Bonsoir tout le monde,
Avec un peu de retard (j'ai bien envie de rajouter, comme toujours), voici la suite de cette fiction. J'ai essayé de garder les personnalités des vrais personnages mais bien évidemment, certains points divergent. Même si ce n'est pas très dérangeant que Banner ne se transforme pas en Hulk... du moins, je pense.
Je vous souhaite une bonne lecture ;)
Les formalités faites auprès du secrétariat, Steve Rogers passa ses badges d'admissions autour de son cou avant de se tourner vers le couloir du fond où le dénommé Clint arrivait. Assez carré et musclé, de taille moyenne, les yeux verts et les cheveux bruns, il semblait plutôt sympathique bien que très mystérieux. Des informations qu'il avait pu obtenir, son nom de famille était Barton et il était comme lui, assigné à la section C de façon permanente.
« C'est vous mon nouveau binôme ? » Interrogea celui-ci en arrivant à sa hauteur.
L'ex militaire fronça les sourcils. Ce n'était pas ce qu'il avait compris. Néanmoins, son entretien avec le directeur avait été si rapide et son embauche si soudaine qu'il n'avait sûrement pas dû avoir encore toutes les informations.
« Binôme, je ne sais pas. Le directeur Pelling m'a simplement informé que vous me feriez visiter, » l'informa-t-il.
Clint ne sembla pas perturbé par cette remarque.
« Je suis le responsable, je forme tous les nouveaux ici, » lui expliqua-t-il d'un ton professionnel. « Nous travaillerons donc ensemble pendant deux mois. Vous trouverez le planning dans les vestiaires. »
Il se retourna vivement pour lui désigner les locaux en question d'un signe de main.
« Vos horaires ainsi que vos tours de gardes devraient être affichés dans la journée, » continua-t-il en commençant à marcher. « Pour aujourd'hui, ce sera un peu différent des autres jours puisque je vais surtout vous montrer les règles de sécurité ainsi que les quartiers qui seront sous votre surveillance. J'espère que vous apprenez vite car elles ne vous pardonneront aucun faux pas. »
Ça, c'était une affirmation dont il avait parfaitement conscience. Profiter de la faiblesse des gens pour s'en servir à des fins personnelles était encrée dans la nature humaine. Il aurait été étonnant que des personnes détenues contre leur gré n'essaient pas d'en user.
« L'anticipation et la vigilance sont deux critères que je maitrise plutôt bien, » assura-t-il en le suivant à travers une série de petits couloirs.
« Armée ? » Interrogea Barton en s'arrêtant devant une première porte grillagée.
L'ex capitaine opina.
« Neuf ans de services. »
Il siffla d'admiration.
« Terrain ou bureau ? »
« Terrain. »
Le simple fait de le dire lui était encore plus difficile à accepter. Il n'avait pas demandé son éviction. On le lui avait imposé. Et il ne l'avait toujours pas digéré.
« Et bien vous ne devriez pas être trop déboussolé, la bouffe est aussi bonne ici que vos sachets de portions alimentaires, » plaisanta-t-il en refermant soigneusement la porte derrière leur passage.
Le soldat émit un léger sourire à ce cliché criblé de vérité.
« Je m'en accommoderai très bien, ce n'était pas si mauvais, » affirma-t-il en emboitant le pas au jeune homme tandis qu'il pouvait désormais lire Section C sur les panneaux d'indication.
« Et sans indiscrétion, pourquoi vous êtes parti ? »
La question a mille dollars dont il n'était même pas sûre de connaître la réponse à cent pour cent. Trop de mauvais souvenirs refirent surface et son visage se ferma instantanément.
« C'est… une longue histoire, » souffla-t-il en secouant la tête pour le signifier de laisser tomber.
A son grand étonnement, le brun respecta aisément sa réponse.
« Pas pour toute suite, ok, c'est enregistré, » n'insista-t-il pas en s'arrêtant devant deux autres portes coulissantes. « J'espère juste que vous êtes prêt psychologiquement à ce qui vous attend ici. Les journées ne sont pas faciles et il faut apprendre à se détacher émotionnellement. Vous en serez capable ? »
Pour avoir fait la guerre, il avait vu et connu l'horreur. Il avait tué et il avait vu des amis se faire tuer. Rien ne pourrait jamais effacer ça de sa mémoire. Il avait appris à vivre avec et son cœur s'en était trouvé figé. Il n'avait aucun doute sur ses capacités à encaisser l'univers carcéral. Il était déjà brisé.
« Parfaitement, » assura-t-il.
Barton émit un petit sourire satisfait.
« Dans ce cas, bienvenu à Camp Hima, » déclara-t-il d'un ton dramatique en activant l'ouverture de la section C.
Si Steve s'était attendu à trouver derrière ces portes un long couloir ou un petit local donnant sur des cellules froides et austères, il n'en était rien. Au lieu de cela, un grand espace entièrement grillagé s'étalait devant ses yeux avec à l'intérieur plusieurs détenues attablées à différentes tables. Des gardes se trouvaient à l'extérieur et d'autres étaient positionnés à l'intérieur en hauteur. Un certain brouhaha émanait et chacun vaquait à ses occupations tranquillement comme si de rien n'était.
« Surpris ? »
Un instant interdit, il se reprit cependant vite.
« Je ne m'attendais pas à ça, » avoua-t-il franchement. « Dans mes souvenirs, les prisons ne disposaient pas d'autant de confort. »
Il faut dire que ses souvenirs remontaient aux années 40, lorsqu'il venait tout juste de s'enrôler dans l'armée américaine. Autant dire que beaucoup de choses avaient dû changer durant son sommeil forcé.
« Il en existe toujours des anciennes et délabrées, mais le gouvernement a décidé d'investir au détriment d'autres priorités fondamentales. Mais vous vous en rendrez vite compte, » ne s'attarda-t-il pas sur le sujet.
Il marcha en direction d'une nouvelle porte blindée et passa son badge.
« Toute cette partie a été rénovée récemment, » lui montra-t-il les murs blancs et gris impeccables qui recouvraient la salle commune avant de s'engouffrer dans un large couloir. « Les moins perturbatrices y ont accès. Les autres restent dans leur cellule et bénéficient d'une sortie surveillée par jour pendant deux heures environs. »
« Les cellules se trouvent à différents niveaux selon les catégories ? » Remarqua-t-il plusieurs escaliers dans son avancée.
Barton acquiesça.
« Exactement. Nous avons environ quatre cent cinquante détenues dans cette section. C'est peu par rapport aux autres secteurs mais le travail est double puisque la plupart sont suivies psychologiquement. Je vous amène au second, c'est là que se trouvent les bureaux des psychiatres. »
« Il n'y a pas d'ascenseur ? »
« Non. Trop renfermé. Trop dangereux. Notre politique est de prévenir les débordements, pas de les subir, » exposa-t-il.
Empruntant donc un des escaliers, ils commencèrent à monter quand le talkie walkie du responsable de section grésilla, surprenant l'ex-militaire.
« Barton, vous me recevez ? »
« Cinq sur cinq. Je vous écoute, » s'arrêta-t-il pour lui parler.
« Vous êtes attendu à l'infirmerie, les détails ont été transférés sur votre portable. »
Prestement, il s'empara de son portable avant de jurer bruyamment.
« D'accord, merci de l'information, je m'y rends le plus rapidement possible, » l'avertit-il en attachant son talkie à sa ceinture.
Il se tourna vers Rogers, le visage impassible mais le corps nerveux.
« Changement de plan, nous allons visiter l'infirmerie. Une bagarre a éclaté dans le secteur haute sécurité il y a quinze minutes, » expliqua-t-il en faisant demi-tour. « Apparemment, ce n'est pas joli. »
Le ton détaché mais teinté d'une légère inquiétude sur lequel il avait prononcé cette phrase fit tiquer Steve. Il semblait y être étrangement habitué.
« Ce genre d'incident arrive souvent ? » Ne put-il s'empêcher de demander.
Le gardien approuva d'un signe lent de la tête.
« Très régulièrement. Trop régulièrement, » confirma-t-il avec exaspération. « Nous sommes en sous effectif et nous ne pouvons pas assurer la sécurité partout en même temps. Elles le savent et quand il y a des comptes à régler, elles en profitent. »
Arrivant rapidement devant une lourde porte blindée grise, il passa ses deux badges et ils pénétrèrent dans l'enceinte aseptisée où deux médecins s'affairaient autour de trois patientes attachés à des menottes malgré leurs inconsciences.
Toutes trois les visages en sang et tuméfiés, Rogers constata aussitôt que deux avaient des perforations sur tout le corps tandis que l'autre avait la jambe pliée dans un angle étrange. Il ne connaissait pas encore le motif mais la bataille avait dû être violente pour qu'elles en arrivent à ce stade.
« Voici le Dr. Jack Groihn et le Dr. Bruce Banner, son second, » les présenta Clint en s'approchant, les lèvres pincées de contrariété. « On peut faire quelque chose pour vous aider ? »
Les deux praticiens relevèrent la tête et s'arrêtèrent brièvement pour saluer les deux arrivants.
« C'est vous notre nouveau surveillant ? » Questionna le médecin en chef.
« En effet, » s'avança-t-il pour lui serrer la main. « Steve Rogers. Ravi de faire votre connaissance. »
Dans la cinquantaine, les cheveux grisonnants, ce dernier le détailla, semblant impressionné par son imposante carrure et ses bonnes manières.
« Nous manquons cruellement de personnel, » l'informa-t-il platoniquement. « J'espère que ce n'est pas que de la gonflette et que vous trouverez rapidement vos marques ici pour vous faire accepter. »
Il ne s'offusqua pas, conscient que la méfiance devait devenir innée à évoluer dans un tel milieu.
« Je ferai de mon mieux, » promit-il sincèrement.
« Vous avez déjà travaillé dans ce genre de service ? » Interrogea prudemment Banner en venant à son tour lui serrer la main.
Plus petit, des lunettes sur le nez et les cheveux bruns, il semblait plus calme et beaucoup plus réservé que son patron.
Il secoua doucement la tête.
« Jamais. Mais je ne pense pas que ce soit réellement un problème. »
Contrairement à sa première réaction lorsque le directeur Pelling lui avait annoncé son placement dans cette section, il avait eu le temps d'y réfléchir. Et finalement, les conditions de travail n'allaient pas être si différentes de celles de l'armée.
« Ah non, pourquoi ça ? » Attisa-t-il sa curiosité.
Le blond inspira.
« Personne ne peut prédire le jour suivant et ce que ces femmes ont en tête. A chaque instant, la situation peut déraper. Il ne s'agit que d'imprévu. Et j'y suis habitué. »
A l'époque où il était capitaine, les stratégies de l'armée changeaient constamment. A chaque minute, à chaque seconde, tout pouvait se trouver modifié. Agir dans la précipitation et le chaos était un élément qui ne l'effrayait clairement plus.
« Ce n'est pas faux, » approuva Banner. « Gardez juste en mémoire qu'elles n'ont plus rien à perdre et vous devriez aimer travailler ici. »
« Le directeur me l'a déjà informé, » répondit-il respectueusement. « Et quand je les vois dans ces lits, je ne peux que constater l'évidence. Vous savez ce qu'il s'est passé ? »
Il vit Barton hausser les épaules.
« Bagarre de gang, » déclara-t-il aussitôt. « Mes gars sont en train d'éplucher les camé… »
Les portes s'ouvrirent, interrompant brusquement son explication. Dans un mouvement similaire, ils se retournèrent tous pour faire face à quatre gardes armés.
« Natasha Romanoff, » s'exclama faiblement le docteur Groihn alors qu'il reconnaissait la jeune femme, les cheveux roux flamboyant qui se trouvait au milieu. « Pourquoi je ne suis pas étonné de vous savoir impliquée dans ce carnage ? » Continua-t-il de façon rhétorique.
Si Steve, lui, n'avait encore jamais vu la nouvelle arrivante, il avait pourtant la certitude de la connaître. Et la tension inquiétante qui s'installait peu à peu dans la pièce ne put que lui confirmer ce que son cerveau lui soufflait. Elle faisait partie des trois dossiers que le directeur Pelling lui avait fournis quelques instants plus tôt...
A suivre...
Voilà, voilà. Nos deux héros vont finalement se rencontrer. Pour la petite info, habituellement, je suis plus Natasha/Clint. Cependant, je ne sais pas pourquoi, là, j'avais créé plus d'alchimie avec Steve. A voir, si cela vous plait ou non ;)
Je vous dis, à la prochaine,
Tanutwo
