Titre: Ce jour-là
Auteur : Miru-sama
Blah-blah : Ecrit pour la communauté 6 variations, voici donc ce qui suit le projet Hide-and-seek. Le thème choisit est le numéro 17…
Résumé : Ce jour-ci, il pleuvait. Un peu comme dans les vieux films américains. A croire que la pluie rend mélancolique ou que sais-je encore. Il n'empêche : je n'aime pas la pluie.
Personnage/Couple : Near, du near partout, je vais saturer, tant pis. Sous entendu MelloNear, juste sous entendu
Rating/Genre : K/OS/J'en sais fichtrement rien
Disclaimer : Les personnages, l'univers, la Wammy's House appartiennent à Obha et Obata.
Ce jour-là...
Dehors, il pleut. Comment le sais-je, moi qui suis toujours enfermé dans ma tour sombre, avec pour seule compagnie les jouets en plastiques et les écrans ? Car je sais toujours quand il pleut. Et que Gevanni me l'a dit, passons. Je n'aime pas la pluie. Encore une raison pour rester enfermé. Il y fait chaud et je ne vois pas la pluie marteler l'immeuble. Pourtant, je suis curieux, je n'aime pas ça. Je n'aime pas quand je sais que je vais dire quelque chose qui est inutile.
« Il pleut fort ? »
Je demande à Gevanni. Simple curiosité. C'est une question futile et sans sens. Inutile. Mais je la pose quand même, parce que je veux savoir si ce jour est semblable à celui au quel je pense. Il me répond par la négative, une petite bruine, un peu plus puissante peut-être. Je soupir et me lève. Je n'aime pas me lever, on est bien assis. Mais je le fais quand même, parce que j'ai besoin de savoir. Je me demande à partir de quand je suis devenu masochiste au point de faire moi-même des choses que je n'aime pas. C'est illogique. Comme lui. Mais si j'aimais bien ce trait qui le caractérisait, moi je ne l'aime pas pour moi. L'illogique ne me va pas, tout suit une trame bien définie, tout n'est que puzzle.
Je rejoins la porte et la passe, je n'ai pris qu'un jouet en plastique. Lidner et Gevanni ne disent rien, ils n'ont pas à me demander ce que je vais faire de toute manière. Je suis adulte – oui, adulte, quoi qu'on en pense – et je suis celui qui commande le SPK. Je n'ai pas besoin de leur autorisation pour bouger. Je vais dans une autre salle, qui contient des fenêtres et m'assoit devant. J'observe. Le ciel est gris, froid et fade. Je souris légèrement, amusé. Une certaine personne m'aurait probablement comparé à la voûte. La pluie tombe doucement, frappant le verre. Je colle mon doigt sur la vitre, j'ai enfoncé la figurine blonde dessus et je fixe le ciel, vide d'émotion. Comme d'habitude.
Je n'aime pas la pluie. C'est juste puéril comme comportement, la raison l'est encore plus. Pourquoi ne pas aimer la pluie alors que je ne sors pas ? Il pleut, comme dans ces vieux films où il pleut toujours pour accentuer un moment dramatique. Lorsque quelqu'un pleure ce n'est pas obligé qu'il y est de la bruine en fond. C'est inutile. Et cliché. C'est idiot de ne pas aimer la pluie, parce que moi aussi, elle me rend nostalgique. De ce jour-là, où tu as claqué la porte. En me laissant. Un jour où tu as fait preuve de lucidité et j'aurais préféré que non. En gamin idiot et possessif. J'aurais préféré que tu restes à la Wammy's House avec moi. Mais je ne pouvais pas t'empêcher de partir. Alors tout ce que j'ai fait c'est te regarder partir, à l'abri, à l'intérieur. Je fixai ta silhouette au travers des fenêtres en croisées d'ogives. Ce jour-là, il pleuvait. Exactement comme maintenant, mais tu n'en avais cure j'imagine. Tu voulais juste partir, quitter cet endroit le plus rapidement possible. Me quitter le plus rapidement possible.
Pourtant la dernière personne que tu vis avant de complètement disparaître, ce n'était pas Matt, c'était moi. Je sais que je n'avais pas aimé ce jour-là. Je l'avais détesté. Comme la pluie qui coulait doucement, trempant tes cheveux blonds et tes vêtements sombres. En y réfléchissant je n'aime pas la pluie depuis ce jour. J'aurais aimé avoir pu sortir et te retenir, peut-être. Mais non, je suis resté bien à l'abri. Comme maintenant. Je me doute que toi, qu'il pleuve ou non tu t'en fiches, tu sortirais quand même. Ce n'est pas ça qui t'a arrêté, ce matin en tout cas. Et moi, aurais-je le courage de sortir affronter le monde ? Ou une fois de plus je resterai raisonnable, dans mon monde sombre avec mes jouets ? J'observe la figurine à ton effigie. Longuement. Comme si elle allait me donner une quelconque réponse. Je tourne la tête en signe de négation.
C'est stupide. Me croirai-je moi aussi dans les mauvais films ? Il est parti. Il est parti un jour de pluie comme celui-ci et ne reviendra pas. Il est parti en me faisant détester la pluie, qui me rappelle ce jour. Il est parti en me prouvant que je suis faible et lâche. Il faut que je cesse de le tutoyer, c'est inutile il ne me répondra pas. Depuis quand suis-je devenu si… imbécile ? Je soupire et glisse mes doigts sur le verre avant de retourner dans la salle
aux écrans. Lidner et Gevanni n'ont pas bougé. Je me rassois et fixe la figurine de Mello. Dehors, il pleut et ça ne change rien. Rien ne changera jamais… Je n'aime pas la pluie.
