Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic, UA

Résumé : « Raconte-moi une histoire. Une histoire remplie d'émotion, avec des moments d'amour parsemé de rêve. Je veux oublier que dans la réalité les contes de fées et les '' ils vécurent heureux '' n'existent pas. » Yaoi.

Bêta correctrice : pommedapi

Note 1 : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce long chapitre ;). La pauvre...^^ Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^

Note 2 : Merci à Yuto Aoki, Shouplle, Iphanna et Lawiki pour leurs reviews. Merci à Banana Jenna, Iphanna et brinou pour leurs mises en favoris. Merci à Banana Jenna, Iphanna, Lawiki, SEY-sama, Shouplle, Yuto Aoki, brinou, Jokykiss, mikan835 pour leurs mises en alertes. J'espère n'avoir oubliée personne !

Bonne lecture ;)


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fée...

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Chapitre 2

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Confucius a dit « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu'on en a qu'une. » J'aimerais déjà en avoir une...

Ace


Dimanche 20 Novembre 2016

Je regarde ma mère qui est en train de s'agiter avec mes valises et je ne savais pas que je possédais autant d'affaires. Je fixe la voiture qui va dans très peu de temps m'emmener très loin d'ici. Loin de ma mère, loin de mes amis, de ma maison et de mes habitudes. Mais toujours plus près de mon père, la seule personne que je me serai bien passer de voir. Je sens soudain un poids venir m'enserrer le cœur et je détourne les yeux de peur de craquer.

Pas maintenant et certainement pas ici. Je tire une taffe de ma cigarette et quand je vois le chauffeur descendre, je me détourne.

Ma mère m'envoie chez mon père.

Je n'arrive pas à croire qu'elle ait eu le culot de faire ça. Elle sait que je le déteste mais elle s'en fout. Elle n'a pas réussi à régler le problème alors elle s'en décharge. Elle fuit. Je lui en veux mais au fond, je sais que je n'ai pas le droit de me plaindre. J'ai causé toute cette merde alors la seule chose que je puisse faire, c'est fermer ma gueule et attendre que ça s'arrange.

Comme d'habitude.

Le chauffeur charge mes valises dans le coffre tout en parlant à ma mère. Je ne l'aime pas. Il travaille pour mon géniteur et est chargé de m'emmener chez lui. Ma mère ne voulait pas me laisser y aller en train. Elle avait sûrement trop peur que je n'y aille pas vraiment et que je rebrousse chemin ou pire, que je m'enfuis loin... Tellement loin. Mon géniteur a alors proposé d'envoyer quelqu'un me chercher.

Je soupire. J'en ai vraiment marre.

Je regrette d'avoir frappé ce type au lycée. Y a qu'à voir les conséquences de tout ça… Quelle merde. Des fois, j'aimerais être normal, j'aimerais réussir à me contrôler.

-Ace !

Je me retourne pour voir Zoro et Law arriver. Je suis content de les voir mais... J'aurais préféré qu'ils ne viennent pas. J'aime pas les au-revoir. Ça me rend trop fragile.

Trop faible.

Je n'ai pas envie de partir.

-Putain, t'aurais pu nous dire que tu partais ! Si ta mère ne nous avais pas prévenus, on l'aurait jamais su. T'es chiant des fois, Portgas.

Law fait sa tête des mauvais jours mais je sais qu'il n'est pas vraiment énervé. Il est juste un peu triste que je parte.

-Law... ça me tou-

-Tu ne pars pas définitivement, n'est-ce pas ? me coupe Zoro.

Je me retourne et jette un rapide coup d'œil à ma mère avant de fixer mes potes. Je soupire et me contente de hausser les épaules.

Je n'en sais rien et ne pas savoir me fout encore plus la trouille. Je vais peut-être rester là-bas juste un mois, peut-être plus. Je vais peut-être tout aussi bien y terminer le lycée. Ça m'angoisse.

Je commence à me mordre la lèvre inférieure. Je n'y arriverai pas. À la maison, j'avais mes habitudes mais là, je vais devoir me refaire mon programme et apprendre à m'adapter…

Je suis stressé et frustré. J'ai envie de frapper quelque chose pour faire partir tout cette frustration.

Je me calme soudainement en sentant des bras m'encercler. Une odeur de pain d'épice. Law. Ça ne dure que deux minutes à peine et puis c'est Zoro qui me prend brièvement dans ses bras. Pomme. Ses cheveux sentent bon et m'apaisent. Je le serre fort contre moi et plonge mon nez dans son cou. Je sens les mains de Zoro se crisper dans mon dos.

Quand il commence à s'éloigner, je le retiens. J'en veux encore un peu. Je respire fort son odeur pour m'en imprégner, pour ne pas l'oublier. Je n'ai pas envie de partir. Je ne connais personne là-bas. Je ne veux pas voir mon père, merde ! Si dès qu'il vient ici je me barre à l'autre bout de la ville, c'est pas pour rien !

Je respire une dernière son odeur avant de le lâcher. Franchement, on dirait un drogué… Quoique finalement, c'est un peu ce que je suis.

-On viendra te voir, ne t'inquiète pas, me dit Law.

-Vous avez plutôt intérêt.

Ils rigolent et je ne comprends pas pourquoi parce que je suis sérieux. Ils ont intérêt à venir me voir.

-Ace.

Ma mère. Et je sais ce qu'elle va me dire. Il est temps de partir.

-Est-ce que tu es prêt ? Il est temps de partir.

J'aimerais lui répondre par la négative mais je sais que ça ne changera rien alors je fais un dernier signe à mes potes, j'embrasse brièvement ma mère parce que même si je l'aime de tout mon cœur, je lui en veux et elle le sait. Elle me sourit, me dit combien elle m'aime avant de me faire un dernier signe avant que je ne monte dans la voiture.

Tout de suite après, le chauffeur démarre.

Il a essayé de me parler pendant le trajet, d'en apprendre plus sur moi mais je l'ai envoyé bouler. Je lui ai clairement dit d'aller se faire foutre et après ça, il m'a foutu la paix. Je suis désolé d'être comme ça avec lui, d'autant que je sais qu'il ne fait que son travail mais j'en peux plus de tous ces gens et surtout de moi. Je m'excuserai tout à l'heure quand je serai un peu moins sur les nerfs.

Ça fait un peu plus de vingt minutes qu'on est parti de Baterilla et je dois dire que je m'embête un peu. Je regarde le paysage sans vraiment y faire attention. C'est comme la radio, je ne l'écoute que d'une oreille. Et soudain, je fixe ma portière.

Merde.

Je n'aurais pas dû faire ça mais c'est trop tard maintenant et je sais déjà que je vais le regretter. Je le regrette déjà.

J'essaye de penser à autre chose mais c'est plus fort que moi. Je n'arrête pas de fixer cette foutue portière et je me demande si je l'ai bien fermée. Je ferme les yeux et me mets à compter, à résoudre des problèmes imaginaires, à faire n'importe quoi qui me permettrait d'arrêter de penser à cette portière. M'occuper l'esprit encore et toujours pour m'éviter de penser au pire, ou de penser tout simplement.

Mais ça ne marche pas.

Et je craque.

-Arrêtez-vous ! Tout de suite !

-Q-quoi ? Mais on es-

-J'm'en fous, arrêtez-vous maintenant !

Il me regarde bizarrement à travers son rétro intérieur et je craque.

-S'il vous plaît...

Je ne sais pas si je lui ai fait peur ou s'il a tout simplement compris l'urgence de la situation mais il s'arrête sur le bas-côté de la route. Je fixe la portière et doucement, je l'ouvre et je la referme.

Je souffle un bon coup avant de détacher ma ceinture et de sortir complètement de la voiture. J'entends le chauffeur me suivre, sans doute a-t-il peur que je m'en aille. Mais je n'en fais rien, je me contente de faire quelques pas avant de revenir m'asseoir.

Je me prends la tête entre les mains et ferme les yeux, pensant à tout et à rien en particulier. C'est juste le bordel complet dans ma tête... Tellement obsédant... Tellement.

Alors je mets ma ceinture et attends quelques secondes avant de la défaire à nouveau, ayant encore besoin de marcher dehors, de recommencer mon manège. Autant de fois qui le faudra.

Je sais que cette foutue portière est fermée, je le sais mais j'ai besoin de vérifier encore et encore. Et je vois que le chauffeur me fixe à travers son rétro intérieur. Je ne l'ai même pas vu s'asseoir. Il doit me prendre pour un débile. Je sers les dents et fais comme si je ne voyais pas le regard choqué et empli de pitié qu'il me lance. Je continue de vérifier.

-C'est bon... On peut y aller.

Il est presque 10h. On est parti vers 08h30 et on a roulé à peine une demi-heure.

J'ai passé presque une heure à vérifier que ma potière était bien fermée. Au final, je ne sais même pas ce que je continuais à vérifier ni à faire. Tout ça ne rime à rien. Un peu comme ma vie finalement.

Le reste du trajet se déroule plutôt calmement. Je continue de regarder le paysage mais maintenant, je n'écoute plus la radio. Je ne sais pas ce que fait le chauffeur et j'en ai rien à faire. Il doit sans doute me prendre au mieux pour un malade, au pire pour un psychopathe. J'ai envie de me frapper.

Mais je me retiens et remercie mentalement le chauffeur de ne plus me parler et encore moins de me regarder.

xXx

Et voilà finalement on est arrivé. Alors voilà ou habite Roger. Goa dans la région de Dawn. On est en train de se garer et j'ai même pas besoin de regarder pour savoir que mon père est sur le pas de sa porte avec sa famille prête à m'accueillir.

-Nous sommes arrivés.

Comme si je l'avais pas remarqué... Aussitôt, le même manège recommence. Le chauffeur descend et s'active à décharger mes affaires. Quant à moi, je reste prostré dans la voiture, essayant de rassembler le courage que je n'ai pas. Après avoir soupiré bien comme il faut, je descends. Et je le vois qui me contemple, le sourire aux lèvres.

Mon géniteur.

Y a pas à dire, on se ressemble. Mais c'est bien la seule chose qu'on a en commun. Je ne m'attarde pas sur lui, c'est pas la première fois que je le vois et je me fous toujours autant de lui. Il est accompagné d'un gamin qui sourit comme un imbécile. Il est plutôt petit et a des habits de paysan, sans parler de son chapeau de paille qui semble avoir connu des jours meilleurs.

Je tourne les yeux et tombe sur la femme de mon père. On dirait un mannequin tellement elle est belle. Elle porte une longue jupe fendue sur le côté ainsi qu'un haut à manches longues assez court qui met sa poitrine en valeur. Son décolleté est si profond que s'en est presque indécent. Malgré moi, je ne peux m'empêcher de laisser mon regard y traîner pendant quelques secondes. Elle a tout de même une sacrée paire de... Sûrement du E. Ou un bon bonnet D. Et c'est pour cette vache laitière que Roger a quitté ma mère ?

-Bienvenu, Ace.

Mon père s'approche de moi et m'ébouriffe les cheveux en souriant. Je sais pas pourquoi il a fait ça mais il a pas intérêt à recommencer.

-Alors ça a été ?

-Mouais.

Il voit que je n'ai pas forcément envie de parler alors il n'insiste pas. Il me présente sa famille, espérant sans doute me détendre un peu.

-Laisse-moi te présenter ma femme, Boa Hancock.

Elle s'approche de moi et me fait la bise. Elle est tellement proche que je peux sentir son odeur, fruit rouge, et sa poitrine.

-Bonjour.

Elle a pas l'air méchante mais j'ai pas envie de sympathiser avec elle alors je me contente juste de hocher la tête.

-Et je te présente, Luffy. Je suis son tuteur.

Le gamin de tout à l'heure s'approche et me sourit timidement avant de me tendre sa main. Je la lui serre comme ça, sans vraiment y penser. Il se met alors à sourire bêtement et je crois même voir des étoiles dans ses yeux.

Ce gosse se drogue ou quoi ?

xXx

Ça fait juste quelques heures que je suis là et j'ai déjà envie de me barrer. Hier, j'ai juste pris le temps de ranger toutes mes affaires et de me reposer un peu. Ensuite, y a le gamin qui est venu me casser les pieds pour que je joue avec lui à la Wii. Je lui ai dit non mais comme tous les sales gosses de son âge, il a insisté et autant dire que ça m'a pas plu. J'avais les nerfs à fleur de peau, j'étais stressé et j'étais dans un environnement qui m'était inconnu. Ce qui fait que je n'ai pas spécialement bien réagi.

En vérité, je lui en ai collé une. Pas très fort... Ou juste un peu. Au final, ça a laissé une marque. Le point positif, c'est que ça l'a calmé direct. J'ai bien vu qu'il voulait pleurer mais qu'il se retenait devant moi.

Du coup le soir pendant le dîner, Luffy avait la joue toute rouge et ça, mon géniteur n'a pas manqué de le voir. Après le repas, il m'a pris à part pour me parler. Il m'a engueulé. Il m'a dit que Luffy n'était qu'un gosse et que je n'avais pas à le frapper.

Il m'a aussi mis en garde quant à mon comportement. Il m'a dit qu'il était hors de question que je me comporte comme je le faisais à Dawn.

Qu'il aille se faire foutre, je fais ce que je veux.

Il m'a interdit de boire, de fumer, de me droguer, de sortir tard en semaine et de faire n'importe quoi en cours. Lui comme moi savons très bien que ce n'est pas parce que je suis ici que je vais changer d'attitude. Il n'a aucun droit sur moi de toute façon. C'est un peu tard pour vouloir jouer au bon père alors que c'est juste un trou duc.

Il m'a aussi obligé à m'excuser auprès de Luffy mais ça, je l'aurais fait seul. Sa joue avait presque doublé de volume et était vraiment rouge. Sincèrement, je ne pensais pas avoir frappé aussi fort.

Je l'ai donc écouté me sermonner pendant presque une heure, m'interdisant tel ou tel truc et dès qu'il a eu fini, j'étais parti vers la chambre de Luffy.

J'ai hésité à frapper et puis je suis entré directement, espérant ne pas le déranger. Luffy était en train de se trémousser sur une vieille chanson de Macklemore. Je ne crois pas qu'il m'entende et j'en suis assez heureux parce que j'apprécie le spectacle qu'il m'offre. Il est plutôt marrant, même si je suppose qu'il ne le fait pas exprès.

A un moment, il tourne sur lui-même et s'arrête instantanément quand il me voit. Il sourit mais s'arrête aussitôt, la douleur à sa joue se rappelant à lui.

-J'étais venu m'excuser, je commence, un peu incertain.

Il baisse la tête et sourit timidement. Il met son jeu sur pause et s'approche de moi.

-C'est pas grave, je sais que je peux être chiant parfois.

Au moins, il en est conscient.

-C'est bien que tu le saches, ça t'éviteras des ennuis par la suite. Évite juste de recommencer... Je n'aimerais pas que ce genre d'incident se reproduise.

-Ah..., répond-il, un peu triste.

-Comment on joue ? je lui demande en prenant une manette.

Luffy se précipite vers moi et essaye de m'expliquer avant de brusquement décider de changer de jeu. Il en cherche un dans son armoire qui pourrait nous plaire à tous les deux. Pendant presque une demi-heure, on joue ensemble avant que je me lasse et que je parte dès que l'occasion se présente.

Je marche un peu dans la maison qui ressemble plus à un manoir. C'est tellement grand comparé à l'endroit où je vivais avant. Y a trois étages en tout. Au rez de chaussée, y a le garage, le salon, la cuisine et un bureau. Au premier, les chambres, salles de bain et un autre bureau. Et au dernier, y a deux salles de jeu, une buanderie, une petite salle de cinéma et une salle réservée à Hancock. Je sais pas trop ce qu'elle contient, j'y suis pas encore allé.

Vu que j'ai rien à faire, je fais le tour de la maison et vérifie que les portes sont toutes bien fermées... Sait-on jamais. Il faut aussi que je vérifie le gaz et les fenêtres. Je suis pas prêt d'aller me coucher... Hier, je n'ai pratiquement pas dormi de la nuit. J'ai passé à peine quelques heures ici et je veux déjà partir. Mais bon, j'essaie de me rassurer en me disant que dans une semaine, ça ira mieux et que je pourrais me contenter de simplement vérifier les portes et les fenêtre de ma chambre. Je dois juste m'habituer à tout ça d'abord.

Il est 22h30 et j'ai enfin fini mon petit rituel. Je passe dans ma chambre et je me fige en voyant qu'elle est aussi grande que l'appartement où je vivais avant. Quand je disais que cette maison était aussi grande qu'un manoir, je n'avais pas totalement tort dans un sens. Je passe ensuite à côté de la salle de bain et voit la femme de mon père sortir.

D'ailleurs, elle sort de la salle de bain seulement vêtue d'une serviette. Quel cliché. Sérieux, elle pouvait pas sortir habillée ? Je m'arrête à un mètre d'elle et me mets à la fixer de façon assez intense juste pour la rendre mal à l'aise. Ça semble d'ailleurs marcher car elle grince des dents avant de se mettre soudainement à me regarder de haut. Je ne sais pas si elle se rend compte quand faisant ça, elle met juste un peu plus en valeur sa poitrine de vache laitière.

Elle remarque alors que je ne la regarde plus vraiment, ou plutôt que j'ai les yeux qui traînent, et elle claque sa langue sur son palais. Je fais semblant de m'offusquer. Cette fois, c'est moi qui suis gêné mais je fais comme si de rien n'était et ça semble à peu près marcher.

Elle se précipite dans sa chambre et claque sa porte. Quant à moi, je me dépêche de prendre ma douche et de retourner dans la mienne. Demain, j'essayerai la salle de bain de la chambre de Luffy pour voir si elle est mieux que la mienne.

Arrivé dans ma chambre, je saute sur mon lit et compose le numéro de Zoro. Il répond au bout de la quatrième sonnerie.

-Salut, mec. Alors comment c'est chez ton vieux ? me demande-t-il d'une petite voix. J'ai l'impression de l'avoir réveillé... Je ne pensais pas qu'il était aussi tard.

-Désolé, je t'ai réveillé ?

-Non, non, t'inquiète. Allez vas-y, raconte.

-C'est la merde. Il m'a interdit de fumer, de boire et de sortir en semaine. Et je ne sais pas pourquoi mais il croit que je me drogue…

J'essaye de blaguer mais ça passe mal. J'ai pas vraiment apprécié ses remarques.

-C'est vrai que t'as pas du tout une tête de drogué.

Zoro lui arrive très bien à rire.

-Arrête de te foutre de moi.

Je l'entends rire de plus belle.

-De toute façon, je compte pas l'écouter. Dès qu'il aura le dos tourné, j'en profiterai pour faire n'importe quoi juste pour l'énerver. Bon et si on arrêtait un peu de parler de moi et si on parlait un peu plus de toi. T'es toujours célibataire ?

-...

-Sérieux, tu sais pas ce que tu rates, mec ! je dis sans grande conviction et je pense que Zoro s'en rend compte.

-Les meufs m'intéressent pas de toute façon et les mecs gay de mon âge qui s'assument sont plutôt durs à trouver.

-Un plan à trois, ça te dit ? je lui demande en rigolant

-Attends, t'es sérieux de me proposer un truc comme ça ? Je ne suis pas si désespéré que ça, Ace.

-Allez, mec ! Putain, comme ce serait bon !

Je suis mort de rire et bientôt, j'entends Zoro rigoler aussi. C'est le genre de truc qui ne se passera jamais et on le sait tous les deux.

-Heureusement que j'ai déjà mangé parce que sinon ce serait mal passé. T'es pas crevé ? Tu commences les cours dès demain, non ?

-Ouais.

Je souffle, pas vraiment motivé à la perspective d'aller en cours.

-Bon, je vais me coucher. Bonne nuit, mec.

-Ouais, bonne nuit.

Je raccroche et envoie un message à Law pour lui souhaiter bonne nuit également. Putain, demain je commence les cours en plus... Quelle merde.

Lundi 21 Novembre 2016

J'essaye une dernière fois d'arranger mes cheveux mais c'est peine perdue. Ils ont toujours eu une vie indépendamment de la mienne et de mes choix alors je ne force pas plus et décide de les laisser comme ça. Au début, j'avais peur que du fait d'aller dans un lycée privé, je sois obligé de porter un uniforme. Heureusement, ce n'est pas le cas. Je l'aurai brûlé sinon. Moi, porter un uniforme ? Et puis quoi encore ?

Je sors de ma chambre et vais directement à l'entrée pour rejoindre le chauffeur. Mon géniteur s'assure ainsi que je ne sèche pas et que je vais bien en cours comme je suis censé le faire. On peut dire que la confiance règne.

À l'entrée, je m'arrête. Hancock est en train de parler avec Luffy.

-Tu as bien pris ton argent pour le déjeuner ? elle lui demande tout lui caressant les cheveux.

-Oui, Hancock.

Luffy remet son chapeau de paille, arrêtant ainsi Hancock dans sa manœuvre.

-C'est bien, Luffy.

Elle se penche et lui embrasse le front. Oh, Dieu ce que c'est niais. Luffy l'embrasse à son tour sur la joue, se tourne vers moi et me sourit. Il grimace alors aussitôt à cause de sa joue. Il se précipite alors dans la voiture.

Je passe devant Hancock et lui fais un clin d'œil. Je sais très bien que je n'aurais pas de bisou. De toute façon, ça ne m'intéresse pas. Si c'est pour qu'elle me mette ses microbes partout, non merci.

Je monte dans la voiture et immédiatement, Luffy m'assaille de questions.

-Alors, t'es pas trop stressé pour ta rentrée ?

Ses yeux brillent et une nouvelle fois, je me demande s'il se drogue. Ou si sa persistante bonne humeur fait partie de son caractère.

-Bah non. C'est que des cours.

-Tu penses que tu te feras beaucoup d'amis ?

-Non.

Je ne me fais pas d'illusion, je risque de me sentir bien seul dans ce lycée de bourges. Mais je ne m'en fais pas. De toute façon, je n'ai pas envie de sympathiser avec des gens comme ça.

-Tu penses te faire des copines alors ?

Je fronce les sourcils, pas sûr de comprendre le sens du mot « copine » ici.

-Ouais, elles vont toutes tomber comme des mouches, je dis pour rigoler.

Si elles pouvaient surtout me foutre la paix, ce serait tout aussi bien.

-C'est vrai ? Moi, je n'ai pas de copine ! Je m'en fous un peu en fait. J'ai plein d'amis alors ça va.

Il me sourit, fier de lui.

-T'as quel âge au fait ? je demande parce que je me rends compte que je n'en sais rien. Je ne pense pas qu'on est beaucoup d'années de différence.

-J'ai 13 ans.

-Ah... OK.

Ouais, c'est à peu près ce que je pensais.

-Et toi, t'as quel âge ?

-16 ans.

-Bah ça va, on a que 3 ans de différence. Tu peux me parler de filles si tu veux, ça ne me gêne pas ! fait Luffy, sûrement dans une vaine tentative de sympathiser un peu plus avec moi.

-Rêve.

Et puis finalement, on ne parle plus de tout le trajet et c'est tant mieux. Le chauffeur dépose d'abord Luffy à son collège et à peine a-t-il mis un pied dehors que ses amis lui sautent dessus.

Luffy leur dit bonjour, me fait un signe de la main pour me dire au revoir et bien sûr, je ne lui réponds pas.

-Je pense que vous ne devriez pas parlez de filles devant Luffy et... Peut-être faire attention à votre langage. Luffy est jeune et facilement influençable.

Je soupire, fortement agacé. Sérieux, il peut pas se mêler de ses affaires, lui ? Surtout que c'est lui qui m'a proposé de parler de ça ! Je ne prends même pas la peine de lui répondre. Et dire qu'à la base, j'avais prévu de m'excuser pour mon comportement plus que douteux de la veille... J'en ai plus trop envie maintenant.

Trop tôt à mon goût, j'arrive devant le lycée Marie-Joa. Putain, c'est bien un lycée de bourgeois. Comment des gens peuvent claquer autant de fric juste dans une école ? La bouffe a intérêt à être bonne.

Quand j'arrive, tout le monde me regarde. En même temps, je fais un peu tâche avec mes vêtements et mes piercings. Et encore, ils n'ont pas vu mes tatouages... Je regrette presque de ne pas avoir fait un effort, on dirait que je viens d'un quartier défavorisé ou du ghetto par rapport à tous les élèves. J'essaye de trouver l'accueil ou le secrétariat pour avoir mon emploi du temps et savoir un peu comment ça se passe.

Heureusement, je ne mets pas trop longtemps à trouver l'accueil et mieux encore, la dame de l'accueil qui répond au doux nom de Hina m'a aidé. Le système des salles n'est pas très compliqué, du coup je ne mets pas trop longtemps à trouver la mienne et à me repérer.

J'entre et ne prends pas la peine de saluer le prof. Je crois que j'ai décidé d'être mal poli aujourd'hui ou fainéant. Pratiquement tous les élèves sont installés et le prof fait l'appel. Et comme je le pressentais, vu que je suis nouveau, il me demande de me présenter. Je soupire. A-t-il vraiment besoin de faire ça ?

-Je suis obligé?

Je tente de l'amadouer avec un petit sourire qui ne doit pas ressembler à grand-chose étant donné la tête qu'il fait. A moins que ce ne soit comme ça tous les jours.

-En quelque sorte, oui.

Il me sourit pour m'encourager. Il doit croire que je ne veux pas me présenter parce que je suis timide.

-Oh, si vous insistez. Mais ne croyez pas que je fais ça pour vos jolis yeux !

Il rigole un peu avant de me dire merci. J'ai de la chance qu'il le prenne bien, je sais que certain aurait pris mon compliment pour de l'insolence. Je me lève et me place devant le tableau, prenant bien soin de regarder un point quelconque.

-Je m'appelle Portgas D. Ace, j'ai 16 ans et je suis capricorne. C'est bon ?

-Très bien. Merci, Ace.

Le cours dure deux heures et passe à une allure raisonnable. J'ai envoyé des messages à Law pendant pratiquement tout le cours alors... Quand la cloche sonne, je me dépêche de ranger mes affaires et de sortir mais le prof m'appelle. Je soupire et vais le voir.

-Oui ? je demande tout en envisageant déjà le pire.

-Sabo, est-ce que tu peux venir, s'il te plaît ?

Un blond s'approche, l'air plutôt pas mal, des cheveux blonds mi-longs légèrement ondulés. Il n'a pas trop l'allure d'un premier de la classe alors j'imagine que c'est le délégué.

-Sabo, j'aimerais que tu fasses visiter le lycée à Ace et que tu t'occupes un peu de lui pendant cette semaine.

-Bien sûr, répond-il aussitôt comme si ça ne le gênait pas, ce qui n'est pas tout à fait mon cas.

-Sabo est notre meilleur élève. Il s'occupera bien de toi, Ace.

Pas vraiment motivé, je suis Sabo qui sort de la salle.

-On a histoire maintenant. La prof est très sympa, tu verras et le cours est intéressant.

-Intéressant ?

Je crois pas qu'on ait la même idée du mot intéressant même si j'avoue que l'histoire est une bonne matière, surtout si on se dit qu'il y a pire.

Il s'arrête, me regarde bizarrement et puis reprend sa route comme si de rien n'était.

-Tu n'aime pas trop l'histoire ?

-Si, ça va. C'est juste les cours en eux-mêmes que je n'aime pas.

-Peut-être que le professeur que tu avais avant n'arrivait pas à rendre son cours assez intéressant pour que tu l'apprécies mais tu verras, Mlle Nico Robin est vraiment un bon professeur.

Il sourit. C'est qu'il y croit en plus.

Pendant deux heures, la prof va nous parler de la politique étrangère des États-Unis pendant la guerre froide.

Et elle nous a filé une interro à la fin. Finalement, ça a été. Je me débrouille en histoire comme dans tous les autres cours, c'est juste que les cours... Ce n'est pas tellement mon truc.

A la fin des cours, Sabo m'attend pour qu'on aille manger. Je ne sais pas s'il est au courant mais il est juste chargé de me faire visiter le lycée et de m'aider à m'adapter, pas de devenir mon ami.

-Alors, t'es le délégué ou un truc comme ça ? je lui demande, histoire de parler un peu alors qu'on se dirige vers le self.

-Oui, je suis aussi vice-président du conseil des élèves.

-Ah ouais, cool pour toi, je réponds machinalement.

Je suis sûr que dans deux secondes, il va me dire qu'il est capitaine de l'équipe de foot et sort avec la plus belle fille du lycée - ou la plus cruche, ça dépend.

-Je suis aussi capitaine du club de basket donc si ça t'intéresse, n'hésite pas à me poser des questions.

-Ah oui, quand même... C'est tellement prévisible, je marmonne, amusé d'avoir presque eu raison.

-Quoi ? me demande-t-il en fronçant les sourcils.

-Non, rien. Et sinon, t'as une copine ? je lui demande mais je soupçonne déjà un oui de sa part.

-Heu oui..., répond-il, un peu gêné.

Ce mec est un tel cliché. Je lève les yeux au ciel avant de soupirer mais de toute façon, je ne m'attendais pas à autre chose en venant ici. Cependant, mon attitude un peu moqueuse et mes remarques ne semblent pas lui plaire.

-Y a un problème ?

-Ça dépend de toi. Moi, je n'en vois pas.

Il s'arrête, me forçant à faire de même. On est en plein milieu du couloir qui, à cette heure-là, est noir de monde.

-Je me trompe peut-être mais j'ai l'impression que tu es en train de te foutre de moi.

Je souris sans rien répondre, ce qui lui fait froncer les sourcils.

-Si tu as quelque chose à me dire, vas-y.

Il soupire et croise ses bras sur son torse. Je remarque alors qu'il est plus musclé que ce que je pensais. Rien de surprenant s'il fait du sport.

-Te prend pas la tête, c'est juste que tu me fais bien marrer.

-Ah et pourquoi ça ?

-Délégué, vice-président des élèves, capitaine de basket et une copine pom-pom girl, j'énumère en prenant soin de compter avec mes doigts. T'es un putain de cliché, mec... Ca fait un peu pitié, non ?

Je rigole doucement parce que ce mec est juste trop. Toutefois, malgré ce je viens de dire, il garde un visage avenant et un petit sourire vient même se plaquer sur son visage.

-Je suis désolé si ça ne te plait pas mais comme le rôle du beau brun ténébreux était déjà pris, je n'ai pas vraiment eu le choix.

-Premier arrivé, premier servi, gueule d'ange, je réponds du tac au tac.

Il lève les yeux aux ciel avant de reprendre son chemin.

Monsieur parfait, hein ?

C'est vraiment le jour et la nuit, lui et moi... Et je ne suis pas sûr que tout ça ne me plaise pas. Après un petit moment, je finis par le rejoindre. J'observe autour de moi le luxueux restaurant de Marie-Joa.

Sabo s'arrête quelques secondes, le temps de trouver une table mais alors que je pensais qu'il allait s'asseoir avec ses amis et moi parce qu'il est maintenant évident que je suis obligé de le suivre, il s'installe à une table pour deux. Je m'assois en face de lui et tout en l'observant du coin de l'œil, commence à manger.

-Alors, pourquoi Marie-Joa ? demande-t-il, l'air de rien.

-J'en sais rien. J'ai pas vraiment eu le choix à vrai dire, je réponds sincèrement. J'habitais pas ici avant alors...

Toute de suite, je m'en veux d'avoir dit ça. Ce genre de choses ne le regarde pas.

-Tu es doué, je concède après quelques secondes.

-Je n'ai fait que poser une question.

Il me contemple, impassible, avec ce petit regard innocent. Gueule d'ange, hein ? Il porte bien son nom, même s'il est vrai que ce n'est pas son vrai nom. Pour moi, ça revient au même.

-Eh bien, si tu viens de déménager, je comprends mieux pourquoi tu n'arrives que maintenant. J'espère que tu te plairas ici.

Je reste silencieux, le fixant de mes orbes onyx, attendant qu'il pose la question. Celle qui lui brûle la langue. Pourquoi.

Mais les secondes passent et il ne dit rien. Il mange son plat chaud le plus tranquillement du monde. Mon genou se met à trembler. J'essaie de me détendre, je bouge, appuie dessus pour faire passer mais rien n'y fait.

Ce gars est-il sérieusement en train de me rendre nerveux ? Je ris légèrement, ce qui attire l'attention de Gueule d'ange. Il fronce les sourcils et me fixe intensément. Je le vois prêt à réagir, à dire quelque chose et ce n'est pas bon pour moi.

Calme toi, bordel.

-Est-ce qu...

Il s'arrête soudainement et se met à regarder derrière moi. Intrigué, je fais de même mais ne vois rien de spécial. Je cherche alors plus sérieusement, me disant qu'il a bien dû voir quelque chose pour s'arrêter si soudainement de parler. Je remarque alors un mec à l'entrée en train d'installer quelque chose. Très vite, il branche un ordinateur et cherche quelque chose dessus.

Quelques secondes plus tard, quelques notes s'élèvent, attirant tout de suite l'attention de tous les élèves.

Je reconnais alors la chanson Bang Bang de Jessie J, Ariana Grande et Nicki Minaj.

Une fille assez mignonne, style gothique lolita, s'avance jusqu'au centre de la pièce et monte sur une grande table. Elle jette un regard dédaigneux aux personnes assisses autour d'elle avant de sortir un micro et de chanter.

She got a body like an hour glass
But I can give it to you all the time
She got a booty like a Cadillac
But I can send you into overdrive (oh)

Elle a une belle voix, c'est indéniable. Et un déhanché qui me laisse sans voix. Ses grands yeux ont quelque chose d'hypnotisant, quelque chose qui empêche de détourner le regard.

(You've been waiting for that...
Step on up swing your bat)
See anybody could be bad to you,
You need a good girl to blow your mind, yeah

Bang bang into the room (I know ya want it)

Bang bang all over you (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)
Bang bang there goes your heart (I know ya want it)
Back, back seat of my car (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)

Elle bouge et se déplace gracieusement malgré ses talons qui doivent facilement frôler les 12 centimètres. Une voix vient soudainement s'ajouter à celle de la mignonne gothique lolita. Une autre fille, grande, très grande, s'avance dans le restaurant de Marie-Joa. Comme son amie, elle fait le show. Son corps se meut au rythme de la musique.

She might've let you hold her hand in school
But I'm a show you how to graduate
No, I don't need to hear you talk the talk
Just come and show me what your momma gave (oh, yeah)

(Okay you've got a very big shhh,
Mouth but don't say a thing)
See anybody could be good to you,
You need a bad girl to blow your mind

La gothique lolita descend alors de sa scène improvisée et rejoint l'autre fille. Elle s'approche d'elle, l'air féline, et pendant que son amie termine son couplet, elle danse. C'est sensuel...

Bang bang into the room (I know ya want it)
Bang bang all over you (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)
Bang bang there goes your heart (I know ya want it)
Back, back seat of my car (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)

Elles se mettent à danser ensemble et ça rend la chose assez sexy. Leurs deux voix ont quelque chose de vraiment sublime. Elles se déplacent ensuite, allant narguer les filles et les mecs ici et là, l'air de leur dire « regardez nous, ne voyez que nous. »

Une autre voix s'élève et je me demande alors combien elles sont finalement. Celle qui vient d'arriver est très différente des deux filles précédentes. Avec une voix...

(You know what, girls?
Let me show you how to do.)
It's Myx Moscato
It's friends in the bottle
It's Nicki full throttle
It's all, all
Swimming in the grotto
We winning in the lotto
We dipping in the pot of blue pho-to
Kidding so good
This drippin' on wood
Get a ride in the engine that could go
Batman Robin it bang, bang, cocking it
Queen Nicki dominate, prominate
It's me, Jessie, and Ari
If they test me they sorry
Riders umph like Harley
Then pull off in this Ferrari
If he hangin' we bangin'
Phone rangin', he slangin'
It ain't karaoke night but get the mic 'cause I'm singing (uh)

B to da' A to da' N to da' G to da' uh (baby)
B to da' A to da' N to da' G to da' hey
See anybody could be good to you,
You need a bad girl to blow your mind (your mind)

Elles chantent toutes les trois, se jetant des regards ici et là à travers la pièce.

Bang bang into the room (I know ya want it)
Bang bang all over you (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)
Bang bang there goes your heart (I know ya want it)
Back, back seat of my car (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)

Bang bang into the room (I know ya want it)
Bang bang all over you (I'll let ya have it)

Yo, I said bang, bang, bang, bang, bang, bang
Bang, bang, bang, bang, bang, bang, bang

Bang bang there goes your heart (I know ya want it)
Back, back seat of my car (I'll let ya have it)
Wait a minute lemme take you there (ah)
Wait a minute till ya (ah)

La musique se termine aussi brutalement qu'elle a commencé, me laissant sur ma faim. Je reste encore un moment figé sur l'image de ces trois filles qui ont si bien fait le show il y a quelques minutes encore.

-Ça t'a plu.

La voix de Gueule d'Ange me sort de ma contemplation. Un peu surpris, je le regarde, les sourcils froncés.

-Quoi ?

-Je disais que ça t'avais plu.

Il me montre le coin de sa bouche, l'air taquin.

-Tu en as encore, là.

Involontairement, je m'essuie le coin de la bouche avant de me rendre compte qu'il se fout de moi.

-Très drôle.

-C'est toi qui le dit.

-C'était quoi ça ? Des intermittentes du spectacle ?

-Des intermittentes...

Il esquisse un léger sourire.

-Non, ce sont les filles du Glee Club.

-Et ça pose de problème à personne qu'elles se mettent à danser sur les tables du resto ? je demande, assez surpris par ce qu'il me dit.

Je ne savais pas qu'il y avait ce genre de club ici.

-Non. C'est une semaine assez spéciale qui vient de commencer. Les inscriptions pour les différents clubs du lycée sont ouvertes. Chaque club fait le maximum pour recruter le plus de membres possible. Ceux qui en possèdent le moins commence les premier et ceux qui en ont le plus passent le dernier jour. Ça permet aux petits club d'avoir la priorité et la chance de recruter de nouveaux membres. La plupart du temps, tout le monde veut faire partie du club de foot, de basket, de cheerlearders, d'athlétisme et j'en passe.

-Ouais..., je réponds, faute de mieux.

-Tu as fini ?

J'acquiesce et d'un même mouvement, on se lève.

En sortant, on passe à côté des lycéennes du Glee Club qui distribuent des flyers. Je ne sais pas si elles vont avoir beaucoup de monde mais ce qui est sûr, c'est qu'elles ont fait très fort.

-Cette représentation vous était offerte par le Glee Club ! N'hésitez pas à nous rejoindre, vous serez les bienvenus en tout cas. Je vous prêterai une de mes filles si vous le faites !

-Président !

J'étouffe un rire quand j'entends ça. En tout cas, ils sont marrants.

-J'aimerais me poser dans un endroit tranquille, je dis à Sabo en espérant qu'il comprenne que je sous-entends par-là que je veux être seul.

-Oui, bien sûr.

Je me dirige vers la cours et je lève les yeux au ciel quand je vois qu'il me suit. Je cherche un endroit à l'écart et commence à m'allumer une clope. Aussitôt, je l'entends pousser un hoquet de surprise. Il me prend ma clope et l'éteint avant de la balancer dans une poubelle. Je le regarde faire, sidéré.

-Tu ne peux pas fumer ici, Ace, c'est interdit ! Si quelqu'un t'avais vu, tu te serais fait renvoyer ! dit-il d'un ton professoral.

-Et t'as jeté ma clope pour ça !?

Je lui lance un regard noir avant de sortir une autre cigarette de mon paquet. Malheureusement, comme tout à l'heure, il me la prend mais cette fois, je ne lui laisse pas le temps de la jeter. Je lui attrape le poignet que je serre fort dans le but qu'il lâche prise. Il gémit de douleur et lâche la cigarette que je réceptionne aussitôt. Il se masse le poignet. Je lui ai fait mal apparemment. Je ne pensais pas avoir mis autant de force, c'est bizarre.

-Si je veux fumer, je fume, alors occupe-toi de tes affaires.

Ma phrase sonne comme un avertissement. Ses sourcils froncés et sa mine renfrognée me prouvent qu'il l'a bien compris.

Ne joue pas trop avec moi, tu pourrais le regretter.


« Tout ce que tu peux faire dans la vie, c'est être toi-même. Certains t'aimeront pour qui tu es. La plupart t'aimeront pour les services que tu peux leur rendre, d'autres ne t'aimeront pas. »

Rita Mae Brown

Sabo


Lundi 21 Novembre 2016

Je le regarde fumer, ne sachant pas trop si je dois de nouveau intervenir. Je jette un coup d'œil autour de nous, surveillant les alentours. Si quelqu'un nous voit, nous allons très certainement avoir des ennuis. Je fixe de nouveau Ace et je suis abasourdi par tant de calme. Il continue de fumer sereinement et ne semble aucunement dérangé par le fait que ce qu'il fait est interdit et qu'il pourrait être renvoyé pour ça.

Je devrais certainement lui reprendre sa cigarette mais je n'ose rien faire. Je masse mon poignet dans l'espoir de faire diminuer la douleur. La chute que j'ai faite lors de mon dernier entraînement me semble plus grave que ce que je pensais. Et ce qu'a fait Ace n'a rien arrangé à mon articulation douloureuse.

Je baisse la tête, perdu.

Il m'a vraiment fait mal tout à l'heure. J'espère que j'ai juste un bleu. Je ne peux pas me permettre de manquer les entraînements de basket.

Je n'arrive pas à croire que quelqu'un comme lui a été accepté dans ce lycée. Je ne suis pas du genre à juger les gens sans les connaître mais... Ace ressemble à ces idiots d'Impel Down. Il parle mal, est vulgaire et ne s'habille pas d'une manière appropriée. On est en novembre et il porte juste un débardeur noir avec une veste aux manches trois quarts. Et je ne parle même pas de son pantalon qui laisse voir son... Non, je n'en parle pas finalement.

Et puis ses bijoux. Quelle idée de porter des boucles d'oreilles ! Le collier à perles passe encore, même si je trouve ça un peu limite...

Quand je sens que lui aussi me fixe, je détourne les yeux. Je suis certain qu'il m'a vu le détailler. Je sens mes joues chauffer, j'ai un peu honte de moi. Je l'ai regardé comme une bête de foire alors que ce genre d'attitude ne me ressemble pas du tout en temps normal.

-T'es pas obligé de rester, tu sais.

-Marco m'a chargé de m'occuper de toi. Et puis, tu ne sais pas où est le prochain cours.

Je l'entends soupirer et moi, je souffle de soulagement quand je vois qu'il a enfin fini sa cigarette. Je crois bien que je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si quelqu'un nous avait vus. Il laisse tomber sa cigarette au sol, l'écrase et commence à partir. Je le dévisage, complètement choqué, avant de vite me ressaisir, de sortir un mouchoir de ma poche, d'envelopper la cigarette avec et de la jeter à la poubelle.

Quand je cours pour le rattraper, je vois qu'il me fixe bizarrement. Je crois que ça l'a étonné que je ramasse sa cigarette. Moi, c'est plutôt le fait qu'il ait fumé ici alors que c'est strictement interdit et qu'il ait en plus jeté sa cigarette par terre qui m'étonne. Nous ne pensons pas du tout de la même façon, ça c'est sûr.

Après ça, nous avons rejoint Sanji et Nami. Nous avons longuement discuté en attendant le prochain cours. J'ai bien vu qu'Ace n'était pas très heureux. Il n'a pas vraiment l'air d'apprécier Nami et Sanji. Cela dit, je ne pense pas qu'il m'apprécie non plus.

L'après-midi s'est plutôt bien passé étant donné que je n'ai pas eu cours avec Ace. Je l'ai juste retrouvé aux intercours pour l'amener à sa prochaine salle. Enfin, j'avais beau lui dire de m'attendre à la fin de ses cours, il ne l'a jamais fait, ce qui m'a obligé à lui courir après.

Le premier jour de parrainage est terminé. Il n'en reste plus que quatre. Je ne sais pas si j'y arriverais... Quand Ace ne m'ignore pas, il me parle mal. Il ne veut pas que je sois constamment sur son dos et affirme ne pas avoir besoin d'aide pour se familiariser avec les lieux.

Sincèrement, j'aimerais bien moi aussi ne plus avoir à le côtoyer. Ace ne m'apprécie pas et me le fait bien sentir. J'avoue que si je dois encore rester avec lui toute la semaine et être traité comme un moins rien, je vais sûrement être vite fatigué. Je ne le déteste pas mais je ne l'apprécie pas. En plus de ça, il est un peu bizarre.

Je suis maintenant devant le lycée Marie-Joa à attendre que mon chauffeur arrive comme les trois quarts des élèves présents ici. Je regarde mon poignet et je grimace quand je vois qu'il a légèrement enflé et qu'il y a une petite marque violacée dessus. J'espère vraiment que j'ai juste un bleu mais je ne me fais pas d'illusion. Si c'était le cas, mon poignet n'aurait pas gonflé. Ou tout du moins, pas à ce point.

Je le touche légèrement et je grimace de plus belle. Il l'a juste serré très fort à peine une minute, comment a-t-il pu me faire aussi mal ? Après ma chute, je n'avais presque pas eu mal, enfin après coup. Je repense alors à la vive douleur que j'avais ressenti en tombant sur mon poignet. Ce jour-là, de la glace avait suffi.

-Sabo!

Je relève la tête juste à temps pour voir Koala me sauter dessus. Je rougis un peu. Elle doit être de bonne humeur pour me bondir dans les bras comme ça. Elle s'éloigne et me regarde en me souriant. Elle est belle. Je lui prends doucement les mains et fixe mon regard dans ses beaux yeux marron.

J'ai envie de l'embrasser.

Mais je n'ose pas. Je suis assez pudique sur cette chose, et n'aime pas me donner en spectacle. Nous sommes à la sortie des cours devant le lycée. Il y a des élèves partout et je ne veux pas faire ça alors que tout le monde pourrait nous voir. Ici, nous sommes ce que l'on peut appeler des personnes populaires et juste pour ça, nous sommes épiés à longueur de journée. Ça m'énerve un peu, j'ai l'impression que ma vie ne m'appartiens pas... Je sais que je ne devrais pas y prêter attention à tout ces regard mais c'est plus fort que moi.

-Je ne t'ai pas vu à midi, je fais.

-J'étais à la bibliothèque et je n'ai pas vu le temps passé. Et puis quand j'ai enfin réussi à décrocher de mes bouquins, il était 12h45 et le restaurant était fermé alors je suis juste partie m'acheter quelque chose à la cafétéria.

Koala est un peu tête en l'air alors ça ne m'étonne pas du tout. Je trouve que ce petit défaut la rend encore plus mignonne.

Et puis finalement, je me lance. Je dépose un léger baiser sur ses lèvres. Elle rougit, me sourit et détourne le regard. Je ne peux pas le voir mais je suis sûr que je suis dans le même état. Je me penche de nouveau vers elle dans le but d'échanger un second baiser tout aussi chaste mais plus long, plus savoureux.

Je relève la tête et je vois mon chauffeur arriver. Je dis au revoir à ma petite-amie et monte dans la voiture. Je grimace fortement quand, sans le faire exprès, je m'appuie sur mon membre douloureux.

-Monsieur, est-ce que vous allez bien ?

-Non... Je me suis fait mal au poignet.

J'ai tellement mal que j'ai envie de pleurer. Ce n'est pas normal.

-Je vous emmène chez le médecin.

J'essaye de protester mais il ne veut rien entendre. Je ne veux pas y aller, je suis sûr que le médecin me fera une dispense de sport et je ne veux pas. Malheureusement, je n'ai pas le choix.

Deux bonnes heures plus tard, je suis enfin de retour chez moi. Le cabinet du docteur Kureha était bondé. Et comme je l'avais pressenti, elle m'a fait une dispense.

Je monte dans ma chambre et fait rapidement mes leçons. Quand j'ai enfin fini, je grimpe sur mon lit et décide de lire un bon livre en attendant le dîner.

Je n'ai que ça à faire de toute façon. Personne ne se parle dans cette maison. Mon frère m'ignore, mon père n'est jamais là et quand il l'est, je préférerais qu'il ne le soit pas. Et ma mère quant à elle, elle s'enferme dans sa chambre et n'en sort jamais. Alors je me contente de rester dans ma chambre, de travailler d'arrache-pied mes cours et de lire des livres, toujours et encore. Je n'ai pas besoin de porter un masque entre les quatre murs de ma chambre.

Je peux être moi-même.

Je stoppe ma lecture quand j'entends mon téléphone sonner. Je souris en voyant le nom de ma petite amie s'afficher.

-Coucou !

J'adore Koala, elle est toujours de bonne humeur et passe son temps à sourire même si je sais que ce n'était pas le cas avant.

-Coucou. Ne me dis pas que je te manque déjà ?

-Tu sais bien que non.

Elle rigole et moi aussi.

-Je voulais savoir si tu avais quelque chose de prévu vendredi soir ?

-Normalement, je n'ai rien de spécial de prévu. Pourquoi ?

D'un coup, le silence se fait de l'autre côté de la ligne. Et bizarrement, ça m'inquiète. J'appréhende un peu la suite de la conversation.

-L'équipe de football organise une fête pour le début du tournoi de foot inter-lycées.

Je soupire. Je n'aime pas trop les soirées de ce genre. Et Koala le sait. Maintenant, je comprends mieux son silence de tout à l'heure. J'aime bien l'équipe de foot. Avec l'équipe de basket, nous n'avons pas vraiment de problèmes pour nous entendre avec les joueurs des autres équipes. Koala fait partie des cheerleaders alors ça ne m'étonne pas vraiment qu'elle participe à cette soirée.

-S'il te plaît, Sabo. Il y aura même l'équipe de basket donc tu ne te sentiras pas trop seul !

-Je vais y réfléchir.

On parle encore un peu. Je lui dis que je l'aime, elle aussi, et puis on raccroche.

Jeudi 24 Novembre 2016

Aujourd'hui bizarrement, Ace s'est plutôt bien conduit. En fait, depuis qu'il m'a vu arriver mardi avec mon bandage au poignet, il est correct avec moi. Je ne suis pas sûr mais je crois qu'il regrette ce qu'il m'a fait lundi. Car il n'y a aucun doute à avoir, c 'est à cause de lui que j'ai une entorse. En tout cas, c'est ce que j'aime à penser. C'est ce qu'il croit et il s'en veut, j'en suis presque sûr. Mais il a beau s'en vouloir, il ne s'est pas excusé pour autant.

Il est 15h et je suis avec Sanji à la cafétéria le temps du déjeuner. Ace a dessin et n'a de ce fait pas de pause. Je l'apprécie un peu plus qu'avant mais je suis tout de même assez content quand je me dis qu'il ne me reste plus qu'un jour à le parrainer.

-T'as lu le journal de l'école aujourd'hui ?

Je secoue la tête pour lui dire que non.

-Et bah lis le alors, je pense qu'il devrait t'intéresser. Il parle de vos prochains adversaires.

-Merci.

Je feuillette le journal, lis l'article qui m'intéresse et le redonne à Sanji.

-Il parle aussi d'une nouvelle application que le journal vient de mettre en place, me dit Sanji tout en continuant à le lire.

-C'est plutôt inattendu.

-Ouais, je suis d'accord avec toi. C'est une application qui te permet d'échanger de manière anonyme avec les autres élèves de Marie-Joa. Je pense que c'est une idée du lycée pour surveiller un peu ce qu'on fait. Et sans doute à terme, nous faire quitter tous les autres réseaux sociaux pour n'avoir que celui-ci…

-Ce n'est pas forcément une mauvaise idée. A voir. Tout comme toi, je pense que cette application sera assez surveillée. Elle reste anonyme et je ne pense pas que les élèves le feront mais il y a toujours le risque que certains écrivent des propos diffamatoires ou insultants.

-Ouais, c'est vrai. Je ne sais pas trop si c'est une bonne application mais ça a l'air de marcher. Ça fait juste une semaine qu'elle a été mise en place et un peu moins de la moitié des élèves y sont déjà inscrits.

Je souris face à cette constatation. Le fait de pouvoir dire ce que l'on veut de manière anonyme a quelque chose d'attrayant. Au fond, c'est une autre façon de porter un masque.

-Et sinon, est-ce qu'il y a quelque chose d'autre d'intéressant dans le journal ?

-Non.

Il soupire et je crois déjà savoir ce qu'il va me dire.

-Quelques nouvelles sans intérêt et la question de la semaine.

-C'est quoi ?

-Qu'est-ce que vous feriez s'il ne vous restait qu'un jour à vivre ?

Sanji lève les yeux au ciel. Il trouve que les questions du journal sont stupides. Je suis un peu d'accord avec lui. C'est vrai qu'elles poussent à la réflexion mais soyons honnêtes, on ne peut pas vraiment répondre à ce genre de question. C'est comme si on nous disait « Votre mère et votre petite amie sont coincées dans un immeuble en feu. Vous avez le temps de n'en sauver qu'une, qui sauvez-vous ? » Que voulez-vous répondre à ça...

On ne peut jamais être sûr que ce que l'on va dire aujourd'hui sera vrai demain.

Une musique retentit dans les hauts parleurs. La pause est finie, il est temps de retourner en cours.

Vendredi 25 Novembre 2016

Ça fait une heure que Koala et moi sommes arrivés et la fête bat déjà son plein. Je m'étonne encore de la vitesse à laquelle les choses ont commencé à dégénérer. L'alcool coule à flot et la musique beaucoup trop forte agresse mes tympans. Certaines personnes ont commencé à monter dans les chambres du haut, d'autres n'ont malheureusement pas eu assez de décence pour le faire. Certains rigolent pour un oui ou pour un non alors que d'autres sont en train de vomir dans les toilettes.

Ce spectacle est affligeant. Je ne comprends pas pourquoi les gens ont besoin de se mettre dans cet état-là. Ne peuvent-ils pas se contenter de s'amuser simplement, sans que l'alcool ne vienne s'ajouter à cela ? Pour se mettre bien qu'ils disent. Depuis quand a-t-on besoin de boire autant pour être bien ? Être à une fête avec ses amis, la musique à fond, ça ne suffit plus pour être bien ?

En voyant toutes ces personnes ici, dans cet état, on a du mal à croire que ce sont les mêmes qui chaque jour, vont au lycée Marie-Joa. Tout est une question de faux semblant et de sourire hypocrite. Je ne peux rien leur reprocher. Je me prête à ce jeu chaque jour un peu plus.

Comment Koala arrive-t-elle à apprécier ce genre de fête... Je souffle et me lève du canapé sur lequel j'étais assis depuis le début pour aller prendre l'air. Je m'éloigne un peu de la maison, marche, tourne en rond dans le jardin. Malheureusement, la musique est toujours trop forte, assourdissante à mes oreilles. Je ne m'amuse pas du tout, j'ai envie de rentrer mais j'ai promis à ma petite amie de rester au moins jusqu'à minuit.

Je me suis défilé trop longtemps, je ne peux pas lui faire ça. Je trouvais toujours une excuse pour ne pas venir aux fêtes organisées par les élèves du lycée, je n'aime pas ça. Et je sais qu'à la longue, ça a commencé à en agacer plus d'un. Mais je ne peux pas leur en vouloir, je sais bien que je suis gentil mais ennuyeux à mourir. Alors que certain préfère sortir en boîte ou à des soirées, moi je préfère rester tranquillement dans mon lit et lire des polars...

Je regarde ma montre et je soupire en voyant qu'il est tout juste 22h00. Le temps va être long… Affreusement long.

Après avoir marché quelques minutes, je retourne dans la maison et aussitôt, Koala vient me voir.

-Où tu étais ? Je t'ai cherché partout !

Je ne peux m'empêcher de loucher sur son verre d'alcool à moitié vide. Koala a beau apprécier ce genre de fête, elle ne va jamais jusqu'à faire comme certaines filles ou garçons et boire jusqu'à ne plus se souvenir de son nom. Je ne sais pas si c'est à cause de moi ou alors si elle agit réellement comme ça, même quand je ne suis pas là.

-Désolé, j'avais besoin de prendre un peu l'air.

Elle me sourit et me prend les mains avant de commencer à m'emmener en haut. Elle cherche une pièce vide et finit par tomber sur une chambre où on s'enferme. Je m'assois aussitôt sur le lit et me prend la tête dans les mains.

-Voilà, là au moins on est au calme !

Elle rigole.

-Merci. J'avais de plus en plus de mal à supporter la musique.

Elle fait une petite grimace.

-À ce point-là ?

Je me contente de lui répondre par un petit sourire. Elle vient m'embrasser sur la joue et s'excuse de m'avoir un peu forcé la main pour venir. Je hausse les épaules, il ne faut pas trop qu'elle s'en fasse pour moi.

Elle revient alors m'embrasser mais sur la bouche cette fois. Je ferme les yeux et me concentre sur le baiser. On s'embrasse longuement. Je suis trop fatigué pour ressentir quelque chose. En tout cas, c'est l'excuse que j'utilise pour expliquer le fait qu'embrasser ma copine ne me fait rien ressentir. Koala, ma belle Koala si douce, ne se rend compte de rien et continue de m'embrasser. Je la sens sourire à travers ce baiser, je la sens amoureuse. Inconsciemment, je sers les poings. Si elle savait... Koala rigole. Je me force à l'imiter mais le cœur n'y est pas.

J'aime les moments que je passe avec elle. Je ne dirais pas que je peux être moi-même mais je peux être plus détendu. Je ne me sens plus obligé de tout faire pour être parfait.

On continue de s'embrasser et d'un coup, je me crispe quand je sens sa langue venir lécher timidement ma lèvre inférieure. Je la repousse gentiment et je la fixe, un peu perdu.

-Désolée, je crois que j'ai pris un verre de trop.

Elle me sourit timidement.

-Non t'inquiète, c'est juste que ça m'a surpris.

Je lui prends la main et lui sourit tendrement.

Elle se racle la gorge et j'attends qu'elle se lance car apparemment, elle a quelque chose d'important à me dire.

-Sabo... J'ai un peu réfléchi et je... Je me sens prête à ce qu'on aille un peu plus loin tous les deux. Et toi ? me demande-t-elle, le rouge aux joues.

Quoi et moi ? Je sens mes mains devenir moites sous le coup du stress. On a que 16 ans Koala et moi, on est encore trop jeune pour sauter le pas. Non ? Non... La plupart de mes amis ont déjà sauté le pas, Sanji aussi... Je devrais en avoir envie, je devrais être excité par ce qu'elle me dit. Mais rien. Tout ce que sa révélation déclenche comme réaction en moi, c'est du stress. Une énorme quantité de stress.

-Je ne dis pas qu'on doit faire l'amour mais..., balbutie-t-elle, gênée par mon silence. C'est juste que les baisers ne me suffisent plus, m'avoue-t-elle, les yeux baissés.

Je dois dire quelque chose maintenant. Maintenant. J'ouvre la bouche mais rien ne me vient à l'esprit. Tout ce que je peux faire, c'est regarder Koala, le rouge aux joues, qui essaye de faire avancer notre relation. Je n'en ai pas spécialement envie mais je veux bien faire un effort pour elle. Peut-être que j'aimerais ça. Je vais aimer... Certainement.

Un peu brusquement, presque violemment, j'attire Koala à moi. Je l'embrasse un peu timidement avant de prendre de l'assurance et de pénétrer sa bouche de ma langue. Très vite, elle passe ses bras autour de mon cou et un peu déstabilisé, je tombe sur le lit. Koala me suit dans ma chute et pas le moins du monde gênée, passe ses jambes de part et d'autre de mon bassin. On continue à s'embrasser. C'est maladroit mais c'est agréable... En quelque sorte.

Je suis perdu, ne sachant pas vraiment quoi faire de mes mains. J'essaie de rester concentré sur ce que je fais. Concentré. Ne penser qu'à elle, encore et toujours, à personne d'autre. Qu'elle. A bout de souffle, Koala interrompt le baiser. Elle me sourit et à travers ses longs cils, je peux voir cette lueur au fond de ses yeux. Cette lueur que je désespère un jour de voir dans les miens.

Elle continue de me sourire et attend que je fasse quelque chose mais je ne suis pas vraiment à l'aise et je ne sais pas du tout ce qu'il faut que je fasse. Est-ce que je dois la toucher ? En bas, la fête continue. J'entends les gens rirent, j'entends la musique plus forte que jamais. Toujours la même qui tourne en boucle depuis tout à l'heure. Mirror. Je crispe mes doigts sur les draps du lit et avale difficilement ma salive.

Look at me when I'm talkin' to you
Regarde-moi quand je te parle
You looking at me but I'm lookin through you
Tu me regardes mais je vois à travers toi
I see the blood in your eyes
Je vois le sang dans tes yeux
I see the love in disguise
Je vois l'amour qui est déguisé
I see the pain hidden in your pride
Je vois la douleur cachée dans ta fierté
I see you're not satisfied
Je vois que tu n'es pas satisfait
And I don't see nobody else
Et je ne vois personne d'autre
I see myself I'm looking at the
Je vois que je regarde dans le

Mirror on the wall, here we are again
Miroir sur le mur, nous y voilà une fois de plus
Through my rise and fall,
A travers mes hauts et mes bas,
You've been my only friend
Tu as été mon seul ami
You told me that they can understand the man I am,
Tu m'as dit qu'ils peuvent comprendre l'homme que je suis,
So why are we here talkin' to each other again ?
Alors pourquoi on se parle, ici une nouvelle fois ?

Qu'est-ce que je suis en train de faire !? Mon souffle se fait de plus en plus saccadé. Je ferme les yeux et essaie de me ressaisir. Koala est mon amie. Ma meilleur amie et ma copine également. Je l'aime à ma façon et je ne veux pas lui faire de mal.

Alors doucement, je la caresse. Une main sur sa joue qui finit lentement par glisser une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Je continue, encouragé par ses yeux qui pétillent toujours un peu plus.

Elle est mon amie, mon amante, celle qui me fait m'aimer un peu et que j'aime toujours un peu plus.

xXx

Le temps s'est rafraîchi. Assis sur les marches du perron, j'observe la lune. Je suis seul dehors, appréciant la bruine de la nuit. Koala et moi sommes descendus depuis une quinzaine de minutes. J'ai fait semblant de ne pas voir les regards que certains nous ont jeté et suis sorti tout de suite. Koala est restée à l'intérieur à parler avec ses copines de choses qui ne m'intéressent pas. Je sors mon portable et me connecte à l'application du lycée, Piece. Je regarde un peu ce que les gens ont posté et les réactions des uns et des autres à travers leurs commentaires.

En lire certain me redonne un peu le sourire.

Je n'aime pas trop les réseaux sociaux, c'est pourquoi j'ai beaucoup hésité à m'inscrire sur celui-là. Mais finalement, je ne suis pas obligé d'écrire ce que je pense, je peux tout aussi bien me contenter de juste lire ou de commenter, ce qui me donne tout de même une certaine liberté.

Mais bizarrement ce soir, j'ai envie d'écrire quelque chose. Pas forcément ce que je pense, mais juste un petit quelque chose...

Je prends une grande inspiration et me lance.

Posté à 23h18 sur Piece :

« Que ferais-tu s'il ne te restait qu'un jour à vivre ? »

Straw Berry.

Je n'arrive pas à croire que j'ai vraiment écrit ça. Le journal de l'école déteint sur moi. Je fixe mon portable, appréhendant un peu les possibles réponses que je peux avoir.

Posté à 23h22 sur Piece :

« J'essayerais de vivre plus longtemps. Un jour, c'est trop court pour vivre. »

Anonyme.

Petit à petit, je reçois des réponses suite à la phrase que je viens de publier mais étrangement, mes yeux n'arrivent pas à se détacher de cette phrase qu'a écrite Anonyme.

Trop court ? Sans doute...


Dans le prochain chapitre :

-Sabo... J'ai mal au ventre... Et j'ai la tête qui tourne...

Gueule d'Ange fronce les sourcils, surpris.

-Est ce que tu as bu, Luffy?

Luffy me regarde et baisse la tête. Gueule d'Ange a dû le voir car il me dévisage aussi pendant quelques secondes, complètement choqué, avant de reporter son attention sur Luffy. Il lui chuchote quelques mots à l'oreille puis sort son portable et compose un numéro, il attend quelques secondes mais personne ne répond lors, il jure et raccroche avant de se reconcentrer sur Luffy.

Et moi, je reste en retrait. J'ai toujours cette envie de me laver les mains. D'enlever la crasse, l'impureté, de conjurer le sort. Je ne peux pas rester comme ça ou quelque chose va arriver. Me laver les mains me soulagera.

-Tu l'as fait boire ! m'accuse alors Sabo, me sortant de mon état de transe.

-Oh, c'est bon, c'était juste un peu. C'est pas ma faute s'il tient pas l'alcool.

Je sais, je me défile mais il me saoule à me faire la leçon. Sérieux, il se prend pour qui ?

-C'est pas sa faute, Sabo... C'est moi qui voulait goûter.

-T'as vu ? Même lui dit que j'y suis pour rien.


Et voilà comme promis le chapitre 2 qui j'espère vous aura plus. La rencontre Ace et Sabo n'a pas tarder à arriver mais elle ne c'est pas particulièrement bien passer! Ace n'est pas très sympa avec Luffy, c'est normal j'ai voulu respecter un peu le manga étant donner qu'Ace crache sur ce pauvre Luffy lors de leurs rencontre. Merci d'avoir lu et à bientôt! N'hésitez pas à commenter ça me fait vraiment plaisirs et ça m'aide à savoir ce que vous pensez de cette histoire, s'il y a des choses à améliorer ect...

Je poste la suite le mercredi 07 décembre.