Merci aux personnes qui m'ont laissé une review sur le chapitre précédent.

Celui-ci répond au thème "mes amours, mes emmerdes"... et reste relativement très soft côté rating.

Bonne Lecture


Mes apparences…

Molly Weasley observait la jeune femme devant elle en se demandant comment elle en était arrivée là. Elle avait toujours connu Nymphadora Tonks rayonnante, chaleureuse et un brin excentrique et la jeune femme assise en face d'elle n'avait rien à voir avec cette Nymphadora là. Le teint pâle et les cheveux ternes, Tonks semblait sur le point d'éclater en sanglots à tout instant et Molly se désolait de la voir ainsi, surtout depuis qu'elle en connaissait la raison. Même si les arguments de Remus n'étaient pas négligeables, Molly ne comprenait pas son obstination à refuser alors que Tonks en était sincèrement éprise et que lui non plus ne semblait être si indifférent devant la jeune femme.

Après réflexions, Molly se dit qu'elle aurait dû s'en rendre compte avant, avec sept enfants, elle avait l'habitude d'être aux aguets et de remarquer ces choses-là. C'était pourtant flagrant quand elle y repensait.

Lors de la première réunion de l'Ordre au 12 Square Grimmaurd, Molly se souvenait que la jeune femme n'était pas passée inaperçu tant par son apparence que par sa maladresse et son attitude chaleureuse. Elle n'avait pas fait de chichis et avait tout de suite pris un malin plaisir à taquiner Remus, en prenant exemple sur son cousin. Molly avait aussi vu Remus détailler la jeune femme de la tête aux pieds, étonné par ses cheveux roses, son T-shirt collant et un peu court à l'effigie des Bizarr' Sisters, son pantalon déchiré et ses grosses chaussures.

« - Je vous présente Nymphadora Tonks, ma petite cousine.

Partagé entre rires et étonnement, personne ne disait rien.

- Tonks, voici Remus Lupin, mon dernier meilleur ami, ajouta Sirius avec un air théâtral.

- Enchanté Nymphadora.

La jeune femme grimaça et Remus eut peur d'avoir été impoli.

- Appelles-moi Tonks comme tout le monde, s'il te plait

Il ne comprit pas tellement pourquoi et eut du mal à se résoudre de l'appeler par son nom de famille alors qu'il trouvait son prénom si joli.

Quand plus tard dans la soirée, pour ne pas faire de secrets, ils évoquèrent sa lycanthropie, il fut surpris de voir l'étonnement se lire sur le visage de Tonks, vite remplacé par un petit sourire, mais c'est surtout sa manière de lancer « j'aurais jamais cru » qui le désarçonna le plus. Elle n'avait pas eu l'air rebuté. »

Au fil de l'année écoulée, Molly se souvenait aussi avoir vu la jeune femme effectuer un vrai défilé de mode au Square Grimmaurd, passant de la gothique effronté à la jeune femme de la haute société. Tout cela n'avait été que dans le but d'attirer l'attention de Remus. Molly songea qu'un bon coup de pieds aux fesses ne lui ferait certainement pas de mal pour lui remettre les idées en place.

« Tonks, tu n'es pas au courant qu'il neige dehors ? Demanda Harry.

- Si pourquoi ? Ça pose un problème ?

- Heu, non, mais tu as vu comment tu es habillée ?

La jeune métamorphomage portait une jupe plus que mini avec des bottes. Seul son pull semblait adapté à la saison hivernale. Elle avait d'ailleurs laissé tomber son rose habituel pour une couleur de cheveux plus sobre.

- J'espère que la réunion ne va pas trop tarder, soupira-t-elle, à l'intention de Molly.

- Je l'espère aussi, j'aimerais allée voir Arthur avant la fin des visites.

- Il va mieux ?

- Il se remet doucement.

Quelques membres de l'Ordre arrivèrent, s'étonnant tous plus ou moins de la tenue de Tonks qui songea que tout cela était ridicule, depuis le temps ils devraient être habitués. Cependant la réaction de Remus fut celle qu'elle attendait le plus et elle dut avouer qu'elle ne fut pas déçue. Il arriva en compagnie de son cousin et manqua de peu de s'étouffer avec sa propre salive en la voyant.

- Ne fais pas cette tête-là, Remus, plaisanta-t-elle. Ce n'est pas comme si je m'étais habillée comme ça pour toi.

Il rougit et elle rit suivie par Sirius qui lança à son ami un « décoince-toi un peu, on croirait jamais que t'es aussi vieux. »

Molly devait reconnaître qu'elle n'avait pas froid aux yeux et qu'elle avait vraiment tout essayé.

« Bordel, Tonks, mais qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Demanda Sirius, sous le choc.

- Bah rien.

- T'as l'air d'une vieille !

- Merci du compliment. On m'a juste dit qu'il faudrait que je sois un peu plus mature.

- Et c'est pourquoi, tu ressembles à personne de quarante balais ? Franchement, le pantalon écossais et le chemisier blanc, c'est moyen. Et les lunettes, ça te va pas du tout. En plus, quel est l'abruti qui t'a mis dans la tête qu'à quarante ans on était plus mature ?

Avec un regard innocent, Tonks se tourna vers Remus qui ne pipait mot.

- Je vois. Faut pas faire attention aux apparences, cousine et surtout pas écouter Remus. Regarde-le, on dirait un petit pépé, tu m'étonnes qu'il ne trouve pas de femme.

L'intéressé s'offusqua et protesta vivement, devant un Sirius moqueur, tandis que Tonks s'estimait heureuse qu'aucune autre femme ne lui tourne autour, déjà qu'en étant seule, elle avait du mal à le séduire, si en plus, elle devait affronter la concurrence, elle était foutue.

Pendant que les deux compères débattaient sur le rapport entre l'âge et la maturité, Tonks décida de retrouver son âge et apporta quelques retouches à ses vêtements, sous l'œil très discret mais néanmoins attentif de Remus. »

C'était comme la fois, où Tonks était arrivée en retard à une réunion, provoquant l'ébahissement général. Le regard de Remus aurait alors dû alerté Molly.

« Le professeur Dumbledore s'apprêtait à ouvrir la réunion quand la porte de la cuisine s'ouvrit brusquement sur ce que tout le monde qualifia de créatures de rêves. Molly étant la seule femme présente, fut la première à réagir.

- Tonks !

- Désolée, pour ce retard mais on s'habille pas comme ça en cinq minutes, s'excusa la jeune femme.

Aux yeux de la gente masculine, elle fut immédiatement pardonnée. Profitant du silence général, Nymphadora s'installa à la seule place de libre autour de la table et se retint de sourire quand il s'aperçut qu'elle était à côté de Remus.

Celui-ci ne la quitta pas des yeux.

- Je vois que tu es ravissante, Nymphadora, la complimenta Dumbledore.

- Merci.

La réunion commença alors et Nymphadora bien qu'attentive, se réjouit de voir que Remus lui jetait de temps à temps des regards en coin.

Le professeur Dumbledore les informa des prochaines missions prévues, leur rappela de bien faire attention surtout ceux qui travaillaient au Ministère et s'avança vers Tonks pour lui souhaiter une bonne chance pour ce soir, ce qui attira pas mal de regards.

- Je vais pas m'attarder plus longtemps non plus, déclara-t-elle.

- Et pouvons-nous savoir où tu te rends vêtue ainsi ? Demanda Sirius.

- A une soirée, mon cher.

- Tu vas te retrouver là-dedans comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

- Hahaha ! Se força-t-elle à rire.

- Sache qu'il existe encore des hommes galants de nos jours.

- Mais je suis galant, ma chère cousine, répliqua Sirius.

- Et aussi aimable que ta mère !

- C'est l'enfermement, ça me rend aigri. Mais Remus est un homme bien lui, non ?

Ledit Remus jeta un regard noir à Sirius.

- Malheureusement, il ne voudrait pas de moi, répondit Tonks.

Elle se força à sourire pour ne pas trahir ses sentiments et préféra couper court à la discussion en se levant pour quitter la cuisine. Elle salua tout le monde et remercia Molly pour ses conseils avant de s'éclipser.

- Y'en a moins qui s'amusent, lança Sirius.

- Elle a bien raison, assura Molly qui s'attira du coup des regards surpris de la part de ses enfants. »

Et il y en avait eu d'autres. Molly resservit du thé à son invitée, tentant de lui remonter le moral. En vain. Tonks gardait la même mine sombre et triste.

- Il changera d'avis. Je suis sûre qu'il n'est pas aussi impassible qu'il veut bien te le faire croire, tu sais.

- Ça m'étonnerait bien, répondit Tonks. Il m'a bien fait comprendre que je le soûlais et que je l'intéressais pas.

- Alors, oublie-le, c'est qu'il n'en vaut pas la peine. Tu es jeune, toute belle et Auror, en plus, il doit bien y avoir des jeunes hommes qui te tournent autour.

Tonks ne répondit que par un soupir. Son père l'avait pourtant prévenu quand elle était adolescente.

« Surtout ma chérie, ne tombe jamais amoureuse, les amours n'apportent que des emmerdes »

A ce moment-là, il ne devait pas se douter de combien il avait raison.