Salut tout le monde !

Voilà le premier chapitre de cette histoire, avec une version accélérée de quête et de l'évolution de la relation entre Bila et Thorin. Je préviens, le prochain chapitre sera sur le même principe (du moins le début) mais du point de vue de Thorin.

Merci à Aliena Wyvern, Lyra et Marrie09 pour leurs reviews, ainsi qu'aux personnes qui mettent cette histoire en alerte et/ou favoris.

Réponse à Lyra : Merci beaucoup pour ces encouragements, crois moi ça me va droit au cœur et ton enthousiasme fait plaisir à voir. Surtout après seulement un seul chapitre de publié ! Je suis encore plus motivée maintenant ! A bientôt !

Réponse à Marrie09 : Premier fem!Bilbo ? Baptême du feu alors ! Je suis ravie que tu ais accroché dès le début. Je suis comme toi, j'ai souvent besoin d'un ou deux chapitres d'adaptations. Alors que ça te plaise autant dès le début... ouah ! et j'espère que tu continueras à lire ! Merci et à bientôt !

Bonne lecture !


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Chapitre 1 : Des souvenirs et des regrets Partie 1

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Bila marchait d'un pas vif, essayant de ne pas se faire distancer par la compagnie. Ils avaient quitté la demeure d'Elrond quelques jours plus tôt, mais elle regrettait déjà d'avoir quitté cet endroit merveilleux. Et encore plus dans des moments comme celui-ci, perchée sur le rebord d'une falaise, avec plusieurs dizaines de mètres de vide sous ses pieds. Elle avait néanmoins pris fermement la décision de continuer la route avec les nains, de son plein gré. Pourquoi ? Elle-même avait du mal à se l'expliquer. Soudain quelqu'un loin devant elle hurla :

-« Une bataille d'orage ! »

-« Vite ! Dépêchez-vous ! »

Mais l'avertissement arriva trop tard. Seule une partie de la compagnie avait réussi à traverser, le reste du groupe étant resté sur la falaise. Dont elle. Elle était terrorisée. Elle n'avait jamais frôlé de si près la mort, pas même près du col caché, encerclée par les orcs. Elle vit tout à coup l'énorme masse de l'un des géants de pierre s'abattre sur eux. Elle se sentit partir en arrière, et réussit in extremis à se rattraper à une saillie rocheuse.

-« Au secours ! » appela-t-elle d'une voix faible. Mais personne n'entendait sa voix couverte par le grondement du tonnerre et les bourrasques de vent.

Alors qu'elle avait perdu espoir que quelqu'une vienne l'aider, elle vit pourtant un visage se pencher au dessus du rebord. Des mains se tendirent vers elle, mais elles étaient bien trop loin pour qu'elles puissent les attraper. Elle vit alors un nain qu'elle ne put identifier descendre vers elle, et l'aider à remonter. De nouveau sur le rebord, elle croisa le regard de Thorin, qui elle l'avait comprit, lui avait sauvé la vie et venait lui aussi de remonter. Elle détourna la tête, reprenant péniblement son souffle. Et fit le point sur ce qu'elle avait vu dans les yeux de Thorin. La frayeur à l'état pur quand il l'avait vu suspendue dans le vide. Et son immense soulagement quand il la vit saine et sauve…

[…]

Elle voyait Thorin, étendu au sol, les yeux clos et le corps immobile. Non, il ne pouvait pas mourir ainsi de la main d'Azog. Il ne pouvait pas mourir tout court. Elle comprit alors ce que son cœur essayait de lui faire accepter depuis des jours. Elle ne savait pas quand. Elle ne savait pas comment. Mais elle était tombée amoureuse de Thorin. Alors non, elle ne pouvait pas le laisser mourir.

Elle savait qu'elle ne changerait rien. Elle n'était pas une combattante. Elle n'était pas une guerrière. Elle n'était qu'une petite hobbit, une intellectuelle, bien loin de chez elle. Elle empoigna néanmoins sa petite épée, sauta à bas du pin et courut en direction du combat. Elle planta sa minuscule dague dans le corps de l'orc qui dominait le nain, qui tomba sur le flanc. Elle se retourna alors vers Azog, monté sur son immense Warg blanc. Il eut un sourire carnassier. Elle savait ce que cela voulait dire. Pourtant, elle ne s'écarta pas. Et s'interposa entre l'orc pâle et le corps inerte de Thorin…

[…]

-« N'avais-je pas dit que vous seriez un poids pour nous tous? »

Elle baissa les yeux au sol. Elle dissimula ses mains tremblantes dans les plis de sa veste, jouant avec le tissu. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, qu'elle retint de toutes ses forces. Non, elle ne pleurerait pas, et encore moins devant lui.

-« Je ne me suis jamais autant trompé de toute ma vie… »

Elle releva alors la tête, surprise. Il… il s'excusait ? C'était bien une première. Elle allait lui sourire quand il fit un geste encore plus improbable. Il la prit dans ses bras, la serrant fortement contre sa poitrine.

-« Pardonne-moi, je t'en prie… » murmura-t-il à voix basse.

Elle passa ses bras autour de son cou, se hissant pour cela sur la pointe des pieds, et se blottit contre lui. Elle commença alors à pleurer, évacuant la pression de ce voyage sans fin, la peur qu'elle avait eu de le perdre, et la joie de l'avoir enfin si proche. Thorin sembla parfaitement la comprendre et raffermit sa prise sur elle. Après de longues minutes passées à sangloter, Bila finit par relever la tête. Elle avait le nez un peu rouge et les yeux brillants. Mais pleurer lui avait fait du bien. Elle s'assit au sol, ou plutôt s'y laissa tomber, et Thorin fit de même. Ils restèrent longtemps ainsi, silencieux, chacun contemplant la montagne solitaire qui se profilait à l'horizon. Puis Thorin se tourna vers elle et posa une main sur sa joue. Elle ferma les yeux sous la chaleur de sa paume. Et puis doucement, telle une caresse, il posa ses lèvres sur les siennes…

[…]

Bila courrait de toutes ses faibles forces, luttant contre l'épuisement et les courbatures, essayant de ne pas se faire distancer par les elfes. Le tout en tentant des rester silencieuse. Et ce malgré les blessures que lui avaient infligées les araignées. Mais les elfes qui emmenaient ses amis étaient très rapides, et elle n'avait d'autres choix que de courir. Ils les conduisirent à un immense palais souterrain, creusé dans la roche. A l'aide de son anneau, elle put entrer sans se faire remarquer par les gardes. Elle parcourut longuement les couloirs du palais, monta et descendit un nombre incalculable d'escaliers, cherchant les prisons. Après un énième corridor, elle finit par trouver où étaient enfermer ses amis. Mais pas la cellule de Thorin. Et elle ne put demander de l'aide aux nains, qui étaient sous surveillance. Elle se résolut alors à le trouver par elle-même.

Après de longues heures de recherche, elle trouva la geôle de Thorin. Pour une fois, la chance était avec elle : il n'y avait aucun garde, ou alors ils s'étaient absentés. Elle s'approcha à pas de loup, et vit alors un spectacle qui la déconcerta au plus haut point. Thorin, son Thorin pleurait. Certes peu, mais tout de même… Elle ôta son anneau et tendit timidement la main à travers les barreaux. Au contact de la main étrangère, Thorin fit un bon en arrière. Il ouvrit les yeux et vit alors Bila devant lui, tout sourire. Il ne put s'empêcher de sourire à son tour.

-« Pourquoi pleurais-tu ? » demanda-t-elle, à la fois curieuse et inquiète.

Il se recroquevilla alors sur lui-même.

-« Non, ne te fermes pas à moi, » l'implora-t-elle. « Réponds, je t'en prie… On avait dit plus de secrets entre nous… »

-« Je pleurais car… » il hésitait sur la façon de formuler sa réponse. « Je pleurais car je pensais que tu étais morte… »

Bila, émue, approcha son visage des barreaux pour l'embrasser, ce pour quoi il ne se fit pas prier. Puis, elle lui murmura doucement, comme un aveu :

-« Je t'aime… »

[…]

Bila était allongée dans le petit lit de la chambre que le Bourgmestre d'Esgaroth avait mit à sa disposition. Mais malgré la chaleur de l'âtre et le confort du matelas, elle n'arrivait pas à dormir. En réalité, elle savait très bien ce qu'il lui manquait pour qu'elle s'endorme : la présence de Thorin. Elle avait prit l'habitude de s'endormir à ses côtés. Sans lui, elle se sentait… vide. Soudain, elle entendit quelqu'un' ouvrir la porte.

-« Qui est là ? » demanda-t-elle d'une voix craintive.

Mais elle se relaxa rapidement en voyant le visage de Thorin. Elle eut un petit sourire et tapota gentiment le lit à côté d'elle. Ils avaient en effet été placés dans des chambres différentes. Car s'ils formaient un couple aux yeux de la compagnie, ce couple n'avait rien d'officiel, et il aurait été inconvenant qu'ils dorment dans le même lit. Mais tous deux pensaient la même chose : de toute manière, personne n'en saurait rien. Thorin retira sa chemise et se glissa dans les draps frais. Il prit Bila dans ses bras et commença à l'embrasser, se faisant de plus en plus audacieux dans ses baisers, jusqu'à se retrouver positionné au dessus de la jeune hobbit. Celle-ci avait le visage cramoisi sous l'effet de la chaleur qui montait en elle et de son plaisir face à ces attentions. Il s'enhardit à glisser une main sous sa tunique, caressant tendrement la peau ainsi offerte. Il regarda Bila dans les yeux, demandant implicitement son accord avant d'aller plus loin.

-« Thorin, je… je n'ai jamais… enfin… »

-« Je serai doux avec toi, je te le promets... » lui susurra-t-il à l'oreille. « Je t'aime tellement... »

Thorin l'embrassa et elle répondit à son baiser avec ardeur. Ils passèrent toute la nuit à s'aimer et le lendemain, tous purent contempler ses yeux brillants et son sourire béat…

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Bila se réveilla en sursaut et sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle qui avait déjà tant pleuré. Toute la nuit, elle avait rêvé de Thorin. Thorin et ses yeux, Thorin et son sourire, Thorin et sa voix, Thorin et ses baisers… comme pour lui rappeler on ne peut plus cruellement tout ce qu'elle avait perdu. Elle se passa un peu d'eau sur la figure, tentant de dissimuler ses yeux rouge et s'habilla lentement, le corps courbaturé. Elle mangea un morceau, avalant difficilement la nourriture, et sortit de la tente. Mais avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, elle entendit des voix hurler.

-« Les orcs ! Les orcs nous attaquent ! Aux armes ! Sus à l'ennemi ! Aux armes ! »

Elle retourna vivement dans la tente, saisit son épée au vol et enfila son anneau. Ainsi invisible, elle pourrait porter secours à ses amis sans que Thorin ne la voie, et la dénigre, et… Non, surtout ne pas penser à Thorin. Elle courut dehors et fut submergée par la vision cauchemardesque qui s'offrait à elle. Quelques minutes avaient suffis pour transformer le camp elfe soigneusement ordonné en champ de bataille. Partout, des corps s'entrechoquaient, tombaient, se relevaient, luttaient pour leur vie et celle de leurs alliés. Car ils n'étaient plus temps de querelles entre les nains, les elfes et les hommes. Tous s'étaient spontanément unis pour lutter contre ce terrible adversaire.

Elle s'élança à son tour, et aperçut au loin la compagnie, encerclée par un bataillon d'orques. Elle se faufila à travers les rangs, usant de sa petite taille pour se glisser sous les bras des orcs et se plaça aux côtés de sa famille de cœur. Même si elle s'interdit de regarder le visage de Thorin, elle avait remarqué les traits tirés, son air froid et déterminé, son… non, ne pas penser à Thorin.

Elle vit alors Fili au sol, et un orc le dominant, un air vicieux aux lèvres, sur le point de l'achever. Sans réfléchir une seule seconde, elle planta son arme dans le ventre de l'immonde créature. Les yeux se révulsèrent, et le corps tomba à terre. Fili se releva, l'air surprit, regarda quelques instants autour de lui, perplexe. Puis, renonçant à trouver une explication logique pour l'instant, il retourna se battre. Et la bataille dura ainsi pendant des heures. Bila aidait maladroitement, comme elle le pouvait, jouant de son invisibilité. Elle sauva la vie de plusieurs personnes, toutes aussi surprises les unes que les autres de ne trouver que du vide en lieu et place de la personne ayant tué leur ennemi.

Enfin, après de longues heures d'un combat acharné, Bila vit les nains et leurs alliés se disperser sur le champ de bataille pour traquer les derniers orques survivants. Elle comprit alors qu'ils avaient finalement réussit à gagner cette guerre. Un petit sourire mélancolique fleurit sur ses lèvres. Elle pivota sur elle-même, regarda lentement autour d'elle. Elle était exténuée, brisée moralement, et son bras au bout duquel pendait son arme était lourd comme du plomb. Du coin de l'œil, elle avisa cependant quelque chose qu'elle n'aurait jamais voulu voir. Quelque chose dont elle ne pouvait tout simplement pas supporter la vision. Elle ne put retenir un cri.

-« Thorin ! »

Elle courut avec les maigres forces qui lui restaient et s'agenouilla auprès du corps inconscient. Elle retira précipitamment son anneau, palpant avidement le corps de Thorin à la recherche de ses blessures. Elle poussa un soupir de soulagement en constatant qu'il était vivant. Soulagement dont elle se départit bien vite en constatant la gravité de ses plaies. Elle posa ses mains sur les entailles qui le laceraient et murmura quelques mots, en langue commune et en elfique. Une douce lumière blanche émergea de ses paumes et sembla couler sur le corps affaiblis. Quand la lueur disparut, elle put constater que les chaires s'étaient refermées. Elle banda délicatement les dernières plaies ouvertes, utilisant pour cela les lambeaux de sa chemise. Ainsi ses jours n'étaient plus en danger.

Une fois sa mission accomplie, elle contempla une dernière fois le doux visage de Thorin, remettant délicatement une mèche de cheveux derrière son oreille. Comme il semblait paisible à cet instant ! Loin de la haine et de la douleur. Si loin… Elle vit pendre autour de son cou la chaine et la croix en or qu'il portait toujours. Mue par une sorte d'instinct incompréhensible, elle la lui retira et la remplaça par sa propre chaine en argent ciselé avec une pierre rouge. Ce serait la seule chose qu'elle pourrait emporter de lui. Le seul lien tangible qui lui resterait. Excepté des souvenirs. Les bons moments passés en sa compagnie… comme les mauvais… Elle l'embrassa tendrement et vit ses larmes ruisseler sur la peau de Thorin.

-« Adieu mon prince… » murmura-t-elle d'une voix enrouée par l'émotion.

Elle se releva difficilement, tenant avec beaucoup de mal sur ses jambes, la fatigue et la douleur la privant de toutes ses forces. Elle commença à reculer, sans jamais quitter le corps des yeux. Elle remit l'anneau à son doigt.

-« Oui, adieu… »

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Elle était partie, comme une voleuse. Sans un au revoir à quiconque. Elle n'aurait pas la force de partir sinon. Pourtant, elle n'oubliait pas qu'elle était considérée ici, à son grand malheur, comme une renégate. Une pitoyable cambrioleuse. C'est ce qu'elle était par ailleurs. Elle avait volé un peu de nourriture, une outre d'eau et une couverture. Et elle s'était enfuie. Elle ne fuyait plus pour échapper à des orcs ou à des gobelins, pour atteindre à temps la porte cachée. Non, pas cette fois. Elle fuyait pour sa vie.

Arrivé à la lisière de la forêt bordant le plateau, elle se retourna une dernière fois pour contempler la montagne solitaire. Cette montagne dont elle avait rêvé pendant des mois, se l'imaginant de mille et une manières différentes, reflétant un idéal inaccessible. Un amour impossible. Elle essuya rageusement les larmes qui coulaient de ses yeux. Sans pouvoir les arrêter. Elle avait tellement mal ! Son cœur saignait à flots, en torrents aussi violents que ceux de ses larmes. Non, c'était faux. En réalité, elle n'avait plus de cœur. Celui à qui elle l'avait donné l'avait brisé. N'en restait que des morceaux, quelques infimes éclats, qu'elle n'était pas sûre de pouvoir, ni de vouloir recoller. Elle renonça à contenir ses larmes, et les laissa couler sur ses joues pâles et émaciées. Elle était fatiguée. Exténuée. Brisée. Morte. Elle n'en pouvait plus de souffrir.

Alors elle prit une décision qui changea sa vie à jamais, tout comme celle de nombreuses autres personnes. Elle sortit de sa ceinture le petit poignard que lui avait offert Thorin. Cela semblait remonter si loin ! Des mois, des années auparavant ! Mais ce n'était que quelques semaines, quelques jours plus tôt. Elle prit une mèche de ses cheveux bouclés et la trancha d'un coup sec. La laissant retomber au sol sans un remord, elle contempla pendant un long moment les petits fils couleur miel. Ils lui semblaient tout à coup être le symbole de tout ce quelle abandonnait derrière elle. Sans tressaillir, elle s'entailla d'un geste violent le poignet. Elle regarda le sang, tomber goutte à goutte sur l'herbe verte, puis contempla de nouveau la montagne. Elle ne sentait pas la douleur physique, pas plus qu'elle ne vit pas le poignard tomber dans l'herbe dans un bruit mat. Elle serra violemment dans son poing fermé la petite croix qui reposait sur sa poitrine.

-« Oui, Bila est définitivement morte aujourd'hui… »


Et ce n'est qu'un début... Croyez-moi, ils vont en baver !

Je sais que le début peu paraitre un peu long et monotone, mais j'en ai vraiment besoin pour bien situer la relation Bila/Thorin.

A vendredi tout le monde !

Review ?