Lulu : l'essentiel de l'histoire se fera du point de vue d'Edward,, mais pour introduire certaine situation, je ferais appel au point de vu d'autres personnages de l'histoire, mais ça sera vraiment très ponctuel (pas plus de trois ou quatre fois dans l'histoire)

Je vous remercie toutes très chaleureusement pour l'accueil que vous avez réservé à cette fiction qui n'en est encore qu'au prologue…

93 revient, 135 mises en « alert » et 81 mises en favoris… c'est fantastique et c'est surtout bien plus que pour Les Dossiers secrets du USS California !

Il y a une chose qui est revenue très régulièrement au cours de vos reviens, c'est le rapprochement avec « Into the Wild » alors je vais être franche avec vous, je n'ai pas lu le livre et je n'ai pas vu le film (quand j'ai su comment ça finissait, j'ai laissé tomber, j'aime pas pleurer à la fin des films…), mais je connais l'histoire malgré tout.

Le seul point commun entre « Into the Wild » et « Arizona Dreamin » », c'est le départ radical du personnage principal et probablement l'importance des rencontres qu'il va faire suite à ce « nouveau » départ. Toujours par rapport à « Into the Wild », je peux vous garantir, à 500000 % qu'Edward ne finira pas comme Christopher McCandless !

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Arizona Dreamin»

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Chapitre I : l'Arizona

Le voyage allait été long et plus qu'inconfortable si je me fiais au siège sur lequel j'étais assis, mais, à mesure que je m'éloignais de New York, je sentais la paix s'emparer de moi.

C'était une sensation étrange. C'était comme si, à mesure que le bus avalait les kilomètres, les angoisses, les préoccupations diverses et variées s'évaporaient les unes après les autres.
C'était vraiment quelque chose de paradoxal surtout lorsque l'on pense que j'abandonnais tout derrière moi.

J'osais à peine imaginer la réaction de ma famille lorsqu'elle lira mon message
Alice serait certainement la première, elle avait toujours son portable à porté de main et ce où qu'elle soit, même au spa, c'est dire. À coup sûr, elle allait débarquer chez moi dans le quart d'heure.

Mais aussi envahissante fut Alice, ma petite sœur allait me manquer.

Mes parents aussi.

Mais ce n'est pas un adieu juste un au revoir, le simple fait d'imaginer que plus jamais je ne les reverrais me rend malade.

Pour l'instant, j'avais juste besoin de faire table rase, d'oublier pour le reste… Pour la suite, je laisserais les choses se faire d'elles-mêmes. L'absence de ma famille me permettrait de faire le point plus facilement, évitant ainsi les avis indésirables des uns et des autres.

J'adorais New York. J'adorais ses saisons marquées. J'adorais la pluralité de cette ville.

Et pourtant, je n'étais pas certain que tout cela allait me manquer.

Mon boulot et la circulation de dingue de cette ville m'épuisaient.

Durant des années j'étais resté concentré sur mes objectifs, mais à force j'étais passé à côté de tout le reste. Je n'avais jamais fait que travailler et j'avais oublié de vivre. Jessica et Peter m'avaient finalement ouvert les yeux.

Il faudrait que je pense à leur dire merci, un jour… mais pas avant longtemps, très longtemps.

.

Le voyage fut long, très long.

Deux jours quasi complets.

Nous offrants, à nous voyageurs, des paysages aussi divers que sensationnel.

Au final, je traversais dix États : l'État de New York, la Pennsylvanie, l'Ohio, l'Indiana, l'Illinois, le Missouri, l'Oklahoma, le Texas, le Nouveau-Mexique et enfin, l'Arizona.

J'avais quitté la côte est sur-urbanisée, étais passé par les grandes plaines, les déserts et les forêts.

Nous avions marqué de nombreux arrêts pour permettre à certains voyageurs de descendre, à d'autres de monter et à ceux qui n'étaient pas arrivés à destination de se dégourdir les jambes et de se restaurer.

Personnellement, je profitais à fond de ces arrêts.

Pendant des années, j'avais avancé tête baissée vers un objectif, pensant que tout ce qui m'entourait pourrait attendre que je l'ais atteint. Mais au final, je me rendais compte qu'en avançait tête baissée, je n'avais rien vu de ce qui se passait autour de moi.

À présent, je me promenais le nez en l'air, à observer tout ce qui m'entourait.

Lors d'un arrêt à Brookville, Pennsylvanie, j'avais acheté un journal.

Rien de bien extraordinaire, ce n'était qu'un carnet noir, de 12 cm sur 17, la couverture souple me permettant de le plier dans tous les sens sans risquer d'en perdre une page.

Rien à voir donc avec un journal intime comme on en trouve à foison à destination des jeunes filles en fleur.

Venant de moi, cette réflexion est parfaitement déplacée, puisque jusqu'à l'âge de 18 ans, j'avais tenu ce genre de journal, y mettant mes réflexions et commentant les différents évènements de ma vie. Parfois, je laissais ma plume et mon esprit dérivé, ce qui nous donnait des envolées lyriques d'une qualité tout à fait discutable.

Après l'obtention de mon diplôme, je m'étais jeté à corps perdu dans les études, enchainant années de droit, stages et jobs sans faire la moindre pause. Sans m'accorder le moindre répit.

Aujourd'hui, je reprendrais cette vieille habitude. J'y consignerais les réflexions d'un homme, comme les autres, sur le monde qui l'entoure.

Ce serait un bon moyen de garder les yeux ouverts.

Ma première surprise au cours de ce voyage fut de constater la propension des personnes d'un certain âge à vouloir partager leur vie et surtout à se mêler de la vôtre.

Entre Columbus, Ohio et St Louis, Missouri, je voyageais en compagnie de Marie-Alice.

Marie-Alice était une grand-mère de 73 ans, qui revenait d'avoir passé près d'un mois chez sa fille.

Elle s'étonna que je n'ais pas préféré l'avion au bus, me précisant que tous les jeunes étaient toujours trop pressés.

Et bien ce n'est pas mon cas, lui répondis-je simplement.

Elle m'observa un instant avant de reprendre la parole.

En effet… vous me semblait être un jeune homme à part. Vous plairiez beaucoup à l'ainée de mes petites filles. Vous êtes célibataire ?

Malgré moi je ne pus m'empêcher de rire.

Il y avait bien une chose plus importante pour une personne âgée que de raconter sa vie (ou celle des ses proches), c'était de jouer aux marieuses.

Oui, je suis célibataire, mais j'ai bien l'intention de le rester.

Hum… une histoire douloureuse ?

Une histoire qui s'est très mal finie, lui répondis-je tout dirigeant mon regard vers le paysage qui défilait.

Je ne pouvais m'empêcher de repenser à Jessica. J'avais cru en elle, j'avais cru en nous.

Que j'avais été naïf !

Elle vous a fait souffrir, n'est-ce pas ?

Je ne réagissais pas, ne voulant pas lui donner matière à polémiquer.

Vous n'avez pas besoin de dire quoi que ce soit, ça se lit dans vos yeux. Mais vous ne devez pas perdre espoir, l'amour se trouve là où on l'attend le moins.

Je ne suis pas certain que le grand amour existe, du moins pas pour moi.

Oh ! Ne dites pas de bêtises ! Cette jeune femme a dû vous faire bien mal pour que vous adoptiez une telle attitude vis-à-vis de l'amour. Mais vous ne devez pas fermer votre cœur, je sais qu'il y a quelqu'un qui vous attend, qui vous espère plus que toute autre chose… quelque part sur cette Terre. C'est le cas de chacun de nous et mon instinct me dit que le voyage que vous venez d'entreprendre vous y conduira directement.

Je lui lançais un regard suspicieux avant de me mettre à rire.

J'ai bien peur que vous vous trompiez, si cette fille existe vraiment, ça m'étonnerais que je la trouve là où je vais et quand bien même elle y serait, il y a peu de chance que je la laisse s'approcher de moi.

Marie-Alice m'offrit alors un sourire victorieux.

Je sais que j'ai raison et un jour, qui n'est pas si loin, vous vous en rendrez compte vous aussi. Maintenant, excusez-moi mon cher, mais je suis presque arrivée à destination.

En regardant par la fenêtre, je remarquais que nous abordions l'agglomération de St Louis.

Mais avant de me quitter, Marie-Alice me fit une dernière recommandation.

Promettez-moi de garder votre cœur ouvert mon garçon.

Ne devrais-je pas plutôt garder les yeux ouverts ?

Oh, ne jouez pas sur les mots, à quoi vous serviraient des yeux ouverts si votre cœur n'y voit plus rien ?

Elle me fit un signe de la main et descendit.

Garder mon cœur ouvert.

C'était là le conseil d'une femme de 73 ans qui ne me connaissaient ni d'Eve, ni d'Adam, qui ne savait rien de qui j'étais et de là où j'allais – c'est-à-dire pas beaucoup plus que moi.

Garder mon cœur ouvert.

C'était peut-être là la meilleure façon de voir le monde et les gens qui nous entourent.

Peut-être avais-je fermé mon cœur il y a bien longtemps et que c'était pour cela que j'avais été aveugle.

Ma seconde surprise fut d'un autre ordre. En fait, ce ne fut pas une personne qui me surprit, mais une ville, Phoenix.

Cette ville était tentaculaire.

Après le désert, les premières traces de civilisations apparurent sous la forme de champs irrigués et d'infrastructures routières plus élaborées.

Puis se furent les premières habitations, petites maisons faites de bric et de broc, caravanes et mobile-homes implantés sur des terrains sablonneux parsemés de palmiers de toutes tailles.

Nous étions à Messa*, petite ville périphérique englobée dans la gigantesque Phoenix.

Après Messa, je fus surpris de découvrir une immense étendue d'eau qui longeait l'autoroute.

C'est Tempe Town Lake*, c'est l'un des plus gros réservoirs de la ville, m'informa l'un de mes voisins qui connaissait visiblement la région.

En fait, Phoenix était une ville typique de l'Ouest américain. Contrairement aux villes de la côte Est, ces villes s'étaient développées en s'étalant, occupant tout l'espace mis à leur disposition. Les petites villes, comme Messa, devenaient des zones industrielles et commerciales qui approvisionnaient le centre ou d'autres, comme Scottsdale devenait des zones résidentielles où l'activité économique se résumait au strict minimum.

À l'inverse de New York, Phoenix était une ville basse. J'avais beau lever le nez au ciel, la seule chose que je voyais été le ciel, un magnifique ciel d'azur et les seules traces de verticalité que je trouvais dans ce paysage était celles des palmiers.

Nous avions beau nous approcher du centre-ville, l'impression d'espace était toujours aussi présente. Pas le moindre bâtiment tassé, encastré dans un autre.

En approchant du centre-ville, je découvrais la dizaine de tours qui y étaient construites. Je ne pouvais pas les qualifier de gratte-ciel puis que la plus haute ne dépassait pas les 50 étages, une petite tour pour un New-Yorkais pur souche comme moi.

Le, car finit pas s'arrêter devant la gare routière située près du centre-ville, ou du moins du cœur administratif de la ville, car il ne ressemblait en rien à ce que l'on peut considérer comme un « centre-ville ».

Je descendais du car et récupérais mon sac dans la soute.

Mon reflet dans une vitre teintée me rappela qu'il y avait une chose que j'avais oublié de joindre à mon paquetage, mon rasoir.

Je souris en pensant que j'avais à présent l'air d'un véritable Robinson Crusoé.

Ne sachant pas vraiment que faire ni où aller, je marchais à travers les rues de cette ville inconnue et si peu familière.

En passant devant un cybercafé, je ne pus m'empêcher de penser à ma famille, mes parents, Alice…

Avaient-ils bien reçu mes messages ?

Quelle avait été leur réaction ?

J'hésitais quelques secondes puis cédais à la tentation et entrait dans l'établissement. Je payais pour 30 minutes de connexion et entrais mes coordonnées mail.

J'avais 50 messages au total, et à ma grande surprise ils provenaient quasiment tous de Jessica.

J'étais curieux de savoir ce qu'elle avait à me dire, mais je préférais donner la priorité à ma famille.

Ma mère avait été la première à répondre à mon message.

« Edward, mon chéri, j'ignore ce qui t'as poussé à prendre une telle décision, mais je t'en prie, ne fait rien d'irréfléchi. Ne fais rien que tu pourrais regretter plus tard.

Pense à tout ce que tu laisses derrière toi. Tu as une belle carrière devant toi… tu ne devrais pas tout gâcher sur un coup de tête. »

Ma mère avait toujours été très fière de moi, de ma réussite. Pourtant, je n'aurais jamais cru qu'elle, l'Artiste, la peintre renommée, aurait été si fière d'avoir un fils avocat, et pourtant…

Mon père me disait souvent que c'était parce que c'était le métier de mon grand-père et que ma mère l'avait toujours adoré.

Il est vrai qu'Hector Seán Platt, fils d'immigrés irlandais, avait été un ténor du barreau de Philadelphie. Prenant souvent fait et cause pour les plus désœuvrés.

J'airais beaucoup aimé le connaitre, mais il était mort peu après ma naissance, ne me laissant pas ainsi cette chance.

« Revient mon chéri, je t'en prie. »

Je soupirais.

Ma mère n'avait jamais supporté que l'on s'éloigne d'elle. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elle avait poussé mon père à chercher un poste à Boston lorsque j'avais intégré Harvard puis à New York lorsque j'avais été embauché chez Volturi, Denali & associés.

Et, comme de bien entendu, mon père n'avait pu lui résister.

Mon père était chirurgien, un grand chirurgien même, ce qui faisait qu'il n'avait aucun mal à trouver un poste dans n'importe quel hôpital du pays. Il était capable de beaucoup de choses, sauf de résister à sa femme, de pourtant 7 ans sa cadette. Il finissait toujours par tout lui céder.

Au final, je savais que cette séparation forcée serait difficile pour elle, mais moi je ne lui cèderais pas.

« Maman, je sais que ma décision est difficile à accepter pour toi, mais je l'ai prise et je m'y tiendrais.

Sache que je vais bien, que je mange bien et que je dors… relativement bien aussi. Je n'ai pas trop froid, en fait ce serait presque l'inverse.

Si cela peut te rassurer, j'essaierais de t'écrire régulièrement pour te donner de mes nouvelles.

Rassure-toi, je n'ai pas l'intention de commettre l'irréparable.

Je prendrais soins de moi

Je t'aime

Edward. »

Je savais que ce message ne la satisferait pas, mais elle allait devoir s'en contenter.

Mon père aussi m'avait répondu, il m'avait envoyé deux messages.

Le premier reprenait, dans le fond, ce que ma mère m'avait écrit, me précisant juste que ma mère était bouleversée, mais cela il n'avait pas besoin de le préciser, je m'en doutais déjà.

Le second était d'un autre ordre.

« Edward, je viens d'avoir Eléazar au téléphone, il s'inquiété d'avoir reçu une lettre de démission de ta part et ne savait pas vraiment quoi en faire. Il a essayé de te joindre sur ton portable, comme nous tous, mais il n'a lui non plus pas eu de tes nouvelles.

Il me demande de te dire qu'il est prêt à détruire cette lettre et à te donner un congé exceptionnel si c'est ce dont tu as besoin.

Je lui ai promis de faire mon possible, même si je me doute que ta décision est prise.

Je connais mon fils et je sais qu'il n'est pas homme à changer d'avis sans une bonne raison.

Même s'il est subit, je suppose que ton départ n'est pas une décision en l'air.

Réponds-moi s'il te plaît.

Et si ton choix est définitif, alors j'en ferais part à ton oncle.

J'ignore ce qui t'a motivé, mais j'aurais aimé pouvoir te soutenir.

La fuite n'a jamais apporté aucune solution Edward.

J'ignore pourquoi, mais je sens que Carment ne va pas être contente

Je t'aime

Papa. »

Le message de mon père me toucha profondément. Il me prouvait à quel point il m'aimait et à qu'il me connaissait vraiment bien.

Il avait raison sur toute la ligne, je n'étais pas homme à prendre des décisions à la légère.

J'ignorais encore où j'allais où ce que j'allais faire, mais une chose était sure, pour rien au monde je ne ferais un pas en arrière.

« Papa, je te remercie de faire le lien avec Eléazar. Tu pourras lui confirmer que mon choix est effectivement définitif et combien même je reviendrais à New York, je ne voudrais pas travailler et encore moins être associé à Volturi.

Je sais que ma décision te surprend, mais j'ai bien peur qu'elle soit nécessaire.

À vouloir réaliser mon rêve, j'en ai oublié de vivre, de vivre vraiment et j'ai la ferme intention de rattraper le temps perdu.

Moi aussi je t'aime

Edward.

P.-S. Désolé pour Carmen, je me doute que tu aurais préféré ne pas avoir à gérer une nouvelle crise de sa part. »

Je grimaçais en écrivant ces derniers mots.

Carmen était la demi-sœur de mon père et l'épouse d'Eléazar Denali, ce qui faisait de lui mon oncle. Et depuis près de 28 ans à présent, elle n'avait de cesse de chercher des occasions d'en vouloir à mon père. Mon départ du cabinet où son mari m'avait aidé à entrer allait être une nouvelle source de querelle entre eux.

Il y a des années, ma mère et elle étaient les meilleures amies du monde, jusqu'à ce que, le lendemain de ses 18 ans, ma mère épouse mon père, le frère de sa meilleure amie. Carmen n'avait jamais digéré la chose, accusant mon père de lui avoir volé sa meilleure amie.

On espérait tous qu'avec le temps elle se calmerait, mais en près de 30 ans, elle n'avait pas changé de ligne de conduite.

Le message suivant provenait de ma petite sœur. En lisant les premiers mots, je n'avais aucun mal à l'imaginer face à moi.

« Edward, en recevant ton message j'ai bien cru que j'allais t'étrangler sur place, raison pour laquelle je suis allée directement chez toi et quelle n'a pas été ma surprise de découvrir Miss Jessica, à peine vêtue, en train de se disputer avec Peter, tout aussi peu vêtu.

Je suppose que cette scène ne te surprendra pas.

Je savais bien que Peter n'était pas net quand à Jessica… je t'avais bien dit de te méfier d'elle.

Toujours est-il que je lui ai demandé de vider les lieux.

L'appartement étant à toi, je ne vois pas pourquoi elle y resterait, non?

Tu me manques déjà, mais sache que si tu n'es pas rentré dans trois mois, c'est moi qui viendrais te chercher !

Je t'aime

Alice »

C'était bien ma petite sœur. Sans le moindre doute.

Elle avait surpris Jess et Peter à se disputer ? Y aurait-il déjà de l'eau dans le gaz ?

Tout cela m'équerrait.

Je lui répondais rapidement.

« Alice, fais-toi plaisir et vide mon appartement de tous les nuisibles qui l'encombre.

En fait, vide-le complètement et propose à Rosie de s'y installer, je sais qu'elle n'arrête pas de se plaindre de son appart et le dressing que tu m'as fait installer devrait lui plaire.

Pas de loyer, demande-lui simplement de régler les charges et les différents impôts.

Je t'aime aussi petite sœur, mais il est inutile que tu viennes me chercher, je ne reviendrais que lorsque je l'aurais décidé.

P.S. Dis à Rosie que je l'aime aussi et qu'elle va me manquer. »

Je m'attelais en suite à lire les messages de Jessica.

Rien de bien long en somme. Jessica écrivait ses mails comme elle écrivait des textos. De façon phonétique et désordonnée.

Il fut un temps où j'avais trouvé ça charmant, mais aujourd'hui je trouvais ça déplorable.

Les premiers étaient des messages de suppliques, me disant qu'elle devait me parler, qu'elle pouvait tout expliquer, que je ne devais pas me fier aux apparences et pire que tout, elle me disait qu'elle m'aimait.

Puis elle changeait de sujet en me disant que je n'avais pas le droit de la chasser… je supposais que ce message avait été envoyé après le passage d'Alice. Ce qui signifiait que Peter était toujours là lorsqu'elle avait envoyé ses précédents messages.

Sa fourberie n'avait décidément aucune limite et je me félicitais d'avoir autorisé Alice à la virer.

Las de tout cela, je coupais ma connexion.

Je sortais du local et prenais la direction du sud.

Sur Monroe Street, je tombais sur une chose inattendue et agréablement familière : un pub irlandais du nom de Seamus Mccaffrey» s pub and restaurant.

Étant d'ascendance irlandaise de par ma mère et ayant fait, mais étude à Harvard, j'étais plus que familier de ce genre d'établissement.

Il n'y avait pas de bon bar, il y avait juste des pubs irlandais. [N/A : tout chauvinisme celtique est clairement revendiqué]

J'entrais dans l'établissement et m'arrêtais quelques instants, le temps que mes yeux s'habituent à la pénombre des lieux.

Un homme à la carrure de joueur de football [américain] se tenait derrière le bar et semblait vouloir user autant que possible le verre à bière qu'il était en train d'essuyer.

— J'vous sers quoi ? demanda-t-il avec un fort accent, directement issu des vertes prairies de la plus belle ile du monde.

Une Harp Lager, s'il vous plaît.

Oh ! Oh ! T'es pas d'ici mon gars !

Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

Parce qu'un gars d'ici m'aurait demandé une « Hôrp Lôger » alors que toi… tu es d'où ? Boston ?

Je souriais.

Non, New York, mais j'ai fait toutes mes études dans les environs de Boston.

Le barman hocha de la tête.

Je me disais bien aussi… Seamus, se présenta-t-il en me tendant son poignet .

Le Seamus de « Seamus Mccaffrey's pub » ?

Il partit d'un éclat de rire.

Non, je ne suis pas ici depuis si longtemps, moi je n'ai fait que reprendre le commerce au vieux Seamus. Je crois que ça l'a amusé que ce soit un autre Seamus qui le remplace à la tête du navire.

Moi c'est Edward.

Il me servit ma bière avec la dextérité qui sied à sa profession.

Je saisis mon verre et me délectais de la blonde bien fraiche.

Mmmm, ne pus-je m'empêcher de gémir .

Ce qui décrocha à Seamus un large sourire.

Ça fait du bien hein ?

— Vous n'avez pas idée. C'est comme trouver une oasis en plein désert.

Seamus partit d'un nouveau rire tonitruant.

Rapidement je réalisais le sens de mes paroles et me joignait à son hilarité.

Depuis combien de temps n'avais-je pas ri ainsi ?

Depuis combien de temps ne m'étais-je pas accordé le temps de boire une bonne bière appuyé contre un bar, à philosopher avec le barman ?

Cela faisait des mois… presque des années…

Alors, reprit Seamus, qu'est-ce qui vous amène en plain désert ?

Je l'observais quelques secondes.

Si vous vouliez disparaitre, où est-ce que vous iriez ?

Pardon ? demanda-t-il, surpris par la question.

Je cherche le trou le plus paumé du coin, celui où je suis sûr que personne ne viendra me chercher.

Le regard de Seamus se durcit.

Vous n'êtes pas recherché par la police au moins, parce que je ne veux pas de ce genre d'histoires dans mon pub ! S'exclama-t-il

Non ! non ! Absolument pas. Je cherche juste à fuir ma vie.

Si cette vie contient femme et enfants, je vous conseille fortement de repartir d'où vous venez.

Ce n'est pas non plus le cas. Juste des parents, une sœur, un boulot qui m'étouffe et une petite amie que j'ai surprise à s'envoyer en l'ai avec mon soi-disant meilleur ami.

Seamus secoua la tête.

Je comprends que t'es eu envie de mettre les voiles mon garçon. Mais qu'est-ce que t'es venu chercher dans le désert ?

Changer d'air, d'environnement pour prendre le temps de réfléchir à ce que je veux vraiment.

Seamus me regarda de son regard perçant.

Je connais bien un coin. C'est un gars qui m'en a parlé une fois… c'est un vrai trou paumé à 200 km à l'ouest.

Et il a un nom ce trou paumé ?

Bouse*, me répondit-il avec emphase.

Bouse ?

Wep mon gars, c'est à 30 min de Parker.

Et vous savez comment on y va… à Bouse ?

Tu m'as l'air d'un gars prêt à tout on dirait. Il y a un bus qui fait la liaison entre Phoenix et Parker qui passe par là. Par contre, je crois qu'il ne fait l'aller-retour qu'une fois dans la journée. Il faudra voir ça à la gare routière.

Je finis ma bière et remerciais Seamus tout en lui permettant de revenir poser mes fesses sur un tabouret de son pub.

Finalement, je rebroussais chemin et retournais à la gare routière. Grâce aux informations de Seamus, je n'eux pas vraiment de problèmes à trouver ce que je cherchais.

Il n'y avait en effet que deux rotations par jours, une le matin et une autre le soir.

J'achetais mon billet et demandais à la caissière si elle savait s'il y avait un hôtel, dans les environs, qui louait des chambres à l'heure.

Au regard étrange qu'elle me lança, je me sentis obligé de me justifier.

J'ai passé les deux derniers jours dans un bus et mon prochain est dans 6 h, alors j'aimerais bien me rafraîchir et pourquoi pas piquer un somme avant de devoir reprendre la route.

Elle sembla comprendre et m'indiqua un hôtel situé à quelques rues de là.

Je récupérais sans problèmes les clés d'une chambre.

Quelque peu gêné, je demandais s'il savait où je pourrais me procurer un rasoir. Étonnement compréhensif, il se pencha sous son comptoir et en sortit un petit nécessaire de toilette pour hommes.

Les grandes marques nous en laissent de temps à autre pour les clients, histoire de se faire de la pub, mais en règle générale, on les garde pour nous, pour les cas où l'on aurait pas eu le temps de se raser avant d'arriver au boulot.

Le remerciais d'un sourire et montais dans la chambre qui m'avait été attribuée. La chambre n'était pas bien grande, mais les draps semblaient propres et la salle de bain l'était elle aussi.

Je me déshabillais et filais sous la douche.

J'offrais, avec bonheur, mon visage à l'eau chaude qui, ruisselant abondamment sur mon corps, détendait progressivement me muscles.

La dernière fois que j'avais eu ce plaisir, j'étais chez moi, confiant en mon avenir et prévoyant de passer un weekend romantique avec ma petite amie.

Je secouais la tête de façon à chasser mes idées noires.

Je ne devais plus penser à elle, à eux.

Au final, c'était plus un sentiment de dégout et de honte qui m'habitait, bien plus que la peine que la trahison de Jessica aurait dû me procurer.

Au bout de longues minutes, je sortis enfin de la douche et utilisais le nécessaire à toilette pour retrouver forme humaine. J'enfilais des vêtements propres et me laissez tomber sur le lit.

Je réglais ma montre pour qu'elle sonne quatre heures plus tard et sombrais dans un sommeil réparateur.

.

Je me réveillais à l'heure pour prendre le bus qui, avec un peu de chance, serait le dernier avant un moment.

2 h 20 plus tard, il marquait l'arrêt dans une petite bourgade poussiéreuse.

La nuit tombait rapidement sur Bouse et mon premier réflexe fut de me rendre dans le petit motel que j'avais repéré à l'entrée de la ville pour y prendre une chambre et y déposer mes affaires.

La réceptionniste me regarda comme une bête étrange, à croire qu'elle n'avait jamais vu de nouveau client avant ce jour.

La chambre était bien plus minable que celle de Phoenix, mais faute de mieux, je devrais m'en contenter.

Vous savez où je pourrais dîner? Lui demandais-je. Il y a un restaurant en ville ?

Un restaurant ? On a que le « Newton's Diner » ici, la cuisine est pas trop mauvaise, me répondit-elle d'un ton laconique. Vous pouvez pas le louper, c'est le seul à avoir des néons sur la façade.

Je la remerciais et repartais vers le bourg.

En effet, le « Newton's Diner » n'était pas bien difficile à repérer. L'endroit semblait animé et en ouvrant les portes, je fus happé par la musique et l'ambiance bonne enfant qui y régnait.

Ça et là des groupes discutaient, se chamaillaient créant un joyeux chahut.

Je m'installais sur une table un peu à l'écart et les observais.

Je vous sers quelque chose, me demanda une voix, sur le côté.

Surpris, je sursautais et me tournais vivement vers la personne qui s'était adressé à moi.

Mes yeux rencontrèrent l'uniforme d'une serveuse puis remontèrent sur les courbes insolentes de cette dernière avant qu'ils ne croisent des yeux marron qui pouvaient, sans la moindre hésitation, rivaliser avec le plus riche des chocolats.

Et soudainement, je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine, comme s'il cherchait à rejoindre la jeune personne qui me faisait face.

{to be continued}

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* : toutes les villes citées existent réellement et Oui il y a bien une petite bourgade appelée Bouse située à 200 km de Phoenix et environ 30 min de Parker en voiture.

Bouse, Arizona : Latitude : 33.9325235, Longitude : -114.00577479999998

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Mais qui est donc cette fille aux yeux chocolat ? Mystère et boule de gomme !

Je l'avoue, ce chapitre est loin d'être le plus fun de la fiction, mais il faut bien mettre les choses en place.

Si vous avez des soucis de compréhension en ce qui concerne la famille d'Edward, dites le moi je vous ferais un petit topo en marge du prochain chapitre.

Le prochain chapitre sera publié dans la semaine du 16 mai, en milieu de semaine ou weekend, cela dépendra de mon humeur (humeur qui peut être très favorablement influencée par un grand nombre de reviews)

En tout cas, si ce n'est pas déjà fait, n'hésitez pas à aller voir « De l'Eau pour les Éléphants »

Le film est superbe (même quand on le voit pour la 3ème fois !) et je craque complètement pour le trio masculin formé par Hal Holbrook, Robert Pattinson et Christoph Waltz qui sont vraiment très bons.

ROBisous les filles ^^ (et peut-être les garçons ? ya un chromosome Y dans le coin ?)