Bonjour ! Autant de reviews pour un premier chapitre... Je ne sais pas quoi dire, j'ai l'impression que juste merci ça fait bien trop peu. Mais MERCI !

Je ne peux pas répondre aux "guests" mais il est évident que je vous remercie même si je n'ai pas pu le faire en privé.

J'espère n'avoir oublié personne.

Voici le chapitre 2, j'espère qu'il vous plaira.

Merci à Shukrat et Garfieldown pour la bétaïsation.

Bonne lecture.

Chapitre 2

Hermione était professeur des sortilèges depuis maintenant deux ans. Le professeur Flitwick avait pris sa retraite dès la fin de la formation de la jeune femme. Elle était à présent collègue avec quelques-uns de ses anciens professeurs mais également d'anciens camarades de classes. Neville Londubat était maintenant professeur de botanique remplaçant Pomona Chourave qui avait quitté le château en même temps que Filius. Anthony Goldstein enseignait les potions, en effet, la malédiction étant levée Severus Snape avait pris définitivement le poste de professeur de défense contre les forces du mal. Il n'en était pas peu fier. Tous les autres professeurs s'accrochaient à leur poste comme une moule à son rocher.

Minerva venait d'annoncer que le directeur avait décidé d'organiser une sorte de classe de mer avec uniquement les professeurs. Tout le monde avait l'air horrifié ou en colère, tout le monde exceptés Hermione et Neville. La rouge et or s'approcha du botaniste et lui dit en chuchotant :

« Tu connais la raison de ces réactions ? Severus m'a postillonnée dessus de colère, Rolanda commence à baver… Pomona ne t'a parlé de rien en partant ? Une sorte de mise en garde ? C'est bizarre que Filius ne m'ait rien dit ».

Neville se mit à réfléchir, après une bonne minute de réflexion intense, il planta un regard qui n'exprimait rien d'autre qu'un immense vide dans celui d'Hermione, et répondit :

« Je ne me souviens pas l'avoir entendu mentionner ce genre de souvenir… Sauf une fois où elle avait fumé un truc chelou à la pipe, elle m'a avoué avoir peur des cagettes en bois depuis un séjour qu'Albus avait organisé avec tous les profs. Puis elle est partie sur une histoire de dents et de cagettes… J'ai pas tout compris. Elle mélangeait les insultes envers Rolanda. J'en sais pas plus. »

Hermione devint pensive, il fallait qu'elle mène sa petite enquête avant de partir en Camargue afin de savoir dans quoi elle mettait les pieds. Pour le moment elle voyait cette opportunité comme un moyen de mieux connaitre ses collègues et de se lâcher après une année scolaire à enseigner à des ados aussi vifs que des véracrasses sous cannabis. En plus elle aimait bien la Camargue, elle y était allée avec ses parents avant d'entrer à Poudlard, elle en gardait un très bon souvenir. Elle avait appris à monter à cheval là-bas. Il lui restait 6 mois pour résoudre ce mystère. En attendant il fallait qu'elle continue à travailler.

OOooOOooOO

Deux semaines s'étaient écoulées depuis l'annonce de McGonnagall et les professeurs avaient tous repris une vie normale d'enseignant. Hermione n'avait en rien laissé tomber son enquête mais tout piétinait. Dès qu'elle posait une question à un de ses collègues, elle se ramassait des regards haineux, et des paroles pour le moins expéditives étant donné que l'échange se limitait à :

« J'ai besoin de m'organiser un peu, pour ça j'ai besoin de savoir ce qui nous attend en Camargue cet été. Vous pouvez me renseigner s'il vous plait ? »

Et à chaque fois la réponse était la même, à peu de choses près :

« Je ne vois pas pourquoi vous me posez la question à moi, je n'ai rien à dire sur le sujet. Oh j'oubliais, j'ai un chaudron sur le feu, une baguette à astiquer, des copies à corriger… » Toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas parler de ce voyage.

Hermione était dans le flou. Il ne lui restait plus qu'un professeur à aller voir : Severus Snape, la terreur des cachots.

Après avoir attendu des jours et des jours pour aller lui parler, Hermione se souvint qu'elle était une Gryffondor, elle était donc supposée être courageuse. Mais les jours étaient tellement passés vite qu'elle se retrouva au bal de la Saint Valentin désignée comme surveillante des saladiers de punch sans alcool, et de rondes toutes les deux heures dans les allées du parc de l'aile ouest.

Severus avait été nommé surveillant général. Son poste consistait à observer tous les élèves et de prévoir à l'avance les blagues douteuses de ceux-ci, de confisquer également tous les produits venant de la boutique des Weasley comme les filtres d'amour et autres cupidons enjôleurs.

La discussion n'allait pas être facile. Hermione soupira et envoya un sort de décharge électrique à un petit plaisantin qui essayait de mettre du rhum dans les punchs. Ce sort était d'ailleurs bien pratique, la lionne l'avait créé lors de sa première année en tant qu'enseignante après qu'un élève lui ait malencontreusement envoyé un lutin de Cornouaille putréfié dans la tête. Elle avait mis une semaine à se débarrasser de l'odeur de cadavre qui avait envahi sa chevelure broussailleuse. Le sort était plus effrayant et humiliant que douloureux et était surtout dissuasif. La jeune professeur avait gagné le respect des élèves de cette façon. Neville arriva pour prendre la relève sur les saladiers, pendant qu'elle irait faire la ronde. La jeune trentenaire enfila sa veste, ses gants, son bonnet, son écharpe et fila prendre l'air, baguette en main, prête à débusquer les couples d'amoureux qui jouaient à touche pipi planqués dans les buissons.

Alors qu'elle marchait, pensive, des pas se firent entendre. Elle releva la tête et aperçut une silhouette sombre. Elle sourit, ça y était, elle allait l'avoir sa discussion, elle allait finir par apprendre les horreurs que les professeurs avaient subies lors de cette excursion mystère.

« Ah Severus vous tombez bien, j'ai attendu longtemps avant de vous avoir pour moi toute seule » dit Hermione alors que Snape arrivait à sa hauteur.

A ses mots, le professeur de DCFM s'arrêta net, fixa Hermione d'un air torve. Severus était inquiet, pourquoi voulait-elle se retrouver seule avec lui. Elle n'allait pas lui faire des avances au moins ?

« Comment ça pour vous toute seule ? Vous croyez que j'ai le temps de conter fleurette à une gamine à peine sortie du sein de sa mère ? Si vous êtes tant en manque que ça allez trouver le cauchemar des chaudrons et foutez-moi la paix » Voilà il fallait casser cette attraction que son ancienne élève ressentait pour lui de suite.

Hermione le regarda en fronçant les sourcils, essayant de rassembler ses idées et surtout de comprendre les mots de la chauve-souris.

« De quoi ? Comment ça conter fleurette ? Aaaaaah mais oui, d'accord, mais non pas du tout. Ouh là, vous n'y êtes pas du tout » répondit l'ancienne élève.

« Je vous demande juste un peu de votre temps pour répondre à mes questions, c'est tout je ne vous fais pas de plan drague foireux » et elle se mit à rire sous le regard quelque peu froissé de l'ancien potioniste.

« Faites attention aux mots que vous employez la prochaine fois, votre phrase portait à confusion. Des questions, vraiment ? Fichtre Miss Granger vous m'en voyez tout interloqué » Il marqua une pause, regarda Granger qui commençait de toute évidence à être vexée, il se réjouit de voir qu'il n'avait pas perdu son talent de verve.

« Posez vos questions Hermione, mais je ne vous promets pas d'y répondre » dit-il en soupirant. Severus se la jouait faussement énervé par la présence de la Gryffondor mais il devait reconnaitre que c'était toujours moins ennuyeux que surveiller tous ces crétins décérébrés qui leur servaient d'élèves.

« Vous êtes trop aimable Severus » répondit Hermione narquoise.

« Avant je vous demande de ne pas vous braquer. Vous pouvez me raconter ce qu'il s'est passé lors du précédent séjour organisé par Dumbledore s'il vous plait ? »

Severus eut un rire désabusé. C'était donc ça qu'elle voulait savoir. Evidemment, lorsqu'elle était élève elle détestait déjà l'aveuglette, il fallait toujours qu'elle se raccroche à ses livres. Cependant aucun bouquin n'avait été écrit sur ces dix jours au Congo.

« Ça vous dérange de ne pas avoir de réponse hein ? Je vais vous dire ce que je peux, il n'y aura pas tout car il y a certaines choses qui doivent restées secrètes pour le bien de tous. J'étais jeune professeur, comme vous, c'était la fin de ma deuxième année. Je portais la culpabilité de la mort de Lily, mes erreurs de jeunesse étaient toutes accrochées sur mon bras gauche sous forme d'une marque indélébile. J'étais écorché vif. Dumbledore a eu la sublime idée de nous offrir trois semaines de « vacances » au Congo en juillet. Je vous laisse imaginer la chaleur. Bref, au final nous n'y sommes restés qu'une semaine, nous sommes tous rentrés chez nous fâchés les uns avec les autres. En septembre plus personne ne s'adressait la parole. Dumbledore a mis une année scolaire entière à recoller les morceaux qu'il avait brisés. J'ai même failli me faire tuer par Minerva. C'était l'horreur, pour vous donner quelques exemples : Rolanda a attaqué Pomona à coup de cagettes en bois qu'elle avait ensorcelées pour qu'elles suivent cette pauvre Chourave à la trace. Elle a aussi ensorcelé les dents de Pomona qui sont restées de la couleur du drapeau Congolais pendant des mois après notre retour. Flitwick était fiancé à Septima, de retour ils ne se parlaient plus et se sont quittés en très mauvais terme. A ce que je sais de leur histoire, Septima l'aurait trompé avec Sybille. Tiens en parlant de Sybille, c'est à partir de là que ses problèmes d'alcool ont commencé. Ce n'était pas beau à voir Hermione. Je crains que le séjour en Camargue offert par Dumbledore ressemble beaucoup à celui de Congo. »

Hermione l'avait écouté très attentivement, hochant la tête de temps en temps. Après le récit de Severus, elle ne put s'en empêcher et partit dans un fou rire que Snape n'arrivait pas à expliquer.

En essuyant ses yeux remplis de larmes, la jeune lionne dit à son ainé :

« Et c'est tout ? C'est pour ça toutes ces réactions terribles ? Pour moi ça ressemble juste à une colonie de vacances moldu. Merci Severus, je sens que je vais m'amuser avec vous tous. Et ne vous en faites pas, je trouverai le moyen pour que vous vous amusiez aussi ».

« Aaaaah quelle belle nuit pour se rapprocher n'est-ce pas les enfants ? »

Les deux professeurs se tournèrent vers la voix, ils découvrirent un Dumbledore tout de rose vêtu des paillettes plein la barbe.

« Ne vous dérangez pas pour moi jeunes gens, je ne fais que passer. Ah quand l'amour naît personne ne peut l'en empêcher. Un angelot au citron ? » Demanda le directeur en leur tendant une sucrerie en forme d'ange.

« Non merci » répondirent en cœur nos deux professeurs.

« Et ils parlent déjà de concert, vous êtes magnifiques tous les deux » Et Dumbledore les laissa en plan, complètement hébétés par les paroles du barbu.

Severus se tourna brusquement vers la rouge et or et lui lança un regard des plus suspicieux.

« Vous ! Ne vous avisez plus de m'approcher ! »

Hermione saisit par la surprise de la colère nouvelle de Snape ne trouva rien à répondre, elle se contenta de hausser ses sourcils et attendre que Severus finisse de déverser sa rage.

« Vous croyez que je ne vois pas votre petit manège. Lorsque vous êtes assise à côté de moi pendant les repas, votre cuisse qui frôle la mienne, brrr rien que d'y penser j'en ai la chair de poule. Vos œillades soi-disant innocentes, vos regards concupiscents. Et ce soir, vous vous êtes arrangée pour avoir ce temps avec moi. Vos paroles étaient claires Granger, vous vouliez attenter à ma pudeur ! Je ne vous laisserai pas m'avoir femme de mauvaise vie ! » Severus avait dit ça d'une traite en se drapant dans sa cape pour cacher son corps.

Hermione, bien que sonnée par les paroles du Serpentard avait retrouvé ses capacités de réponses et ce fut sûre d'elle qu'elle lui répondit :

« Mais enfin Severus arrêtez ! C'est parce que Dumbledore a dit que nous étions amoureux ? Ça va, c'est pas la mer à boire. Pour ma défense, je ne fais ni exprès de m'asseoir à vos côtés lors de certains repas, ni de vous frôler la cuisse. Et si ça vous donne la chair de poule c'est peut-être parce que vous appréciez ça, si ça se trouve vous aimez que nos cuisses se touchent ». La rouge et or marqua un temps de pause, puis pris un air exagérément effrayé avant de continuer sa tirade :

« Vous me faites penser qu'il faut que je discute avec Minerva, hier ma main a frôlé la sienne, on a voulu prendre le jus de citrouille en même temps. Il faudra que je clarifie les choses, on n'est jamais trop prudent, ce serait dommage qu'elle pense que je veuille me jeter sur elle pour la violer. Allons Severus vous savez bien que depuis sa chute de la tour d'astronomie, Dumbledore n'est plus tout à fait le même et a toujours été un excentrique. »

Severus allait répliquer mais Hermione ne lui en laissa pas le temps, elle enchaina :

« Ceci dit, vu votre réaction, je pense que je pourrais vraiment m'amuser pour le reste de l'année scolaire et ce séjour en France promet d'être inoubliable, pour vous, comme pour moi Severus ». Elle avait lancé cette phrase un sourire mutin accroché au visage et était partie sans se retourner. A la fin de cette soirée pendant laquelle elle avait eu grandement le temps de réfléchir, elle en était arrivée aux conclusions suivantes :

1- Les professeurs sorciers étaient de grosses caguettes qui balisaient aux moindres changements de vie.

2- Severus était un gros coincé.

Elle s'endormit paisiblement en se disant qu'elle avait enfin trouvé un but nouveau : Dévergonder Severus !