Bonjour, bonsoir,

Chères décharné(e)s et revenant(e)s, merci de me rejoindre pour ce deuxième chapitre de ''La grande Menace''. J'ai étais vraiment super fière et trop excitée d'avoir eu quelques premières impressions alors… Merci ! Vos conseils sont pris en compte et je suis boostée par votre hâte d'en savoir plus hihihi ! *sourire* En attendant j'écris la suite, j'ai tellement d'idées et d'inspiration qui débordent… Ahlalala ..Une idée de la fin commence à germer… Mais pour cela il faudra lire la suite que je n'ai pour le moment pas encore écrite héhéhé. *auteure sadique* Bon j'espère que vous allez apprécier ce chapitre de par son récit et sa construction. J'attends vos retours avec impatience, vraiment :D

J'ai décidée d'alterner présent et scènes du passé, afin de rendre l'histoire plus intrigante.

Aussi, je reprends certains passages d'épisodes des dernières saisons, je me permet de ne pas suivre les dialogues à la lettre, devoir les ré-écrire serait ennuyeux pour moi et n'ajouterait rien pour vous.. En revanche, je reste fidèle aux messages de fond..*Pour l'instant, hihi*

Ah ! Dernière chose.. N'oubliez pas de suivre ou favoriser ma fanfic' pour être prévenu(e) des nouveaux chapitres par e-mail ! Avec ça, bonne lecture à tous !

WARNING: destiné à un public averti, cette histoire est très fortement susceptible de contenir : langage grossier, descriptions gores, violences, abus psychologique et physique graphique/ou pas envers des personnages à figure humaine, des animaux identifiables, ou créatures fictives, allusion (jamais graphique) à des scènes dites adultes.

Je n'ai malheureusement pas de beta-reader et l'orthographe n'est pas mon meilleur ami. Malgré ma traque perpétuelle des fautes, certaines m'ont sûrement échappées, excusez-moi par avance. J'espère m'en débarrasser au prochaines modifications.


CHAPITRE 2 : TOC, TOC, TOC.

. . .

" Trois petits cochons rentraient joyeusement chez eux quand le grand méchant loup les aperçut.

Comme ils doivent être tendres ! Lequel vais-je manger en premier ? Je vais commencer par le petit cochon dans la maison de paille !

Il frappa à la porte.

Petit cochon, gentil petit cochon, laisses-moi entrer !

Non, Non ! Par le poil de mon petit menton !

Alors, je vais souffler et ta maison s'envolera !

Le loup gonfla ses joues, souffla, souffla de toutes ses forces, et la maison de paille s'envola."

. . .

Vous arrive-t-il parfois de ne pas trouver le sommeil ? Quand bien même votre corps implore votre esprit : « Je suis fatigué, épuisé, laisse moi trouver un peu de repos, je t'en supplie... » Votre conscience médite quelques instants avant de ricaner grassement :« Tu peux crever. » serait sûrement sa réponse ou une gentillesse du genre. Puis après avoir cru être proche de trépasser par trois fois, le sommeil, peut être, vous cueillera-t-il aux premiers rayons du soleil. Cette angoisse qui se répandra dans votre système.. Vous penserez à votre passé, aux marques qu'il a laissé derrière lui et à toutes ces épreuves traversées et à celles qui vous attendent.. Votre coeur ne semble que vouloir vous lâcher et puis vos poumons, eux ? 'Sont rabougris comme un cerneau de noix pourri.

Ah… Le pire est de juste la ressentir s'incruster, sans savoir pourquoi. Comme un goudron asséchant votre carcasse. Une caresse bien irritante. Oui bien sûr, nous sommes entourés de rôdeurs, de cannibales, de fou-furieux, d'épidémies destructrices, de petites filles serial-killeuses, de personnes viles… Quoi de plus normal qu'être insomniaque et perturbée me direz-vous ? Sachez que la peur que m'inspire ces choses, devenues mon quotidien, est différente de l'anxiété que je ne cesse de porter en moi sans pour autant savoir d'où elle provient. Oui, j'ai peur de toute cette vermine que berce le monde. Mais là, je vous parle de de cette sensation qui rendrait amer le meilleur des met : on ne sait pas pourquoi elle vit en nous, ni pourquoi et nous peinons a l'identifier.

Tant que je n'aurais pas découvert les raisons me poussant à être ainsi esclave de ma détresse, je cours le risque de m'affaiblir : une faille que les nuisibles qui grouillent, morts ou vifs, ne manqueront pas d'exploiter.

Assaillie par une mélancolie que je tente d'assujettir un peu plus chaque jour, je sais que je dois sortir de cette chambre plongée dans la pénombre, au sens propre comme figuré. Je suis censé être endormie depuis approximativement deux bonnes heures.

Résignée, je me redresse à la force de mes bras, tentant d'éviter le potentiel réveil de ma colocataire et amie Enid. L'édredon écarté de mon chemin, j'enfile ma paire de tennis meurtrie par d'innombrables cavalcades. Je prends maladroitement appuis sur le mur le plus proche pour les mettre, évitant une chute potentielle - mon regard se pose sur l'ancien lit de Denise : paix à son âme.

Des flashs d'une violence sans nom s'imposent à moi : une flèche noire traversant un crâne, un corps qui tombe au sol dans un bruit sourd, un orbite arraché, une vie ôtée en un claquement de doigt, du sang agglutiné dans des cheveux blonds.

Le rouge est la couleur tendance de cette saison et celles à venir. Je le vois partout, même dans son sommeil.

Pourquoi les gens tombent-ils comme des mouches? « Comment répondre à ça ! » me sermonnais-je en mon fort intérieur.

Un vertige m'oblige à fermer les yeux. Mes incisives mordillent ma lèvre supérieure, une saloperie de tic trahissant le stress qui semble déborder : un corps étranger que mon système tente de détruire - j'en était la victime collatérale.

Enfin… Revenons à toi Denise Cloyd, mon amie, ton lit est resté tel quel, nous n'avons pas osé toucher le moindre oreiller, ni la moindre couette froissée. Enid et moi y tenons. Nous aimons t'imaginer venir dormir lorsque nous vaquons à nos activité diurnes et partir quand nous allons nous coucher. Mes pensées honorent ta mémoire.

"Si seulement le monde n'étais pas devenu un tel merdier."

J'attache mes cheveux en une queue-de-cheval bien tirée,pour éviter d'être gênée - une attaque peu survenir n'importe quand, n'est-il pas ? - et sortais du pavillon que j'occupe.

Dehors, pas un chat.

Les rues d'Alexandria sont désertes, une atmosphère fantomatique y règne. Aucune fenêtre éclairée a l'horizon : juste la lune et ses astres comme éclairage publique.

Au bout des allées, je distinguais tout de même âme qui vive : une silhouette perchée en haut du mur, fusil à la main, effectue un tour de garde. Sasha. Le genre de nana que j'imagine vivre jusqu'à soixante-dix piges ou mourir demain en sauvant la vie d'un enfant qu'elle ne connaît même pas.

Après avoir déambulé dans Alexandria en solo, je m'assois alors sur le porche de la maison de Rick sans même me rendre compte que j'avais marché jusque là, inconsciemment.

Pour tout dire … J'espérais au fond de moi qu'il me verrait par la fenêtre en allant aux toilettes, ou irait sortir dehors en pleine nuit comme par enchantement. J'avais besoin de lui. Malgré qu'ils ne l'avaient pas officiellement avoué, je savais pour lui et Michonne - qui ne le savait pas ? -, ils ne cherchaient pas particulièrement à se cacher et lui me manquait.

Pas le leader confiant qui frisait parfois l'arrogance, pas le survivant : l'ami, celui qui sait.

Entre lui et moi, rien de spécial, mis à part un baiser volé à la prison - je tente de minimiser les choses, comme toujours. Un baiser n'est pas rien de spécial ! Surtout pas pour moi.

Je me souris étrangement à moi même en pensant à ce moment d'égarement juste avant l'attaque du Gouverneur, quand nous pensions ne pas réchapper à l'assaut, une impulsion en lui avait parlé. Je me surprenais à passer mes doigts sur mes lèvres, pensive, rêveuse.

« Hah… » soupirais-je nostalgique.

Ni lui, ni moi avions osé aborder le sujet après bien sûr. L'ambiguïté qui avait baigné dans l'air s'était ensuite lentement fanée et redevint une amitié pure et dure, encore plus forte qu'avant.

Peut-être s'était-il éloigné de moi par égard pour sa nouvelle compagne ? Honnêtement, je mentirais sûrement si je vous disais que je ne ressens pas au moins un semblant de jalousie. En tout cas, si ce coup de coeur existe, il doit rester enfoui et imperceptible par les membres de mon groupe. A jamais. Ça oui. J'avais déjà honte de ressentir un tant soit peu de jalousie, alors l'humiliation que je vivrais si d'autres venaient à être au courant serait insupportable pour la fière que je suis. Et enfin, qu'en dirait Carl ?! Peut-être le verrait-il comme une trahison. Ce genre d'histoire pourrait créer des tensions dans notre groupe, chose que je ne laisserais jamais arriver, cette ''amourette'' inachevée devait ainsi le rester et tout irait bien. Enfin, il n'avait pas mon âge et c'est vrai que ça aurait pu déranger certains … Quoi que. Et pour ma défense, je n'avais pas fais le premier pas, et ensuite les garçons de mon âge étaient soit mort ou soit allergique à la côte Est des Etats-Unis apparemment. Bon c'est juste trop bizarre d'y penser laisse toute cette histoire dans un coin de ta tête.

Bien sûr le ''shérif'' ne vint pas.

Avachie sur son porche, me laissant aller à la déprime légère, je fixais les étoiles bien visibles en cette nuit claire : le temps était clément dernièrement. Et dans ma réalité, la chance ne dure jamais vraiment.

Me sentant seule et abandonnée, je rentrais me coucher en pensant au réveil du lendemain matin : il s'annonçait douloureux. Oh, ça oui. Allongée sur le dos, les mains croisées sur mon estomac, mes démons revinrent à l'assaut. Je les accueillais paisiblement cette fois-ci, l'épuisement total les vaincrait et m'emporterais dans un sommeil paisible et mérité.

Quelle nuit calme ! Tout avait été trop facile récemment. Nous, les membres piliers de la communauté pensions être les rois du monde, régnants sur la petite cité d'Alexandria, armés comme de vrais chefs de guerre en bon rescapés aguerris, recrutant les métèques qui erraient aux alentours pour agrandir nos enceintes. Quel sort nous réservait le destin ?

Un mauvais pressentiment me fit frissonner, un certain malaise me gagnait depuis la tuerie du QG des Saviors, les ''Sauveurs''. Sur cette note de mauvaise augure, je m'endormais.

Le lendemain, plantée debout au milieu du salon, une conserve de pêche au sirop dans une main et une cuillère à soupe dans l'autre, je vis Rick parcourir ma rue d'un pas assuré. Il jeta un coup d'œil en direction de notre maison et s'en alla là où on l'attendait.

Il était vraiment surmené, bataillant sur tout les fronts, du réveil jusqu'au couché. Son « malheur » me fit prendre conscience de ma « chance » et je souriais : aujourd'hui je n'avais rien de particulier à faire si ce n'était patrouiller près du portail d'entrée principal et assister Enid, la nouvelle coiffeuse officielle de Maggie ; en somme, rien de transcendant me direz-vous. Nous sommes d'accord, aujourd'hui : repos.

Honteuse et le rouge aux joues, je m'asseyais et me remémorais ma petite escapade nocturne d'hier soir : pitoyable si vous voulez mon avis. Enfin bref… Ces pêches qu'Olivia m'a apportées ne sont vraiment pas mauvaises dis-donc.

Après les avoir finies, comme chaque matin, j'allais discrètement chercher mon cahier, astucieusement caché sous mon matelas - Enid n'avait pas besoin d'être au courant de son existence - et le stylo bleu qui s'y trouvait aussi.

Mes yeux parcoururent la première page et les mots que je récitais quotidiennement. Des prénoms d'amis, d'ennemis jurés, de connaissances ou d'êtres que j'avais considéré comme ma propre famille avant que tous ne meurent.

Je m'allongeais sur le ventre, les pieds en l'air et commençais mon rituel presque cérémonial, après m'être assurée que mon adorable colocataire était partie en vadrouille. N'était-ce pas ce que les jeunes filles de mon âge sont censées faire : écrire dans un ''journal intime'' - quand elles ne sont pas occupées à tuer des revenants bien sûr ?

« Hershel. Patricia. Andrea. Sophia. Shane. Noah. Deanna. Gareth, espèce d'enculé. Philip, le Gouverneur. Beth. Lisa. Mika. Bob. Tyreese. Lori. Noah. Dr. Caleb. Denise. Dale… » La liste était longue.

Ôtant le bouchon du stylo bille avec ma bouche, je commence à écrire dans un anglais approximatif :

« Tous m'avait appris : le fou, le cruel, la douceur incarnée, en passant par le psychopathe, adversaire maléfique ou la figure paternelle, chacun m'a bouleversée, fait grandir à sa manière. De nos jours, il faut être mature, sauter des cases de la vie que l'on avait une fois connue. Avoir le « déclic » comme dirait Carol. D'ailleurs, sans elle ni les autres membre de ma nouvelle famille, je ne l'aurais jamais eu. Avant de les rencontrer, je me contentais de me faire petite, d'éviter mes congénères si possible, et de tuer les décharnés en dernier recours.

Planter un couteau aiguisé dans un crâne, regarder droit dans les yeux le pantin de viande planté en face de vous lorsque vous lui ôtez le semblant de vie qui y reste, ce n'est aussi facile que dans les films d'horreur. Non ! Cela demande des putains de couilles en acier, et des boyaux bien accrochés.

Quelques gerbages, pleurs et cauchemars plus tard vous êtes résignés, croyez-moi ! Personnellement, j'ai comme un truc invisible qui m'a poussé entre les jambes à force de m'endurcir avec toutes ses épreuves horribles.

Bref, le genre de pensée à aigrir les plus guilleret ou à vous laisser sale goût dans la bouche.

Tuer est devenu la nouvelle compétence absolue. Il y a encore peu, c'était être doué en décoration ou dépasser les deux cent ''j'aime'' sur chacune de tes photos Facebook. Quelle ironie.

Moi, la seule chose pour laquelle j'étais passionnée avant de vivre ce cauchemar quotidien, c'était la littérature anglaise : lire, écrire, apprendre. Rien d'utile pour survivre - à part peut-être une bonne éloquence. La seule personne qui m'a aidée à rester humaine, c'est toi Dale.

Toi et tes citations à deux balles - si tu savais comme je les aime -, tes paroles rassurantes, toi qui m'obligeait à lire des bouquins toute la journée entre deux leçons de combat. Tu voulais que je ne sois pas perdue, que je comprenne ta langue. Tu te souciais de moi. Tant d'heures à travailler mon anglais dans cette caravane : un vrai four avec la chaleur qui y régnait. De vrais séances de torture.

Mais merci, maintenant je comprend un peu plus mes interlocuteurs même si je suis loin d'être la prochaine Shakespeare. Je suis passée de nulle à bonne.. dira-t-on.

DALE. Tu me manques. J'ai besoin de ton aide, j'enviais Andréa et l'attention que tu lui portais. J'ai peur de redevenir l'enfant sauvage qui toquais à la porte d'Herschel. Une guerrière fantôme…

Tu m'aurais vue hier, à trainer devant la planque de Rick. Tu serais heureux : me voir penser à autre chose que la primitive survie, me voir rester jeune et animée. Si ça peut te rassurer, sache que je repense souvent à la prison, quand Rick m'a embrassée sans prévenir. Ce n'est pas comme si j'avais toujours de réels sentiments pour lui contrairement à avant, mais c'était seulement la deuxième fois de ma vie que j'étais proche de quelqu'un comme ça. Ces choses ont de la valeur pour moi et je suis triste qu'il ne ce soit rien passer ensuite, sans pour autant attendre quoi que ce soit venant de sa part. C'est assez paradoxale, je le reconnais, mais ce type reste dans mes pensées. Peut-être que mon inconscient essaye de me changer les idées. Mais rappelons le : il m'a sauvé la vie, au même titre que de Daryl, je leur dois beaucoup et j'en ai conscience. Je n'ai pas encore effacé ma dette envers mes deux mentors, et je compte bien leur rendre la pareille le jour où ils auront besoin de moi. Malgré tout, je dois continuer à faire mes preuve, avancer, progresser.

En attendant j'écris dans ce cahier, peut-être suis-je la prochaine Anne Franck ? Témoignant d'une sombre époque, racontant ce qu'on aurait jamais pensé y vivre, pas même dans nos pires cauchemars.

Ça se trouve je serais célèbre dans cinquante ans, une vraie révélation posthume : de petits américains boutonneux étudieront ces lignes et me détesteront lorsque leur prof' leur filera zéro à leurs médiocres fiche de lectures. Sinon je v…»

« ILDA ! Va chercher le miroir dans la salle de bain ! Hurla Enid d'une voix exceptionnellement enjouée. Maggie arrive ! Oh... Je la vois, elle est là ! Continua-t-elle surexcitée - par une simple coupe de cheveux ?!

Après avoir pris le dit miroir, je descendais les marches de chêne à vive allure, manquant de glisser à cause de mes chaussettes.

- Doucement idiote ! Ce serait bête de mourir d'une chute domestique après avoir réchappé à tant d'horreurs, ria Maggie tout en étant soulagée que je me sois rattrapée à temps. Bon.. On se met où ? Demanda-t-elle en nous regardant Enid et moi, le sourire aux lèvres et le regard joueur. »

Après s'être installées, prêtes à faire chauffer les cisailles et à relooker ''Madame Rhee'', nous nous mîmes à raconter des ragots croustillants : Maggie aurait vu Rosita se faire envoyer sur les roses par Abraham, Enid, elle, aurait vu ce dernier faire les yeux doux à Sasha. Quant à moi, je préfère écouter que parler : je reste en retrait sans pour autant être de mauvaise compagnie.

Appuyée contre l'encadrement de la porte, bras croisés, je prend plaisir à observer cette scène banale d'amitié, la chaleur humaine étant devenue une légende urbaine ces derniers temps.

Un hurlement de douleur m'extirpe de mes pensées. Je vois Maggie repliée sur elle même, les traits de son beau visage tordus par la douleur. Enid s'agenouille près d'elle, lui bredouille une phrase dont le sens m'échappe. Craignant le pire - une fausse couche - je cours chercher de l'aide. Mes pensées vont pour ce petit être : je suis déterminée à le voir pointer le bout de son nez, cette enfant doit vivre, il représente l'espoir de la future génération.

. . .


. . .

Paniquée, la jeune fille boucla prestement sa ceinture. Les mains posée sur ses cuisses, elle scrute les visages des autres passagers, espérant apercevoir quelques mines anxieuses pour ne pas se sentir seule. Ne recevant que des regards las ou d'indifférence totale, la frenchie préfère alors se rabattre sur la vue que lui offre le hublot qui est - Dieu merci - de son côté.

Elle attendait avec appréhension que l'avion passe la zone de turbulences, voyant son heure venir à chaque soubresaut. Tapotant la poussiéreuse moquette bleue marine avec son pied, au rythme de la musique de son iPod, elle regardait les nuages défiler les un après les autres : de vrais boules de coton géantes en suspension au dessus de l'océan.

Cette sensation était si irréelle quand elle y réfléchissait : fendre les airs, assise confortablement dans un monstre d'acier. Faire voler une impressionnante machine de plusieurs tonnes dans les airs comme une hirondelle ou un chardonneret. L'humain avait réussi cet exploit ; rien ne semblait lui résister parfois.

Néanmoins, que ne détruisait-il pas ?

La passagère qui se trouvait à sa droite lui secoua légèrement l'avant-bras et lui proposa des petits gâteaux secs en la voyant s'agripper aux accoudoirs comme une dégénérée. Ilda retira un de ses écouteurs et refusa en souriant poliment, mais la petite vieille insista. Ils étaient délicieux, alors c'était sans regrets.

Puis la dame en question s'adressa à elle. Pendant de longues minutes elle sembla lui raconter une histoire qu'elle aurait sûrement apprécié si elle avait compris le mandarin : une langue complexe qu'elle apprendrait peut-être un jour. Tout du long elle garda ce doux sourire et se força à avoir l'air intéressée, touchée par cette septuagénaire cherchant la compagnie d'une inconnue.

Pendant un voyage ; deux femmes, qui ne se reverraient jamais, avaient partagé et troqué un bien - des friandises - contre un service humain : ici, être attentive envers une femme âgée.

Le troc est une monnaie intemporelle, certes, mais aussi instable et dangereuse. Oui, les petits gâteaux auraient pu être empoisonnés et la vieille dame une meurtrière bien déguisée, n'est-ce pas ? Nombreux sont les pièges tendus par des démons déguisés en « sages », de véritables Orthros tapis dans l'ombre - sans Hercule pour sauver sa mise.

Le vol 307 en provenance de Paris atterrissait à New-York avec 16 minutes de retard, à 19h33 précise.

Madame Wèi, la femme aux petits biscuits, rejoignit son fils et sa belle fille, pour ce qui s'annonçait être d'agréables vacances en famille.

Tandis que la passagère K16 prit un taxi pour en direction de Baltimore, Maryland, à trois heure de là :

Le taximan devait être à mi chemin de la vingtaine, et quelle ne fut pas sa joie de voir débarquer sa cliente, une jeune étrangère, jolie comme un coeur, deux beaux yeux plus que jamais pétillants se posant partout… Et atterrissant sur lui.

Halim était toujours de nature égale et agréable envers sa clientèle habituelle, mais pour elle, il su dès le premier coup d'œil qu'il allait être plus zélé que la moyenne. Ce soir, pas de couple ni de bambins hurlants, pas de vieille bourgeoise bougonnes : une jeune personne simple qui semblait plus vivante que jamais. Alors qu'il plaçait ses valises - bien trop lourdes - dans le coffre, Ilda ne pu s'empêcher de regarder les bâtiments immenses et les lumières de la villes qui entouraient l'aéroport. L'horizon semblait parsemée de petites paillettes dorées habillant d'immenses mannequins de verre et de béton, un spectacle merveilleux pour cette jeune femme issue d'un quartier modeste. Son intelligence et son aura naissante avaient fais la différence lors de l'entretien avec les membres de l'université, d'où sa venue ici. Tout cela ne s'était pas fais du jour au lendemain, mais sa passion des lettres avait touché les enseignants.

Enivrée, étourdie, la jeune femme souriait à en avoir mal aux zygomatiques. Dans son euphorie, elle remarqua du coin de l'œil son chauffeur, beau garçon, qui l'observait timidement. Ilda se sentit pousser des ailes.

Ils s'installèrent dans la berline, et discutèrent d'actualités diverses. Encouragée par cette petite étincelle naissante entre eux, le doux Halim, avide d'en savoir plus, lui posa des questions sans pour autant être indiscret. Flattée, Ilda les retournaient presque toutes.

Le taximan alluma la radio, une musique moderne et entraînante vînt complimenter la folie du moment. A travers la vitre sur laquelle le front de la petite rêveuse était posé, des paysages dingues défilaient. Ici, tout semblait plus colossal, neuf, accueillant… Jamais elle n'avait vu tant de grandeur. Les heures défilaient plus vite que prévues : dans l'habitacle, s'alternaient conversations profondes et silence agréables.

. . .


. . .

Paniquée, je tentais de dissimuler mes émotions derrière un masque rassurant. Maggie avait le teint cireux, les yeux vitreux, injectés de sang, des cernes dépeignant toute la palette des bordeaux violacés. La voir ainsi affaiblie, blafarde, n'était pas de bonne augure. Résistante, je ne l'avais jamais vu dans un état aussi préoccupant.

Souvent maladroite avec les mots, je préférais simplement rester assise à ses côtés et serrer sa main glacée dans la mienne, tout en caressant ses cheveux désormais courts.

Hésitante, j'osais tout de même une blague sur ce que Glenn dirait en voyant sa nouvelle coupe. Elle ria faiblement à ma pauvre blague et je fus malgré tout fière d'être la raison de sa détermination à ne pas se laisser aller.

Je me retournais en direction de mon fidèle acolyte Abraham, un sacré bonhomme avec qui j'adore passer du temps. Il faisait encore demi tour… pour la deuxième fois : à cause des ''Sauveurs''.

Sauveurs ? Laissez-moi rire. "Tueurs" est plus approprié - bien que pas du tout original.

Je n'avais pas pris de plaisir particulier à en tuer quelques un lors de l'attaque de leur base mais si ils continuaient à se mettre en travers de notre chemin, alors les choses changeaient. Telle est la loi : c'est eux, ou nous.

Alors que des coups de feux résonnèrent au loin, je compris que quelque chose de dérangeant se tramait. J'entendais les autres parler d'intimidation pour nous impressionner et je sentis les battements de mon coeur confus dans mes tempes douloureuses.

Depuis notre première descente du RV j'avais compris que ce voyage forcé n'allait pas se passer comme prévu - je préférais ne pas y penser, un de mes talents.

Carl s'approcha de moi et posa affectueusement sa main sur mon épaule avant de se pencher :

« Elle va mieux ? me chuchota-t-il clairement inquiet pour Maggie et son bébé.

Je l'examinait brièvement : notre amie avait entamé une lutte contre le sommeil, en vain, heureusement.

- Papa a trouvé des indices quand on s'est arrêtés, continua-t-il sans me laisser le temps de répondre, Daryl, Michonne et Glenn sont retenus par les Saviors. Mais ne t'inquiètes pas ils sont vivants. Dès que Maggie sera à l'abri, on va tout faire pour les sauver.

Je me concentrait de nouveau sur Carl, dont j'étais proche depuis notre première rencontre, inspirait péniblement et souriais tristement en guise de réponse. Je n'avais plus les mots mais était tout de même soulagée.

Compréhensif il garda sa main la où elle était et je posais ma joue dessus, soucieuse.

Chaque minutes qui défilait, l'état d'un membre de notre groupe empirait et sans l'obstétricien, nous étions bien inutiles.

Je caressais la peau délicate mais froide de la joue de Maggie avec le dos de ma main afin d'en essuyer l'inconfortable moiteur. Elle grelotait ! Ses symptômes ressemblait à ceux d'une infection du sang, je ne comprenais pas. Il fallait qu'elle voit un docteur, question de vie, ou de mort ; sinon, le choc septique l'emporterait.

Il était parfois utile d'aimer lire tout ce qui traîne chez Denise.

Brusquement, le camping-car s'arrêta à une halte.

Rick nous informa que l'on devrait finir le trajet à pied, sans plus d'explications pour l'instant.

Nous sortîmes tous. Je restais avec Carl et Sasha au côté de Maggie, tandis que les autres membres du groupe discutèrent de la marche à suivre. J'allais chercher une couverture dans le camping-car pour la couvrir, juste à temps, avant qu'Eugene ne referme la porte derrière lui et ne parte pour semer les ''Sauveurs''. Une belle bande de déchets ceux-là.

Nous nous réunîmes brièvement pour nous organiser :

« Ilda derrière et Carl devant, couvrez nous, ordonna Abraham en nous tendant un flingue chacun, ouvrez l'œil et si les choses tournent mal : courrez. Vous avez entendu ? Chuchota-t-il avec gravité, nous fixant intensément.

- Oui, oui, assurais-je sûre de moi. Et on a compris, complétais-je au nom de Carl et de moi même. »

Les autres portèrent Maggie - désormais à moitié inconsciente - à l'aide d'un brancard de fortune. Même entourée des meilleurs, je ne me sentais pas totalement rassurée, nous étions en position de vulnérabilité évidente.

Hochant la tête sans réfléchir, j'allais à mon poste, terminant la marche alors que nous nous mîmes en route : le pas rapide, veillant au moindre petit clapotis, au moindre bruissement de feuilles, au moindre craquement de branches.

Le bras tendu fermement avec mon flingue en extension, comme me l'avais appris Shane - que j'avais mentalement placé dans la catégorie fou furieux - le regard pointant dans toute les directions, je tentais de ne pas trembler et restait en alerte, je devais être un loup.

Un loup féroce qui bouillait derrière une apparence juvénile, innocente. Sûre de chacun de ces pas. Efficace.

Je devais ne faire qu'un avec mon arme, être comme toujours cette bête qui déchiquetterais chaque obstacle d'une facilité frisant le ridicule. Si je me croyais illégitime, comment pourrais-je réussir quoi que ce soit. Je devais me convaincre d'être meilleure que ce que j'étais réellement si je voulais que mes ennemis rentre dans mon jeu.

Dieu ne m'avait donné ni épines, ni crocs, ni griffes ; ma nature ne faisait pas de moi une tueuse, mais pour que « je » existe encore, mon instinct devrait m'habiter ce soir.

Ma poitrine se soulevait si rapidement que le gun tremblait, malgré mes efforts et ma concentration. La foret était si dense.. La tension qui ne cessait de monter et empoisonner l'air fit douloureusement palpiter mon coeur, je..

Des sifflements résonnèrent alors tout autour de nous, je m'arrêtais et jetais des regards hébétés de chaque côté du chemin. Devant moi, mes compères activèrent le pas instantanément, affolée, j'activais la vitesse supérieur, commençant à les perdre de vue.

« Crac. »

Le coup partit tout de suite ; l'odeur de la fumée du canon envahissait alors mes narines, je pris péniblement conscience de ce qui venait de se passer. Un grondement furieux se fit entendre à ma gauche, là même où je visais dans ce que je croyais être le vide quelques battements de cils auparavant.

« La putain m'a effleuré de près, hé salope tu vas voir ce que je vais te faire ! » grogna une voix rauque et effrayante.

Un moment de flottement figea le temps pendant un dixième de seconde ; nous étions acculés telle une malheureuse au détour d'une ruelle sombre.

Des coups de feu résonnèrent alors dans la nuit, puis, de nombreuses formes d'hommes se détachèrent de la pénombre. Un scène de pure épouvante.

« RUN ! » - courez ! - s'époumona Rick en se cassant la voix.

Ils venaient finalement nous cueillir et nous buter pour avoir démoli chacun de leur pourris de pote au poste d'avant-garde. Mon sang ne fit qu'un tour et les indications d'Abraham résonnaient encore dans mon crâne malgré la pagaille.

Je courais à droite, m'éclipsant dans l'obscurité et la végétation. Les autres avaient disparus devant moi, mais je tentais de suivre leur trace du mieux que je pouvais, redoutant de me retrouver seule. Des ronces m'égratignèrent l'arcade sous la vitesse, et du sang m'aveugla momentanément. Je dus cligner des yeux plusieurs fois avant de reprendre ma chasse.

Les arbres me ralentissaient considérablement et je perdais mon élan en les évitants.

Une lumière germa dans mon champ de vision et devint de plus en vive à chaque pas. Les sifflements s'intensifièrent, un son qui me fit de nouveau froid dans le dos. Heureusement je n'entendais aucun bruit de pas, j'avais sûrement réussis à les semer.

Rampant dans les ténèbres pendants d'interminables minutes, les genoux pliés mais souples pour plus de furtivité, je m'arrêtais juste derrière un attroupement d'hommes armés jusqu'au dent. Leur dos face à moi, je pus les étudier facilement, la bouche en forme de ''O''. J'étais impressionné par tant de détermination à tuer.

Mes yeux restèrent fixés sur le couteau porté par l'homme le plus proche de moi et j'hésitais à aller le voler, un geste vif suffira-t-il ? Dois-je plutôt utiliser mon revolver pour en buter quelques un et faire un peu de tri ? Inenvisageable. Une arme blanche comme la sienne, silencieuse, serait un avantage.

N'étais-je pas penser être lune des meilleures éclaireuses en infiltration ? Je pourrais tenter de le voler et de l'égorger, ce serait moche à voir.

Mais là… Oui là, ma vie n'était pas la seule en jeu. Aussi, ce type et ses compères était taillés comme des armoires à glace. Gros et grands.

Me mettant sur la pointe des pieds, je discernais un moustachu parler à Rick et ce dernier lui répondre : la conversation ne semblait pas vraiment courtoise. Je me rendais aussi compte de l'important nombre de ce que nous pouvons appeler des soldats, qui étaient déployés en un cercle sinistre : une bonne soixantaine, voir plus.

Au bord de la crise de nerfs, ne sachant pas me décider, je mis ma tête entre mes mains.

Mon cerveau se mit en branle : une myriade de plans a, b et c, défilèrent sous mes paupières, tous plus fantaisistes les uns que les autres. Libérant ma vue de mes mains, je repérais le RV garé bien évidence devant mes amis qui portaient toujours Maggie. Eugene est avec eux ! Il s'est fait prendre ! Je pourrais peut-être entrer dedans, le démarrer discrètement et faire diversion histoire de foutre leur petit scénario en l'air pour déguerpir… Dépitée, je compris que nous n'avions pas vraiment le choix. Ma famille est prise au piège, je dois les aider. Aucun de mes amis ne périra ce soir. Nous ne sommes pas des perdants. Nous sommes forts, solides, nous savons nous battre.

Me glissant entre les tronc d'arbres épais, j'arrivais rapidement jusqu'a mon dernier espoir.

Le dos collé contre la paroi glacée du camping-car, j'avançais en direction de la portière côté conducteur - non exposée à l'assemblée. Retenant ma respiration, appréhensive à en vomir mes tripes, j'activais d'une main la poignée avec la plus grande précaution qui soit et croisait mes doigts de l'autre. Consciente du rôle important que j'ai à ce moment précis, l'enjeu et les conséquences de mes actes sont décisifs.

Elle s'ouvre. MIRACLE. Je montais la marche et m'asseyais délicatement sur le siège rembourré.

Les clés sont sur le contact. Merci, merciiiiii… Putain, je pourrais en pleurer. Le moral au plus haut grâce à cette succession d'heureuses coïncidences, j'osais de nouveau respirer, soulagée. Je frottais mes mains contre mes cuisses pour essuyer mes paumes moites, inspirais un grand coup, fis une prière, enveloppa la clé dans ma main droite et posais mon pied sur la pédale d'embrayage. Si mes souvenirs sont corrects, c'est la bonne.

« Trésor, trésor, trésor... Moi, si j'étais toi, je mettrais mes jolies petites mimines en l'air. Ou en tout cas, je les garderais loin, très loin, de cette petite clé. Sauf. Si. Tu veux .. que je les coupe ? Ahahahah ! On veut éviter tout ça, n'est-ce pas trésor ? Ahlalala… On rigole tellement alors que le show n'a même pas commencé, excellent. »

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. . .

… Mais qui peut bien être cette personne ? ;) …

BON VOILA le deuxième chapitre. Nous en apprenons un peu plus sur notre Ilda nationale, son présent mais aussi son histoire personnelle qui impacte son présent de manière significative. Nous la voyons sous différents contextes : intégrée dans un groupe, faisant face à l'adversité, appréciant le sentiment d'être libre… Elle s'apprête à faire la rencontre d'un adversaire de taille. Et quel adversaire.. qui n'est autre que …. devinez !

Lancez-vous ! Partagez vos théories, même farfelues avec moi, c'est toujours amusant !

Je me répète mais merci de partager vos impressions, c'est un peu comme une cou de boost intense : il me fait plaisir et me met face à des lecteurs concrets, je vois les reviews comme une récompense pour les heures de travail à écrire.

Soyez heureux(ses) et à dans quelques jours pour le troisième chapitre qui va être TRÈS fort en émotion ! -yes ! -

*cyber-câlins*

TATA