Résumé : Steve se sent coupable, Joe est là pour lui prouver qu'il n'a rien à se reprocher

Note de l'auteur : C'est la suite directe du chapitre 1. Les OS 1, 2 et 3 sont liés. ;) Bonne lecture

POV Joe

Wade vient de partir, et je repense à ce qu'il vient de me dire. Cette année, je me suis souvent demandé pourquoi est-ce que Steve me faisait confiance. C'est vrai finalement je n'ai cessé de lui mentir sur Shelburne. Aujourd'hui je vois clairement qu'il n'a pas entièrement pardonné à sa mère et pourtant il semble l'avoir fait pour moi. Je ne comprends pas mais je suis tout simplement content car Wade à raison, j'ai besoin de lui et je le considère comme mon fils. Je ne voulais simplement pas mettre de mot sur mes sentiments envers lui car j'ai l'impression de trahir John.

J'ai pu assister à tellement de moments avec son fils alors que lui était à des milliers de kilomètres, comme lorsqu'il est sorti diplômé d'Annapolis, qu'il a été blessé en mission, qu'il est devenu Seal. J'ai rencontré un certain nombre de ses petites amies, alors que je suis pratiquement sûr que John en a rencontré aucune, ou alors peut être Catherine. Dans ces moments-là quand je me sentais coupable, je me disais simplement que mon meilleur ami m'avait demandé de veiller sur son fils et c'est ce que je faisais. Mais je sais que même si nous n'avions jamais eu cette conversation je l'aurai fait.

Steve commence à s'agiter sur mes genoux et à murmurer des mots incohérents :

« Chut gamin, chut… Tout va bien. »

Il fait un cauchemar et je ne suis pas étonné. Pendant nos entraînements de Seals, on nous apprend à refouler les émotions, et on construit un mur pour ne pas que les horreurs que nous avons pu voir nous hantent. Mais lorsqu'on est plus faible, à cause de la fièvre, de blessures ou de maladies, ce mur se brise et les cauchemars nous envahissent.

Je passe une main dans ses cheveux pour essayer de l'apaiser, mais cela ne marche pas. Il s'agite de plus en plus, et aucun de mes gestes ou de mes paroles ne semblent le calmer. Je ne comprends pas toutes ses paroles, mais je capte certains mots :

« Papa… », « Non… », « Désolé.. »

Les larmes commencent à couler le long de ses joues et je sais qu'il revit la mort de son père. Cela me détruit de le voir comme ça. Je me sens tellement impuissant. Je ne peux rien faire pour le soulager. Finalement il ouvre des yeux remplis de larmes, il me regarde un instant et essaye de se relever. Je ne sais pas si je dois l'aider ou simplement le faire se recoucher. Il réussit à se redresser, mais il reste assis sur le canapé. Il a sa tête entre ses deux mains, et je peux entendre les sanglots qu'il essaye de retenir.

Je me lève et me dirige vers la cuisine pour lui ramener un verre d'eau. Je prends mon temps, pour le laisser se ressaisir et pour que je sache comment agir. Certes ce n'est pas la première fois que je le vois pleurer, mais je sais qu'il est trop fier pour se laisser complètement aller quand il y a quelqu'un d'autre. Et là pour le coup, il ne contrôle pas ses émotions. J'aimerai lui faire comprendre une bonne fois pour toute que la mort de son père n'est pas de sa faute, qu'il n'a pas à s'en vouloir. Et quoiqu'il ait fait, même si Anton s'en serait sorti en vie, John serait mort. Tout le monde l'a compris, à part lui et la culpabilité le ronge.

Je me dirige vers le salon, et je vois que la pièce est vide. Je regarde alors vers l'extérieur, et j'aperçois Steve assis sur la plage. Je sors et je m'approche de lui. Quand j'arrive à sa hauteur, je lui tends le verre en lui demandant :

« Ça va fiston ? »

Il hoche la tête positivement mais son regard est toujours dirigé vers l'océan. C'est son refuge, notre refuge, celui de tous les Seals. Un silence s'installe entre nous, durant lequel je l'observe. Steve est toujours pâle, et je peux voir qu'il ne se sent pas bien même s'il ne veut pas l'admettre. Je soupire légèrement et je reprends la parole encore une fois :

« Tu n'as pas besoin de faire semblant d'aller bien avec moi fils. Tu n'es pas en mission, tu n'as pas besoin de paraitre fort pour ton équipe, tu peux lâcher prise. Dis-moi ce qu'il ne va pas ? »

Il ne répond toujours rien. Et je regarde vers le ciel en me demandant comment diable, John a-t-il fait pour avoir un fils aussi têtu que Steve. Il commence à trembler légèrement, et je me lève alors et le force à en faire de même. Nous nous retrouvons rapidement assis sur le canapé. Enfin je suis assis, Steve penche dangereusement du côté où il va tomber, et je ne lui donne pas cinq minutes avant d'être allongé. Il se rallonge finalement de lui même, et pose à nouveau la tête sur mes genoux. Il ferme les yeux, et je suppose qu'il s'est endormi. La discussion sur la mort de son père devra être remise à plus tard. Je mets la tête en arrière lorsque la voix rauque de Steve brise le silence dans un murmure :

« J'ai rêvé de la mort de mon père. »

Je sais qu'il est à nouveau au bord des larmes. Je passe ma main dans ses cheveux, d'un geste que je veux rassurant. Il se redresse alors et me regarde en me disant :

« C'est de ma faute Joe, c'est de ma faute si mon père est mort ce jour-là. Si je n'avais pas tiré sur Anton… »

Je ne lui laisse pas terminer sa phrase et je lui réponds :

« Ton père serait quand même mort Steve. Quoi que tu aies fait ce jour-là, Victor aurait tué John.

- Comment pouvez-vous en être si sûr ?

- Fils, Victor était simplement une marionnette de Wo Fat. C'est lui qui a commandité l'assassinat de ton père à cause de son enquête sur les Yakuzas. Ce n'est pas de ta faute Steve, John connaissait les risques qu'il encourait en menant cette investigation. C'est d'ailleurs pour cela qu'il vous a envoyé loin ta sœur et toi. »

Steve ne réagit toujours pas. Je ne sais pas s'il arrive à me croire.

« Ecoutes fils, John n'aimerait pas que tu te sentes responsable de sa mort. Tu n'y es pour rien Steve, absolument pour rien. »

A présent les larmes coulent sur son visage, je l'attire contre moi. Il ne résiste pas et se laisse aller dans mes bras. Je ne cesse de lui murmurer qu'il n'y est pour rien. Il se calme peu à peu et la fatigue le gagne. Il s'allonge à nouveau sur mes genoux, épuisé par la fièvre et les larmes qu'il a laissées couler. Il s'endort, et je souris. Un père est aussi là pour rassurer et consoler. Je sais à ce moment-là que Wade a raison, Steve est comme un fils pour moi.