Merci pour les commentaires de bettyful et Louvesaki. Ainsi que les favoris.

Langage assez cru, vous comprendrez rapidement le pourquoi.


Le temps passe inéluctablement, les souvenirs s'effacent pour certains, mais d'autres perdurent, comme ancrés dans l'âme. Il n'y a qu'un moyen de les accepter, vivre avec si la volonté est possible.


Après qu'elle eut fait une sieste réparatrice et plus longue qu'elle ne l'avait espérée, peut-être était-ce ce cumul d'activité incessant qui l'avait prise en défaut ? Ou le confort indéniable de la literie ? Notre héroïne aux rubis souhaitait se détendre un peu, elle s'étira en hauteur ses longs bras et se dirigea directement dans la salle de bain. Elle put remarquer après l'adaptation de son regard mi-endormi, que ce fut le grand luxe, il ne lésinait pas sur les services, la baignoire était immense et d'un blanc écru, il y avait aussi des dispositifs pour faire des remous et sels ainsi que différents savons colorés et parfumés tout le long de la paroi, mais elle opta plus pour une douche bien revigorante, elle se défit de ses habits de la veille, les jets d'eau frappèrent en un puissant massage son corps encore en hibernation. L'eau glissa le long de ses courbes, elle prit un shampoing et se frictionna sa chevelure, ils avaient encore poussée de quelques centimètres… elle irait faire un tour chez le coiffeur, elle n'aimait plus avoir les cheveux longs… peut-être que cette fois-ci elle les couperait juste en dessous de ses oreilles ? En tout cas, elle n'avait plus cette frange nuisible qui lui rappelait sa période d'adolescente.

Ensuite, plus éveillée. Viola qui était en déshabillé noir et les cheveux attachés en chignon, elle prépara ses affaires pour son rendez-vous d'affaires. Elle prépara des slogans ainsi qu'idées pour créer une publicité que ce soit pour les panneaux publicitaires ainsi que la télévision qu'elle présenta sur son ordinateur, elle les imprimerait pour la présentation. Puis entendit quelqu'un frapper à sa porte. Sceptique, la déesse aux rubis se demanda brièvement qui était-ce ? Le service d'étage aurait signalé leur présence si ce fut eux. Elle n'avait pas la nécessité d'attendre plus longuement pour avoir une réponse à ses questionnements.

« Shizuru ? Est-ce que tu es là ? Ouvre-moi ! Je sais que tu es là ! Ouvre-moi ! Je ne partirai pas ! » La dite mit à soupirer en entendant la propriétaire de la voix, elle n'avait pas l'envie d'y aller, mais elle se dirigea tout de même pour ouvrir à son invitée.

« Bonjour ma puce. » La beauté de Kyoto crut avoir un haut de cœur à cette dénomination.

« Marguerite… » La beauté de Kyoto répondit sans aucune émotion alors qu'elle avait des lèvres affamées, s'approprier virulemment les siennes, son peignoir blanc tomba en quelques secondes sur le sol et la porte se referma aussitôt sur elles.


Il était tard dans la nuit, l'heure était indéchiffrable sur l'instant. Les étoiles lumineuses et blanchâtres comme des perles valsaient dans le ciel encre. Shizuru était sur le ponton du bateau, son dîner de travail avait été remporté au lendemain matin. Alyssa avait eu des soucis personnels, elle dut partir de toute urgence s'occuper de ce contretemps et elle s'en était vivement excusée. En attendant, sa partenaire en affaire allait la remplacer pour la première ébauche du plan de sauvetage de ce paquebot. Elle ne pouvait nier que ce projet était un accélérateur pour son moral, pour une fois, elle ne s'occupait pas de riches entrepreneurs qui cherchaient uniquement à amasser plus d'argent possible ainsi leurs actionnaires étaient 'heureux' des bénéfices. Non, cette fois-ci, elle devait s'occuper d'une grande équipe, si familiale et chaleureuse. Comment faire pour qu'ils ne perdent pas leur emploi ? Sincèrement, c'était impossible, elle n'était pas une magicienne. Une grande tâche à accomplir, ce navire touristique ne cessait de perdre de la valeur, pourtant c'était un bijou, une pierre précieuse brute qu'on devait tailler pour lui donner de sa véritable valeur. Il fallait qu'elle trouve ce qui pourrait attirer une nouvelle clientèle.

Shizuru n'était pas contre ce moment d'arrêt. Elle aurait aimé que sa vie se stoppât aussi…

Elle observa l'horizon avec une grande nostalgie dans son regard attristé par les souvenirs douloureux qui ne cessèrent de l'importuner. Le vent marin la berçait dans ses songes mélancoliques, la faisant frissonner, elle passa ses doigts dans sa chevelure, une larme solitaire s'égara sur sa joue. Elle soupira doucement, son souffle était tremblant.

Des bras entourèrent soudainement sa taille, à ce geste, elle se crispa et elle se retourna sachant pertinemment qui était la personne qui accaparait son espace, mais aussi moment de solitude dont elle désirait ardemment recouvrir par elle-même.

« Tomoe ? Qu'est-ce que tu me veux encore ? Tu n'es pas exténuée de me suivre à la trace comme un chien ? On a déjà baisé, tu peux me lâcher ! Ne fais pas la petite amie amoureuse et transite, je ne crois pas à ce vil mensonge. » La femme à l'accent de Kyoto dit lasse, alors qu'elle ne pouvait pas rester tranquille quand elle avait réellement besoin. Cette femme était trop collante et possessive, elle ne pouvait pas faire un pas sans la retrouver sur son chemin. Elle n'avait pas changé de cette harceleuse du passé, elle était devenue encore pire.

« Ma puce, pourquoi tu es partie de notre chambre ? Il faisait froid sans toi et ton corps nu et humide… »

« Ara, Tomoe, ne m'appelle pas ma puce, je hais cela, ça me donne des remontées acides. Si tu as froid, va faire du sport. »

« Tu préfères ma reine ou je te câline l'estomac ? On peut encore faire du sport ensemble ? Je suis certaine qu'on est devenues des professionnelles à ce petit jeu. » Shizuru se mit à grimacer par tant de mièvrerie ou, plutôt à cette main envahissante qui se frayait chemin à l'intérieur de son chemisier, contre sa peau. C'était comme si un serpent constrictor s'immisçait sinueusement, glissant sans bruit et n'attendait que le bon moment pour l'étouffer à jamais. Comment faisait-elle pour supporter une telle mascarade sans craquer nerveusement ? Elle se posa toujours cette même question. Elle attrapa fermement le poignet qui allait se rapprocher de sa poitrine, et le repoussa loin de son corps, ses muscles s'étaient fortement contractés et sa respiration était chaotique.

« Non, je ne préfère rien venant de ta part aussi je… j'avais besoin de prendre l'air… pour réfléchir. Peux-tu me laisser tranquille pour une fois, j'en ai marre que tu me suives partout comme une chienne en chaleur. » Ce n'était pas une demande polie, mais plutôt un commandement infléchi.

« Tu ne penses pas à cette fille, j'espère ? » Marguerite gronda tandis qu'elle serra fortement l'étreinte contre la châtaine, qui se mit à gémir de douleur et elle essaya désespérément de s'extraire de cette embrassade d'une grande puissance. Deux bras puissants l'avaient encerclé, elle dut utiliser toute sa volonté pour sortir de ces détestables tentacules.

« Tomoe ! Tu me fais mal ! Lâche-moi ! »

« Et toi tu crois que tu ne m'en fais pas ! C'est toujours la même rengaine avec toi ! Merde ! Tu fais chier ! » Tomoe hurla folle de rage en donnant une gifle à son amante qui l'observa avec le plus grand mépris en se touchant à sa joue endolorie et brulante.

« … Zuru… je suis désolée… je ne voulais pas… » Ladite n'écouta pas le reste de la plaidoirie, elle n'était pas à ce point dupe, elle rendit aussitôt la gifle avec puissance puis cracha avec rancœur :

« Non tu ne l'es pas, comme toujours, mais je te préviens si tu oses avoir de nouveau ce genre de geste envers moi, je te passe par-dessus bord. »

« C'est complètement ta faute ! »

« Certainement, mais à ce que je sache, tu n'aides pas non plus ! Tu le savais depuis le début que les choses se passeraient ainsi ! Ne sois pas aussi étonnée ! Tu n'es rien pour moi ! RIEN ! C'est seulement sexuel nos moments… si je peux réellement les nommer comme telle ! Je suis tellement pathétique et misérable que je couche avec toi ! Ce qui prouve que je suis tombée bien bas, je n'ai plus aucun orgueil. Je ne t'aime pas ! Je ne t'aimerai jamais ! Heureusement pour moi, je ne suis pas encore à ce point dérangée. Si tu n'es pas contente de la situation, trouve-toi quelqu'un d'autre à harceler ! Si tu cherches à ce que je te retienne, alors ne rêve pas. Puis, tu n'es pas la seule avec qui je 'couche', tu devrais parfaitement le savoir. » La buveuse de thé gronda impétueusement, et elle commença à montrer son véritable visage, pas la douce, compréhensive professionnelle de travail.

« La fidélité et toi ? C'est impossible, je le sais, tu es une vraie nymphomane. »

« Ookini, c'est le plus beau compliment que j'ai reçu de ta bouche de vipère. Aussi, je sais que tu essayes de faire peur à mes autres amantes mais tu n'arriveras pas à me garder pour toi seule ! » Cracha acerbe la femme aux rubis, elle avait l'habitude des insultes de la part de son interlocutrice, elle lui rendait souvent cette délicatesse.

« Finalement, tu reviens toujours dans mon lit. Ça fait huit ans que nous sommes ensemble et tu ne penses qu'à cette trainée, qui t'a sûrement oublié depuis très longtemps ! Elle a dû tourner la page et se faire sauter par plusieurs inconnus ! Elle est mariée ou elle a plein de petits bâtards ! » La déesse de Kyoto tilta aux mots, elle attrapa d'une main de fer, le cou de son interlocutrice. Ses longs doigts se refermèrent comme des serfs sur sa prise, comme si elle serrait dans sa main de la pâte à modeler, il n'y avait une fermeté dans son geste, aucune hésitation.

« Non, ça fait déjà six longs mois que nous couchons ensemble, tu ne m'as fait que me suivre le restant du temps alors que j'ai tout fait pour disparaitre. Et alors ? J'ai cédé, car je suis masochiste et j'ai envie de souffrir et détruire à jamais mon âme, je crois même que je n'en possède même plus une. Malgré tout, j'ai encore le droit de faire et de penser ce que je veux. Le plus important si on doit être honnête, ne parle pas ainsi d'elle ! J'ai le droit de me torturer ! C'est ma vie ! Et tu ne feras jamais partie de ma vie que pour réchauffer ou plutôt pourrir mon lit ! Et puis nous ne sommes pas ensemble comme tu l'imagines bêtement. » Tomoe commença à perdre de la couleur sur son visage, elle commença à rire hystériquement entre deux souffles. La buveuse de thé réalisa ce qu'elle faisait, elle n'allait pas la tuer et perdre le peu de liberté qui lui restait, elle avait déjà bien gâché sa vie. Elle relâcha la jeune femme qui se toucha les rougeurs apparentes sur sa peau. Cela la répugnait de la toucher ou simplement la regarder. Elle avait l'impression de voir son propre reflet, mais sous une forme qu'elle ne put accepter.

« Et cette nuit que nous avons passée ensemble m'a dit le contraire ? Les autres marques de tes organismes sont peintes sur mes courbes comme les miennes sur ta peau. » Objecta la fille aux cheveux verts en caressant sensuellement le long de la jugulaire de son amante, elle la griffa de sa marque, Viola grimaça et s'extraie rapidement du geste en tournant la tête sur le côté. Elle avait l'impression de devenir toujours de plus en plus sale en contact de cette femme. Elle avait beau nettoyer son corps, il n'était plus propre, il ne le serait jamais.

« Je pense que je vais désinfecter tout cela avec de l'alcool à 90° même si cela doit endommager ma peau. »

« Tu ne veux plutôt pas la boire ? C'est ton truc ce genre de chose, non ? » Tomoe se moqua effrontément sur son alcoolisme alors que son interlocutrice n'avait qu'une seulement envie, c'était de la faire souffrir comme elle le faisait continuellement avec elle.

« Tu n'es qu'une garce ! » La publiciste cracha alors que les insultes fusaient si simplement dans sa bouche alors qu'auparavant, elle ne s'abaisserait pas à employer ces paroles d'une grande bassesse, cela prouva à quel point elle avait changé.

« Et toi ? Tu es une salope. On a toutes les deux des défauts. »

« De plus, tu es la seule qui venue dans mon lit… et… »

« Quelle excuse, on est deux à faire l'amour. »

« Nuance, c'est coucher ensemble. L'amour … c'est respecter l'autre, aimer l'autre, vouloir faire qu'un avec cette personne. Nous, c'est sexuellement charnel, je ne tiens pas à toi. Que tu disparaisses ou non, je m'en fous complètement ! » La châtaine rectifia, certainement, moyennant se rassurer elle-même. Faire l'amour, elle l'avait fait qu'une seule fois dans son existence et depuis, plus jamais elle ne put aimer quelqu'un qu'elle.

« Si tu veux à ce point te justifier, c'est ton problème. Je sais que tu prends beaucoup de plaisir sous mes doigts. Aussi, tu ne m'as jamais repoussée comme les toutes les nombreuses autres fois. Tu t'es laissé docilement faire. On est faite l'un pour l'autre et tu le sais Shizuru. On détruit tout ce qu'on touche et on ne mérite pas le mot amour, mais celui de possession et pure folie. Tu le comprends toi-même. On se ressemble et on s'assemble si bien, que ce soit intellectuellement comme physiquement. Personne ne nous comprend à part nous deux. » Viola se mit à serrer des poings. Tomoe avait parfaitement raison sur ce point, c'était probablement pour cette raison qu'elle était en ce moment avec elle et depuis bien longtemps.

Elle pensait qu'elle ne méritait pas mieux que cette femme, folle, c'était sa punition pour avoir détruit le seul bonheur qu'elle aurait pu vivre avec l'unique personne de son cœur c'est-à-dire …Natsuki Kuga. Juste à penser son nom ou à elle, son cœur se brisa en mille morceaux tout comme sa raison.

Elle avait tout fait pour la retrouver, qu'importe la somme qu'elle avait dépensée, et ce fut une fortune incroyable, mais elle avait largement les moyens et cela lui importait peu de tout perdre jusqu'à être pauvre et vivre dans la rue comme mendiante. Elle avait demandé l'aide de célèbres détectives privées, mais sans aucun résultat. Elle s'était comme volatilisé de la surface de la Terre. Non, comme si elle n'avait jamais existé pourtant cette douleur incommensurable montra qu'elle avait été si profondément présente dans son existence.

Treize années se sont écoulés après l'histoire désastreuse entre l'ancienne seito kaichou et Kuga. Viola était totalement désespérée à l'époque. C'était comme si cela s'était déroulée la veille, après qu'elle est lue cette lettre, elle s'était rendue immédiatement vers la gare de Fuuka bien que sa louve aurait pu partir avec son bolide à deux roues sur les routes.