur le processus et je n'en avais jamais été particulièrement intéressé, mais avec la théorie de Black, je m'interrogeais sur le temps que le gène prenait pour se manifester. Se pouvait-il réellement que les choses aient été mises en place lorsque moi et ma famille étions arrivés, mais que les effets se soient fait sentir que bien plus tard? La seule chose que je n'arrivais pas à concilier dans tout ça, c'était pourquoi les choses ne s'étaient manifestées qu'au moment où nous étions partis? Si nous étions réellement la cause de leur retour, pourquoi notre départ n'avait pas empêché leur mutation? Peut-être était-il déjà trop tard?
« Tout cela est fort intéressant », marmonnai-je, surtout pour moi. Je me tournai vers Bella – il s'avérait qu'elle essayait de me distraire comme parfois j'essayais de la distraire elle – et je lui dis franchement : « La situation reste inchangée. »
Pendant un instant, elle me regarda. Je pouvais presque sentir les pensées se bousculer dans son esprit. Elle pensait que je réagissais de façon exagérée et elle était épuisée d'essayer de me faire entendre raison.
Lentement, elle se leva pour s'approcher de moi et mes bras s'ouvrirent immédiatement, voulant la serrer contre moi. Je détestai qu'elle ne me regarde pas dans les yeux et encore plus lorsque nous étions en désaccord.
Elle s'assit sur mes genoux et se blottit dans mes bras. Nous étions tout les deux fatigués de tourner en rond. Nous n'avions plus envie d'argumenter, mais nous voulions faire comprendre à l'autre la ligne de nos pensées.
« S'il te plaît, écoute-moi une minute », dit-elle en me regardant à travers les mèches de cheveux qui lui tombaient dans le visage. « Il ne s'agit pas d'une lubie consistant à faire un saut chez un vieil ami. Jacob souffre. Je n'ai pas le droit de ne pas l'aider, de l'abandonner au moment où il a besoin de moi sous prétexte que, quelquefois, il n'est pas humain… Il a été là pour moi lorsque je… lorsque je n'étais plus vraiment humaine non plus. Tu ignores ce que ça été… »
Chaque centimètre de mon corps se tendit à ses paroles. Bella parlait si rarement de ces mois, lorsque j'avais été absent. Elle savait que je me sentais mal pour tout ça, mais elle ne connaissait pas l'ampleur de mon sentiment de culpabilité. Elle ne se rendait pas compte qu'à chaque fois qu'elle parlait de ça, mon esprit était inondé par les images que j'avais vues à travers les yeux des autres. Ses professeurs se rappelant du visage éteint qu'elle avait porté durant des mois. Ses amis se souvenant qu'elle ne parlait presque plus. Pour une fois, j'étais content de ne pas pouvoir entendre clairement l'esprit de Charlie. Je ne voulais pas imaginer ce que je pourrais y voir.
« Si Jacob n'était pas venu à mon secours… », continua-t-elle. « Je ne suis pas sûre de ce que tu aurais retrouvé en revenant ici. J'ai une véritable dette envers lui, Edward. »
Mes yeux se fermèrent tandis que j'essayais de bloquer les images qui m'agressaient. Je frémis à l'idée de me retrouver face à Jacob. Il l'avait sans doute vu au plus bas.
« Je ne me pardonnerai jamais de t'avoir quittée », dis-je, la voix remplit d'angoisse. « Même si je vis cent mille ans. »
Au milieu de ma misère, Bella me donna un sursis en caressant mon visage. Je ne le méritais pas. Ses doigts caressèrent ma joue et je laissai échapper un soupir de contentement. Elle était si chaude. J'ouvris les yeux pour les fixer aux siens.
« Tu voulais agir au mieux », dit-elle gentiment. « Je suis persuadée que ça aurait fonctionné avec une fille moins cinglée que moi. Et puis, tu es là, maintenant, c'est l'essentiel. »
Elle me répétait ces mots si souvent et pourtant, je n'arrivais pas à y croire.
« Si j'étais resté, tu n'estimerais pas nécessaire de risquer ta vie pour réconforter un clébard. » Elle s'énerva et une fois de plus, je me sentis coupable d'avoir dit quelque chose pour l'offenser. J'essayai d'adoucir mon ton, mais la gravité de la situation ne me permettait pas d'alléger la situation autant que je le voulais. « J'ignore comment formuler ça, et ça va te sembler cruel, mais j'ai déjà trop manqué de te perdre par le passé. Je sais les affres dans lesquelles cela m'a plongé. Je ne tolérerai pas d'autres mises en danger. »
« Aie confiance en moi. Tout ira bien. »
Non!, cria mon esprit. On ne parlait pas de confiance ici. Elle ne savait pas dans quoi elle mettait les pieds. Je ne peux pas laisser ça au hasard. S'il te plaît, ne vas pas là où je ne peux pas te suivre. Où je ne peux pas savoir si tu vas bien.
« Je t'en prie, Bella », dis-je, presque en la suppliant, incapable de continuer ma phrase. J'essayai de bloquer la petite voix qui me disait que la supplier ne changera rien.
« Quoi? », me demanda-t-elle, exaspérée.
« Tâche de ne pas t'exposer. Fais-le pour moi. Je m'efforce de te préserver, ton aide n'est pas de trop, cependant. »
« Je vais essayer », murmura-t-elle. Elle semblait ignorer mon désespoir et ça me faisait mal. Ne comprenait-elle pas qu'elle était tout pour moi?
« Devines-tu à quel point tu m'es précieuse. Comprends-tu combien je t'aime? », dis-je en la serrant contre mon torse aussi fort que je pouvais sans la blesser. Je déposai mon menton sur sa tête, la respirant comme si c'est la dernière fois que je pouvais le faire. Une chaleur rayonna à travers mon corps tandis qu'elle m'embrassa dans le cou. Ça me calma, mais en même temps, c'était douloureux. J'avais besoin d'elle – en sécurité – pour toujours.
« Je sais combien je t'aime », dit-elle doucement. Son souffle emplit tout mes sens en formant une nouvelle cascade de chaleur.
« C'est comparer un arbre frêle à une forêt. »
« Impossible ». Les battements de son cœur devinrent de plus en plus rapides et elle semblait éblouie près de moi. Je ne cesserai jamais d'essayer de la convaincre qu'elle était tout pour moi.
Avec un rapide baiser sur sa tête, je répétai les mots qui ne nous amèneraient pas vers solution. « Pas de loups-garous. »
« Hors de question. Il faut que je rencontre Jacob. »
« Je t'en empêcherai. »
« C'est ce qu'on verra. Il reste mon ami. »
Nous restâmes assis, encore dans une impasse. Ma belle Bella obstinée – attirée par le danger à chaque tournant. Avec un meilleur ami loup-garou. Amoureuse d'un vampire. Je ne le tolérais jamais et je ne le dirais jamais à voix haute, mais je commençais à me dire qu'elle avait peut-être raison. L'immortalité était le seul moyen de la garder en sécurité.
Alors? Comment avez-vous trouvé la fin de ce chapitre. Moi j'adore la version d'Edward. Et vous?
Bisous xoxo
Miss Lunatik
