Chapitre2:fiertés

J'ai toujours détesté les conversations inutiles, les conversations en général. à quoi bon ? Tout le monde ment à tout le monde et on appelle ça des civilités, rien ne pouvait s'arranger sans un dernier combat, lui et moi,on le savait, et il me semble aussi avide que moi d'en finir ainsi en croisant le fer.

Il est grand, sa carrure imposante et avec son armure il parait presque invincible. Ses coups d'épée sont aussi puissants que j'imaginais, mais avec un corps pareil et une armure lourde, moi, contre toute attente j'ai toute mes chances ! Assez légère et agile, je le tourne vite en dérision. Je le fatigue en continuant à l'esquiver, avant de pouvoir glisser une lame contre le haut de sa cuisse, non protégé par l'armure.

Il s'écroule à genoux essoufflé, je serre les mains autour des manches de mes épées, et j'hésite. Contre toute attente, il prononce les mots magiques, il se rend, et je me rue sur l'occasion, j'accepte sa capitulation…

Dés lors tout s'enchaine à une vitesse exponentielle, tous les plans que j'avais en tête se volatilisent et je me trouve entrain de marier Alistair à Anora, et de faire de Loghain un Grey Warden !

Une femme intelligente, garde toujours la tête froide, possède la sérénité d'un mage lobotomisé et la finesse d'un barde, et moi je n'ai ni l'un ni l'autre, en un clin d'œil j'ai bousillé des mois de patiente et de métrise de sois, pour embobiner le futur roi… et je ne le regrette même pas !

Des regrets , Loghain non plus n'en a point, et s'il en avait il le cache bien ! Il reste fidèle à sa réputation, froid et cruel, prêt à tuer et vendre ses concitoyens pour les protéger d'autres qui veulent les tuer et les vendre, une logique foireuse d'un homme à moitié fou. Je ne regrette nullement d'avoir laissé Alistair mais Loghain me fait amèrement regretter cette seconde chance que je lui ai offerte.

Aujourd'hui je me concentre sur mon entrainement, je dois être la seule elfe qui ne soit pas habile avec un arc et des flèches et je suis entrain de corriger ça, je le vois s'approcher et j'essaye de l'ignorer.

« Ce n'est pas comme ça que tu dois te tenir si tu as l'intention d'atteindre ta cible ! »

Il se met derrière moi sans plus de protocole et tend à corriger ma posture en posant sa main gauche sur mon épaule et l'autre sur ma hanche. Son pouce effleure ma nuque et sa main droite m'agrippe solidement, à ce moment précis je pense que tout le sang de mon corps montait dans ma tête, avant de réfléchir je me retourne vers lui et le repousse violement.

« Ne me touche pas espèce de vieux pervers » je cris à plein poumons, « m'as-tu pris pour l'elfe qui remplissait ton bain, pour prendre la liberté de poser tes sales mains de meurtrier sur moi ? »

Le choc dans son regard n'a duré qu'une seconde, il reprend vite son expression froide et balance « comme vous désirez Warden ! » avant de se retourner et partir.

Une fois sortie de ma colère je me rends compte que tous mes compagnons me regardent, Morrigan fonce les sourcils, Sten reste impassible, Liliana est choquée, Zevran amusé et Oghren …saoul.

Loghain ne me pardonnera jamais une telle offense, ça fait une heure que j'aiguise mes lames en pensant comment réparer ce tort. C'est hilarant, cet homme m'a laissé mourir à Ostagar, a presque vendu mon père et c'est moi qui doit aller demander pardon ! Qu'il aille se faire foutre et qu'il crève de faim s'il veut bouder dans sa tente ce n'est pas moi qui irai le chercher.

Et pour conclure cette merveilleuse journée voilà Zevran qui vient me faire la causette

« Chère Warden, il est inutile de s'acharner sur cette pauvre lame, elle est déjà assez aiguisée »

« Zevran, je ne suis pas d'humeur »

« Oui et je ne veux pas me faire humilié comme notre ami le Teyrn tout à l'heure »

« …. J'ai exagéré peut-être… dans ma réaction »

« Ce qui est fait est fait, mais je voulais attirer ton attention à un truc, comment dire votre … Warden, il s'est plaint devant moi de maux de dos, probablement causés par le fait de dormir par terre dans notre beau campement. »

« Il t'as demandé un massage ? »

« J'ai proposé, mais vu le regard horrifié qu'il m'a lancé je me suis dit que peut être des mains plus féminines seront plus les bienvenues. »

Il le dit en me tendant une fiole d'huile…

« Tu rigole n'est ce pas ? »

« Non, garde la, l'huile seule aura un effet bénéfique, même si des mains comme les tiennes sont suffisantes pour revigorer un homme vaincu qui vient de tout perdre. »

« Qu'il s'estime heureux qu'il a encore sa tête !»

« Ma chère tu as toujours le dernier mot. »

Il a raison, j'ai besoin d'un guerrier fort et ce n'est pas en accablant Loghain que je vais lui redonner la flamme. une partie de moi veut croire en ça pour ne pas me détester pour ce que je vais faire.

Je prends la fiole et le repas que j'ai gardé à coté pour lui et je me dirige vers sa tente.