Il était une fois…
Chapitre 2: Obsesion no es amor
- Sirius -
-Alors ça s'est passé comment hier soir ?
-On s'est engueulés.
-Et ?
-Et rien. Je sais pas ce qu'il lui est arrivé, mais elle a trop mal pour me laisser savoir.
J'ai une de ces têtes ce matin. J'ai à peine fermé l'œil cette nuit et maintenant je regarde mes œufs brouillés comme si je voulais les hypnotiser. Il suffit que je lève la tête et je la vois, là-bas, en train de taper la discute avec un mec de Poufsouffle. Elle n'en a rien à foutre et j'ai décidé que moi non plus. C'est juste une fille parmi tant d'autres et je ne vois pas pourquoi je m'intéresserais à ses problèmes. Point final.
- Demy -
Il me regardait hier, il me parlait avec son cœur, il me touchait et j'ai ressenti ce que je m'étais défendu de ressentir depuis longtemps. Depuis Alex. Le désir. Ce truc si excitant, si urgent, si fiévreux, si… Mon dieu, on se calme, il est huit heures du matin et Black a une tête de Scroutt à Pétard mal luné. Pas mon problème, il a qu'à se mêler de ses affaires.
Là, il y a ce mec qui est venu me parler. Il m'a dit qu'il s'appelait Johnny – ses parents devaient sérieusement manquer d'imagination – et qu'il me trouvait physiquement intelligente – oh-mon-dieu. Fuyons, me direz-vous ? Mais moi, les défis ne me font pas peur. Et jusqu'à preuve du contraire, il me semble que je n'a pas besoin de parler avec celui qui me fait l'amour, non ? J'ai donc dignement laissé Johnny (je répugne rien qu'à prononcer un prénom si idiot) me peloter les fesses et je lui ai donné rendez-vous le soir-même. Puis je suis allée en cours, toujours dignement.
Je suis arrivée avec un quart d'heure de retard en cours de métamorphose et, comme par hasard, la seule place libre qu'il restait était à côté de Black. Pourquoi il était tout seul, lui, d'ailleurs ? Ah oui, parce que Remus était à l'infirmerie. Je suis restée plantée devant la porte comme une abrutie, en regardant la place vide, jusqu'à ce que le prof me dise aimablement que soit je m'asseyais soit je partais mais qu'en tout cas j'arrêtais de perturber le cours. Je me suis assise sans un regard pour Black, j'ai posé ma tête sur mes bras croisés et j'ai fermé les yeux.
Alex. Il est là, caché sous mes paupières. Il me sourit quand je l'appelle, il me soutient quand je n'en peux plus. Il me regarde avec ses beaux yeux chocolat, il me prend dans ses bras et il me dit que tout va bien. Il m'explique quand je me braque et que je refuse de comprendre. Il dit que sa mort servait un plus grand projet, que si c'est pour mon bien alors mon oncle a bien fait de le tuer. Je n'en crois pas un mot, je lui dis que mon oncle est un salaud. Il me dit que je n'aurais pas dû me faire renvoyer de Durmstrang, que mon oncle ne le voulait pas. Et soudain je compris que c'est justement ce que mon oncle voulait. Je hurle.
- Sirius -
Elle s'est redressée en gueulant et elle est tombée de sa chaise et moi, j'ai sursauté comme un malade. Après seulement j'ai vu qu'elle était par terre et qu'elle tremblait, la tête dans les mains. Je me suis précipité à ses côtés, comme tout les gens de la classe. Le prof m'a dit de l'emmener à l'infirmerie je n'ai pas protesté.
On marchait côte à côte dans les couloirs, en silence. Je lui jetais des coups d'œil régulièrement et je voyais que ses lèvres bougeaient comme si elle parlait toute seule et qu'elle tremblait. Elle avait l'air paniquée et perdue. Et sur la défensive, comme d'habitude.
- Demy -
Tout tourbillonnait dans ma tête à une vitesse affolante, me donnant presque la nausée. J'avais l'impression que cette révélation m'avait transpercée et que je me vidais de mon sang. Mon oncle avait tué Alex parce qu'il représentait trop pour moi et que ça me rendait vulnérable. Il me l'avait expliqué, je n'avais pas écouté. Vulnérable aux yeux de qui ? Je n'avais pas d'ennemis, je m'en foutais, je voulais juste être avec Alex. J'aurais dû comprendre, quand j'avais pensé à des ennemis potentiels, qu'on ne parlait pas des miens mais de ceux de Voldemort.
Mais je n'avais pas compris, j'avais trop mal. J'avais pété les plombs, on m'avait renvoyée. J'étais arrivée à Poudlard, et je venais seulement de comprendre que c'était parce que mon oncle l'avait voulu, parce qu'il voulait son petit pion personnel dans les rangs de Dumbledore. Or ce que mon oncle voulait, c'était ce que Voldemort voulait. Donc Voldemort me manipulait. Voldemort tirait les ficelles de sa petite marionnette dont il avait transpercé le cœur avant de l'envoyer à Poudlard, sachant qu'aveuglée par la douleur elle ne remarquerait rien.
J'étais assise sur le bord d'un lit de l'infirmerie. Black était planté devant moi et il n'arrivait même pas à cacher correctement son inquiétude. Etonnamment, ça ne m'a pas donné envie de le dégager plutôt de le remercier. J'ai baissé les yeux vers mes mains, posées sur mes genoux, et je les ai vues secouées de tremblements incontrôlables je ne pouvais rien faire, je respirais fort, mon cœur battait vite. Black les a prises dans les siennes et instinctivement, j'ai refermé mes doigts. J'ai serré ses mains de toutes mes forces, comme si c'étaient les seules choses auxquelles je pouvais me raccrocher. Même si c'étaient les mains d'un mec que j'aurais voulu haïr depuis hier soir, je n'y arrivais plus.
Il a levé les yeux vers moi et j'ai vu qu'il était trop près, et mon cœur s'est affolé comme si c'était la première fois qu'un mec s'apprêtait à m'embrasser. J'ai cru qu'il allait éclater, le boum-boum. Rien que le fait de sentir la respiration de Sirius – mon dieu, je l'ai appelé Sirius – contre mes lèvres me tuait lentement.
- Sirius -
Je n'ai fait qu'effleurer ses lèvres. Doucement, sans même savoir pourquoi. Elle a soupiré faiblement, les yeux fermés, et j'ai recommencé pour réentendre ce soupir. Ensuite je me suis éloigné lentement et je suis parti.
On ne s'est pas reparlé, les jours suivants. Elle est sortie de l'infirmerie deux heures après y être entrée et personne n'a vraiment su ce qu'elle avait eu. Je crois qu'elle m'évitait. Moi je savais même pas si je l'évitais ou pas, je comprenais rien, j'étais complètement largué. James disait que j'étais perturbé parce qu'elle ne se jetait pas dans mes bras Remus disait que j'avais craqué sur elle et moi je disais qu'ils avaient tort. Mais c'est vrai que c'est quand même naze de ne pas pouvoir réconforter une fille autrement qu'en l'embrassant. Je suis un peu un sociopathe, quand j'y pense tout ce que je sais faire avec les filles, c'est les sauter.
Finalement c'est Peter qui a éclairé la situation, environ une semaine plus tard. Il est arrivé en trombes dans la salle commune, s'est précipité sur nous et il a gueulé :
-Eh, les mecs ! Vous savez la rumeur qui court ? King est avec Johnny Summers!
-Quoi?, je me suis exclamé en bondissant de mon siège.
-Ben oui, ça gazait déjà pas mal depuis quelques jours parce qu'on les avait soi-disant vus se faire du pied en potions, mais là Charlie Pace les a surpris dans une salle vide en train de…
-C'est bon Queudver, a coupé Remus, tu vas pas nous faire un dessin.
-Après tout, a renchérit James dans un cruel manque de tact, on s'en fout qu'elle sorte avec cet abruti, nan ?
J'ai eu l'impression qu'ils me regardaient tous, qu'ils attendaient que je pète les plombs.
-Ouais, j'ai dit avec amertume, mais les mots avaient du mal à sortir. On s'en branle.
Et je me suis tiré. Crédible ? Bien sûr que non, mais j'en avais rien à foutre. Cette salope m'avait fait croire que si elle refusait de me parler et qu'elle essayait de me détester, c'était parce qu'elle avait souffert et qu'elle ne voulait pas avoir de relation pour l'instant, ou un truc du genre, un truc de fille quoi. Que du mytho. Une belle pute, rien de plus. En plus Summers est un gros bouffon.
Je me suis tapé deux filles ce soir là, deux petites blondes dont je me rappelle même pas le nom. Et honnêtement, je m'en fous. J'avais décidé de reprendre mes bonnes vieilles habitude : mes potes, mes groupies, mes aventures d'un soir. Plus de putain de Sang-pur manipulatrice.
Mes bonnes résolutions se sont compliquées l'après-midi même. Il se trouve qu'on avait (ô joie) cours avec les Poufsouffle, et par conséquent avec l'abruti. Or, comme par hasard, j'ai par mégarde bousculé King un peu trop fort au détour d'un couloir – pas fait exprès, bien sûr. Toujours est-il qu'elle s'est étalée par terre et toujours est-il que son mec n'était pas loin et qu'il est accouru à sa rescousse.
J'étais en train de regarder King ramasser ses affaires, suffisant et pas contrit pour le moins du monde je l'avoue, quand l'abruti s'est pointé et m'a poussé en arrière.
-Pour qui tu te prends, Black ? Excuse-toi tout de suite !
-Désolé Summers, mais j'ai aucune excuse à présenter à une Mangemort doublée d'une pute et d'une menteuse.
OK, j'y ai été très fort. J'ai pas eu le temps d'y penser plus longtemps parce que je me suis pris le poing de Summers dans la gueule et je suis tombé par terre. Cet enfoiré a continué à me frapper jusqu'à ce que je voie James et Remus venir à ma rescousse le débile a été maîtrisé en cinq secondes. Je me suis relevé et là j'ai vu que King se tenait en face de moi, ses livres dans les bras. Je pourrais dire que ses yeux étaient au bord des larmes, mais ce n'est pas vrai ils étaient juste au bord de l'explosion. Peut-être parce que je l'avais traitée de Mangemort, de pute et de menteuse, ou peut-être parce que son mec était étendu par terre pétrifié avec un œil au beurre noir ou peut-être les deux.
Elle m'a rien dit, juste contentée de me regarder avec un profond mépris. Elle s'est penchée sur son mec qui a roulé des yeux, signe qu'il la voyait et l'entendait. Elle a fait :
-Y'a rien entre nous Summers. Après Black, tu es le mec le plus con que j'ai jamais vu.
Il a rien pu faire – normal – et elle s'est tirée dignement.
- Prends-en de la graine Siri', a murmuré Remus. Ça c'est de la rupture.
J'ai grommelé un « Mouaif » vexé. Mais dans le fond, j'étais un peu impressionné. C'est alors que j'ai aperçu un truc par terre, là où elle s'était empressée de ramasser ses affaires je me suis baissé et je l'ai pris. C'était une photo. Il y avait un mec qui riait en essayant de tenir l'appareil droit et à côté une fille qui s'amusait à le déconcentrer en l'embrassant dans le cou. Pas besoin d'être très fute-fute pour comprendre que cette fille était Demy et que le mec, c'était certainement Alex.
- Demy -
J'avais le moral dans les chaussettes, ce matin. Depuis quelques jours, je dormais mal mon oncle était déjà allé si loin, je me demandais jusqu'où il pourrait aller. Ce sentiment d'être son jouet me tuait. En plus, j'avais perdu la seule photo que j'avais d'Alex et moi ensemble. Bref, heureusement que les vacances de Noël approchaient.
On était en cours de défense contre les forces du mal. Ah oui, j'ai oublié de préciser que je galérais à mort dans cette matière. Forcément, à Durmstrang on n'apprend pas à se défendre de la magie noire, on l'utilise. De plus, le prof était très peu disposé à m'aider parce que j'étais très peu disposée à accepter son aide. En fait, mon niveau était catastrophique et il était à bout.
-Miss King ! s'est-il exclamé et je voyais qu'il luttait pour garder son calme. Votre niveau et votre attitude sont inadmissibles et je commence à en avoir assez ! Puisque vous refusez mon aide, entendez-vous avec un des deux excellents éléments de cette classe, parce que je vous préviens que si votre niveau ne s'est pas amélioré après les vacances, je ne vous accepterai plus dans mon cours !
J'ai poussé un profond soupir accompagné d'un juron et il a eu l'air de le prendre pour lui.
-Vous avez quelque chose à ajouter ?
-Non, monsieur.
Il a repris son cours incompréhensible et inutile et je me suis avachie sur ma table. Bouuuh… Qu'est-ce que j'avais fait pour mériter ça? Un coup d'œil à ma droite m'a avertie que Black affichait un petit sourire arrogant. J'ai des envies de meurtre.
J'étais obligée d'améliorer mon niveau, je voulais absolument passer en septième année. Et pour ça, j'étais donc condamnée à demander de l'aide à Potter ou à Black, les deux petits génies en DCFM. Merveilleux.
Mais la chance m'a sourit le soir même, quand j'ai réussi à intercepter Potter sans son groupe d'attardés.
-Eh, Potter !
Il s'est retourné et il m'a fait son petit sourire suffisant, parce qu'il savait très bien ce que j'allais lui demander mais qu'il allait quand même me laisser le faire.
-Est-ce que… est-ce que tu pourrais m'aider pour les cours de DCFM ?
-Désolé, il a répondu toujours son petit sourire aux lèvres, mais je donne déjà des cours particuliers à Evans. Demande à Sirius, il se fera une joie de t'aider !
-Merci, James, j'ai grimacé.
Je m'en doutais, remarquez, mais maintenant j'avais plus qu'une chose à faire.
Quand je suis retournée à la salle commune après le dîner, je l'ai cherché du regard. Sirius Black trônait, avachi sur le canapé, veillant sur sa cour d'un regard suffisant et entouré évidemment de ses trois larbins j'imagine qu'on ne peut avoir de la chance deux fois de suite. J'ai pris à deux mains ce qu'il me restait de courage et je me suis dirigée vers eux. Je me suis plantée devant eux et tous leurs regards se sont tournés vers moi, à peine interrogatifs. Je me suis concentrée pour donner un timbre normal à ma voix et j'ai dit en ne regardant que Black :
-Je peux te parler cinq minutes ?
Il a souri. Ce sourire arrogant et, quand on y pense, qui fait parfois si mal.
-Si t'as quelque chose à me dire, tu peux le dire devant mes potes.
Putain mais il allait pas me faciliter la tâche ! J'ai essayé de lui jeter un regard méprisant mais je ne suis pas sûre d'avoir réussi.
-Tu pourrais m'aider pour les cours de DCFM ?
Aïe. Mon dieu que la défaite est douloureuse. Surtout quand l'ennemi est vautré dans un fauteuil à trente centimètres de toi et te toise en savourant sa victoire.
-Mmmh, je ne sais pas si je pourrais y faire quelque chose, ton niveau est tellement lamentable…
Je n'ai même pas daigné répondre. Je n'allais pas le supplier quand même.
-Ouais, a-t-il renchérit devant mon apathie, à mon avis ton cas est désespéré.
Et merde, il allait falloir que je le supplie.
-S'il te plaît.
Les mots m'ont littéralement brûlé la langue. Mais ça l'a fait céder.
-Ok, il a dit. Rendez-vous demain soir après le dîner. Je verrais ce que je peux faire pour toi.
Je l'ai regardé bien dans les yeux et j'ai psalmodié un « merci ». Et je me suis tirée vite fait en essayant de me convaincre que j'avais perdu une bataille, pas la guerre.
Le lendemain soir, j'ai attendu Black après le dîner, convaincue que j'allais passer les heures les plus horribles de ma vie. Il est arrivé tout sourire, probablement convaincu qu'il allait passer les heures les plus drôles de sa vie, et m'a saluée d'une voix réjouie. Je lui ai lancé mon regard t'es-sérieux-là mais ça a pas eu l'air de l'atteindre. Il m'a guidée dans le dédale de couloirs.
Il s'est arrêté devant un pan de mur vide et il est repassé plusieurs fois devant, l'air concentré. Je me suis retenue de soupirer. Mais juste après qu'il soit passé pour la troisième fois, une porte est soudainement apparue dans le mur. Je devais avoir l'air complètement débile à la regarder, scotchée, parce que ça a fait marrer Black qui est rentré dans la pièce, moi à sa suite.
On aurait dit que la pièce avait été spécialement faite pour donner des cours de DCFM. Des bouquins, des coussins, des mannequins et bien sûr pas d'instruments fragiles. Black a fermé la porte et il l'a verrouillée, puis il s'est tourné vers moi.
-Bon alors King, qu'est-ce que tu ne sais pas faire ?
J'ai levé les yeux au ciel. Il aurait fallu que je lui récite tous les sorts du programme.
-OK, il a soupiré, qu'est-ce que tu sais faire alors ?
-Je sais stupéfixer.
-Et c'est tout ?
-Pourquoi tu crois que j'ai besoin de toi ?
-Tu ne sais même pas faire le charme du bouclier ?
-J'y arrive pas, j'ai grommelé.
-On va commencer par ça alors. C'est tout con, il suffit de dire « Protego ». C'est un truc instinctif, normalement. J'te lance un sort et tu te défends. Prête ?
J'ai acquiescé. Je n'étais pas prête du tout.
-Expelliarmus ! s'est-il écrié.
-Protego !
J'ai senti ma baguette me sauter des mains. Black a soupiré en me la relançant. On n'était pas sortis de l'auberge…
- Sirius -
On a continué comme ça pendant deux heures et pourtant à la fin son charme du bouclier restait si faible que sa baguette se contentait de lui tomber des mains au lieu de sauter dans les miennes. Certains auraient pu croire que son cas était désespéré mais moi ça m'intriguait. Elle était douée en métamorphose, n'avait aucun problème en sortilèges… pourquoi aurait-elle été minable en sorts de défense ?
Elle s'est affalée sur un coussin en poussant un soupir de découragement. Je me suis agenouillé devant elle.
-C'est pas normal que t'y arrives pas. Y'a un truc qui te bloque.
Elle m'a regardé d'un air buté.
-T'arriveras jamais à aller de l'avant si tu ne délestes pas de tes bagages. Faut que tu l'oublies.
-Tais-toi !
Je ne sais pas pourquoi je m'acharnais encore à essayer de comprendre, de l'aider. J'ai sorti la photo de ma poche. Elle a voulu me l'arracher des mains mais j'ai attrapé son poignet au vol.
-Lâche-moi et rend-moi cette photo !
-Pas tant que tu ne m'auras pas tout raconté.
Elle a essayé de me gifler avec sa main libre mais celle là aussi je l'ai emprisonnée à temps la photo est tombée par terre mais ni elle ni moi n'avons bougé.
-Raconte-moi. Dis-moi pourquoi il est mort.
Elle a essayé de se dégager encore une fois, faiblement. Je maintenais ses poignets devant mes épaules, de sorte que nos deux torses se touchaient presque.
-Mon oncle l'a tué parce que je l'aimais.
Elle avait dit ça d'une voix blanche. Je ne l'ai pas interrompue.
-C'était dans notre manoir… il nous a surpris dans ma chambre et… je n'ai pas su protéger Alex… c'était un cracmol, mais un Sang-pur mon oncle s'en foutait.
Sa voix s'est éteinte. Elle faisait tout pour ne pas croiser mon regard. Lentement, j'ai desserré mon emprise sur ses poignets et j'ai fait glisser ses mains dans les miennes. Elle a emmêlé nos doigts et levé la tête. Je me suis approché doucement. C'est elle qui soudainement a refermé la distance.
Sentir ses lèvres sur les miennes me fit l'effet d'une décharge électrique. Je la collai contre mon corps et profitai de son petit cri de surprise pour insérer ma langue dans sa bouche. Nos mains se détachèrent et j'allai caresser son dos sous son pull alors qu'elle agrippait mes cheveux. Notre baiser devenait plus enflammé. Il y avait de l'urgence dans notre étreinte, dans la façon dont elle se donnait à moi, comme si mes bras seuls pouvaient la retenir devant un gouffre au bord duquel elle vacillait. Je me senti dévoré par l'ivresse de ce pouvoir qu'elle me cédait sur elle. D'une main, je tirai ses cheveux en arrière pour m'offrir sa gorge que j'embrassai à pleine bouche de l'autre, je remontai lentement le long de la cuisse. Elle avait fermé les yeux et plus je montai, plus elle haletait. Elle écrasa ses lèvres contre les miennes et je la sentis déboutonner fiévreusement ma chemise. Mes doigts se heurtèrent à la dentelle de sa culotte et je le lui retirai prestement. Quelque part en moi, je sentais que c'était mal, que c'était bien trop vite, mais cela ne fit qu'électriser mon besoin presque animal de continuer, de la posséder. Je fis glisser mes doigts à l'intérieur de sa culotte, et sentir à quel point elle mouillait pour moi rendit mon érection encore plus dure contre sa cuisse. Je dus retenir un gémissement d'anticipation.
Mais je voulais faire durer le plaisir. Je lui retirai rapidement son pull et défis son soutien-gorge. Mes mains prirent ses seins en coupe pour caresser ses tétons durcis et elle gémit mon nom dans mon oreille, ce qui m'excita au plus haut point. Je descendis ma bouche et commençai à sucer avidement le mamelon gauche. Elle continuait à geindre en litanie, en tirant sur mes cheveux ou griffant ma nuque, et putain ça me tournait la tête. Ses mains traversèrent mon torse nu vers le bas, défirent la boucle de ma ceinture et s'insinuèrent dans mon boxer. Je laissai échapper un grognement rauque lorsqu'elle se mit à caresser lascivement mon érection.
En la soutenant par le bassin d'une main, l'autre caressant l'intérieur de ses cuisses, je l'étendis sur les coussins. Je ne donnai même pas la peine de lui enlever sa jupe que je pénétrai deux doigts en elle. Elle cria en enfonçant ses ongles dans le bas de mon dos. J'introduisis un troisième doigt et commençai un mouvement de va-et-vient. Elle haletait, gémissait, agrippée à mon dos. J'étais à genoux entre ses jambes écartées, et la vision d'elle cambrée, ses seins nus tressautant alors qu'elle se tordait sur le sol, menaça de me faire venir dans mon caleçon. Je retirai mes doigts et elle poussa un faible cri de protestation qui se transforma en hurlement de plaisir lorsque je vins mordiller son clitoris. Ses hanches se soulevèrent du sol et je pris ses fesses nues pour la maintenir. Je sentais ses mains agrippées à mes cheveux alors qu'elle gémissait :
-Siriuuuus… mmmh… continuuuuue…
J'aurais pu avoir un orgasme rien qu'avec la façon dont mon nom roulait sur sa langue. Ce fut elle-même qui retira ma tête et vint m'embrasser pour goûter sa propre saveur. Elle fit glisser mon caleçon le long de mes hanches. Sentir sa toison trempée bouger lascivement contre mon érection me rendait fou, tout comme ses seins brûlants, humides de sueur, contre mon torse nu. Je me relevai, elle dans mes bras, ses jambes enroulées autour de mes hanches, et vint la plaquer contre le mur, la pénétrant violemment du même coup. Elle cria et je poussai un long gémissement rauque. Embrassant ses lèvres gonflées, mes doigts enfoncés dans la chair tendre de ses fesses, je la pénétrai de plus en plus fort en grognant comme un animal et en la cognant contre le mur. J'étais déjà tellement proche de l'orgasme que je l'atteignis quelques secondes plus tard et me vidai en elle en tremblant. Je ne la sentis pas venir, mais je savais qu'elle avait pris son pied.
Lentement, je la déposai au sol. J'étais entièrement nu, brûlant et trempé de sueur. Elle avait uniquement sa jupe sur laquelle j'avais fait une tache de sperme. Ses cheveux en désordre retombaient devant ses pupilles dilatées, ses lèvres étaient rouges et gonflées. Elle avait un suçon à la base du cou, un autre au milieu de son décolleté entre ses deux seins. Elle était belle. Je l'ai prise dans mes bras.
- Demy -
On est revenus ensemble dans la salle commune. Enfin on se tenait pas la main ou rien, parce qu'on n'était pas ensemble, mais en même temps quoi. Les regards de James et Remus nous vrillaient alors qu'on approchait d'eux. On avait certainement cette odeur de peau, de musc, de sexe de quand on vient de faire l'amour. Et j'avais aussi deux suçons parfaitement visibles. Heureusement qu'à par eux, la salle commune était vide. On s'est arrêtés devant leur canapé et je me suis tournée vers Sirius.
-Bonne nuit, j'ai dit tout simplement.
J'avais tourné les talons quand il m'a retenue par le bras.
-Attends, m'a-t-il dit.
Je me suis retournée et rapprochée de lui. Qu'est-ce qu'il allait faire ? On était juste devant ses potes quand même.
-Je voudrais qu'on soit ensemble.
Je suis restée scotchée.
-Ensemble… genre on se déteste plus à mort ? Genre ce n'était pas qu'une aventure d'un soir ?
-Oui.
- Je ne sais pas Sirius… j'ai hésité. Mais bien sûr que je savais c'était la meilleure partie de jambes en l'air que j'avais jamais eue.
-S'il te plaît.
Il avait l'air sincère, le bougre.
-… D'accord. D'accord on est ensemble.
Il m'a attirée contre lui et il m'a embrassée. C'est seulement quand j'ai entendu des applaudissements et des rires que je me suis souvenue que James et Remus étaient toujours là. Je me suis séparée de Sirius, un peu gênée.
-Bonne nuit, j'ai dit, et cette fois je l'ai accompagné d'un furtif baiser. Je l'ai senti sourire contre mes lèvres. J'ai filé dans mon dortoir.
Le lendemain matin, bien que je me sois je l'avoue maquillée avec un soin tout particulier, il me parut nécessaire de mettre les choses au clair lorsque, à peine sortis de notre première heure de cours, Sirius qui n'avait cessé de m'envoyer des regards insistants jugea bon de me plaquer contre le mur le plus proche en m'embrassant comme s'il allait me faire l'amour là tout de suite maintenant devant tout le monde. Nan mais ho. Je lui pris le bras et l'entraînai un peu plus loin.
-Ecoute Sirius, commençai-je, on est ensemble, je tiens à toi, j'ai envie de toi, mais…
Je m'arrêtai de parler parce qu'il avait commencé à me caresser lascivement la cuisse. On hallucine… mes mots avaient l'air de l'émoustiller plus que de le raisonner. J'ai arrêté sa main.
-Mes notes sont catastrophiques, alors il faut que je bosse OK ? Et toi il faut que tu m'aides !
Il a soupiré mais un petit sourire a rapidement étiré ses lèvres.
-J'aurais quoi en échange ?
Mon dieu, ce mec est invivable. Mais en même temps c'est Sirius Black, et quand Sirius Black te drague, il est irrésistible. Surtout quand tu as un frais souvenir de ce qu'il peut te faire ensuite. Je me suis plaquée contre lui et j'ai collé mes lèvres aux siennes mais juste quand il s'apprêtait à approfondir le baiser, je me suis éloignée. Savourant son air frustré, je glissai :
-C'était un avant-goût…
Il a compris l'idée, il anticipait déjà à vrai dire au sourire qu'il affichait. Ce qui est bien, c'est qu'on est sur la même longueur d'ondes pour l'instant.
A suivre.
