Chapitre 2 : My name is Noir, Chat noir

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- C'est une blague Plagg ?!

C'était mot pour mot ce qu'avait dit Adrien Aggreste, alias Chat noir, en apprenant le sujet de sa prochaine mission.

Non mais c'est vrai quoi, il allait devoir traquer "le Papillon", lui Chat noir, et avec qui ? Une coccinelle !

Ok c'était plutôt marrant, et il sentait une multitude de jeux de mots lui venir mais bon quand même !

Plagg avait ensuite du lui expliquer de manière concise en quoi consistait cette mission.

Le papillon était un terroriste à l'origine de plusieurs attentats. On ne le voyait jamais car il se servait toujours d'hommes de main comme kamikazes pour ses coups. Il était connu pour le talent qu'il avait de rallier n'importe qui à sa cause, en se servant de la haine et de leurs instincts dévastateurs les plus primaires. Il savait trouver les failles, encourager la rage et le désespoir, pousser à bout.

Mais pourquoi le papillon ?

Tout simplement parce que ce charmant animal ne vit que quelques mois en général, puis meurt. Le papillon lui, faisait la même chose. Au bout de quelques mois toutes traces de lui disparaissaient, il se volatilisait et devenait comme mort aux yeux du gouvernement, plus rien.

Il fallait déjà un certain temps pour le localiser mais tous ces efforts étaient réduits à néant lorsqu'il mettait les voiles.

- ... C'est pour ça qu'il est si redoutable.

Plagg aimait mettre le ton dramatique quand il expliquait un truc, et il aimait aussi manger du camembert mais ça c'était une autre histoire...

- Bien, merci pour ces précisions, je vais aller étudier le reste du dossier chez moi, c'est vraiment plus respirable ici !

- Tsssss tu n'y connais rien, ça c'est la vie mon vieux !

- Si tu le dis !

Adrien était sortit tout en ayant déposé une petite liasse de billets sur le bureau encombré de son ancien partenaire.

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D'aussi loin qu'il se souvienne, Plagg avait toujours été là.

Plagg l'avait quasiment recruté, Plagg l'avait entraîné (ou dressé comme il aimait l'appeler), il avait travaillé avec lui sur sa première mission et il le mettait au courant de tout.

Dans l'étage, tout le monde les surnommaient "les aristochats", surnom qui n'avait pas beaucoup de sens à première vue.

En effet, bien qu'Adrien ait récupéré le doux nom de Chat noir et qu'il soit assez classe dans son genre, Plagg ne l'était pas du tout.

Il était plus "un chat de gouttière". Son bureau (sa tanière comme il l'appelait), ressemblait à une cave où s'entassait toutes sortes de paperasse, des cartons, et des dizaines et des dizaines de boîtes de camembert ! Peu nombreux étaient ceux qui s'y aventuraient.

Son habitant en question était des plus particuliers. Plagg était un homme d'une vingtaine ou d'une quarantaine d'années: personne n'arrivait à déterminer son âge. Il avait l'air jeune mais on savait de source sûre qu'il était ici depuis assez longtemps pour lui donner dix ans de plus au minimum. Ses cheveux étaient noirs et ébouriffés si bien que deux mèches lui faisaient comme des oreilles. Il avait des yeux verts presque reptiliens et passait sa vie dans l'obscurité, encapuchonné. Il râlait, il prenait tout le monde de haut, il se plaignait, mais il était d'une grande utilité.

L'unique chose qui lui valait le surnom "d'aristochat" était sa voix, elle n'avait rien à voir avec son physique: c'était une petite voix hautaine voir snobinarde qui agaçait tout le monde tant on aurait dit une imitation exagérée d'un lord anglais du XIX ème siècle.

Enfin bref, Plagg c'était quelques chose.

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Marinette arpentait les couloirs d'un pas rapide, elle n'était pas en avance.

La ponctualité n'avait jamais été son fort mais là elle atteignait des sommets. Elle était censée se présenter à 6h ce matin et il était 10h et des poussières. Quelle idiote ! Elle s'était rendormie, exténuée après sa quasi nuit blanche, ce n'était vraiment pas professionnel !

Alors qu'elle passait devant un énième bureau, une voix l'interpella.

- Bonjour ma lady, bien dormi ?

La jeune femme s'arrêta et vit sans surprise Chat noir qui l'observait, avec son demi sourire amusé et ses yeux rieurs, qui lui paraissaient toujours trop insolents. Une part d'elle frissonnait néanmoins en le voyant, et ne pouvait s'empêcher d'accélérer les battements de son coeur. Franchement pourquoi fallait-il qu'il soit si beau ?!

- Pas assez à mon goût, répondit-elle de son ton le plus neutre. Et comme vous avez pu le remarquer je suis en retard donc... Salut salut !

Salut salut ?! Qui disait ça à part les collégiens et les gens qui se connaissaient bien ? D'accord plein de personnes mais bon elle était au travail là, qu'est-ce qui lui prenait ?

La jeune espionne ne s'attarda pas plus et se dépêcha de rejoindre le bureau de M. Damoclès, son nouveau supérieur. L'avantage, c'était que l'homme en question était facilement repérable.

Il n'était pas particulièrement grand mais disons "massif": un immense buste, de large épaules, et une grosse tête ronde. Avec ça, il portait une barbe à la manière de Georges Méliès avec un bouc et une moustache proéminente. Il arborait aussi un costume caquis rayé: un homme assez singulier en résumé, qui semblait tout droit sortit d'une autre époque.

- Asseyez-vous agent 08, déclara Damoclès d'une voix puissante.

- Je... Je m'excuse encore pour mon retard, je n'aie pas vu l'heure passer et...

- C'est bon, tout va bien pour cette fois calmez-vous, mais je ne veux pas que ça devienne une habitude c'est clair ?

Marinette soulagée, se détendit un peu.

- Très clair.

- Bien. Bon, vous savez pourquoi vous êtes ici, pas la peine que je vous réexplique ? lança t-il d'un ton plus las.

- Non, je crois être informée de tout.

- Magnifique ! Vous avez donc fait la connaissance de votre exellent coéquipier ?

La jeune femme tressaillit, un temps soit peu agaçée.

- Oui en effet...

- Ne vous inquiétez pas, Chat noir est un très bon agent et malgrès son dossier d'apparence "peu conventionnelle", il a beaucoup d'expérience et vous seras d'une grande aide !

- Si vous le dîtes, maugréa la brunette assez bas pour ne pas être entendue.

- Bon, voici toutes les nouvelles informations que nous possédons, rajouta M. Damoclès en lui tendant un maigre classeur grisâtre. On a une nouvelle piste, Chat noir vous en parlera... Tiens justement le voilà !

Marinette se retourna brusquement et l'intéressé s'engouffra d'un pas lent dans le vaste bureau.

- Chat noir ! On attendait plus que vous, s'extasia leur supérieur.

- Je ne pensais pas être attendu...

- Non mais vous tombez bien ! Je vais devoir laisser Mademoiselle Ladybug et vous pourrez tranquillement vous concerter.

- Ce n'est pas vraiment nécessaire, risqua la jeune femme.

- Bien sûr que si, vous n'êtes pas au courant de tout jeune fille !

Marinette avait l'impression qu'il leur parlait comme un directeur à ses élèves, c'était légèrement agaçant.

- Très bien, se résigna t-elle.

- Parfait ! Sur-ce au revoir jeunes gens !

Il sortit dehors en coup de vent et Chat noir qui était jusque là resté étrangement discret, prit la parole :

- Vous êtes ravissante aujourd'hui chère coéquipière.

Silence

- Heu... Merci.

Merci ?! Oh mais pourquoi lui répondait-elle ça ? Avec ses airs charmeurs et confiants il se croyait vraiment tout permis !

La mine victorieuse qu'il affichait alors, ne faisait que confirmer cette hypothèse.

- Oui bon, mettons nous au travail.

La brunette replaça nerveusement une de ses mèches derrière son oreille et commença à feuilleter le dossier. Les lettres et les nombres en tout genre défilèrent alors devant ses yeux mais cela ne l'empêcha pas de remarquer le regard perçant et attentif de son partenaire posé sur elle.

- Alors... Quelle est votre "nouvelle piste" ? dit-elle enfin pour rompre le lourd silence, et ainsi espérer reprendre une certaine contenance.

Son "stratagème" sembla fonctionner puisque Chat noir reprit son sérieux et expliqua :

- Nous avons réussi à retrouver la piste de Nuruu, le bras droit du Papillon, enfin vous le savez. Il semblerait qu'il ait logé une nuit au Grand Paris, un prestigieux hôtel dans le centre de la capitale.

- Oui je connais, je vais m'y rendre.

Chat noir haussa le sourcil.

- Pas toute seule j'espère ? Nous travaillons en collaboration désormais.

- Et cela implique t-il d'être toujours ensemble, railla la jeune espionne avec une exaspération mal dissimulée.

- Vous êtes têtue, soupira son acolyte au bout de quelques secondes. Ça tombe bien moi aussi.

Et sur ces paroles, il se leva et ouvrit la porte.

- Après vous, déclara t-il avec un sourire radieux.

- Soit, céda finalement Marinette. Mais je ne vois pas l'intérêt.

Elle se leva pour le rejoindre et passa la porte sans lui jeter un regard.

- Vous êtes une coccinelle, vous allez me porter chance, dit-il malicieusement.

- Et vous un chat noir, je vous laisse deviner la suite.

L'intéressé éclata de rire.

- C'est vrai ça, je n'y avait pas pensé, eh bien disons que nous nous complétons !

Il lui fit un clin d'oeil et ferma la porte.

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Le Grand Paris était aussi majestueux que dans ses souvenirs.

Il s'élevait au-dessus d'eux, immense et solennel, parsemé de grandes fenêtre encadrées de dorures ouvragés et abritées par des haut-vents rouges.

L'immense porte d'entrée en verre, aux contours ornementés de noir était inchangée, et il lui sembla revenir dix ans en arrière lorsqu'ils la franchirent.

- Vous avez l'air de bien connaître cet endroit, déclara pensivement Chat noir qui l'observait avec une curiosité mêlée de compassion.

- Hum... Oui, la mère de ma meilleure amie de l'époque était chef dans cet hôtel. On y venait souvent et on restait dans ce hall pendant des heures à observer les gens. Alya et moi riions beaucoup... J'étais aussi venu dans les cuisines avec mon oncle une fois. Je nous revois encore sur ce grand escalier... Ça remonte à loin.

La brunette resta encore un instant perdue dans ses souvenirs puis se rappela soudainement la présence du jeune homme et réalisa qu'elle venait de lui raconter des choses sur sa vie, des choses personnelles. Cette pensée la fit rougir malgré elle et elle fut d'autant plus confuse en voyant le sourire attendri qu'il arborait.

- Arrêtez de me regarder, s'exclama t-elle un peu trop sur la défensive. On a du travail.

Et aussitôt, elle s'éloigna à grandes enjambées.

Elle s'en voulait de s'être montrée si vulnérable, elle ne racontait jamais rien à personne normalement. Les gens avec qui elle travaillait ne savaient rien d'elle.

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Quand elle était Ladybug, elle était confiante, téméraire, courageuse, dure aussi. Elle s'était faîte respectée, elle inspirait l'admiration, la crainte peut-être. Elle était forte, adroite et méritante.

Mais derrière cette apparence pleine d'assurance, se cachait Marinette Dupain-Cheng, la maladroite et timide jeune femme qui ne se sentait pas assez forte pour affronter le monde, qui inspirait de la compassion ou de la pitié et pas de l'admiration. Une jeune femme qui souffrait d'un terrible manque de confiance en elle et qui se trouvait insignifiante.

Cette femme existait toujours mais elle la cachait.

Elle la cachait comme on cache un terrible secret, quelque chose qui nous hante et qu'on veut absolument oublier.

Mais elle ne pouvait pas oublier qui elle était.

Alors elle redevenait souvent cette Marinette, ça avait du bon et du mauvais mais elle ne trouvait pas beaucoup de monde qui l'aimait comme ça, elle même ne s'aimait pas, alors elle restait Ladybug.

C'était plus simple comme ça.

Du moins elle le croyait.

Voilà pourquoi elle n'était pas revenue à Paris depuis si longtemps. Cette ville l'avait uniquement connue comme ça, cette ville lui rappellait "son elle d'avant", cette ville c'était celle de Marinette pas la sienne.

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Chat noir l'avait devancée et était déjà face à une des ravissantes hôtesses d'accueil, affublé d'un éclatant sourire de séducteur.

- Excusez-moi mademoiselle, j'aurai besoin d'un renseignement, murmura t-il d'une voix suave.

Marinette leva les yeux au ciel.

- Oui bien sûr, répondit l'hôtesse d'une petite voix.

- Je cherche cet homme, continua t-il avec la même intonation. Il a séjourné ici dans la semaine. Des yeux aussi beaux que les vôtres doivent forçément l'avoir remarqué je me trompe ?

La jeune femme rougît de plus belle.

Marinette trouva la technique maladroite et franchement déjà-vue mais dut bien admettre (de mauvaise foi) qu'il avait un certain talent avec les femmes.

- Heu... Oui, je veux dire peut-être... Enfin je n'ai pas le droit de divulguer des informations sur les clients de l'hôtel, répliqua la petite blonde avec confusion.

- Très bien je comprends...

Il affichait maintenant un air plus triste.

- Eh bien si vous le voyez dîtes lui que son neveu le cherche...

Il se retourna.

Marinette observait la scène, toujours en retrait, avec une certaine méfiance. Il avait l'air de savoir ce qu'il faisait mais elle n'était pas dupe.

- Attendez, s'écria l'hôtesse.

Chat noir se retourna, elle reprit d'un ton plus calme.

- Je peux vous le dire, après tout ça ne le compromet en rien, tant que je ne dis pas le numéro de sa chambre...

- Il est toujours là ? s'exclama le jeune homme.

- Pas exactement... En fait il réserve une chambre mais il n'y va pas toujours, je ne sais pas quand il reviendra, ça fait quelques jours déjà.

Marinette s'approcha enfin, son intérêt prenant le dessus.

- Quand est-il venu pour la première fois, demanda t-elle.

Elle crut voir une pointe de déception dans le regard de la blonde qui commençait à comprendre qu'on se servait d'elle.

- Je ne peux pas vous dire ça, il est venu c'est tout...

- Ce n'est pas grave, la rassura Chat noir avec un sourire bienveillant. Nous aurions besoin d'une chambre.

Marinette crut qu'elle allait s'étouffer avec sa propre salive. La petite hôtesse aussi sûrement.

- Pardon ? déclara t-elle.

Pardon ? pensa Marinette.

- Nous allons la louer pour dix jours au moins. Au quatrième étage ce serait possible ?

- Oui évidemment, articula la blonde.

- Parfait ! Puis-je régler maintenant ?

- Bien sûr... Mais le prix est assez élevé, vous êtes sûr de vouloir attendre votre oncle ici ?

- Absolument !

Il sortit une carte bleue de son manteau, qui était d'ailleurs en cuir noir, ce que Marinette trouvait un peu trop cliché, étant donné que cela ressemblait beaucoup à ce que portait les enquêteurs et les espions dans les vieilles séries télé. Mais bon quand on est un agent et qu'on s'appelle Chat noir, on peut sûrement se permettre des délires de ce genre.

Quand il eut réglé, il récupéra la clef qu'on lui tendit, un peu regret, et se dirigea vers l'ascenseur, suivit par son acolyte dont le visage passait de l'embarras à la colère puis à l'incompréhension.

Les portes se refermèrent.

- Qu'est-ce qui vous a pris ?! s'exclama Marinette. Pourquoi est-ce que vous nous avez pris une chambre ?!

Chat noir ne répondit pas. Il était adossé contre la paroi de l'ascenseur et la regardait avec cette envoûtante mais surtout très agaçante lueur espiègle.

- C'est moi ou vous m'avez laissé prendre les commandes ? déclara t-il enfin avec amusement. Auriez-vous donc un peu confiance en moi ?

- J'ai fait ça uniquement parce que vous aviez l'air plus apte que moi à jouer les Don Juan avec la fille ! Mais si les seules répliques qui vous viennent à l'esprit sont " Des yeux aussi beaux que les vôtres doivent forcément l'avoir remarqué" je ne sais pas si vous aurez encore cette occasion à l'avenir...

En disant cela, elle ne put s'empêcher d'émettre un petit rire.

Chat noir rit aussi.

- Oui j'avoue que j'ai manqué d'inspiration sur ce coup-là... Ses yeux étaient moins beaux que les vôtres.

Heu... Ok.

Je rêve où il me drague, pensa Marinette.

- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, se reprit-elle, plus sérieuse.

- Vous avez peur de vous retrouver seule avec moi ou quoi ? minauda le jeune homme après quelques secondes de silence.

Marinette rougit.

- Pas du tout, c'est juste que... Je ne comprend pas vos intentions.

- Rassurez-vous, ce sont celles d'un gentleman, sourit Chat noir. Cela me paraît plutôt évident non ?

Silence

Les portes s'ouvrirent.

- Si j'ai fait ça c'est pour garder un oeil sur Nuruu. Il reviendra un moment, l'hôtesse nous l'a dit. Alors il faut qu'on soit là au cas où il reviendrait. Nous n'allons pas dormir dedans, mais ce seras un bureau plus confortable que les boîtes de conserves du QG, vous ne pensez pas ?

Marinette pensa juste qu'elle était idiote d'avoir pu penser à autre chose que ça.

- Je... Je trouve que ce sont des frais dont on aurait très bien pu se passer...

Chat noir émit un petit rire.

-C'est vrai... Mais vu comment on nous paye, vous ne pensez pas que c'est plutôt mérité ?

Vraiment pas professionnel décidément, pensa la jeune femme.

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La chambre était à la hauteur du prix: immense, luxeuse et inutilement opulente. Marinette n'était pas aussi habituée qu'on pourrait le croire à tant d'extravagances, bien qu'elle soit allée plusieurs fois dans l'hôtel. Tout lui semblait dans l'exès, déséquilibré et démesuré, si bien qu'elle n'osait pas bouger, de peur peut-être d'âbimer toutes ces choses hors de prix.

- Je vois que la décoration vous laisse de marbre, lança le jeune homme avec malice.

La brunette qui était encore plongée dans sa contemplation, mit quelques secondes à relever le jeu de mot, comprenant ensuite qu'il faisait allusion à la matière qui recouvrait quasiment toute la surface disponible.

- Je ne ferais aucun commentaires, déclara t-elle d'une voix éteinte.

Elle osa enfin bouger et se dirigea vers le lit à baldaquin pour s'y affaler comme une crêpe. Elle était si fatiguée et fut agréablement surprise en constatant son extrême confort. Il était doux et moelleux comme de la guimauve, un pure bonheur. Elle en oublia presque un important détail.

Elle était au travail.

Mais que faisait-elle dans une luxeuse chambre d'hôtel, affalée sur un lit, avec Chat noir ?

- Bon il faut qu'on y aille, on doit travailler ! s'exclama t-elle en se relevant soudainement.

Ça devait être la troisième fois de la journée qu'elle se rappelait à l'ordre comme ça. Qu'est-ce qui lui prenait ? C'était ce stupide chat qui n'en faisait qu'à sa tête et qui les retardaient sans arrêt ! Bon c'était sa faute aussi...

- C'est bon, on peut faire ça ici de toute manière, répliqua Chat noir. On a pas de trains à prendre, juste des dossiers à éplucher.

Cette phrase pleine de bon sens, acheva de convaincre Marinette.

- Très bien, déclara t-elle, mais je reste sur le lit !

Le jeune homme émit un petit rire.

- Marché conclu !

Il prit place sur un long canapé en cuir blanc, croisa les bras derrière sa tête, puis ferma les yeux.

La brunette s'apprêta à le rappeller une nouvelle fois à l'ordre mais se retint, coupée dans son élan par la contemplation de ce dernier. Il semblait très paisible, son visage dénué d'arrogance et de provocation était plus beau que jamais. Et son corps hum... Dison bien proportionné, carrément provocant à vrai dire. Est-ce qu'il le faisait exprès ? Évidemment que oui, il avait conscience de la position grisante dans laquelle il se trouvait, qui laissait deviner les muscles saillants de son torse et de ses épaules, qui...

- Un problème ?

Les insolents yeux verts rencontrèrent les siens.

Marinette rougît violemment.

- Au... Aucun, mais heu je vous observe, non je veux dire je vous rappelle qu'on a...

- Laissez-moi deviner... Du travail ?

Rhaaa mais il se moquait d'elle en plus ! Elle se sentait stupide et franchement énervée.

Sa seule réponse fut de balancer un classeur sur le jeune homme, qui atterrît violemment sur ses genoux. Bien qu'elle n'ait pas essayé de viser sa tête, la jeune espionne en éprouva une certaine frustration. Chat noir rit :

- Pas la peine de sortir les griffes ma lady, je comptais bel et bien ouvrir ces passionants , et pas du tout rébarbatifs dossiers.

- Je suis ravie de l'apprendre, répliqua Marinette avec un sourire contrefait mais pas totalement dénué de sincérité.

Chat noir tint sa promesse et se plongea studieusement dans les relevés, ne faisant que quelques rares remarques, toutes pertinentes. Les heures défilèrent à une vitesse folle tant et si bien que ils ne virent pas le temps passer, trop concentré sur la montagne de choses à étudier et à analyser. De plus, Marinette devait mettre Chat noir au courant des moindres détails, non formulés dans les dossiers, concernant les délits du papillon en Chine. Elle fut râvie de constater qu'il était très attentif et paraissait réellement investi contrairement à ses craintes, il lui arrivait néanmoins d'avoir des moments d'égarements.

Comme par exemple, vers 17h où il semblait totalement distrait par les yeux azurs de son acolyte, tandis qu'elle lui expliquait leurs itinéraire du lendemain.

- Comment avez-vous été recrutée ? demanda t-il durant un court silence.

Quelle étrange question ! Est-ce que ça sous-entendait qu'il doutait d'elle et qu'il se demandait comment on avait bien pu l'engager ? Ou alors c'était par pure curiosité...

- Qu'est-ce que ça peut faire ?

Chat noir parut surpris par son ton.

- C'est juste pour savoir, comme ça...

Marinette ne répondit pas tout de suite, cherchant comment en dire assez sans en dire trop.

- J'ai été recrutée par maître Fu, comme vous, déclara t-elle enfin.

- Maître Fu ?

- Ah oui question d'habitude, il veut toujours qu'on l'appelle comme ça. J'ai finis par céder et maintenant ça me paraît naturel.

Elle émit un petit rire.

- Comment vous l'avez rencontré vous ?

- C'est une longue histoire, sourit Chat noir.

La jeune femme n'insista pas, bien que sa curiosité fut piquée au vif. Heureusement pour elle, son coéquipier avait l'air prêt à parler.

- À vrai dire nous nous sommes rencontrés totalement par hasard, commença t-il. Je devais avoir quelque chose comme dix-sept ans et il m'a remarqué. Il m'a parlé plusieurs fois avant de me présenter à Plagg, c'est lui qui m'as tout appris. On a fait mes premières missions ensemble, il est plutôt infernal mais c'est quelqu'un de vraiment bien...

Son regard qui s'était perdu dans le vide revint se poser sur Marinette. Celle-ci rougît sans le vouloir mais soutint son regard.

Ils étaient tous les deux subitement tendus, fixant l'autre sans savoir comment réagir, et rompirent leur échange visuel au bout d'une dizaine de secondes (un grand record).

Le visage de la jeune femme était en feu et elle se dit que si il était possible de haïr ses joues, elle était en train de le faire. Elle se resaissit aussi vite qu'elle put.

- Pourquoi avez-vous quitté Paris ? murmura soudain Chat noir.

- Pourquoi est-ce que je répondrais à cette question, souffla Ladybug.

- Parce que j'ai répondu à la vôtre.

- Vous n'auriez pas du.

Ses yeux bleus lumineux semblaient désormais assombris, comme si quelque chose l'effrayait.

- Quel est votre vrai nom ?

- Pourquoi est-ce que vous insistez ? s'exclama doucement la jeune femme, qui ne comprenait pas son obstination.

- J'aime bien connaître les gens avec qui je travaille, répondit-il dans un souffle.

- Alors vous ne connaissez pas bien votre métier.

Tout ce qui est en dehors du travail, reste en dehors du travail, si vous n'avez pas compris cette règle vous n'êtes pas fait pour être espion.

Elle marqua une pose et plongea ses yeux azurs dans les siens.

- Je suis Ladybug et c'est tout ce que vous avez à savoir.

La brunette quitta le bureau sur lequel ils étaient accoudés et rejoignit le lit où se trouvait sa malette, elle y rangea les dossiers.

Cela voulait dire une seule chose.

La conversation était close.

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À suivre...

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Merci à ceux qui ont pris le temps de laisser un commentaire au premier chapitre, ça me fait trop plaisir !

J'espère aussi que celui-là vous a plu et que vous serez de plus en plus nombreux à suivre cette histoire, ça me motiverai vraiment !

Merci pour vos favs et follows *o*, à demain !

Saluuuuut !