Un grand merci à RUBIKA666, mai26, angiecali, molly59 et Kalige qui ont laissé une review pour cette nouvelle histoire. Cela me fait toujours plaisir de lire vos commentaires.

Voici donc, le deuxième chapitre.

Bonne lecture.

Auteur : Sephora85

Titre en latin : Liberate me ex infernis

Titre en français : Libère-moi de l'enfer

Traducteur : DiagonAlleyParis

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling

Beta Reader : Tigrou19 qui me relit et corrige mes imperfections.

Sujet : L'action de cette histoire se situe pendant l'été après la sixième année de Ginny Weasley à Poudlard. Ginny a des yeux verts et non pas marrons comme dans les livres. Sephora85 ignore complètement le septième tome. Le titre signifie 'Libère-moi de l'enfer'.

Liberate me ex infernis

Chapitre 2 : Trahison et nouvelle alliance

Que faire si en quoi vous avez toujours cru s'évanouit dans les airs ?

Que faire si les personnes en qui vous aviez le plus confiance, les personnes que vous aimiez le plus, les personnes qui devaient vous protéger contre tout dommage, les personnes qui avaient la même foi que vous, les personnes qui croyaient en vous et vous défendaient contre tout autre individu vous traitent de menteuse, vous trahissent ? Que faire lorsqu'ils croient plutôt un garçon qu'ils connaissent depuis quelques années seulement au lieu de leur propre fille ?

Que faire si la cause pour laquelle vous pensiez valoir la peine de combattre, d'être blessée, de mourir, n'est plus aussi limpide ? Que faire si les personnes pour lesquelles vous auriez fait n'importe quoi ne faisaient pas la même chose pour vous ? Que faire si le garçon que vous aimiez est trop prisonnier de sa haine pour distinguer le bien du mal ? Que faire si le côté pour lequel vous vous battiez, le côté qui était censé défendre la bonne cause, le côté qui devait vaincre le mal utilisait exactement les mêmes méthodes que ses adversaires ? Que faire si vous n'êtes plus sûre que les personnes des deux côtés soient totalement différentes ? Que faire si vous ne savez plus en qui et en quoi croire ? Que faire si toutes les personnes qui comptaient pour vous, vous laissent tomber ? En qui pouvez-vous avoir encore confiance ?

Des milliers de pensées traversaient son esprit. Celui-ci était tourbillonné, tourmenté, bousculé et submergé. Cela remplissait son corps de désespoir. Un désespoir très semblable à celui autour d'elle.

Sa respiration devint de nouveau irrégulière. Ses yeux fixaient frénétiquement une tâche sur le mur. Un mur qui semblait se rapprocher à chaque inspiration qu'elle faisait. Cela rendait la cellule encore plus petite qu'elle ne l'était de toute façon. Une cellule qu'elle devrait voir tous les jours à partir de maintenant. Pas de lumière du jour, pas de nuage, d'étoile, pas de lune, pas de pluie, pas de soleil. Le désespoir l'étouffait.

Tout ça à cause de lui, à cause d'eux. Parce que quoiqu'elle pense, elle avait raison. « Non ! », hurla-t-elle d'une manière à vous glacer le sang. Toutes ses forces la quittèrent, abandonnant ainsi son corps, son esprit, son âme. Elle glissa de la couchette et s'effondra sur le sol froid en pierre. Son corps commença à trembler d'une manière incontrôlée. Elle haleta difficilement, cherchant à respirer. Mais l'air n'avait pas l'air d'atteindre ses poumons. Elle renonça à résister, révélant ainsi une sensation de somnolence. Toutes ses peurs, tout son désespoir, toutes ses déceptions, toutes ses douleurs disparaissaient au loin. Cela engloutissait son indifférence, son corps était engourdi et étourdissait son esprit, son âme torpide. Bientôt, plus personne ne la blesserait plus jamais, plus aucune douleur ne l'atteindrait jamais plus. Jamais plus. Jamais.

Elle sentit une emprise sur ses bras. Quelqu'un secouait son corps. Ce corps qu'elle voulait quitter. Elle voulait juste tout oublier. Des voix. Des hurlements. Ils semblaient être à des kilomètres, si loin, à une éternité. Pourquoi ne pouvaient-ils pas la laisser tranquille ? Seule dans son engourdissement, juste quelques temps encore, juste quelques instants de plus et elle ne se sentirait plus jamais. Plus jamais.

On secoua encore plus fermement son corps. Des voix insistantes l'entouraient.

Lentement, son environnement devint clair. Son corps retrouva automatiquement sa respiration, sans demander son autorisation à son cerveau. Son corps ne lui permettait pas de s'en aller.

Les secousses cessèrent et on posa sa tête sur quelque chose de chaud et de doux. Elle inspira faiblement.

« Mademoiselle Weasley ? Cessez cette absurdité. Vous ne mourez pas ici », siffla Rogue avec une inquiétude palpable dans la voix.

Ginny rouvrit les yeux, les plissa plusieurs fois avant de se concentrer. Elle essaya de déplacer sa tête mais elle était trop faible. Ses yeux rencontrèrent deux autres noirs.

Rogue s'agenouilla à côté d'elle. Il était immédiatement tombé à genoux lorsqu'il s'était rendu compte qu'elle suffoquait. Il n'avait aucune émotion pour elle mais elle signifiait une distraction, des nouvelles et de l'espoir. Dans un endroit comme Azkaban, l'espoir ne s'invite pas souvent. Vous devez le saisir et ne pas le lâcher. Il regarda son ami qui s'agenouilla à ses côtés. Une chose rarement vue : un Malfoy à genoux. Leurs yeux se rencontrèrent, tous deux savaient que cette fille était tout ce qu'ils obtiendraient. Tous les espoirs entraient dans ce cachot. En dehors, ils avaient été des ennemis, mais maintenant ? Ici ?

Les yeux de Lucius se posèrent sur la rousse sur ses genoux. Elle essayait encore de se concentrer sur son environnement. Petit à petit, elle bougea la tête pour regarder le plafond. Ses yeux verts rencontrèrent le regard de Lucius qui continuait à dévisager la jeune fille. Elle le fixa pendant quelques instants avant que ses yeux ne s'élargissent en réalisant sur quels genoux reposait sa tête. Son visage n'indiquait aucune émotion. Il la contemplait tout simplement intensément mais elle n'évita pas son regard.

« Nous devons vous enlever du sol qui est froid ou alors vous mourez d'une pneumonie », déclara Lucius d'une voix douce, sans heurt.

Ginny aima cette voix. C'était comme de la soie qui caressait vos oreilles, votre âme, votre cœur.

« Je suppose que vous ne pouvez pas bouger », dit Severus dans sa tonalité profonde.

« Non », répondit-elle en murmurant.

Après un mouvement rapide, Severus la leva du sol et la déposa sur sa couchette en position assise. Il alla s'asseoir sur la couchette d'en face, tandis que Lucius se dirigea vers une porte en bois qui donnait accès aux toilettes. Elle entendit l'eau coulée.

« Voilà, buvez ceci ».

Ginny lança à l'homme blond un regard incrédule. Prudemment, elle prit le vieux gobelet de sa main et but l'eau. Dans l'intervalle, il s'était assis à côté de Rogue. Les deux hommes l'observaient curieusement. Elle se sentait déjà beaucoup plus forte.

« Merci », murmura t-elle. La dernière fois qu'elle avait rencontré ces deux hommes, c'était sur le champ de bataille. A cette époque, ils avaient été ennemis. Des mangemorts. Le mal incarné. Tout ce qu'elle méprisait. Et maintenant ? Elle n'appartenait à aucun côté. Elle était seule. Et eux ? Ils étaient juste de bons prisonniers. Et ils étaient tout ce qu'elle avait.

« Nous ne disposons que d'un gobelet, par conséquent vous devrez le partager avec nous. Les gardes pensent que nous n'avons pas besoin d'en avoir davantage. Nous devons vivre comme des animaux ».

La colère était évidente dans la voix de Lucius. Ginny pouvait facilement imaginer comment cela devait mortifier un homme fier comme Lucius Malfoy de vivre comme cela. Mais il le méritait, n'est-ce pas ? Une semaine auparavant, sa réponse aurait été 'oui' mais maintenant, elle n'en était plus sûre. Méritait-elle, elle-même, d'être là ? Non ! Qui dit que Malfoy et Rogue méritaient cela ? Qui décide du bien et du mal ?

« Je dois admettre que nous avons été choqués lorsque nous avons réalisé qu'une Weasley partagerait une cellule avec nous. Vous avez combattu du côté du Ministère et du côté de Potter. Il est donc étonnant que vous finissiez à Azkaban comme un simple mangemort », dit Lucius d'une voix traînante et calme mais sa curiosité était évidente.

« Peut-être pourriez-vous nous éclairer sur ce qui s'est passé, Mademoiselle Weasley ? », demanda Rogue en la fixant d'une manière implorante.

« Cessez de m'appeler Mademoiselle Weasley ! », s'écria Ginny, ce qui provoqua des regards étonnés chez les deux hommes. « Je ne veux plus jamais être appelée par ce nom. Je suis juste Ginny ou éventuellement Ginevra mais plus Weasley. Je ne suis plus une Weasley et je n'appartiens à aucun côté ».

Il y avait un feu brûlant dans ses yeux. De la rage à l'état pur.

« Maintenant, je suis vraiment curieux. Qu'est-ce que votre famille vous a fait pour vous rendre aussi furieuse ? Quelle est la raison de votre emprisonnement ? » Les yeux gris de Lucius se posèrent sur elle.

Ginny inspira profondément, elle avait besoin de parler à quelqu'un. Ils étaient tout ce qu'elle avait. Ils étaient tous dans le même bateau.

« Douze jours après la mort de Voldemort, tué par Harry, et votre arrestation… », commença Ginny.

« Il y a deux jours ? », l'interrompit Severus. Ginny acquiesça de la tête et continua.

« … Il y a eu un autre combat. Comme vous le savez peut-être, la plupart des mangemorts sont encore en liberté et continuent la lutte contre le Ministère ». Ils secouèrent la tête en réponse. « Eh bien, j'accompagnais Harry, Ron et le Ministre Scrimgeour. Nous avions coincé Gregory Goyle et Vincent Crabbe. Ils n'avaient plus leurs baguettes et se sont rendus immédiatement. Je pensais que nous allions les emprisonner mais Harry et les autres, aveuglés par leur haine, ont commencé à les torturer. Je leur ai demandé d'arrêter mais ils ne m'ont pas écoutée. Quand finalement ils se sont arrêtés, Harry a dit qu'ils méritaient la mort. Un procès n'était pas nécessaire. Ron et Scrimgeour étaient d'accord. Alors, j'ai lancé un Protego sur Goyle et Crabbe tandis qu'Harry leur jetait le sortilège de la mort. Je ne pouvais pas le laisser tuer des gens sans défense. Cela le mit vraiment en colère. Ils ont commencé à hurler mais j'ai maintenu le Protego. Harry était fou… Les évènements avec Sirius, ses parents et Dumbledore… Il a changé… ». La voix de Ginny vacilla, elle serra davantage le gobelet entre ses mains afin de se conforter. « Il m'a lancé un Endoloris pour que je cesse de protéger Goyle et Crabbe… Alors… Il a été couronné de succès. Il a tué Crabbe, ensuite je l'ai stupéfié. Ils se comportaient comme… Comme des mangemorts… Ils ne sont pas mieux qu'eux ». Elle regarda les deux hommes en face d'elle, des larmes s'écoulaient le long de son visage. « Scrimgeour m'a alors stupéfiée. Lorsque je me suis réveillée, j'étais au Ministère. Il y a eu un court procès, j'étais accusée de trahison. Scrimgeour et Harry ont témoigné contre moi… Ron n'a rien dit du tout ». Sa voix était chancelante. « Ma famille était présente. Ils ont cru Harry parce que c'est l'Elu et qu'il ne peut pas faire quelque chose de mal à leurs yeux. Ils m'ont dit que je les avais déçus, que je n'étais qu'une stupide fille. Le tribunal m'a condamnée à trois ans d'emprisonnement à Azkaban avec la possibilité d'une libération anticipée au bout de deux ans si je m'excusais auprès d'Harry Potter. Plutôt mourir que de m'excuser auprès de lui. Ils m'ont trahie. Ils m'ont tous trahie ».

Les deux hommes fixaient Ginny, en état de choc. Elle les regarda, son visage était ravagé par les larmes. Lucius et Severus échangèrent des regards.

Le silence se brisa lorsque le petit rabat de bois de la porte s'ouvrit et que l'on y poussa trois bols remplis de nourriture dans la cellule. Ginny fixait seulement le mur.

Lucius se leva et alla récupérer le plateau avec les bols. Il tendit l'un d'eux à Ginny. Elle le regarda, ses yeux avaient un air interrogateur.

« Vous devriez manger, Ginny ». Il insista sur son prénom.

« Lucius a raison ». Severus commença à manger la bouillie avec une expression de dégoût sur son visage.

« Pourquoi ? Il n'y a rien qui vaille la peine de vivre », dit-elle tristement. Soudain, la main de Lucius releva son menton, ses yeux gris percèrent les siens.

« Vous avez tort, Ginny. Il y a la vengeance. Ne voulez-vous pas chercher à vous venger de ce qui s'est passé ? Ne voulez-vous pas leur montrer que vous êtes plus forte qu'eux, que vous n'avez pas besoin d'eux ? Rien n'est plus satisfaisant que d'assouvir son désir de vengeance ». Il lui donna un sourire suffisant avant de commencer à manger, assis à côté de Severus.

Ginny regarda, déconcertée, les deux hommes.

Lentement, elle commença à avaler la dégoûtante bouillie tout en essayant de réprimer l'envie de vomir immédiatement.

« Chercher à se venger sera difficile tant que je serais à Azkaban ».

« Eh bien, Mademoiselle Weas… Ginny, je vous conseille d'échafauder un plan en vue de notre évasion », grogna Rogue.

« Notre évasion ? ».

« Bien sûr. Vous n'êtes pas habituée à être en fuite, de plus nous autres sommes des maîtres dans la clandestinité. Nous pouvons nous être utiles les uns pour les autres. Ou y a-t-il quelqu'un d'autre sur qui vous pouvez compter ? », dit Lucius d'un air moqueur.

« Non, il n'y a pas personne », murmura Ginny, elle leur lança un regard furieux. « Vous devrez me traiter comme une égale. Je ne suis plus une enfant ».

Lucius gloussa tandis que Rogue souleva un sourcil interrogateur.

« Puis-je vous demander quel âge vous avez ? » demanda Lucius, amusé.

« Si vous voulez le savoir, je vais avoir dix-sept ans dans trois semaines ».

Les deux hommes échangèrent des regards complices. Ce qui mit Ginny hors d'elle. Elle se leva d'un bond et plaça ses mains sur ses hanches. « Cessez ces regards. Est-ce que je ressemble à une enfant ? » Elle fulminait.

Les yeux de Lucius errèrent sur son corps. « Non, j'aime ce que je vois ». Il sourit d'un air suffisant.

Ginny rougit et s'assit de nouveau. Elle les ignora pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que Lucius se laisse tomber sur la couchette à côté d'elle. Elle l'interrogea du regard.

« Je voudrais dormir. C'est mon lit et vous êtes assise dessus ». Lucius commença à s'installer confortablement. Ginny se leva et lança aux deux hommes un regard incrédule.

« Et où suis-je censée dormir ? ».

« Vous devez partager une couchette soit avec moi soit avec Severus ». Un large sourire moqueur apparut sur la face de Lucius.

« Etes-vous fou ? Je ne vais pas partager un lit avec l'un d'entre vous. Pourquoi ne coucheriez-vous pas ensemble tous les deux ? ».

« La couchette est trop étroite pour deux grands hommes. Vous êtes une petite fille. Alors, qu'en pensez-vous ? ». Le blond était visiblement très amusé sur la situation délicate dans laquelle se trouvait Ginny.

« Je vais dormir par terre ». Elle fusilla les deux hommes du regard mais ils l'ignorèrent et s'allongèrent pour dormir. Elle s'effondra sur le sol et ramena ses genoux sur sa poitrine pour se tenir chaud.

Elle commença à trembler de froid. Son fin chemisier et sa jupe courte ne pouvaient pas la protéger de la fraîcheur du cachot. Ses dents se mirent à claquer.

« Pourriez-vous arrêter ce bruit ? C'est énervant ! » grogna Rogue avec dérision.

Quels idiots ! Mais elle allait mourir de froid si elle dormait par terre. Qui était le moindre mal ? Rogue ou Malfoy ? Elle se releva et fixa le dos des deux hommes. Ils l'avaient aidée. C'était plus qu'elle ne pouvait en dire à propos de sa famille. Elle ne pouvait laisser gagner Harry sur elle. Ils l'aideraient à assouvir sa vengeance. Elle prit une profonde inspiration et se rapprocha en silence de la couchette de Lucius. Rogue avait toujours semblé être ennuyé par elle. Il n'aimerait pas être près d'elle.

Prudemment, elle s'allongea dos contre dos avec Lucius. Il se déplaça un peu pour lui donner de l'espace sous la mince couverture. Mais même avec celle-ci sur son corps, elle avait encore froid. Cependant, elle n'eut pas le cœur de faire demi tour et elle se blottit contre le dos de Lucius. Elle frissonna légèrement. Comment pouvait-il faire aussi froid dans cette cellule, alors qu'à l'extérieur c'était l'été ?

« Vous devriez vous rapprocher ou alors vous continuerez à avoir froid », déclara Lucius. Comme elle ne réagissait pas, il se retourna, pressa son corps contre son dos et mit sa main autour de sa taille. Tout d'abord, elle voulut protester mais lorsque la chaleur réchauffa son organisme, elle ferma les yeux et se laissa submerger par le sommeil.

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Voilà pour aujourd'hui.

J'espère que l'histoire vous plait.

A bientôt pour un prochain chapitre.

Bisous.

DiagonAlleyParis