Bonjour à tous, voilà la suite le la fiction, merci à ceux qui ont reviewer, ça m'a fait très plaisir, et désolée si je n'ai pas répondu mais mon ordinateur plante légèrement. Je dis merde à ceux qui passe le bac comme moi, à la prochaine !
Clarke avait rarement couru aussi vite de toute sa vie ; seule la fois où elle avait tenté d'échapper au brouillard acide, avec Wells et Finn, devait sûrement rivaliser. Elle n'y voyait presque plus rien, et détalait au hasard entre les arbres, trébuchant et repartant de plus belle à chaque fois. Elle ne parvenait plus du tout à se repérer, et était de ce fait complètement perdue et sans repères. Elle ne pouvait se cacher ou se replier. Sa seule chance était de fuir à toutes jambes, même s'il était quasiment impossible qu'elle puisse semer les deux loups déchaînés qu'on avait lancé à ses trousses.
Ils ne tardèrent pas à la rattraper, et quand l'un des deux lui bondit dessus en hurlant, elle n'eut pas le temps d'appréhender le choc. Le loup la percuta de plein fouet dans le dos, faisant claquer ses puissantes mâchoires à seulement quelques centimètres de sa nuque. L'impact fut tel qu'ils furent tout deux projetés en avant. Ils roulèrent dans les fougères et les ronces sur plusieurs mètres, tant le sol était pentu. Clarke, n'ayant pas lâché son javelot dans la chute, se redressa à l'aide du manche, pendant que le canidé, sonné, reprenait ses esprits en glapissant.
Alors qu'elle se remettait à peine debout, le second jaillit de l'ombre, gueule en avant. Elle ne put l'éviter, et il la faucha violemment en percutant sa hanche. Elle retomba par terre sans pouvoir se rattraper, et le loup en profita pour mordre brutalement sa jambe, un peu au dessus du genou. Clarke, ayant pourtant le souffle coupé par la chute, ne put s'empêcher de hurler à plein poumon lorsque les mâchoires d'acier se contractèrent jusqu'à ce que l'os craque dans un bruit étouffé. Le loup, méthodique, relâcha alors la pression et s'éloigna de sa victime, les babines teintées de sang.
Clarke, horrifiée et étourdie par la douleur sourde qui émanait de son membre cassé, essaya tant bien que mal de se trainer sur le sol pour s'éloigner du monstre qui ne la quittait pas des yeux. Il ne l'entendait néanmoins pas de cette oreille : il gronda férocement en montrant les dents en la voyant reculer, et se jeta finalement sur elle pour l'achever. Par instinct, Clarke fit pivoter le javelot qu'elle avait toujours en main, présentant la lame en avant. Elle maintint fermement l'arme devant elle et ferma les yeux lorsque le loup s'écrasa contre elle, subissant le choc autant que lui et s'assommant à moitié lorsque sa tête percuta le sol. Elle se retrouva alors coincée sous lui une poignée de secondes, jusqu'à ce qu'il se relève en jappant pour finalement s'écrouler un peu plus loin, le javelot planté dans le poitrail.
Clarke, sans quitter des yeux la silhouette du molosse, se hâta de ramener sa jambe blessée contre elle. Les doigts tremblants, elle tâta la plaie, et ne put s'empêcher de gémir. En plus de l'os cassé, elle saignait abondamment, et n'avait rien pour stopper l'hémorragie. Paniquée, elle regarda autour d'elle et se rappela du deuxième loup : il n'allait pas tarder à rappliquer. Il fallait qu'elle fuie. Qu'elle se cache. N'importe quoi.
Elle essaya de se lever, mais le simple fait de bouger lui arracha plusieurs larmes de douleur et de rage ; son fémur était salement endommagé, et elle ne pouvait pas se mouvoir sans s'infliger une douleur terrible qui fusait dans toute la jambe. Elle pouvait pas marcher. Elle ne pouvait pas bouger. Elle était coincée.
Paniquée, elle se retourna vivement lorsque elle entendit un rire froid retentit non loin d'elle, au milieu d'un bosquet. Elle reconnu alors l'homme étrange aux vêtements clairs, qui l'observait d'un œil mauvais en émergeant de la pénombre. Il était talonné par le premier loup qui boitait, ainsi que par deux autres silhouettes encapuchonnées, vêtues de la même manière. L'une d'elle se détacha du groupe et s'approcha du canidé que Clarke avait tué. Elle tâta la forte poitrine poilue, puis secoua la tête. L'homme du milieu, qui semblait être le leader, perdit son sourire.
Il s'approcha de Clarke d'un pas vif et lui flanqua un coup de pied dans les côtes, avant de l'attraper par le col et de la soulever pour que son regard soient au même niveau que le sien. Clarke manqua de tomber dans les pommes, et s'arrêta presque de respirer, les poumons comprimés entre souffrance et peur panique.
-Alors comme ça, fit-il d'une voix râpeuse et grave, tu t'amuse à tuer mes chiens-loups ? Sais tu seulement combien met-on pour les dresser et combien ils sont précieux dans nos contrés ?
Il ricana, dévoilant des dents blanches, taillées en pointe pour certaines. Son sourire rappelait les crocs du loup : un vrai cauchemar. Quand à ses yeux noirs immenses, ils ne reflétaient rien hormis une colère féroce ; la pénombre cachait le reste de son visage, lui donnant des airs de spectre vengeur.
-Ils valent beaucoup plus que la vie d'une traînée dans ton genre, reprit-il d'un ton menaçant. Mais c'est ton jour de chance, trainée, nous n'allons pas te tuer de suite, même si cela nous afflige. Tu vas d'abord répondre à nos questions et vendre ton cher petit peuple des Forêts, qu'on aille les faire brûler dans leur sommeil !
Ses paroles furent ponctuées par des approbations de ses deux compagnons. Clarke se mordit la langue pour ne pas répondre elle était déjà en sale posture, le moindre mot pouvait tout faire basculer et l'envoyer outre-tombe sans même qu'elle ne le voit venir.
-Allez Craster, lâche là sinon elle va se faire dessus, lança l'un des deux comparses.
L'homme acquiesça, et lâcha Clarke comme si le fait de l'avoir touché l'avait sali. La jeune fille s'écroula et lâcha un petit cri, le cœur au bord des lèvres, quand sa jambe blessée toucha le sol.
-Ferme un peu ta gueule, gronda le second sous-fifre en s'approchant d'elle.
-Magne-toi, Torn, bâillonne-la et attache la moi derrière un cheval, on la ramène au camp.
Le dénommé Torn, qui n'était qu'à quelques mètres d'elle, avança d'un pas lourd, et l'agrippa pour la remettre debout. Clarke en profita pour abattre son poing sur la tempe de l'homme, dont la capuche tomba en arrière. Épouvantée, elle découvrit alors un visage brut à la peau diaphane, couverte de scarifications dont certaines suintaient encore, comme si elles avaient été faites récemment. Cette vision l'étonna tellement qu'elle ne réagit même pas lorsque le Grounder proféra une insulte qu'elle ne distingua pas ni en anglais ni en Trigedaslang, et qu'il leva la main sur elle. La surprise, la peur, la colère et la douleur eurent raison d'elle dès qu'elle reçut le coup : elle perdit connaissance.
XvX
Clarke fut réveillée par un jet d'eau glacée en pleine figure. Elle ouvrit les yeux difficilement en crachotant, perdue, sans pouvoir reconnaître l'endroit où elle se trouvait. Il faisait encore sombre, et elle ne distinguait pas grand-chose hormis des conifères maigres, des rochers presque blanc, et au loin, des flammes dansantes. Elle était empêtrée dans un mal de tête monumental qui lui embourbait l'esprit. Elle toussa plusieurs fois, en secouant la tête pour retrouver ses esprits.
-Encore, gronda une voix sourde quelque part à sa gauche.
Elle eut à peine le temps de relever la tête qu'une nouvelle giclée d'eau lui giflait les joues. Elle grimaça et jura entre ses dents. Malgré la morsure du froid, cela eut le mérite de la réveiller complètement ses yeux s'habituèrent enfin à la faible luminosité, et elle se rendit compte qu'elle était en très, très mauvaise posture. Elle avisa l'homme qui était près d'elle : c'était Torn, le scarifié, qui tenait encore entre ses grandes mains sales une jarre trempée. Elle lui adressa un regard haineux, et voulut se reculer ; elle se rendit alors compte avec horreur qu'elle était assise par terre, le dos appuyé contre un poteau en bois enfoncé dans le sol, les mains solidement attachées derrière. Le décor était hivernal, rien à voir avec la forêt qu'elle foulait depuis des mois : il neigeait. Paniquée, elle se débâtit, réveillant ainsi la douleur de son os cassé, qui la cloua sur place.
-Et oui, traînée, tu ne vas pas t'échapper comme cela.
Elle reconnut le ton caverneux de Craster, qui se tenait un peu plus loin, adossé à un sapin décharné. Il s'approcha nonchalamment et s'accroupit juste devant elle, de manière à ce qu'elle le voie comme il faut. Il sortit de sa poche un petit coutelas taillée, et le lui passa devant la figure.
-Tu sais pourquoi tu es là, hum ?
Elle se contenta de gigoter, cherchant une échappatoire.
- Regarde-moi quand je te parle, ordonna-t-il.
-Je ne reçois d'ordres de personne, gronda la jeune fille en le regardant dans les yeux.
Sa voix enrouée l'étonna elle-même voilà des mois qu'elle n'avait pas vraiment parlé à haute voix avec quelqu'un. L'homme ricana en levant les yeux au ciel.
-Têtue comme une mule, c'est bien notre veine.
Plusieurs guerriers tout de blanc vêtus, qui observaient la scène non loin de Torn, gloussèrent. Clarke ne vit pas venir la claque que lui assena Craster en plein visage, et pourtant le coup ne l'étourdit même pas. Un gout de sang envahit sa bouche ; elle s'était mordu la langue. Elle gronda. Craster n'en avait rien à faire, visiblement, il continuait de la fixer sans ciller. Au bout d'un temps, il rompit le silence.
-Alors Terrienne, si tu ne veux pas que je taille ton joli minois jusqu'à ce qu'on ne puisse plus le qualifier de joli, tu vas arrêter de faire ta fière et me répondre, compris ?
Un rire sarcastique échappa à Clarke, qui fut réprimé par une nouvelle claque. Elle fut ce coup ci obligée de cracher le sang qu'elle avait dans la bouche aux pieds de Craster, qui aboya :
-Qu'est-ce qui te fais tant rire, trainée ?
-Je ne suis pas une Terrienne, et je ne sais rien d'eux. Vous n'avez qu'à me tuer de suite. Je ne suis d'aucune utilité pour vous.
-Je sais très bien que tu viens du Ciel, trainée, répondit paisiblement l'autre en jouant avec son coutelas, qui s'approchait de plus en plus de Clarke. Il n'y a qu'à te regarder pour le savoir : tu porte des habits que même nos loups refuseraient de renifler, tu ne sais pas vivre en forêt et tu ne sais pas te défendre. Il n'y a les Gens venus des Cieux pour être aussi stupides. Mais ton peuple s'est allié un tempsaux Terriens. Vous êtes donc dans le même camp.
Il se releva, et fit quelques pas en direction d'une femme au visage buriné, qui lui donna quelque chose ; il revint alors vers la prisonnière.
-Par contre, je sais que tu mens.
Il lui tendit alors ce qu'il avait entre les mains : son carnet de croquis. Clarke se braqua : jamais elle n'aurais du le garder sur elle. Il fit alors défiler sous ses yeux les pages où l'on pouvait distinguer ses nombreux dessins de Grounders, d'armes, de TonDC… et de Lexa.
-Tu les connais. Tu les connais très bien, même, continua-t-il tranquillement, un sourire carnassier aux lèvres. Le Peuple des Glaces a beau être ennemi avec les Grounders, les rumeurs courent.
Clarke déglutit, paniquée. Le Peuple des Glaces. Lexa lui en avait déjà parlé, il y avait ce qui lui semblait des siècles. Elle aurait du s'en douter dès le départ ; ces tenues blanches n'avaient rien à faire en forêt : elles étaient fait pour la toundra et les neiges éternelles.
-Tu es Clarke Griffin, lâcha-t-il enfin. Celle qui a brulé 300 de leurs guerriers, et éradiqué le Mount Weather tout entier. J'aurais pu avoir de l'estime pour toi, tu sais, vu que tu as tendance à détruire mes ennemis. Mais tu es une prise de choix : tu as été leur alliée, tu connais leurs positions, leurs faiblesses, et la manière de procéder de leur chère Commandante.
Elle ne répondit pas, suffoquée.
-N'est-ce pas de la chance? Deux ans après, nous avons attrapé la nouvelle Costia.
A suivre...
