le 2 Mars 2009
Edit du 29/03/10: J'ai modifié la fin du chapitre. Pour ceux qui l'avaient déjà lu, je vous conseille d'y faire un tour^^
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[ Chapitre 1: Bâtard ]
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Les ténèbres avaient toujours fait partie de l'existence de Drago Malefoy. Bien que le petit n'ait que cinq années d'existence -et croyez le ou non, en si peu de temps on peut être plus mature que la moyenne-, il était sûr que sa naissance avait été programmée tout du long –pendant les huit mois et demie de grossesse- par des actes sombres. Peut être était-ce une de ces divinités monstrueuses et horriblement méchantes – tante Bella devait en être parente- sortant tout droit d'un enfer qui n'existerait alors rien que pour les cas de son genre.
Les non-désirés.
Pas dans le genre des grossesses accidentelles –comme ce fut le cas pour madame Zabini d'après mère- non, son cas à lui était bien spécifique. Désiré -si peu !- mais par nécessité ou obligation selon point de vue, mais certainement pas comme le fruit d'un amour débordant. L'amour n'avait de toute façon rien à faire dans ce milieu. Une faiblesse voilà comme le désignaient les grands. Ils ajoutaient souvent Gryffondor ou Poufsouffle derrière d'un ton dédaigneux ou méprisant. Parfois les deux. Qu'était-ce donc que cela? Une espèce désignée -encore- inférieure comme les « sang-de-bourbe » ? Il ne le savait pas mais ne se serait pour rien au monde risqué à le demander – les doloris étaient une réponse plutôt persuasive-.
D'après ce qu'il avait pu comprendre –il avait entendu par inadvertance une discussion dans le salon bleu- c'était paraît-il très fréquent dans les familles de sang-pur. Pour ce qu'ils avaient de pur, le jeune Drago doutait fort que ça soit quelque chose qui se voyait à l'œil nu. Il avait bien essayé de distinguer la «chose» en comparant son sang à celui de Xéno, le fils du palefrenier, un « sang-mêlé » -oh comme il avait souffert après la petite correction de père !- Leur sang était d'un rouge vraiment sang. C'était sans doute quelque chose de magique…
Toujours était il qu'il avait été mit gracieusement sur Terre pour perpétuer la longue lignée d'une des familles les plus anciennes et pures de sorciers britannique. A première vue Malefoy père et même toute la cour de noble avaient de quoi se réjouir, l'enfant était né avec les signes distincts de la famille : cheveux blonds presque argentés tant ils étaient pâles, peau diaphane, yeux clairs –gris électrique- des traits fins aristocratiques…. Le parfait petit descendant. Mais voilà, il y avait quelque chose qui avait « foiré » d'après tante Bella qui s'était par là même bien moqué de père qui avait viré en une étonnante teinte cire.
Oh au début, tout allait pour le mieux – comme cela pouvait l'être au sein d'une famille pratiquant la magie noire-. Enfant de bas-âge, les elfes de maison ou quelquefois des nurses de passage s'occupaient de lui. Il avait droit à l'ignorance -classe- de père, aux petits moments de tendresse –quelque peu rigide- de mère qui le faisait seulement quand ils n'étaient que tout les deux. A chaque réception donnée dans le manoir familial, il était montré aux yeux de tous comme un trophée –juste pendant quelques secondes- avant que l'on ne le remette dans son coffre fort : sa chambre aux barreaux dorés. Il vivait dans sa tour d'ivoire sans jamais pouvoir en sortir et jouer avec les enfants de son âge. L'amusement n'était pas digne d'un petit lord. Il avait eut droit à des leçons de savoir-vivre, de culture -il avait su lire à l'âge de deux ans- d'équitation -les chevaux terrestres puisque trop jeune pour voler- de magie théorique –toutes les matières même de potion !-… Bref tout ce qui fallait pour être un parfait petit lord.
Et parfait, Drago Malefoy l'était. Ou du moins l'avait été jusqu'à… ça.
Jamais auparavant on avait vu un enfant aristocrate aussi… aristocrate. Le ton et les mimiques sarcastiques et froides. Le maintien gracile, imposant… La réplique -miniature- parfaite de Malefoy père.
Tout aurait pu être merveilleusement beau et parfait dans le meilleur des mondes si il n'y avait pas eut un hic.
Tout enfant sorcier venant d'une ligné de sang pur -confirmée- recevait, à l'âge honorable de trois ans, la première partie du sceau familiale. Dans un écart de trois années jusqu'à ses dix-huit ans, il acquérait ainsi petit à petit la puissance du sceau. Ces années d'attente étaient nécessaires au vu du pouvoir colossal que comportait en son sein ce marquage magique. Si par malheur le tatoueur familial sur-dosait à une période inappropriée le lien, le sujet risquait fortement au meilleur des cas une fracture dans son flux magique qui au bout de plusieurs séances d'apprentissage pouvait être réglée. Au pire des cas, il était victime d'une surcharge de magie qui obstruait ses flux de pouvoir et aboutissait à l'implosion. Heureusement, les accidents de ce genre était plus que rares et n'arrivaient quasiment jamais.
Le tatouage familial était une clé magique –fruit de puissants sortilèges- qui permettait à l'héritier d'être reconnu peu importe son déguisement, peu importe le lieu. Il avait accès à tout ce qui lui était dû. Inimitable et inviolable. Ces trésors familiaux étaient précieux et jalousement gardés. Chaque lignée possédait des pouvoirs qui lui étaient propres, des attributs qui étaient dits héréditaires. Et personne hormis les concernés ne les connaissaient.
Comme le voulait la tradition, le jeune Drago Malefoy avait été appelé le jour de ses trois ans pour recevoir le premier cycle de reconnaissance. Il se souviendrait toujours de ce jour et même si il était courant de dire que l'enfant n'avait aucun souvenir avant l'âge de quatre ans, Drago Malefoy était encore une fois l'exception à la règle.
Dans le salon bleu, le cinq juin au matin, père et mère étaient assis sur le fauteuil en peau de dragon vert. Il y avait un homme, maigre, grand et pourtant trapu. Il portait une longue robe de sorcier beige et noir, un chapeau du même ton était posé non loin de lui auprès d'un petit sac au cuir noir usé. De ses yeux noirs cachés derrière de grosses lunettes, il avait observé fixement l'héritier Malfoy qui, toujours aussi stoïque, avait attendu au pas de la porte les ordres de son père. D'un signe de main, celui-ci lui avait fait comprendre d'entrer. Poliment, il avait salué l'inconnu, qui s'était présenté comme étant Polybius (1) –seulement Polybius- le tatoueur familial. Quelques minutes plus tard, le temps pour Draco d'avoir avalé la potion que lui avait donné seulement Polybius, tante Bella et quelques uns des amis proches de ses parents étaient sortis de la cheminée en file indienne. Un peu effrayé, sans toute fois le montrer, le petit lord avait vu tous ces gens se mettre en demi-cercle autour de lui. L'ambiance de la pièce était subitement devenue lourde et chargée de magie. Penché au-dessus de lui, le tatoueur, sa baguette pointée sur le corps étendu de l'héritier, avait commencé le rite magique. Des incantations non prononcées-on ne voyait que les lèvres fines de l'homme bouger- dans un flot incessant. Tout se passait bien au début jusqu'aux premiers signes d'anormalité. Polybius n'arrêtait plus de froncer ses épais sourcils grisâtres. Sans pouvoir dire exactement les formules, les mouvements des lèvres de celui-ci indiquaient à l'assemblée qu'il lui arrivait de répéter les mêmes phrases.
Le petit Drago très réceptif à ce qui se passait autour de lui comprit immédiatement qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Prit d'un horrible doute, il sentit l'inquiétude l'envahir. Es ce que le monsieur avait découvert que tout ça n'était qu'une façade ? Qu'il n'était pas du tout le petit lord froid et sans cœur ? C'était pour ça qu'il lui lançait des sorts ? Pour vérifier qu'il était un bon petit ? Il regarda autour de lui et tomba sur le regard de sa mère. Contrairement à son habitude, elle n'avait pas le visage orné de son horrible face d'indifférence. Elle avait l'air, inquiète et l'observait comme elle faisait seulement quand ils étaient seuls : un mélange de grande tristesse, de douceur et… de dégoût. Drago avait toujours cru que sa mère lui en voulait de devenir, comme père, froid et cynique. Mais… peut être que ce n'était pas ça. Peut être qu'il avait quelque chose qui n'allait pas avec lui… Peut être qu'il n'était pas normal.
Les évènements qui suivirent semblèrent aller dans cette direction.
Polybius avait cessé tout mouvement. Et sans comprendre pourquoi, une grande colère avait envahit les traits de Lucius Malefoy -et père était vraiment effrayant dans ces cas là !- il avait d'abord posé des questions de son ton cinglant à Polybius qui étonnamment n'avait pas semblé se ratatiner comme le faisaient ceux à qui père s'adressait ainsi. Toujours un peu dans les vapes, Drago du haut des ses trois ans –bien trop intelligent pour son bien- avait compris beaucoup de choses. Un seul mot craché par son père –oserait-il à présent l'appelé à nouveau ainsi ?- répété, encore et encore avec plus ou moins de fureur et de dégoût résumait la situation.
Bâtard.
En l'espace de quelques secondes, il était passé du statut de digne héritier à celui de fils illégitime.
Bâtard.
Un mot, un seul avait à jamais changé sa destiné.
Bâtard.
Plus puissant que les sorts de magies les plus terribles, compliqués et aboutis, un mot, ce mot, avait agi tel une malédiction.
Bâtard.
Évaporé dans l'espace temps à jamais.
Bâtard.
Il avait disparu.
Bâtard.
Drago Malefoy n'était plus.
Juste avant de fermer les yeux, il avait croisé le regard sombre de son parrain, qui, contrairement aux autres, n'avait semblé ni scandalisé, ni répugné. Il était seulement là, calme et indéchiffrable.
Depuis ce jour, Lucius Malefoy n'avait plus jamais agi pareil avec lui. Cette indifférence glaciale – ô si douce- qu'il avait l'habitude de lui offrir était devenu haine et mépris.
Esclave immonde, Drago Malefoy –oserait ont le désigner encore ainsi ?- avait subi les pires atrocités. Des choses qu'un enfant de cet âge, qu'aucune personne ne devrait subir.
Le dernier jour du mois de juillet, Lucius Malefoy avait débarqué dans les cachots - les appartements de l'enfant blond – pour lui annoncer qu'il désirait se débarrasser du détritus parasite qu'il était. Il n'avait rien fait, rien dit. Depuis des années, le petit ne sortait plus de sa tête trop apeuré par le monde qui l'entourait. Puis, il s'était simplement retrouvé en pagne aux abords de la fontaine de la place du Serpencendre sur le chemin de Traverse et il aurait pu être face à la mort de son corps qu'il n'aurait pas agis autrement. Regarder -sans vraiment le faire- dans le vide, complètement amorphe. S'il avait eut la conscience de son existence, sûrement que le petit Drago aurait été amusé malgré lui. Parce que Lucius ,le-sang-pur, avait trouvé une façon si classe de se débarrasser du problème.
Une vente aux enchères, dans les règles du monde magique.
Notes:
(1) Polybius était un homme d'État, historien et théoricien politique grec. Il est un des premiers hommes du monde à avoir utiliser le tatouage. Il avait eut recourt à un tatouage sur un de ses esclaves pour faire passer un message.
Merci à JoOly pour sa review ^^
Voilà le premier chapitre achevé. Qu'en pensez vous? N'hésitez pas à poser des questions, je ne mords pas. Quoi que...
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