TITRE: la plus grosse erreur de sa vie.
THEME: #3 Scandale.
FANDOM: Harry Potter.
PAIRING: Hermione Granger & Théodore Nott.
GENRE: Romance.
RATING: T (pour le langage et les allusions)
DISCLAIMER: Rien ne m'appartient, je ne fais que martyriser les personnages créés par JKR pour les besoins de cette série de one-shoots.
NOTE: Et voilà le deuxième OS écrit dans le cadre de cette série des 30 baisers. Le premier n'a pas vraiment eu beaucoup de succès, tant pis, je poste celui-là, j'espère qu'il vous plaira davantage! n'hésitez pas à commenter, ou à m'adresser des reproches si jamais. à bientôt pour le 3e OS!
Aujourd'hui, Hermione se mariait. Aujourd'hui, elle allait lui tourner le dos définitivement, et ne plus lui appartenir. Théodore détestait le sentiment qui le consumait de l'intérieur, et qui le tuait à petit feu. Si encore il se contentait simplement de brûler, il aurait pu passer outre. Mais depuis qu'Hermione l'avait quitté pour un autre, il avait l'impression d'être entre la vie et la mort. La Faucheuse ne voulait pas de lui, c'était un fait. Peut-être était-il trop exécrable pour qu'elle l'emmène dans l'autre monde. Pour autant, il ne se sentait pas davantage à sa place dans le monde des vivants. Il n'avait sa place nulle part, sauf peut-être dans ce fauteuil, avec une bouteille de whisky pur-feu à la main.
Théodore soupira avec amertume, avant de tirer une bouffée sur sa cigarette. Il était ivre, il puait le tabac, mais il s'en foutait, plus rien ne le préoccupait désormais. Elle ne l'aimait plus, elle s'était barrée. Elle était partie avec un autre, et lui avait tout simplement cessé de vivre. Théodore, tout en se laissant aller à ses sombres pensées, se noya dans un nouveau verre de whisky. L'alcool lui monta à la tête, et lui brûlait légèrement le gosier, mais il n'en avait cure, il n'y avait que ça qui puisse le maintenir en vie. Son amour pour Hermione était en train de le tuer peu à peu, et le pire, dans toute cette histoire sordide, c'est qu'il n'avait jamais été en mesure de l'exprimer.
FLASH BACK.
Théodore n'avait jamais été très loquace, encore moins lorsqu'il s'agissait de ses sentiments. Théodore avait pris pour habitude de ne jamais rien dire, de ne rien laisser filtrer. Pour autant, il était amoureux, amoureux, et ce sentiment le dérangeait. Non pas qu'il s'était interdit d'aimer, mais il n'avait jamais ressenti cela auparavant, et ça lui faisait peur. Tellement peur, que les mots lui obstruaient la gorge et que ses gestes lui semblaient artificiels, presque surfaits. Il avait mis des semaines pour apprivoiser Hermione Granger, l'indomptable lionne. Il lui avait suffi de plonger dans son regard couleur de miel pour être contaminé par ce virus dont il était impossible de se débarrasser. Et même s'il lui était possible de s'en débarrasser, il ne l'aurait pas fait.
Hermione était rentrée de son stage, comme d'habitude. Comme d'habitude, elle avait ôté son manteau et elle l'avait accroché sur la patère. Elle avait caressé Pattenrond, son horrible chat orange que Théodore avait toujours trouvé moche, mais il n'en avait jamais rien dit, pour ne pas contrarier sa petite-amie. C'est qu'elle l'aimait, cette boule de poils, et pour un peu, Théodore en aurait presque été jaloux. Elle était venue le retrouver dans la cuisine, là où il s'affairait à préparer le dîner. Comme d'habitude, Hermione s'était approchée, elle avait goûté aux plats qu'il avait préparés avec amour, et elle avait presque soupiré d'extase tant c'était bon. Puis, elle l'avait embrassé longuement, tendrement, amoureusement et elle lui avait raconté sa journée en beurrant une tartine.
Théodore l'avait écoutée avec attention, avait souri et s'était exclamés aux moments appropriés. Hermione était littéralement passionnée par son stage, et Théodore était content de la voir aussi heureuse, aussi épanouie. Il partageait tout simplement son bonheur avec elle. Pour autant, Hermione n'était pas satisfaite de sa vie. Elle ressentait encore un manque que Théodore n'avait pas su identifier. Elle parlait souvent d'Hannah Abbott qui filait le parfait amour avec Neville Londubat. Neville passait plusieurs fois au bureau pour saluer l'ancienne Poufsouffle, lui apporter des fleurs, ou simplement passer cinq précieuses minutes avec elle. La semaine dernière, Hermione avait appris que les deux tourtereaux allaient bientôt se marier. Hermione avait été là quand Neville a demandé en mariage sa dulcinée. Elle avait été le témoin silencieux de leur bonheur.
Théodore n'avait pas l'air pressé de se marier. Ni même d'avoir des enfants. Parfois, Hermione se demandait s'il voulait réellement cette vie avec elle. Peut-être que c'était elle le problème. Peut-être qu'elle n'arrivait pas à se contenter de ce qu'il voulait bien lui offrir. Pourtant, Hermione n'était pas spécialement malheureuse. Elle était bien avec son homme. Ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre. Ils étaient la preuve vivante qu'un geste valait bien mieux qu'un long discours. Hermione était sexuellement comblée. Elle avait toujours ce fourmillement au creux du ventre lorsqu'elle le voyait, ses sens qui s'enflammaient dès lors qu'il l'embrassait. Hermione était amoureuse, passionnément amoureuse, irrémédiablement et profondément amoureuse, mais ce n'était pas suffisant. Rien n'était jamais suffisant. Pas même quand Théodore traversait la cuisine pour venir l'enlacer tout doucement, collant son torse contre son dos, et poser son menton au creux de son épaule. Comme en ce moment précis.
-Quelque chose ne va pas, mon amour? Tu es bien silencieuse depuis tout à l'heure.
-Je suis tout simplement épuisée. Murmura-t-elle d'une voix cassée. Je crois que je vais me coucher tôt ce soir.
-Tu te couches tôt depuis une semaine. Objecta l'ancien Serpentard en embrassant lascivement son cou gracile. Et cela fait autant de temps que nous n'avons pas fait l'amour. Tu peux tout me dire, tu sais.
Hermione soupira, et se blottit contre l'épaule de son amoureux. C'était bien cela le problème. Il était parfait en tous points. Élégant, raffiné, cultivé, galant, doté d'un humour particulièrement caustique, bien qu'il était blasé et fatigué avant l'âge. L'un comme l'autre, après tout, n'étaient âgés que de vingt-cinq ans. Autrement dit, ils étaient encore jeunes, ils avaient toute la vie devant eux. Oui mais voilà, Hermione avait des envies de mariage, de bébé, et encore plus lorsqu'elle voyait ses collègues franchir le pas. Entre celles qui se fiançaient et celles qui étaient enceintes, Hermione se sentait bien seule. Et venait immanquablement la question fatidique, celle qui venait saper le moral de l'ancienne rouge & or pour le reste de la journée: vous vous y mettez quand?
Sous entendu, ses collègues voulaient savoir quand il avait l'intention de la demander en mariage, ou de lui faire un enfant. À chaque fois, Hermione baissait la tête et ne répondait rien, trop amère pour ce faire. Elle se contentait de sourire à chaque fois qu'elle apprenait une bonne nouvelle, et ruminait en silence le reste du temps. Elle n'était pas assez perfide pour ternir le bonheur des autres filles, elle en laissait le soin à cette peste de Pansy Parkinson. Même elle s'était fiancée, c'était peu dire! Alors, Hermione en avait conclu qu'elle n'était pas assez bien pour Théodore, qu'elle était indigne de lui. Il fallait dire qu'il était un sang-pur, et qu'elle n'était qu'une sang-de-bourbe. Autrement dit, leur relation tenait surtout du miracle. Un miracle qu'Hermione chérissait malgré tout.
-Théo…souffla-t-elle en fermant les yeux. Je…je peux te poser une question?
-Bien sûr. Répondit-il en embrassant tendrement sa tempe, arrachant un délicieux frisson à la jeune femme.
-Tu…tu…Qu'est-ce que tu vois, toi, par rapport à notre futur? Je veux dire…comment tu nous vois, d'ici les prochaines années?
-C'est le mariage de Londubat et Abbott qui te monte à la tête, c'est ça? Demanda Théodore d'une voix blanche, après un long silence qui pétrifia la jeune femme.
-Non, pas du tout! S'offusqua-t-elle, en se dégageant soudainement de son étreinte. Je…je voulais juste savoir…si tu avais ta petite idée, c'est tout. Une relation se construit à deux, après tout.
-eh bien…je ne sais pas. Avoua Théodore, en toute franchise, en baissant la tête. J'ai déjà du mal à déterminer ce que je vais mettre demain pour aller travailler, alors d'ici à imaginer quelle serait ma vie à plus ou moins long terme, je donne ma langue au chat.
Croyant qu'on parlait de lui, Pattenrond surgit du dessous de la table de la cuisine et se frotta contre les jambes de Théodore, qui se mit à éternuer. Ironie du sort, Théodore était allergique aux poils de chat. Seulement, il n'avait pu contraindre Hermione à abandonner cette sale bête, et supportait bravement son nez qui le démangeait et ses yeux constamment rougis à force de les frotter. Heureusement qu'il avait une cargaison de mouchoirs à portée de mains, et un assortiment de potions contre les allergies, il était blindé. Théodore n'osa pas chasser l'animal en donnant un léger coup de pied pour le forcer à s'éloigner. De toute manière, Hermione venait de l'appeler, et l'horrible animal avait bondi dans ses bras, dans un tourbillon de poils orange , arrachant un nouvel éternuement à l'ancien Serpentard, qui se frotta le nez du revers de la main.
-Je vois. Commenta Hermione, avec amertume. Tu vois, ça m'aurait fait plaisir que tu me dises que tu veuilles fonder une famille, ou je ne sais pas, moi, que tu désires m'épouser un de ces jours.
-Mais bien sûr que j'ai envie de tout ça! S'écria Théodore, en croisant les bras sur son torse. Seulement, c'est trop tôt, je ne suis pas prêt pour ça.
-ça fait cinq ans qu'on est ensemble. Soupira l'ancienne Gryffondor, en arquant un sourcil blessé. On a eu le temps de voir si on était certains de nos sentiments, n'est-ce pas? À moins que de ton côté, tu sois encore en train de te demander si tu m'aimes ou non, ce qui peut arriver.
-Hermione…Ce n'est pas si simple.
-Tout devient toujours rapidement compliqué avec toi. Tout commence à prendre des proportions ridicules. Pourtant, j'ai envie de tout ça. Je…j'ai envie de me marier avec toi, et de porter ton enfant. Et…
-Un jour, Hermione. Coupa-t-il en posant ses lèvres sur les siennes, pour la faire taire. Un jour, ça arrivera. Mais pas maintenant, c'est trop tôt. On n'a que vingt-cinq ans. On a toute la vie devant nous.
-Le problème, Théodore, souligna Hermione en lui adressant un regard peiné, c'est que je ne sais même pas si tu m'aimes. Tu ne me l'as pas dit une seule fois depuis que nous sommes ensemble. En fait, tu ne dis jamais rien. J'ai l'impression d'avoir affaire à un étranger. Je connais ton corps par cœur, mais tes pensées, tes sentiments, tes impressions me restent inaccessibles. Pourquoi tu continues à mettre des barrières entre nous?
-Je te demande pardon? S'exclama Théodore en s'éloignant d'elle, interloqué. Je te signale que tu ne m'écoutes pas. Quand tu parles, c'est uniquement de toi, de tes stages, de tes réussites, des histoires de tes collègues, mais jamais tu ne me demandes si ça va, ou ce que j'ai fait de mes journées. Et tu sais quoi? Quand tu te comportes comme ça, j'ai l'impression que tu t'en fous.
-Mais c'est pour me dire quoi, à la fin? Tu ne fais rien de tes journées. Tu vas travailler pendant huit heures, tu reviens du boulot, et tu bosses sur ta thèse! Je commence à connaître le refrain.
-Si tu te renseignais un peu sur mes activités, grogna Théodore, vexé, tu saurais que je me suis fait virer et que je vais devoir cravacher pour trouver un autre petit boulot pour arrondir nos fins de mois et payer le loyer de notre misérable appartement pendant que Madame accumule les stages.
-Tu sais bien qu'accroître mon expérience professionnelle est important pour moi! Riposta Hermione, d'une voix perçante. Si tu étais un peu moins égoïste, tu t'en réjouirais au lieu de me le reprocher. Qu'est-ce que je devrais dire, moi? Tu veux parler de ta thèse? Alors parles-en! j'en ai assez de devoir alimenter la conversation sans-cesse, c'est à croire que discuter simplement avec moi, de tout et n'importe quoi t'écorche la bouche!
-Tu es en train de me demander d'être ce que je ne suis pas. Tonna Théodore, d'une voix forte tout en frappant du poing sur la table. En acceptant de sortir avec moi, tu es réputée avoir accepté mes qualités comme mes défauts. Et tu sais mieux que quiconque que je n'aime pas parler, que je n'aime pas davantage exprimer mes sentiments. J'essaie de te le faire comprendre à chaque fois que nous faisons l'amour, mais apparemment, ce n'est pas encore suffisant. Je ne t'ai pas trompée sur la marchandise, tu savais à quoi t'attendre. Si tu es sortie avec moi, c'est en toute connaissance de cause!
-Pourtant, murmura Hermione, un je t'aime de temps en temps ne fait pas de mal à personne. Je ne demandais rien de plus, simplement que tu me le dises. Mais même ça semble te coûter un effort surhumain. Je me fiche bien des bijoux, des cadeaux coûteux, que tu m'apportes le petit déjeuner au lit, tout ce que je voulais, c'étaient ces trois petits mots.
Théodore ne répondit rien, se contentant de fixer Hermione en silence. Hermione, dont les yeux marron s'étaient remplis de larmes silencieuses. Un spasme agita la tempe du jeune homme, alors qu'il restait là, les bras ballants, sans rien faire. Hermione avait tort lorsqu'elle soutenait qu'il ne l'aimait pas. Au contraire, il l'aimait de tout son corps, de toute son âme, il l'aimait à en mourir. Seulement, il était incapable de l'exprimer. Ces mots se bloquaient au fond de sa gorge et refusaient de franchir le barrage de ses lèvres. Si elle savait combien de fois il avait essayé de lui glisser ces quelques mots, en tous temps, toutes occasions: au lit, en dînant au restaurant, ou simplement lorsqu'elle rentrait du travail. Pourtant, jamais il n'avait été capable de le faire, se contentant de la fixer en silence, se consumant d'amour pour elle.
Et, lorsqu'Hermione tourna les talons, pour aller pleurer tout son soûl dans leur lit, Théodore sut au fond de lui qu'il l'avait perdue, qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible. Cette impression pour le moins désagréable n'avait fait que se confirmer lorsqu'Hermione avait commencé à ranger toutes ses possessions. Et lorsque Théodore avait eu le malheur de lui demander ce qu'elle faisait, elle lui avait annoncé qu'elle partait. Il avait bien essayé de la retenir, mais elle n'avait rien voulu savoir: elle lui avait bien fait comprendre que tout était terminé, et qu'il n'y avait plus rien à tirer de leur histoire, elle était devenue caduque, elle avait cessé de produire ses fruits. Ce ne fut que le lendemain matin que Théodore comprit ce qui lui était arrivé, lorsqu'il retrouva l'appartement vide et sans âme: elle l'avait quitté.
FIN DU FLASHBACK.
-Merde alors, commenta Blaise, en voyant dans lequel se trouvait son ami. Regarde un peu dans quel état tu es.
-ça fait six mois qu'elle est partie. Chuchota Théodore, d'une voix rauque. Elle est partie et elle n'est jamais revenue. Et c'est aujourd'hui qu'elle se marie. Qu'est-ce que j'ai fait, putain, qu'est-ce que j'ai fait?
-Qu'est-ce que tu n'as pas fait, plutôt. Murmura Blaise, sombrement.
-Je l'aime, Blaise, tu es capable de comprendre ça? Je l'aime à en crever, et ça me tue de savoir qu'elle va épouser ce connard. Il ne la connaîtra jamais autant que je la connais moi, et il ne l'aimera jamais autant que je l'aime. Ça fait six mois que je crève de lui dire ces putains de mots, mais je ne peux pas. Elle ne m'écouterait pas.
-Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire. Conseilla Blaise en confisquant la bouteille à son ami. Sinon, tu vas finir dépressif et alcoolique. À vingt-cinq ans, ce serait quand même triste.
-Mais qu'est-ce que je dois faire? Questionna Théodore, d'une voix implorante. Je…Elle est sur le point de se marier. Elle a fait sa vie avec un autre homme. Elle m'a oublié.
-Impossible. Trancha Blaise, en lançant au grand brun une chemise, pour qu'il l'enfile. Avec un peu de chance, c'est avec toi qu'elle se mariera aujourd'hui.
-Avec un peu de chance? S'étrangla Théodore, non sans cynisme. Il me faudrait toute la chance du monde, non, de l'univers. Des chaudrons entiers de Felix Felicis. Si elle m'aimait tant que ça, elle serait revenue depuis belle lurette.
-Tu sais comment elle est. Objecta Blaise en haussant les épaules. Vous avez tous les deux un caractère de merde, c'est normal que vous vous prenez la tête de temps à autre. Et je reste persuadé que si elle n'est pas heureuse avec toi, alors, elle ne sera jamais heureuse avec aucun autre. C'est sûr que si tu ne bouges pas ton cul, elle va épouser ce type et ça va être tant pis pour toi!
-C'est bon. Cracha Théodore avec hargne. Donne moi mon pantalon.
-Tu vois, je te préfère comme ça. Le félicita Blaise en lui jetant ledit pantalon, qui était troué aux genoux.
-Tu ne crois pas que je risque de ressembler à un clochard si je me ramène à l'église dans un tel accoutrement?
-On s'en fout. Coupa Blaise. Ce n'est pas le moment de tergiverser, tel que je te connais, tu risques de mettre trois plombes pour te chercher de quoi te mettre. Puis, on a un mariage à empêcher, ce n'est pas comme si on était obligés d'y assister. Tu sais ce que tu dois faire?
-Oui. Haleta Théodore, qui enfilait son t-shirt. Au moment où le prêtre dit si quelqu'un s'oppose à ce mariage, qu'il se prononce maintenant ou qu'il se taise à jamais, je me lève et je crie je m'y oppose, ou quelque chose du genre.
-Tu sais, tu n'es pas obligé d'attendre ce moment là de la cérémonie, tu peux aussi surgir dans l'église tout en gueulant d'arrêter tout…
-J'aviserai en temps voulu. Grogna Théodore, en passant son pantalon. Passe-moi mes chaussettes, vite.
Théodore sentait l'adrénaline monter en lui à mesure que les secondes s'égrenaient, impitoyables. Il fallait qu'Hermione écoute ce qu'elle avait à dire, avant de faire l'erreur de sa vie. Parce que oui, ce mariage était une erreur, et il allait empêcher cela. Hermione l'aimait, il ne pouvait en être autrement. Elle ne pouvait pas jeter aux orties cinq ans de relation d'un claquement de doigts. Il fallait qu'elle l'écoute, impérativement. Il dirait son amour pour elle devant toute l'assemblée s'il le fallait, il n'avait pas peur. L'alcool l'avait désinhibé et il remerciait le whisky pour cela. Lorsque Théodore était légèrement alcoolisé, sa langue se déliait plus facilement. Et il espérait vraiment qu'au moment voulu, il parviendrait à lui dire les mots qui lui tenaient tant à cœur.
Les deux hommes transplantèrent dans une ruelle sombre, pas loin de l'église où devait avoir lieu le mariage d'Hermione et de ce fameux William. Théodore n'avait aucune espèce d'idée de ce à quoi il pouvait bien ressembler. Tant mieux. Pour l'heure, ce n'était qu'un nom sur un faire part, quelque chose d'abstrait. C'était comme si ce fameux William n'existait pas vraiment. Théodore pressa le pas, semant Blaise derrière ses grandes enjambées. Il voyait l'église se dresser droit devant, et les voitures qui étaient garées sur le parking. Probablement les parents d'Hermione, avait songé Théodore en pressant le pas. Essoufflé, Théodore arriva enfin devant la lourde porte en chêne, et la poussa, la faisant grincer sur ses gonds.
D'un pas décidé, Blaise sur les talons, Théodore s'avançait dans l'allée, ignorant le regard courroucé des invités qui le dévisageaient avec curiosité, comme s'il était une bête de foire. Jane, la mère d'Hermione, le fusilla du regard, accrochée au bras de son mari. Théodore les ignora, alors que Blaise venait de s'affaler sur une chaise, au dernier rang. Théodore ignora Ginny, qui était la demoiselle d'honneur en cette occasion, et se planta devant les futurs mariés. Le regard de William allait d'Hermione à Théodore, et de Théodore à Hermione. Cette dernière, quant à elle, était tout simplement pétrifiée. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche, bien trop sidérée pour ce faire. Heureusement, William sauva la situation, en alpaguant l'intrus.
-Qu'est-ce que vous foutez ici, vous?
Théodore toisa William de la tête aux pieds. William était de taille moyenne, il avait des yeux verts et des cheveux châtain. Il était somme toute banal, il n'avait pas la beauté sombre et intrigante de Théodore, ni même sa classe et son raffinement. Lorsque l'on comparait William et Théodore, simplement en les regardant, on se demandait comment elle avait pu se désintéresser de l'ex Serpentard pour jeter son dévolu sur William, qui n'avait vraiment rien d'intéressant. Ce dernier devait probablement se sentir inférieur à l'ex petit-ami de sa future épouse, puisqu'un spasme de colère avait agité sa tempe, alors qu'une vague expression de doute avait flotté sur son visage en l'espace d'une seconde.
-Oui, William a raison. Approuva Hermione, d'une voix éteinte. Qu'est-ce que tu fais là, Théodore? Tu n'étais pourtant pas invité. Pas plus que Blaise, d'ailleurs.
-Blaise est venu me soutenir moralement. Exposa Théodore, avec assurance. Et moi, je suis venu t'empêcher de commettre la plus grosse erreur de toute ta vie.
-C'est inutile, Théodore. Dit-elle en baissant les yeux. Ma décision est prise. Je vais épouser William.
-Tu n'as pas le droit! S'écria Théodore, avec colère, colère qui s'était décuplée sous l'effet de l'alcool. Tu sais tout comme moi qu'il ne te rendra pas heureuse, tu ne peux pas l'épouser.
-Tu es ivre. Fit remarquer Hermione, d'une toute petite voix.
-Je suis ivre. Voyez-vous ça. Ricana Théodore, d'un air mauvais. Mais pourquoi je suis ivre, à ton avis? Je suis ivre parce que ça fait six mois que j'essaie d'oublier que tu m'as quitté. Je suis ivre parce que j'ai trop mal, et boire me permet d'oublier la douleur qui me consume chaque putain de jour qui passe. J'ai mal, Hermione, tu es capable de comprendre ça?
-Théodore…l'intima Hermione, devenue livide.
-Non, tais-toi! S'écria Théodore, durement. Je vois que tu as fini par avoir ce que tu voulais. À savoir, un homme qui finirait par te demander en mariage. Laisse-moi deviner, tu vas nous apprendre que tu es enceinte? Tu aurais la totale. Tout ce que je n'ai jamais pu t'offrir et que tu désirais ardemment. C'est bien pour ça que tu as épousé William n'est-ce pas? Ce crétin doit sûrement te dire je t'aime tous les jours et projeter de te faire un bébé pour que tu aies accepté de l'épouser aussi rapidement…à moins que tu ne l'aies épousé parce que tu avais peur de te retrouver toute seule après notre rupture.
-Je n'arrive pas à croire que tu es en train de me faire un scandale le jour de mon mariage. Couina Hermione, d'une toute petite voix, alors que ses beaux yeux marron s'emplissaient de larmes. Tu n'as pas le droit de gâcher le plus beau jour de ma vie.
-Tu vois, si tu avais été un peu plus patiente, cracha Théodore avec amertume, peut-être que ça aurait été nous devant l'autel. Mais tu es partie sans me laisser aucune chance. Tu t'es barrée à la première difficulté. Bel exemple de courage pour une Gryffondor!
L'assemblée entière retenait son souffle. Tous se demandaient qui était ce jeune homme ivre qui était en train de faire une scène à la future mariée. Hermione continuait à fixer Théodore, pétrifiée. Une larme silencieuse roula sur la joue de la belle brune, qu'elle ne chercha pas à chasser. Elle était pâle comme la mort, et son cœur battait à tout rompre. Elle glissa un regard en coin à William, qui semblait rougir à vue d'œil sous l'effet de la colère, et reporta son attention sur Théodore.
-Va-t-en, Théodore. Le congédia-t-elle avec fermeté. Tu n'as rien à faire ici.
-Non! S'écria le jeune homme avec force, alors que Blaise s'était levé, prêt à intervenir au cas où. Je ne partirai pas tant que je n'aurai pas dit tout ce que j'ai à te dire. En fait, ça ne sera pas long. Tu n'auras qu'à m'écouter cinq minutes, cinq petites minutes, et je m'en irai.
-Vas-y, je t'écoute. Finit par céder Hermione, alors que ses épaules s'affaissèrent légèrement.
-Je t'aime. Lâcha Théodore dans un souffle. Reviens moi. Tu n'as rien à faire avec lui, parce que c'est moi que tu aimes. Tu m'aimes, et moi, je t'aime également. Aucune tierce personne ne peut interférer là dedans. C'est ainsi qu'il en a toujours été, et c'est également de la sorte que cela va continuer. Je veux que tu reviennes à la maison, avec moi, comme avant. S'il te plaît.
-Théodore. Souffla Hermione à nouveau, alors que ses larmes dévalaient librement sur ses joues. Tu…tu n'as pas le droit de me faire ça.
-Dis le moi. La défia Théodore, en s'avançant vers elle pour lui prendre les deux mains, faisant tomber le bouquet de fleurs au sol. Dis moi que tu préfères William.
Théodore riva ses prunelles incandescentes dans les yeux brillants de l'ancienne Gryffondor, qui soutenait son regard à grand peine. Plusieurs fois, elle allait dire quelque chose, mais elle s'était ravisée au dernier moment, incapable de dire quoi que ce fût. Les battements de cœur du jeune Nott augmentèrent crescendo, alors qu'il attendait sa réponse. De son côté, Hermione le fixait toujours, trop troublée par ce qu'elle ressentait. Non, elle n'avait jamais rien oublié. Elle n'avait pas oublié cette façon dont il la regardait, ou son toucher voluptueux. Elle n'avait pas oublié sa tendresse, ou ses coups de reins passionnés. Elle n'avait pas oublié la passion qu'elle ressentait à son égard, ni même les sentiments puissants qui la remuaient de l'intérieur et qui refaisaient surface. Elle savait que c'était lui qu'elle aimait, et que rien ni personne ne pourrait y changer quoi que ce soit.
-Hermione, peux-tu m'expliquer…commença William, embarrassé.
-Je suis désolée William. Pleura Hermione, en se tournant vers son promis. Je…il a raison, je ne peux pas me marier. Et en t'épousant, je ferais la plus grosse bêtise de toute ma vie. J'ignore aujourd'hui si je t'ai dit oui par dépit ou parce que j'avais réellement envie de t'épouser. Mais poursuivre la cérémonie ne serait pas bien, pas alors que j'ai des sentiments infiniment plus forts pour un autre homme.
-Ce mariage semblait vraiment te tenir à cœur. Souligna l'ex futur marié, abasourdi.
-Je sais. Mais je me suis rendue compte que je n'ai fait que transférer sur toi tout ce que j'aurais voulu faire avec Théodore, et ce mariage en faisait partie. Je pensais avoir des sentiments sincères pour toi, je n'ai jamais simulé lorsque nous avons fait l'amour, mais je n'ai pas ressenti le dixième des sentiments que je pouvais ressentir pour Théodore.
-Je savais que ce jour finirait par arriver. Ajouta William, la voix rauque. Je n'étais pas dupe, tu sais. J'ai essayé de t'aimer autant que j'ai pu, de te faire plaisir, de te donner la vie dont tu rêvais, mais ça n'aurait pas marché, parce que tu en aimais un autre et tu étais encore très affectée par votre rupture. Sur le moment, je n'ai rien dit, je pensais bêtement que ça passerait, mais même des mois après, le jour de notre mariage, je m'aperçois que tel n'est pas le cas. Tout ce qui m'importe, c'est de te savoir heureuse, peu importe avec qui. Et si Théodore est la condition sine qua non de ton bonheur, alors va avec lui.
-Et…et le mariage? Demanda Hermione, d'une toute petite voix. Je…on a mis des semaines à tout organiser, et ça nous a coûté une petite fortune. Qu'est-ce qu'on va faire de toutes ces fleurs, de la réception, du traiteur?
-Ce n'est pas comme ça que ça marche. Murmura William, dépité. On ne peut pas se marier parce qu'on a dépensé des sous pour organiser notre mariage. L'important est d'aimer la personne que tu vas épouser. Tu ne m'aimes pas. Fin de l'histoire.
Sur ce, William embrassa Hermione sur le front, et s'effaça, sous le regard abasourdi de l'assemblée. Sa famille, par solidarité, lui emboîta le pas, non sans lancer un regard méprisant à Hermione au passage. La principale intéressée, par ailleurs, avait baissé la tête, ses boucles brunes tombant piteusement sur ses épaules, s'échappant du chignon qu'elle avait fait spécialement pour cette occasion. Les personnes restantes retinrent leur souffle, alors que Théodore s'était avancé vers Hermione, brisant la distance qui s'était instaurée entre eux. Il prit son visage en coupe, et la regarda droit dans les yeux.
-Je t'aime, Hermione. Je regrette simplement de ne pas avoir eu le courage de le dire plus tôt.
-Les Serpentard sont des lâches. Murmura Hermione dans un souffle. Tu n'y as jamais fait exception.
-Dis-moi ce que tu veux. Souffla-t-il, tout près de ses lèvres.
-Embrasse moi. Dit-elle, de façon à ce que ce soit bien audible par tous.
Théodore ne se fit pas prier. Il pressa ses lèvres contre celle de l'ancienne Gryffondor, alors que les autres se mettaient à applaudir à tout rompre, même le prêtre resté derrière l'autel, et qui semblait avoir perdu son latin. Hermione passa ses bras frêles autour des épaules de son amoureux, pour mieux approfondir leurs échanges. L'un comme l'autre soupirèrent d'aise alors que leurs langues se retrouvaient pour la première fois depuis des mois. Ils restèrent ainsi un long moment, lèvres contre lèvres, enlacés si fort que même l'eau n'aurait pas pu se frayer un passage entre eux, leurs langues bataillant gentiment pour la domination. Hermione et Théodore se séparèrent, à bout de souffle. Le jeune homme apposa tendrement son front contre celui de sa compagne. Il picora sur sa bouche quelques chastes baisers. Blaise, au fond, se mit à siffler d'admiration, et applaudissait plus fort que les autres. Il adressa un clin d'œil à Ginny Weasley, qui se mit à rougir, avant de s'éloigner d'un pas digne, Blaise sur les talons.
-J'espère que tu ne vois pas d'inconvénients à ce que je t'enlève. Susurra Théodore, au creux de l'oreille de la jeune femme.
-Fais donc. L'invita-t-elle, un sourire malicieux accroché à ses lèvres voluptueuses.
Sur-ce, Théodore l'attrapa sous les genoux alors qu'Hermione s'était accrochée à son cou tout en rigolant. Elle enfouit son visage dans sa nuque, et respira son odeur d'homme. Il sentait bon le gingembre et le musc, et elle adorait sentir son corps chaud contre le sien. Il sourit, en la serrant tout contre lui. Il remonta l'allée en sens inverse, portant sa belle Hermione comme une mariée, sous le regard attendri de Mrs Weasley, qui considérait Hermione comme sa deuxième fille. Une fois hors de l'église, Hermione et Théodore transplanèrent jusque dans l'appartement qu'elle avait occupé jadis avec Théodore, et que ce dernier occupait toujours. La jeune femme fut ravie de retrouver son véritable chez-elle, et sourit doucement à son amoureux, qui la déposa dans le lit avec délicatesse.
Comprenant là où il venait en venir, Hermione prit le visage de l'ancien Serpentard entre ses mains, et l'embrassa passionnément, comme si sa vie en dépendant. Elle écarta légèrement les cuisses pour permettre à Théodore de s'y installer, mais ils étaient gênés par ce trop plein de tissus. Alors, agacée, elle roula au dessus de lui, le dominant de toute sa frêle stature.
-Je t'aime. Souffla Théodore, alors que ses mains caressaient voluptueusement son dos pour ensuite s'arrêter sur sa taille.
-Je t'aime aussi. Susurra Hermione, alors qu'elle se penchait sur lui pour l'embrasser une nouvelle fois, rattrapant ainsi ces quelques mois qu'ils avaient passés loin de l'autre.
