Leader'Symphony.
OoO
1) Habitude :
Il fut un temps où ma vie était une jolie musique, un de ses hymne à la vie que chaque être humain se doit de vénérer, car cela signifie qu'il est vivant. Il fut un temps où cette musique m'emportait vers l'avenir sans peur, en toute confiance. Elle se mêlait souvent à d'autres, se transformant en un véritable concerto, preuve que e vivait en harmonie avec les autres. Mais aucune autre mélodie ne s'harmonisait mieux que la tienne. Elle était une partie de moi, celle qui me faisait vibrer. C'était il y a longtemps.
Aujourd'hui, tu n'es plus là. Il n'y a plus de musique, plus d'harmonie, plus de vibration…plus de vie.
Les autres me surprennent souvent à fredonner une mélodie qu'ils ne connaissent, cette ritournelle qui nous unissait secrètement. Celle que je garderai à tout jamais dans le cœur.
Le refrain qui m'habite aujourd'hui est lent, monotone, répétitif…
Lorsque j'ouvre les yeux, mon premier réflexe est de rechercher ta présence à mes cotés.
Le deuxième, de soupirer en me rappelant que tu n'es plus là.
Le troisième est d'ouvrir les yeux et de me lever sans même regarder l'heure.
L'heure ne change jamais, je me réveille toujours au même moment, a cette heure de ce dernier je t'aime que tu à prononcé avant de me serrer dans tes bras et de t'endormir alors que je te perdais.
Je sais qu'il est exactement quatre heure trente-huit. Je sais que les autres dorment encore.
Mais comme d'habitude, je vais me lever, descendre au salon et bosser sur je-ne-sais-quel-projet que je pourrais pourtant aisément faire en journée.
Je pourrais rester ici, bien au chaud mais à quoi cela servirait-il ?
Sur ma table de nuit, il y a une photo retournée. Je sais ce qu'elle représente : le groupe soudé, uni à treize.
Nous ne sommes plus que dix, désormais.
KiBum, HanGen… toi.
Autant d'abandons qui me brisent… qui NOUS brisent !
Le sais-tu, te rends-tu comptes que tes enfants souffrent aussi ?
Cette photo est douloureuse.
Les souvenirs sont douloureux….
LeeTeuk descendit l'escalier et passa dans le dressing chercher son sac avant de passer dans le salon et de se laisser tomber dans le canapé. Il alluma la télé et chercha une chaine musicale pour en faire un bruit de font. Il ne voulait en aucun cas réveiller les autres. Il sortit de son sac un cahier et se mit à fixer une page à moitié griffonnée. Cela dura quelques minutes avant qu'une mélodie ne franchisse ses lèvres et que le stylo ne trace la preuve de son amour et de son mal-être, cette mélodie secrète qu'il ne partageait avec personne.
Il était là, dans son monde, plus rien ne l'entourait, plus rien ne comptait. Son rôle de leader, il ne le prendrait qu'à partir de six heures, pas avant. Et c'est pour ça qu'il ne sentit pas le regard triste posé sur lui.
YeSung s'était réveillé en sursaut suite à l'attaque surprise de son compagnon de chambre.
Il regarda Ryeowook, interdit alors que celui-ci se rendormait en maugréant.
Le plus vieux sourit, comprenant de quoi il retournait. Pour que son ami soit de si mauvaise humeur, il avait encore du crier des insultes vis-à-vis de LUI. Il regarda la couverture et ne fut pas surprit d'y trouver un des deux oreillers de son cadet. Il éclata de rire provoquant un nouveau grognement du lit voisin et il se leva lentement, replaçant gentiment l'oreiller à sa place avant de descendre se chercher un verre d'eau.
Il s'étonna à peine de voir de la lumière dans le salon, sachant qu'il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait s'y trouver. Il passa dans la cuisine sans faire de bruit et fouilla cinq bonnes minutes dans les armoires avant de pousser un petit cri de victoire. Il s'activa discrètement encore dix bonnes minutes avant de prendre la direction du salon, son chef-d'œuvre entre les mains. Il s'arrêta sur le seuil et embrassa la scène du regard.
Son leader chantonnait, un fin sourire sur ses lèvres, fixant le vide, son cahier sur ses genoux, le stylo le frappant en rythme. On aurait presque pu croire qu'il composait une nouvelle chanson. Presque. Sauf que cette mélodie là, YeSung la connaissait presque par cœur, a force de l'entendre depuis six mois. Bien sur, il n'avait posé aucune question. Il avait juste compris, d'instinct.
Il soupira doucement et s'approcha.
Leeteuk était bien, dans un monde ou il ne souffrait pas, ou sa mélodie régnait en maitre. Ce n'était pas la réalité, il le savait. Il savait aussi qu'un jour, il risquait de ne pas revenir, de se laisser aller à cette douce folie. Mais quelque chose vint perturber ce doux rêve éveillé. Une délicieuse odeur de … chocolat ?
Il cligna des yeux et loucha sur la tasse de chocolat fumante rehaussé de crème fouettée et de pépite de chocolat à deux centimètres de son nez. Relevant les yeux, il rencontra le regard malicieux de son ami. Il lui sourit gentiment avant de prendre la tasse entre ses mains.
-Merci. Tu ne dors plus ?
-Ma vulgarité me perdra. Répondit le plus jeune en prenant place au cotés de son ami.
Le leader sourit, ayant comprit et plaignant silencieusement l'éternel Maknae.
-Et toi, que fais-tu debout à cette heure-ci ?
-Mhhh pas grands choses, je m'ennuie. Je ne sais pas dormir.
Une demi-vérité et YeSung le sait aussi.
-Très bon chocolat chaud, RyeoWook à bien fait de t'apprendre.
-Tu détourne la conversation.
LeeTeuk souffla.
-Je rattraperai ma nuit demain, je fini tôt, je ne vais pas à la Sukira.
-… Et les autres nuits ? Tu les rattrapes comment ?
Nouveau soupire
-YeSung….
Mais ce dernier lève les yeux au ciel avant d'ancrer son regard dans celui de son ainé.
-J'aime quand tu t'apprêtes à me prendre pour un con, tu sais ? ET le pire, c'est que je suis persuadé que tu crois dur comme fer aux conneries que tu nous racontes.
Il n'avait pas élevé la voix, il n'y avait aucune trace de colère et son regard restait bienveillant quoique un peu triste.
Et c'était le seul que LeeTeuk tolérait sur lui.
Contrairement à ce que les gens croyaient, YeSung était très mature. Le plus mature de ses enfants. Et qu'il pouvait s'autoriser à être un peu mal devant lui.
Prit d'une impulsion subite, le leader posa sa tasse et se jeta sur lui pour l'emprisonner dans ses bras.
YeSung y répondit de bonne grâce, un sourire triste aux lèvres que son ami ne vit pas.
Ils restèrent longtemps dans cette position.
Et LeeTeuk craqua pour de bon. Lentement les larmes se frayèrent un chemin dans le cou de YeSung et celui-ci raffermi sa prise en lui murmurant des mots apaisants.
Ce n'est pas pour rien qu'il maudissait et insultait KanGin dans ses rêves !
Perdu dans cette bulle de tristesse, aucun d'eux ne remarqua SiWon qui les observait en souriant doucement.
