Chapitre 2 : Passes temps

J'aurais dû m'en douter. Je m'attendais à ce qu'Alice m'annonce le retour d'un horrible méchant vampire, mais alors toute la famille aurait déjà été au courant et Esmé n'aurait pas souri.

-Oh Bella ! J'ai vu que tu allais avec moi à Seattle pour faire du shopping ! Youpi ! On ira t'acheter une nouvelle robe et des escarpins et du maquillages et… et… Et j'ai vu dans un magasin de magnifiques barrettes pour Nessie ! Demain ! Demain !

Elle sautillait sur place comme une gamine de dix ans, toute excitée à l'idée de pouvoir magasiner en ma compagnie et de gâter Renesmée. Je soupirai. Evidemment, je ne pouvais y échapper, mais je voulais faire plaisir à ma sœur et meilleure amie.

-D'accord Alice, mais pas trop de folies !

Elle me sauta au cou et m'embrassa. Sa mine réjouie me fit plaisir, et je jugeai que cela valait le coup. Au moins, elle serait de bonne humeur pour les quelques jours à venir.

La nuit passa et Edward me rejoignit dans la maison avec Renesmée, à présent réveillée. Je la pris dans mes bras et portai sa menotte à ma joue. Dans mon esprit se matérialisa une image d'Edward, Jacob, Renesmée et moi en train de chasser. J'embrassai le creux de sa main et répondis :

-Oui, nous irons chasser ce matin. Et Jacob sera là aussi, ne t'inquiète pas.

Elle me souri puis se mit à lire son livre préféré, Les Hauts de Hurlevents. Elle avait apparemment hérité de mes goûts littéraires dès son plus jeune âge.

Je retournai au cottage en quête de vêtements banals pour chasser, puisque je n'arrivais toujours pas à être aussi propre qu'Edward après m'être rassasiée. Autant utiliser des vêtements qu'Alice ne regretterait pas ! Je pris aussi un jean et un tee-shirt noir pour Renesmée, puis retournai à la grande maison. Jacob était réveillé, je le saluai d'un signe de tête et d'un sourire. Il tenait ma fille dans ses bras, sa tête fourragée dans ses cheveux comme Edward aimait le faire avec moi. Il l'aimait, c'était évident ! Tout en lui, lorsqu'il était avec elle, exprimait la passion et l'impatience. On voyait clairement qu'il n'en pouvait plus d'attendre que Nessie soit en âge de l'aimer aussi.

-Allons-y ! annonça Edward.

Nous nous mîmes en route, Renesmée sur le dos de son père, Jacob suivant tout de suite derrière, et moi fermant la marche. Nous allâmes dans les tréfonds de la forêt environnante, là où aucun homme ne pourrait croiser notre chemin. Nous nous arrêtâmes et je me concentrai sur les sons et les odeurs alentours. Sentant la fragrance d'un lynx vers le sud, je m'enfonçai dans l'obscurité de la forêt, accompagnée d'Edward, tandis que Jacob emmenait Renesmée vers l'ouest. Je ne m'inquiétais pas pour elle. Jacob ne laisserait jamais rien lui arriver, et je préférais qu'elle ne me voie pas chasser.

Apercevant mon lynx, j'oubliai Jacob et Nessie et me précipita sur lui. Il fût rapide, mais moins que moi. Mes dents se plantèrent dans sa gorge et je sentis le sang chaud couler le long de mon cou. Je m'empressai de le vider de son sang, savourant chaque gorgée qui me procurait un plaisir intense, un extrême sentiment de satisfaction. Mon esprit se libéra de toutes mes peurs et mes angoisses, laissant place au délice et à l'euphorie de l'instant.

Lorsque j'eu fini, je jetai la dépouille du félin sur le côté. Tournant le regard vers Edward, je vis qu'il avait déjà fini et qu'il n'avait plus besoin de chasser, comme me l'indiquait ses magnifiques prunelles dorées. Ses vêtements étaient en parfait état contrairement aux miens qui étaient en lambeaux, suite aux débattements du lynx. Ma peau pâle et froide était presque complètement découverte.

-Bella…

Comme d'habitude, avec une moue malicieuse, il défit sa chemise et me l'enfila, déposant au passage un baiser dans le creux de mon cou.

Je le remerciai et nous rejoignâmes Jacob et Renesmée. Eux aussi avaient fini de chasser. Je les laissai avec Edward et retournai à la maison plus rapidement qu'eux. Edward et Jacob le savaient, je détestais me montrer à ma fille dégoulinante de sang et les vêtements déchirés. Cela me rappelait un peu trop le jour de sa naissance, où mes vêtements avaient étés détruits pour faciliter la césarienne d'urgence et où je m'étais vomi dessus tout le sang que j'avais ingurgité pour nourrir le bébé qui grandissait en moi.

Je ne voulais surtout pas que Renesmée se souvienne de moi comme cela…

Arrivée au cottage, je pris une douche pour effacer toute trace de sang, puis enfilai une courte robe bleue nuit. Je savais qu'elle plairait à Edward, c'est dans cette couleur qu'il me préférait, et Alice jugerait cette tenue tout à fait appropriée à notre après-midi de shopping.

Lorsque j'entrai dans la grande demeure, mes partenaires de chasse étaient aussi de retour.

Alice avait déjà pris les clés de sa voiture et s'apprêtait à descendre les marches du perron pour se rendre au garage.

Nous arrivâmes rapidement à Seattle, grâce à la conduite folle d'Alice. Malgré ma transformation en vampire, le goût pour les voitures de sport espéré par Edward n'était pas apparu. Tant mieux, car bien que je sache que même si nous avions un accident, ni Alice ni moi ne serions blessées, la vitesse m'angoissait toujours autant.

Nous filâmes de magasin en magasin, ressortant toujours de ceux-ci chargées de sacs et paquets divers.

Alice insistait pour à chaque fois m'offrir une tenue complète, si en échange je faisais de même avec elle, souhait dont je ne voyais pas l'intérêt, sinon de dépenser de l'argent pour autre que soi même, ce qui, de toute façon ne me dérangeait en rien. La mine réjouie de ma sœur faisait tout mon bonheur, et j'aurais très bien pu me passer du magasinage et juste passer la journée en sa compagnie pour me sentir bien.

Vers le milieu de l'après-midi, Alice essayant une robe dans une cabine d'essayage, je m'assis près de la vitrine du magasin, attendant qu'elle sorte pour passer au magasin suivant quand soudain j'aperçus à travers les nuages un rayon de soleil qui s'infiltrait dans le magasin. Je me réfugiai vers le fond de la salle pour ne pas que le soleil m'atteigne, dévoilant ainsi ma vraie nature à tous les humais présents dans le magasin par le scintillement de ma peau dès lors qu'elle entrerait en contact avec la lumière du soleil.

A travers la porte de la cabine, je prévins Alice :

-Alice, il y a du soleil dehors ! Du soleil, que du soleil, plein de soleil ! Presque la totalité des nuages sont partis, on ne peut pas sortir du magasin ! Qu'est-ce qu'on fait ?

-Prend n'importe quel vêtement et rejoins-moi, m'ordonna t'elle.

Attrapant au vol un pantalon sur un étalage, je m'empressai d'entrer dans sa cabine. Je lui répétai ce que je venais de lui dire, précisant au passage que le magasin fermait tôt, dans moins d'un quart d'heure, tandis qu'elle sortait son téléphone de sa poche et composait un numéro que je n'identifiai pas.

-Jasper ? chuchota-t-elle. On a besoin de toi !