Berthold Hawkeye était horrible avec sa fille. Il lui criait dessus, la rabaissait. Toujours. Et cela lui faisait mal. Elle était tout ce qui lui restait. Et pourtant, après la mort de sa femme, il n'avait plus eu de parole gentille, il n'avait plus souri, il ne l'avait plus serrée dans ses bras.

Il avait incrusté l'alchimie de flamme sous sa peau. Il l'avait condamnée à porter ce fardeau pour le restant de ses jours. Et il avait eu mal. A chacun de ses cris de douleur. Et pourtant, il avait continué.

Il voyait ses larmes et les traces qu'elles laissaient. Il constatait sa détresse, chaque jour. Et cela lui faisait mal. Pour chaque larme versée, il se haïssait un peu plus. Et pourtant, il ne la consolait pas, ne s'excusait pas.

Il entendait chaque jour son ton morne. « Oui, Père. » « Non, Père. » « Pardon, Père. » Et il avait mal. Il ne supportait pas son ton apathique mais si malheureux. Et pourtant, il gardait un visage de pierre, restait sec.

Il était un mauvais père. Il le savait pertinemment.

Mais il le devait.

Berthold Hawkeye était malade. Il n'avait aucune chance de guérir. Il ne savait même pas combien de temps il lui restait. Une heure ? Un jour ? Un mois ? Un an ? Sa maladie le rongeait peu à peu.

Et pour atténuer la peine de sa fille lorsqu'il la ferait orpheline, il ne pouvait rien faire d'autre que la faire le détester. Alors il était infect. On ne pleure pas quelqu'un que l'on n'aime pas, n'est-ce pas ?

Tant de fois, il s'était effondré, se maudissant de tout son être, résistant à l'envie de se confondre en excuses, de lui dire à quel point il tenait à elle, de lui jurer d'être le meilleur père possible. Tant de fois…

Il sentait sa solitude. Il avait alors pris un apprenti qui la ferait sourire et rire, qui la réconforterait, qui la soutiendrait, qui la rendrait heureuse. Et ça avait marché. A nouveau, la vieille maison retentissait de son rire cristallin.

C'était tout ce qui lui importait. Son bonheur, son rire et la certitude qu'elle ne souffrirait pas lorsqu'il mourrait.

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Roy, le visage défait, inspira profondément, prit son courage à deux mains.

-Mademoiselle Riza… Je suis désolé… Ton père… Je n'ai rien pu faire…

Riza fut glacée. Elle était si parfaitement immobile qu'on eût pu croire que son cœur se soit également figé.

-Papa…

Elle éclata en sanglots.

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Voilà… Encore une histoire super joyeuse…

Mais est-ce que je peux me permettre une réflexion sur Berthold Hawkeye ? Pourquoi avoir créé l'alchimie de flamme ? On ne crée pas une alchimie qui peut potentiellement détruire un pays, voire plus, juste pour allumer sa cheminée quand on a la flemme de se lever. Il avait quoi en tête, au juste ?