Il se trouvait dans le noir total. Le noir complet. Où était-il ? Que faisait-il ? Il tournait autour de lui-même. Rien autour de lui. Tout n'était que vide, sombre. Mais il préférait cela que se retrouvait dans sa réalité. Il se sentait bien dans cette endroit vide, sans émotion, sans souffrance. Non, il ne voulait pas vivre. C'était donc ça mourir ? Alors il allait l'accueillir à bras ouvert. Inutile de se débattre pour vivre. C'était bientôt fini. De toutes façons, il s'y sentait bien...

"- Son coeur a arrêté de battre...Je suis désolé John."

Ils avaient essayé de faire tous ce qu'ils pouvaient : les médecins, les infirmières et lui-même, le medecin personnel de Sherlock. Ils avaient tout essayé pour remettre les battements du coeur de Sherlock réguliers.

"- Non, souffla-t-il, non, pas toi..."

Sherlock semblait dormir profondément. John tenta de le secouer, les yeux humides.

"- Mais merde ! Réveille toi ! Tu avais dit que tu ne dormais jamais ! Réveille toi, bon dieu !"

Les infirmières en pleures tentèrent de le calmer. Le docteur Doyle regardait d'un air triste et empli de compassion l'homme qui avait perdu son ami en quelques jours. Contrairement aux infirmières, il préféra laisser son confrère exprimer sa douleur. C'était plus préférable.

C'était la première fois qu'il avait eu à faire à une tristesse déprimante et mourante. Sherlock Holmes mort dans le désespoir et la souffrance du mort de son ainé. Le détective devait avoir une constitution fragile pour n'avoir pas pu supporter la vie.

"- Tu n'avais pas le droit ! Ton frère...pleura John, s'était sacrifié pour toi ! Tu n'avais pas le droit ! Espèce d'idiot ! Pourquoi ? Merde !"

Molly et Lestrade qui étaient entrés après avoir entendu les cris de John, se retrouvèrent stupéfaits en voyant qu'on n'avait pas pu sauver Sherlock. Molly pleura doucement en silence. Greg fixa le corps dont le coeur ne battait.

"- Finalement, tu as préféré abandonner...murmura-l'inspecteur, ce n'est pas ton genre, non, ce n'est pas ton genre..."

Mourir était si facile que ça ? Au moins, il n'avait pas souffert.

Sherlock, tu n'es qu'un idiot.

Qui lui parlait ? Qui ? Il ne voyait rien. Cette voix lui était familière.

Tu ne t'es jamais dit que tu étais dans le mauvais chemin ?

Que du noir. Rien de plus. Qui est ce qui lui parlait ? Il se retourna plusieurs fois sur lui-même et se rendit compte qu'il avait un corps. Il portait une chemise d'hôpital d'un affreux vert.

Sais-tu où tu te trouves ?

"- Je suis mort, réussit-il à dire. Sa voix résonna dans le vide.

Bonne déduction. Mais sais-tu où vont les morts ?

"- Non, je l'ignore...Le paradis ? répondit-il d'un ton plaisant qu'il se connaissait.

Pas mal, comme réponse, Sherlock. Mais j'en attendais bien plus de toi.

"- Où vont-ils, alors ?

On appelle ce lieu "La vie". La connais-tu ?

"- Vous voulez dire que vous ressucitez les personnes mortes ?

Non. Ils vivent encore. Sous une autre forme. Sous une autre manière de pensée. Alors maintenant, que je t'ai dit cela, peux-tu me dire pourquoi es-tu ici ?

"- Je ne suis pas mort, est ce cela ?

Non. Tu es mort.

"- Il y a un "mais" n'est ce pas ?

Exact. Mais je ne vais pas te le dire maintenant. Tout d'abord, je me pose une question.

"- Laquelle ?

Sais-tu ce qu'est un sacrifice ? ...

...

Oh ! Tu frisonnes. Pourquoi ? Parce que ton frère est mort en te sacrifiant ? En te donnant une chance de vivre ?

"- Arrêtez ! Vous ignorez la...souffrance de sa mort !

Je l'ignore, peut-être, Sherlock, mais sa mort n'a rien valu. Elle n'a rien servi. Il est mort pour rien.

...

Quel silence. Regrettes-tu ton geste ?

"- je n'aurai pas pu vivre sans lui, de toutes manières...et tous ça c'est de ma faute."

Des regrets. C'est tous ce que tu as. Mais de mauvais regrets bon pour les idiots. Tu as vu ton père et ton frère mourir et tu ne comprends rien à la vie !

"- Vous avez dit que la vie était le lieu où vont les morts !

La vie est aussi un lieu à préserver, à utiliser à bon aissiant ! Tu n'as pas pu la préserver comme avait tenté de faire ton ainé et ton père ! Au lieu de survivre, tu as préféré abandonner ! Vois ce que tu fais de ces sacrifices ! Deux vies t'ont été donnés et voilà que tu en gaches une ! La tienne !

Ces mots résonnèrent de colère et de tristesse. Sherlock n'essaya même de chercher la provenance de la voix. Il mit ses mains sur sa tête. Il aurait aimé pleurer mais rien ne venait.

"- Qui êtes vous ? Demanda-t-il pour chasser son "passé".

Je suis ta conscience de ton vivant.

Sherlock rit doucement.

Oh, tu ris. C'est plutôt agréable.

"- De mon vivant, on m'a dit que je n'avais jamais eu de conscience...

"Conscience" Cum, avec et science, savoir, le savoir se trouve chez l'être humain dans le cerveau. donc "Avec le cerveau" Et chez les Holmes qui est la conscience ? Le cerveau ?

"Mycroft...murmura-t-il avec une lueur d'espoir, c'est toi ?

Tu n'es qu'un idiot, Sherlock. Tu croyais franchement que j'allais vivre une autre vie tout en sachant que tu n'as fait que l'imbécile depuis ma mort ?

"- Myck...je...

Tais-toi ! Te rends-tu compte de ce que tu viens de faire ? Tu viens de perturber le cycle de "La Vie". Mon sacrifice n'a rien servi. Ma vie n'a rien servi. Que crois-tu que tu allais mourir en paix ? Que j'allais vivre en paix ?

Sherlock ne comprenais plus rien à rien. Il savait que c'était son frère mais il ne le voyait pas. Son coeur lui disait qu'il avait choisi le mauvais chemin.

"- Alors je suis mort pour rien ?

Oui, je le crains.

"- Je te déçois, n'est-ce pas ? Comme toujours ?

Non. Tu as toujours fait l'idiot de service. Mais tu ne m'as jamais déçu. Je sais que ma mort t'a affecté le plus haut point, je sais que j'étais la seule personne qui aurait pu te protéger, je ne pouvais vivre si tu mourrais, car c'est le devoir d'un grand frère de protéger son cadet. Toi, tu peux vivre car c'est ton devoir de petit frère d'honorer ma mémoire.

Sherlock vit des petites étoiles se former en face de lui afin de reconstituer la silhouette massique du grand Holmes, tandis que la voix résonnait encore de ce vide. Puis peu à peu, Mycroft reprenait vie dans ce monde noir et vide.

"- Myck, souffla Sherlock, je suis désolé, je suis désolé, pardon..." Il tenta d'attraper le bras de son frère pensant que ce n'était qu'un spectre, il fut surpris de constater qu'il était bien réel et alors, se perdit dans ses bras.

Espèce d'idiot de frère' sourit Mycroft en l'enlaçant, c'est la dernière fois que La Vie te permet ce genre de choses, ensuite c'est terminé, il va falloir regarder la réalité en face.

"- Je ne comprends pas.

Tu n'es pas réellement mort. Dans le cycle de la vie, il y a la naissance, la vie, la mort et ça recommence, la naissance, la vie et la mort. En gros, dans une Vie, il y a plusieurs vies. La mort n'est qu'un autre chemin que l'on doit tous prendre mais toi, tu gardes le chemin de la vie.

Sherlock rit de ce paradoxe.

"- Le monde est aussi compliqué qu'une enquête.

Mycroft rit de même ébouriffant de sa main brillante les cheveux de son frère.

"- Tu dois retourner dans celle que tu n'as pas encore achevé. En fait, la future vie qui t'attend après la mort n'est pas encore arrivé.

"- Et toi ? Pourquoi es-tu encore là ?"

Parce que mon autre vie n'est pas encore crée. Je ne fais que veiller sur toi sans que tu le saches. Sache seulement que l'on se reverra, je te le promets.

"- Je croyais que j'étais mort.

Non, tu ne l'es pas. Ton corps n'a plus senti ton âme alors il s'est automatiquement mis en veille. Une sorte de coma "naturel". Ton coeur a arrêté de fonctionner mais ton esprit n'est pas mort.

"- Comment puis-je revivre...Mycroft !"

A ce moment là, une sorte de vent l'attira à l'arrière.

"- Non ! S'exclama Sherlock en se sentant éloigner de son ainé.

Ne t'inquiète pas, Sherlock, ce n'est qu'un simple revoir. Un autre chemin t'attend, un autre coté, celui de la vie. Celui de Ta vie.

"- Myck ! Cria-Sherlock en souriant malgré lui, gardant les yeux sur la silhouette qui s'éloignait, c'est à mon tour de te faire une promesse, je te promets que je deviendrai Immortel ! Je te promets qu'on se souviendra du nom de "Sherlock Holmes" ! Je te le promets que notre nom ne sera pas oublié !

C'est déjà fait mon frère ! Tu l'as déjà fait !

Un rire chaleureux et doux parvourut le vide, puis Mycroft s'évapora comme il était venu en fixant une dernière fois son cadet qui était aspiré vers sa réalité.


"- C'est pas vrai, il aurait pas du mourir comme ça ! Il aurait mieux fait de se suicider pour sauver le monde que...

- John, assez, l'incita Lestrade en lui posant une main amicale sur son épaule.

Le docteur Watson semblait complètement avoir perdu la raison. Voilà cinq minutes depuis la "mort" de Sherlock que ce dernier ne cessait d'en vouloir à la vie entière.

Pas John. Déjà Sherlock avait succombé à sa tristesse, il ne manquerait plus que lui. Lestrade se demanda même qui sera le prochain sur la liste.

Le docteur Doyle avait renvoyé rapidement les infirmières leur demandant de leur laisser un moment d'intimité pour les amis de Sherlock Holmes.

"- Mourir si jeune, ne cessait-il de répéter.

Bip...

Tous sursautèrent. L'instrument toujours branché au corps de Sherlock s'alluma brusquement.

"- Non, c'est impossible, souffla Doyle.

Bip...Bip...

L'écran montrait plusieurs courbes lentes et régulières.

Bip...Bip...Bip...Bip...

Molly, Lestrade, John et Doyle retinrent leurs souffles. Ils étaient en train d'assister à un miracle ? L'écran montrait bien que le coeur de Sherlock s'était remis à battre.

"- Il est en vie, Sherlock est en vie...! Murmura John qui ne semblait pas y croire.

Le corps de Sherlock subit un spasme si violent que le soldat du s'écarter terrifié par ce mouvement inattendu. Puis dans un silence presque respectueux, sans que personne n'intervienne, on entendit une grande inspiration de quelqu'un qui commençait tout juste de vivre.

Greg, n'étant pas croyant, ne put s'empêcher de faire un signe de croix et de remercier Dieu de sa bonté d'avoir ressusciter leur ami. Molly resta bouche bée et pleura de joie en pensant que ce n'était qu'un cauchemar ou un rêve et que tout finissait surement bien. John s'approcha doucement de ce corps qui avait repris vie et le toucha, remarquant alors que le froid avait disparu laissant la peau chaude de son meilleur le soulagé et des larmes de bonheurs lui échappèrent. Un miracle. Un prodige.

"-Incroyable, nous avons assisté à une "résurrection", souffla Doyle.

A ces mots, les paupières de Sherlock qui avaient fermé pendant trop longtemps s'ouvrirent. Éblouis par la lumière qu'émettait la pièce, il cligna rapidement des yeux pour s'y habituer.

"- Putain, Sherlock, mon vieux ! Ne refais jamais ça ! Sanglota John visiblement heureux d'apercevoir les yeux bleus-gris de son ami.

- Bienvenue de retour parmi nous, lui sourit Lestrade qui essuya une larme.

- Pardon, pardon, pardon, pardon, dit-Sherlock d'une voix faible et étranglé. Il était encore faible et son cerveau lui paraissait réfléchir si lentement qu'il ne savait dire que ces mots. Ses mains encore sous l'emprise des multiples tuyaux tentèrent de prendre ceux de John. Ce dernier lui prit doucement.

"- Pardon, pardon, répéta le détective, pardon...

- Tu n'as rien à te reprocher, j'aurai du être plus à l'écoute, lui rassura-t-il. Ses mains tremblaient tellement que John aurait voulu lui donner un calmant.

"- Je ne recommencerai plus, je te le jure, John, dit Sherlock de sa voix faible, je te le promets...

- Je sais."

Puis le détective pour la toute dernière fois de sa vie, pleura les larmes de son corps. Il éclata en sanglots. John le prit dans ses bras malgré le matériel médical qui le tenait prisonnier.


La résurrection de Sherlock n'eut heureusement pas atteint les journaux grâce à l'intervention de Lestrade. Il put ainsi "profiter" de son hospitalisation pour reprendre des forces même si le caractère impossible du détective était revenu à l'assaut. Durant deux semaines, Sherlock dut rester à l'hôpital subir de multiples tests pour s'assurer de son état de santé. Évidemment, rien ne doutait que sa vie était en danger.

"- Je ne meurs pas facilement John Watson, lui répliqua Sherlock dans le taxi qui menait à Baker Street.

- J'ai failli perdre la raison, s'offusqua-t-il.

- La mort n'est qu'un autre chemin que l'on doit tous prendre...un jour.

- Depuis quand es-tu devenu un poète ? Se moqua John.

- "Le Seigneur des Anneaux."

- Quoi ?

- Dans le film, Gandalf le dit à Pippin."


Ceci n'est pas la fin normalement.