Chapitre 2 : Aucune pitié
« A l'aide ! A l'aide ! AU SECOURS ! »
Des cris … Des cris tout autour de moi alors que j'observe les flammes. Vraiment aucune honte, n'est-ce pas ? Ravager tout ça … sans aucune hésitation. Je vais le leur faire payer, amèrement même. Je vais leur faire comprendre la signification du mot douleur.
« Tu es sûr de ne pas vouloir mon aide ? »
« Sûr et certain, reste en retrait et ne t'avise même pas de te montrer, toi. » rétorque-je en m'adressant à l'être qui est en moi. Un an que je sais exactement son nom … Une longue année mais ça ne change rien au dégoût qu'elle m'exprime quand je pense à elle.
« Tu sais, tu ne devrais pas t'exprimer trop par la pensée. Je peux tout lire. »
« Tu peux lire ce que tu veux, ça ne changera rien du tout à mes yeux. Maintenant, essayes de la mettre en veilleuse et de ne plus me déranger. »
« Oh, d'accord, d'accord. Tu fais la tête, ça se comprend, hahaha. »
Elle trouve cela drôle ? Pas moi. Je n'ai vraiment pas la tête à ce genre de bêtises, pas du tout même. J'émets un grognement avant de pénétrer dans la ville. Il faut déjà que je trouve des endroits où mettre des personnes à l'abri. Ça ne va pas être simple mais qu'importe, je n'ai pas choisi d'être un héros pour la facilité du travail, pas du tout.
« Je ne suis pas un héros. »
Voilà que la voix en moi se met à chanter ! Mais elle va la boucler ou je la force à se taire hein ? JE NE RIGOLE PAS LA DESSUS ! Je n'ai pas envie de plaisanter à ce sujet alors qu'elle se la ferme ! Je … Je m'arrête, entendant quelques sanglots.
« Snif … Snif … »
Qu'est-ce que … ? Je ressens une certaine … odeur animale. Ce n'est quand même pas ce que je crois, n'est-ce pas ? Pourtant, alors que je me rapproche, j'en suis certain. Ce qui est devant moi est une petite fille-pokémon. Elle ressemble un peu … ah ! Mais je connais facilement cette espèce. C'est l'une des rares espèces de femmes-pokémon dont on peut être quasiment sûr qu'elles soient amies avec les humains. Une fille-Caninos !
« Maman … Maman … Snif, s'il te plaît … »
Qu'est-ce que ça veut dire ? Pourquoi est-ce qu'une fille-pokémon est là ? J'entends quelques gémissements et me tournent vers des gravats, remarquant deux corps ensanglantés et qui halètent. BON SANG ! Il y a des personnes au-dessous !
« Pousse-toi, je vais m'occuper de ça. » dis-je aussitôt, un peu énervé par la situation actuelle. Je ne pensais pas faire ça, pas du tout même mais on exigeait ça de moi.
« Grrrrr ! Rrrrr ! Woof ! Woof ! »
Voilà qu'elle grogne et aboie en me voyant. Voir une petite fille-pokémon aboyer de la sorte, c'est presque mignon. Je plante mon épée dans le sol et commence à me concentrer. Je n'ai pas de temps à perdre avec ces imbécilités.
Je leur demande de l'aide, aux quatre esprits en moi avant de soulever les débris, un par un, en brisant d'autres jusqu'à ce que je puisse extirper les deux corps sanguinolents d'un homme d'une trentaine d'années … et d'une femme-pokémon qui ressemble étrangement à la fille-Caninos. Je … Sa mère. Il s'agit de sa mère. Je commence à trembler légèrement, un peu énervé et agacé. Encore des femmes-pokémon qui s'en prennent à d'autres qui veulent vivre heureuses avec les humains ? Je n'accepterai pas qu'on fasse souffrir ça. Pas du tout même. Je commence à me concentrer une nouvelle fois. Depuis le temps, j'ai appris à m'en servir.
« Hum … Hein ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Voilà que l'homme et la femme se relèvent, surpris en remarquant qu'une grosse partie de leurs blessures viennent de disparaître. Aussitôt, la fille-Caninos plonge dans les bras de son père puis ceux de sa mère, sanglotant longuement.
« Snif … snif … Papa … Maman … Vous êtes vivants ! »
« Oui mais … comment est-ce possible ? Nous étions … presque morts. »
« Je vous ai soignés. Maintenant, partez de là et allez-vous mettre à l'abri. »
« Non, non, non ! Je ne peux pas laisser faire ça ! » s'exclame une vois au-dessus de moi alors que je vois une femme … avec des ailes recouvertes de plumes
« AH ! C'est la femme-Roucoups qui s'en est pris à nous ! » s'écrit l'homme alors que je me place devant eux. Une femme-Roucoups ? Ce ne sont pas des … oiseaux ? En fait, si … Je suis sûr et certain que c'est le cas.
« Je vais m'en occuper et vous venger. Je lui apprendrai que … »
« Je m'en occupe. Je vous ai dit de vous mettre à l'abri. » coupe-je la parole à la femme-Arcanin, celle-ci se tournant vers moi avec surprise. Elle émet un petit grognement mais soudainement, une puissante aura se forme autour de moi. Je reprends d'une voix lente : « Est-ce que … vous aimez cet homme ? »
« Il est le père de mon enfant. Je n'ai jamais aimé une autre personne … »
« Alors mettez-vous à l'abri. Vous ne gagnerez rien à être blessée par cette femme-Roucoups sauf de l'inquiétude de la part de votre fille et votre mari. Moi… Je n'ai plus rien à perdre. On m'a déjà tout retiré … à cause d'Harsia et des femmes-pokémon qui l'accompagne. »
« HEY ! ARRÊTE DE PARLER, TOI ! JE VAIS TE … »
La lame de mon épée se logea dans son ventre, sans même lui laisser le temps de terminer sa phrase. Elle hoqueta de surprise, ouvrant la bouche avant de s'écrouler au sol. Son corps commença à s'illuminer, prenant l'apparence d'un oiseau alors qu'elle était inconsciente et blessée. Oui … même ainsi, je ne me permets pas de tuer délibérément.
« Qu'est-ce que … vous êtes ? » demanda la femme-Arcanin.
« Juste un héros qui a décidé de se rebeller contre les actes d'Harsia. Essayez de trouver d'autres survivants et de vous enfuir avec eux. J'ai juste une question : est-ce que vous êtes un cas isolé … ou alors, plusieurs femmes-pokémon … »
« Habitent ici, c'est le cas. Nous sommes dans un village où les femmes-pokémon qui cherchent à vivre paisiblement avec les humains sont acceptées. Parfois, ça se passe un peu mais généralement, aucune ne vient causer du trouble. »
« Merci, c'est tout ce que je voulais savoir. Raison de plus pour sauver alors ce village. Vous pouvez vous en aller, je vais tenter de tous vous protéger Je n'échouerai pas cette fois … je me le promets … oui … Je me le promets. »
Je me répète cela alors que le temps passe et s'écoule, avec une extrême lenteur. Je dois continuer là-dessus, encore et encore … Et encore … Je dois continuer. Je dois encore continuer, sans chercher à m'arrêter. Je dois encore continuer, sans me poser de questions.
« Faites attention quand même à vous … héros. Je ne pensais pas que les héros iraient sauver des femmes-pokémon comme nous. »
« Toutes ne sont pas mauvaises … et je suis le père de substitution d'une fille-Apitrini. Haïr quelqu'un parce qu'il est différent, c'est une forme de réaction que je n'accepte plus dorénavant. Je ne veux plus que ça se reproduise. »
« Je … Faites attention à vous, c'est tout ce que j'ai à dire. »
Voilà qu'ils s'éloignent enfin tous les trois. Pendant ce temps, je dois continuer à faire mon carnage parmi les femmes-pokémon ailées. Je pense savoir pourquoi elles sont là. Elles ont été envoyées par Harsia pour ravager ce village.
« Et oui, c'est comme ça depuis une année, tu le sais pourtant non ? »
« Je ne t'ai pas adressé la parole, retourne en moi et tais-toi. »
« Combien de temps est-ce que tu vas me faire la tête ? Ca fait déjà une année, y a prescription hein ? Elle est morte, elle est morte ! Faut assumer jusqu'au bout, ne pas se voiler la face, aller, fais pas l'idiot, tu le sais bien. »
« LA FERME ! COMPRIS ?! LA FERME ! »
« Hahaha. Mais tu ne peux pas m'empêcher de me taire. Je suis un peu comme ta mauvaise conscience, l'être en toi qui a tant envie de briser tout ce qui se trouve autour de ta personne. Tu ne peux pas m'ignorer, pas du tout. Tu le sais parfaitement … Nev. »
« Ne commence surtout pas sur le sujet, je suis de très mauvaise humeur. »
« Pour ne pas changer, Nev, pour ne pas changer. Et pendant ce temps, la ville continue d'être attaquée, hahaha ! Tu ferais bien de te concentrer ! »
Elle trouve ça drôle ? PAS MOI ! Pas du tout même ! Elle exagère carrément ! Je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre d'idioties ! PAS DU TOUT MÊME ! Je ne sais pas combien de temps passer … je ne sais pas.
Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé … mais je sais juste que j'ai terminé. Des corps de pokémon tombent autour de moi alors que je vois des survivants de la ville qui n'ont pas pu s'enfuir. Tous des femmes-pokémon oiseaux … de ce que je me rappelle. C'est terminé, n'est-ce pas ? J'observe ma main tenant l'épée, tremblante comme si l'abus de force utilisée n'était pas bon pour moi. Oui, je sais parfaitement que ce n'est pas bon … pas du tout même … mais j'ai réussi. Un village … sauvé encore.
« Je crois que j'ai réussi … je crois … hahaha … »
« Messire ? Est-ce que vous êtes … Nev ? »
Qu'est-ce que … Une femme-Rattatac ? Vraiment ? Je vois ses petites moustaches et sa fourrure … Elle est accompagnée par trois filles-Rattata et un homme. Ca veut tout dire visiblement … d'après ce que je crois remarqué.
« Pourquoi une telle question ? Je … ne crois pas vous connaître. »
« Mais nous vous connaissons. Cette femme-Ptéra qui est venue il y a de cela quelques mois pour nous prévenir … nous a parlé de vous. »
Ptéra ? Ptéraclès ? Elle ? Qu'est-ce que … Enfin, non, il est vrai. Je n'ai plus vu les femmes-pokémon générales depuis la mort de Giréléna. Ce n'est pas si étrange que ça en fin de compte. Pas du tout même … si surprenant.
« Qu'est-ce qu'elle a dit sur moi ? »
« Qu'avec vous … l'avènement d'une paix entre les femmes-pokémon et les humains sera possible. Que vous serez comme un libérateur. »
« Ele a vraiment dit ça sur moi ? Elle ? Vous êtes sûre de ne pas vous êtes trompée sur ma personne ? Car je vois mal Ptéraclès dire ça. »
« Oui, oui, mes filles peuvent vous le confirmer, d'autres femmes-pokémon aussi … Enfin, sa venue nous a surpris mais elle a signalé cela pour nous mettre en sécurité et nous préparer. »
« Je vois, je vois … Bref … Si vous êtes en sécurité, tant mieux. Je ne vais pas rester ici plus longtemps alors. Au revoir et … »
« Vous êtes sûr de ne pas vouloir rester ici ? Même si la ville est un peu ravagée … On ne peut pas laisser notre sauveur partir de la sorte. »
Je ne sais pas vraiment si c'est une bonne ou une mauvaise chose. Hum … Peut-être que Niny aimerait dormir dans un vrai lit. Ca lui ferait du bien. J'hoche la tête positivement avant de dire d'une voix calme et lente :
« Je vais aller chercher ma fille et je reviens ici. Nous vous aiderons si nécessaire à reconstruire pour les jours qui viennent. »
« Oh non, on ne vous en demande pas tant que ça. »
Oui mais c'est ainsi et pas autrement. Je m'éloigne, partant chercher Niny qui me saute dans les bras lorsque je reviens la récupérer. Elle m'embrasse longuement sur les joues, laissant un peu de miel s'écouler sur celles-ci.
« PAPA ! C'est pas ton sang hein, hein ? Papa ? »
« Non, non, ce n'est pas le mien. Il faudra faire bien plus pour que le mien ne coule.
