Point de vue interne : Ahomine
Je guettais la réaction de Kagami. Il tenait encore le magazine et semblait totalement fasciné par le modèle. Intéressé, je me penchais vers lui et jetais un coup d'oeil au mannequin qui se trouvait sur la page.
- Qu'y a t-il ? On dirait que tu as vu un fantôme. C'est lui qui te fait tant d'effet. Murmurais je au creux de son oreille.
Il détourna tout de suite son regard et je ne pus m'empêcher de sourire devant son expression surprise.
- Mais qu'est ce que tu racontes ? S'emporta t-il alors, en posant brutalement le magazine sur sa table.
- Te braques pas comme ça, je me doutais que tu préférais Mari-chan. Dis je en élevant la voix.
Momoi leva les yeux au ciel.
- Tu ne changeras jamais ... Mais dis moi, tu ne m'as pas dis que tu devais partir plus tôt aujourd'hui ?
Je regardais la pendule. 18h30. Mince, elle avait raison. Je me dirigeais vers la sortie quand je sentis une main s'agripper à ma chemise pour me retenir.
- Tu as rendez vous quelque part ?
Je me retournais et fus surpris en voyant Kuroko me fixer.
- On peut dire ça. Lâchais je, faisant exprès de ne pas lui répondre vraiment. Pourquoi ?
Le garçon aux cheveux bleutés ne répondit pas et baissa la tête. J'aurais bien aimé continuer à l'embêter encore mais j'étais vraiment en retard. Je partis donc, ignorant la mine attristée de mon ami.
Une grande voiture noire était déjà garée devant le portail, attirant l'attention des élèves. Je me hâtais et entrais sans hésitation. Assis à côté de moi, une jeune femme regardait ses papiers nerveusement. Dès que j'ouvris la portière, elle soupira de soulagement.
- Ahomine-kun enfin te voilà ! J'allais envoyer Yarô te chercher. Dit-elle, en regardant l'heure sur son portable. Mon dieu, il est déjà si tard. Allez dépêche toi et monte.
Je pris place sans rien dire de plus et la voiture démarra. Ma manager ( car c'était le métier de la femme qui était toujours perdue dans ses dossiers ) décrocha son téléphone qui vibrait. J'en profitais pour l'observer. Ses cheveux roux étaient attachés en un chignon à moitié défait et ses lunettes lui tombaient sur le nez. En faisant un effort, elle pourrait être jolie... Un visage apparut dans mon esprit et je secouais la tête. Non, je ne devais pas penser à cette personne ! Finalement, je regardais pas la fenêtre et plongeais dans mes pensées.
- Ahomine-kun ?
Je reportais mon attention vers ma manager qui souriait grandement.
- Je sais que tu viens de seulement commencer dans le mannequinat mais je t'ai décroché un job en or. Un shoot avec Kise Ryouta !
Surpris, je la regardais avec des yeux ronds alors qu'elle cherchait dans son sac.
- C'est une véritable chance pour toi. Non vraiment, c'est génial. Ah et puis il faut changer de studio. Yarô ! Tu veux bien changer de direction, nous allons...
Je n'écoutais déjà plus. Un sourire grandit sur mes lèvres alors que je me rappelais de l'expression de Kagami en voyant Kise. Je pouvais prendre avantage de ce shooting pour me rapprocher du mannequin pour ensuite embêter mon ami aux cheveux rouges. J'imaginais déjà tout un plan lorsque la voiture se stoppa. Je descendis et suivit la jeune femme qui ma guida dans les locaux jusqu'à ma cabine.
- Tu te prépares ! Exigea t-elle. Kise n'est pas encore prêt, heureusement pour toi mais je veux que tu sois parfait.
- Bien madame. Ricanais je.
Elle leva les yeux au ciel et referma la porte. Une équipe de maquilleurs et stylistes arriva bientôt pour me préparer. Je fus prêt en 10 min. Un membre du staff vint me prévenir que mon partenaire n'était pas encore là. Je le remerciais et en profitais pour me balader. Après être tombé sur une petite troupe de filles qui m'avaient retenu, je remarquais la loge de Kise.
Souriant, je m'approchais et allais appuyer sur la poignée lorsque je remarquais que la porte était entrouverte. Curieux, je jetais un coup d'oeil. La pièce était assez spacieuse et Kise se trouvait devant un miroir en train de boutonner sa veste. Je devais bien avouer qu'il était vraiment craquant avec ses cheveux blonds soyeux et ses yeux couleur soleil. Ses muscles que l'on voyait sous sa veste puisqu'il ne portait pas de tee-shirt transparaissaient aussi magnifiquement dessinés. Je me rendais compte que je pouvais paraître suspect si quelqu'un venait à passer et m'apprêtais à entrer quand je vis un homme apparaître derrière le mannequin. Beaucoup plus vieux, il portait un costume gris.
Kise se retourna vers lui, l'air aguicheur.
- Alors Hiro ? Tu n'as pas pu résister n'est ce pas ? Il fallait que tu recommences et juste avant mon shooting en plus !
Sa voix était sensuelle mais également un peu cassante. L'homme en face de lui ne sembla pas s'en préoccuper et s'approcha de lui jusqu'à ce qu'il n'est plus que quelques centimètre entre eux. Il défit doucement les boutons que venaient de faire Kise et passa ses mains sur le torse musclé du blond.
- Que veux tu ? Je suis totalement incapable de résister à ce corps. Dit-il en se penchant vers le cou de Kise.
Je retins un cri de surprise. Que se passait-il ? Je n'arrivais pas à en croire mes yeux. Si je ne me trompais pas, l'homme en costume n'était autre que le directeur du magazine pour lequel je travaillais. De même pour Kise. De plus, si je me souvenais bie, il était marié ...
L'homme continua son affaire et descendit jusqu'au nombril du mannequin qui soupira.
- Hiro ! Je t'ai dis que cela suffisait. Je vais finir par être en retard. Pire encore, imagine que l'on vienne me chercher...
Le dénommé Hiro sembla prendre la menace au sérieux car il se releva et affronta du regard le jeune homme aux cheveux blonds.
- J'aurais tôt fait de te retrouver. Dit-il, en l'embrassant.
Kise ne dit pas un mot et le directeur sortit pas la porte de derrière à mon grand soulagement. Je n'aurais su quoi faire si ils m'avaient surpris à les épier. J'entendis un gros soupir et je regardais à nouveau par la fente. Le mannequin se tenait le visage en grimaçant. Il essuya rapidement ses lèvres et rajusta sa veste d'un geste assez maladroit puis, sans que j'ai eu le temps de faire quoi que ce soit , ouvrit la porte. Son visage se décomposa en même temps que je réfléchissais à un moyen de me sortir de cette situation gênante.
- Oups.
